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Raid Aventure

Morbihan Challenge, aventurez-vous !

Le concept n’existait pas en France. À l’image de Race to Alaska, un périple de 750 milles ouvert à toutes embarcations sans moteur et dont voilesetvoiliers.com vous a souvent parlé, Hervé Nougier a imaginé le Morbihan Challenge. Présentation de cette aventure qui aura lieu du 8 au 10 juillet 2018.
  • Publié le : 14/04/2018 - 00:01


Hervé NougierPassionné de voile et d'aviron, il était naturel pour Hervé Nougier de porter ce projet de Morbihan Challenge.Photo @ DR

Voilesetvoiliers.com : Comment vous est venue l’idée d’une telle compétition ?
Hervé Nougier : Au départ, je suivais une épreuve qui s’appelle Race to Alaska et qui se déroule aux États-Unis, entre l’état de Washington et l’Alaska depuis 2015 (départ le 14 juin de la 4e édition, ndlr). Une course de 750 milles avec tous types d’embarcations mais sans moteur. Une véritable aventure car le parcours est très long et plutôt sauvage. Où l’on peut se retrouver dans des zones sans vent avec des forts courants ou des gros grains. Le bateau vainqueur touche 10 000 dollars, le deuxième, un lot de couteaux à steaks ! Pour les suivants, le souvenir d’avoir passé des moments exceptionnels. Race to Alaska est ouverte aux aventuriers et surtout aux bricoleurs. L’an dernier, c’est un trimaran de 9,40 m qui a gagné. Il était équipé d’un système de pédalier avec une hélice. Il a ainsi réussi à passer à travers tous les trous de vent de jour comme de nuit. Il a terminé en quatre jours et trois heures alors que certains, en paddle, ont mis trois semaines. J’envisageais de participer avec mon bateau, un trimaran Newick. Mais la logistique était trop importante, coûteuse, et le bilan carbone plus que désastreux. Comme l’équivalent d’une telle course n’existe pas en Europe, j’en ai lancé l’idée en novembre 2017 avant le Nautic de Paris

Voilesetvoiliers.com : Il fallait trouver un environnement propice ?
H.N. :
Un parcours moins long que Race to Alaska mais quand même assez sauvage, aventureux sans être dangereux. Comme mon bateau est basé à Hennebont, je sais que la remontée ou la descente du Blavet est déjà un challenge sans moteur. Je pratique aussi la compétition en aviron en rivière et le Blavet est souvent un défi. Pareil pour la navigation dans le golfe du Morbihan avec les courants et toutes les îles à éviter. Le parcours était tout trouvé et idéal. Un départ et une arrivée à Vannes. Une sortie du golfe avec le passage à niveau de la renverse de courant. Ensuite contournement de Houat, entrée dans la rade de Lorient, remontée du Blavet pour rejoindre Hennebont. Comme la municipalité était enthousiaste vis-à-vis de notre concept, après ces 60 milles, nous avons décidé que les embarcations y resteront obligatoirement douze heures. Pour le retour, elles contourneront Groix, passeront la Teignouse pour un retour dans le golfe. Mis à part cette escale à Hennebont, aucun arrêt ne sera autorisé. Avec toutes ces difficultés tactiques, sur le papier, on ne peut prédire qui va gagner. Un trimaran ou un voile-aviron. Cela reste très ouvert.

Ty-MaracTy-Marac est un "Stir Ven", sur plans François Vivier. Il est représentatif d"une importante flotte de voile-aviron.Photo @ DR

Voilesetvoiliers.com : Vous introduisez une particularité au niveau des participants ?
H.N. :
C’est soit en solitaire, soit en équipage mais qui doit être obligatoirement mixte. C’est peut-être dans l’air du temps mais c’est comme cela ! Je suis certain que cela donnera un autre esprit avant et pendant la course. D’ailleurs, dans le milieu de l’aviron, c’est tout naturel.

Voilesetvoiliers.com : Quels types d’embarcation vont être autorisés à concourir ?
H.N. :
 Il n’y a pas de limite. Mais nous l’atteignons avec le Formule 40 IRVI avec son mât de 22 m qui est juste à la limite du tablier du pont d’Hennebont. Mais nous en avons des tout-petits, des raceboards avec des concurrents de haut niveau. Ils seront capables d’effectuer les deux parcours de 60 milles accrochés au harnais sans s’arrêter. Il faudra bien sûr du vent ! On a aussi un foiler : un UFO. Pour lui, il n’est pas envisageable qu’il embarque un mouillage, des feux de navigation et tous les équipements de sécurité.

Formule 40L'ancien Formule 40 Fleury Michon de Philippe Poupon, récemment restauré et remis à l'eau par Christophe Boucault et Jacques Vapillon. À ce jour, IRVI est le plus grand bateau inscrit sur le Morbihan Challenge. Photo @ Jacques Vapillon

Voilesetvoiliers.com : Quelles solutions avez-vous trouvé ?
H.N. :
Nous avons créé trois flottes. La flotte A avec des bateaux qui vont strictement respecter les règles du Challenge, du défi, en termes de sécurité et d’autonomie. Des bateaux habitables, un peu hauturiers dont certains sont extrêmement performants comme IRVI donc, un trimaran Seacart 30, un Multi 23, des Seascape ou encore un Monotype 7.50 par exemple. Ils seront équipés de balises passant par le réseau téléphonique et leurs progressions pourront être suivies sur Internet en temps réel. La flotte B regroupe des bateaux ou embarcations comme le UFO, des planches à voile ou Hobie Cat, des voile-aviron, une pirogue balinaise, capables de faire le parcours mais n’ayant pas le matériel de sécurité embarqué. Ils devront disposer de leur propre accompagnement individuel. L’esprit restant de faire entièrement le périple. Enfin, une flotte C. Des bateaux accompagnateurs pouvant s’inscrire à la dernière minute et dont le nombre n’est pas limité. Ils seront capables d’intervenir si la demande est faite par VHF. Ces unités viendront s’installer au port d’Hennebont au-delà du viaduc SNCF où il y a des quais et donc de la place. Ces bateaux ne seront pas obligés de s’arrêter douze heures

ParcoursDe Vannes à Hennebont, aller et retour : tel est le parcours de cette manifestation originale qu"est le Morbihan Challenge.Photo @ Morbihan Challenge

Voilesetvoiliers.com : Il faut de l’argent pour organiser cette épreuve ?
H.N. :
Pour les assurances, les licences, les balises, nous souhaitons prendre tout en charge grâce à nos sponsors et nos associations qui nous suivent. Comme pour les défraiements des bateaux accompagnateurs. L’idée originale restant la totale gratuité pour les participants. Ils repartiront tous avec des souvenirs. La Société des Régates de Vannes organisera l’accueil, une soirée, le départ et l’arrivée. À noter que le départ sera donné au lever du soleil, à 6 h 20. Cela devrait être spectaculaire. S’il n’y a pas de vent, cela sera chaud pour certains pour sortir du golfe… À Hennebont, la mairie, l’Association des Pêcheurs plaisanciers et l’Aviron Hennebontais seront très mobilisés. Ils se projettent même sur les prochaines éditions ! Mais il y a aussi les chantiers Caudard à Vannes ou Nath Yachting à Hennebont et l’association Golden Holdies Multihulls et son fameux Lady Godiva et la Fédération de Voile-Aviron qui seront à nos côtés.

Lite XPLe Lite XP est un bateau mixte voile-aviron dessiné par Sam Manuard avec lequel Mathieu Bonnier participera en juin à sa deuxième «Race to Alaska». Mathieu est un rameur de haut niveau, mais également le directeur du chantier Liteboat qui produit principalement des bateaux d'aviron.Photo @ DR

Voilesetvoiliers.com : Combien d’embarcations attendez-vous ?
H.N. :
Au départ, on avait fixé un nombre arbitraire de vingt-cinq unités. C’était par rapport à la capacité d’accueil du port d’Hennebont et donc de la taille des bateaux. Dès l’annonce du projet de ce Morbihan Challenge, le quota a été atteint. Là, nous sommes officiellement à quarante-huit pré-inscrits. Cela nous fait hyper plaisir. Objectivement, si aujourd’hui on filtre par un critère de sécurité, il y a vingt-cinq bateaux en flotte A, vingt-deux en flotte B que nous encourageons à trouver leurs accompagnateurs. Le travail important est de trouver maintenant cette flotte d’accompagnateurs de la flotte C. La bourse aux équipiers Vogavecmoi va nous aider pour cela.

Pour l’instant, ils sont huit.

Voilesetvoiliers.com : Où en êtes-vous au niveau administratif ?
H.N. :
C’est en discussion. Il y a plusieurs projets avec les associations partenaires. Nous allons essayer d’éviter de créer une structure pour l’occasion. Toute l’équipe très active dont Frédérique Adam, Nathanaël Chauvin et nos parrains, Christine Capdevielle et Eugène Riguidel, est d’ores et déjà constituée et nous sommes à quelques semaines de remettre le dossier aux Affaires Maritimes pour ce qui est de toutes les dérogations.

Le parcours en vidéo :

Informations sur le site officiel : www.morbihanchallenge.com