Actualité à la Hune

SNIM

Pierre Sathal : «Montrer que nous sommes à la hauteur»

Cent vingt-cinq bateaux, un beau parcours côtier en nocturne le vendredi, un mistral costaud et du soleil : en dépit d’un dimanche de Pâques au repos forcé, la Semaine Nautique Internationale de Méditerranée, qui s’est déroulée ce week-end, a coché presque toutes les cases du succès. Alors que Marseille se prépare à accueillir les épreuves de voile des JO 2024, bilan sans fausse modestie de cette 53e SNIM avec Pierre Sathal, président de la Société Nautique de Marseille, organisatrice de l’épreuve.
  • Publié le : 04/04/2018 - 00:01

SNIM 2018La SNIM 2018, épreuve intense et appréciée sur l'eau comme à terre.Photo @ Pierik Jeannoutot
Voilesetvoiliers.com : Au lendemain de la SNIM 2018, quel premier bilan tirez-vous de cette 53e édition ?
Pierre Sathal :
Sans être prétentieux – je ne suis président de la Société Nautique de Marseille que depuis un an, donc j’en parle d’autant plus facilement - toutes les SNIM sont de belles SNIM. Celle-ci a été encore magnifique. Il y avait quand même 125 bateaux, 1 200 marins, il y a 80 bénévoles sur l’eau, 20 bénévoles à terre, ça a été vraiment une belle fête.

Voilesetvoiliers.com : Les conditions étaient ventées…
P.S. :
Oui, vendredi soir nous avons eu la course de nuit, avec pas mal de vent : il y avait des rafales jusqu’à 35-40 nœuds. Au lieu d’aller jusqu’à Porquerolles, les concurrents ont viré aux Embiez et sont revenus. Les premiers sont arrivés vers 21 heures, les derniers vers une heure, deux heures du matin. Dimanche, il y avait un très fort mistral, le président du comité de course n’a pas voulu les laisser partir, et je pense qu’il a bien fait. Au total, 51 départs ont été lancés sur les quatre jours de régate. A cette période de Pâques on a souvent un bon mistral, mais la rade permet d’avoir trente-cinq parcours différents, donc on arrive à peu près toujours à régater, en tous cas sur les quatre jours il y a au moins trois jours de bons. 

Snim 2018Joli reflet sur la belle coque de Confluence, GP 42 mené par un équipage marseillais. Il s’est classé troisième dans la classe des grands IRC 0 et 1 (et premier IRC 1).Photo @ Pierik Jeannoutot/SNIM

Voilesetvoiliers.com : Vous aviez tous en tête les Jeux Olympiques 2024 dont les épreuves voile se passeront à Marseille. C’était une pression particulière ?
P.S. :
Oui, c’était une SNIM particulière. Ce qu’il faut savoir, c’est que c’est aussi l’ouverture de la saison des grandes régates en Méditerranée. Et puis cette année, la France ayant obtenu l’organisation des Jeux Olympiques de 2024 qui doivent se dérouler, pour la partie voile, à Marseille, c’est vrai que nous voulons prouver que nous sommes capables d’accueillir un tel événement. Et c’est possible en particulier grâce à nos bénévoles. Je prêche pour ma paroisse bien sûr, mais il ne faut pas oublier ce sont les bénévoles de l’ensemble des clubs qui font notre force sur la métropole. Et ça fait plaisir de voir qu’il y a des gens qui s’investissent autant. 

Voilesetvoiliers.com : Concernant ces Jeux Olympiques, dans quelle mesure la SNM est-elle impliquée ?
P.S. :
Nous voulons démontrer que nous sommes vraiment l’ambassadeur de la ville, de la région, que nous avons les capacités à gérer et organiser des compétitions comme celle-là. Evidemment, avec le concours de la Fédération, car c’est la Fédération Française de Voile qui gèrera tout ça. C’est un enjeu qui concerne nos clubs, mais aussi la ville et la région. Nous avons fait vraiment le maximum pour montrer que nous étions à la hauteur, et encore une fois c’est grâce aux bénévoles que nous y arrivons. 

Snim 2018Entamée dans la brise avec un côtier de nuit vigoureux, la 53e SNIM s’est terminée dans un fort mistral, qui a contraint les organisateurs à ne pas lancer de régates le dimanche de Pâques… Mais 51 départs ont été donnés au total. Dans le décor des calanques, toujours aussi grandiose. Photo @ Pierik Jeannoutot/SNIM
Voilesetvoiliers.com : Pour revenir à la SNIM, quels sont vos plus grands motifs de satisfaction ?
P.S. :
Nous sommes satisfaits de l’ensemble. Il y a de très beaux bateaux qui viennent, notamment Team Vision Future qui s’aligne chaque année et qui a encore gagné cette édition. On a un équipage russe qui vient aussi depuis plusieurs années, et six nations sont représentées. C’est l’ensemble qui est réjouissant.

Voilesetvoiliers.com : Qu’est-ce qui fait le succès de cette course ?
P.S. :
Je crois qu’il y a deux choses : un plan d’eau magnifique et le côté festif, accueillant de la Société Nautique. Les marins savent que pendant quatre jours ils mangent, ils boivent, ils font la fête, tout est offert par le club. Nous tenons à ce côté amical, et c’est une compétition qui est vraiment de haut niveau, avec un plan d’eau difficile, venté. Les gens vraiment se régalent… et ils souffrent aussi ! Hier soir, certains concurrents étaient épuisés. C’était un beau temps pour des gros bateaux mais pour les petits, c’était plus dur. Et nous avons eu la chance d’avoir Marc Pajot comme parrain, Bertrand de Broc qui est venu régater, Kito de Pavant, Marc Thiercelin…

Snim 2018Du vent, des vagues et de l’action. La SNIM 2018 fut sportive, ventée, éreintante… et palpitante !Photo @ Pierik Jeannoutot/SNIM

Voilesetvoiliers.com : Qu’est ce qui selon vous mériterait d’être amélioré ?
P.S. :
Au niveau de la régate, honnêtement, nous ne voyons pas de point faible. Je ne dis pas que nous sommes les meilleurs, mais cela fonctionne bien, nous n’avons pas de souci. C’est plutôt sur le réceptif à terre que l’on essaie chaque année de faire un peu plus, de recevoir encore mieux. Sur l’eau, nous sommes contents de faire voir que nous sommes toujours excellents. Comme je l’ai dit, je ne suis président de ce club que depuis un an, donc ce n’est pas pour moi que je dis ça ! Mais c’est la 53e fois que nous faisons la SNIM et nous avons toujours de beaux événements. Il faut dire que nous avons la chance d’avoir et la rade et le vent, pour faire de belles régates.

Voilesetvoiliers.com : Cette année était une première, avec des classements IRC Duo et Solo. Ils étaient peu nombreux (huit concurrents dans chaque classe) mais cela vous semble-t-il une bonne idée à poursuivre ?
P.S. :
Pour la première fois, ils n’étaient pas très nombreux, en effet, mais ils sont tellement contents que je pense que ça va faire des émules. Je ne dis pas qu’on aura le double, l’année prochaine, mais je l’espère, et nous allons travailler là-dessus pour démarcher les gens et essayer de les faire venir, puisque nous avons d’excellents résultats et que les gens se sont régalés. La formule leur a vraiment plu.

Snim 2018En solo. Ils n’étaient que huit cette année à participer à la SNIM en solitaire, mais la formule a été appréciée et devrait faire des émules. Ici, Marc Devèze, 4e à la barre de l’Aphrodite 101 baptisé « Mô ».Photo @ Pierik Jeannoutot/SNIM

Voilesetvoiliers.com : Pour les prochaines éditions, quelles évolutions souhaiteriez-vous apporter ?
P.S. : Nous sommes vraiment au lendemain de la SNIM, nous n’avons pas encore débriefé du tout. Dans notre club, actuellement, nous avons pour objectif principal les Jeux, et nous voulons utiliser la période qui va nous mener aux JO pour faire venir des jeunes. Nous avons une école de voile qui forme 1 200 élèves par an, uniquement en habitable. Nous disposons de trois bateaux et nous souhaitons en mettre trois autres à disposition trois autres pour faire de la «voile-partage». Ces bateaux plus petits, de 7-8 mètres, seraient destinés à des jeunes qui sont passés par l’école de voile, et qui pourraient ensuite sortir, moyennant un budget modique. L’idée est d’attirer des jeunes et de les orienter vers une pratique de la voile un peu sportive. Nous voulons profiter de cet effet des Jeux pour développer la voile dans notre région. 

Voilesetvoiliers.com : Concernant la SNIM, avez-vous étudié d’autres pistes pour attirer davantage de concurrents, comme accueillir d’autres séries, ou une autre jauge, telle Osiris ?
P.S. :
Pour l’instant nous venons à peine de finir celle-ci. Dans le courant de l’année, je pourrai vous en dire un peu plus et vous parler de nos projets pour la prochaine SNIM, mais aujourd’hui je ne peux pas encore m’avancer.

Voilesetvoiliers.com : Le prochain rendez-vous pour la SNIM…
P.S. :
C’est toujours le week-end de Pâques ! Cette année c’était très tôt mais l’année prochaine, sauf erreur, c’est autour du 20 avril, donc beaucoup plus tard. (La 54e SNIM aura lieu du 19 au 22 avril 2019, ndlr).

Snim 2018Les grands esprits se rencontrent… et les grands IRC se marquent. Le TP 52 Team Vision Future (au deuxième plan) de Jean-Jacques Chaubard, mené par Mikaël Mergui, s’est offert une quatrième victoire consécutive.Photo @ Pierik Jeannoutot/SNIM

VIDEO. Le résumé de la SNIM

@ Readyprod.com

SNIM 2018 : le classement

IRC A (IRC 0+1)
1/ Team Vision Future - Jean-Jacques Chaubard
2/ Alizée - Laurent Camprubi
3/ Confluence Sopra DPMF - Jean-Pierre Joly

IRC 2
1/ Géranium Killer – Daniel Pithois
2/ Vito 2 – Gian Marco Magrini (Lux)
3/ Adrénaline – Michel Gendron

IRC 3
1/ Bogatyr – Igor Rytov (Rus)
2/ Tip – Gilles Pages
3/ Jin Tonic Sequel – Bernard Daurelle

IRC 4
1/ Rostanbar 2 – Philippe Mazoyer
2/ Ar Wech All - Michel Pellegrin
3/ Le Grand Large - François Alicot

Solo
1/ Telemaque 2 – Eric Merlier
2/ Walili – Richard Delpeut
3/ Argo Voile du Sud – Frédéric Tougeron

Duo
1/ Expresso 2 – Guy Claeys/Romain Bricier (BEL)
2/ Art Immobilier Construction – Daniel Dupont/Sandrine Revil
3/ Kick – Yvon Laout/Didier Parey

Surprise
1/ Allegretto - Arnaud Gavairon (Sui)
2/ Petit Tabac - Frank Reinhardt
3/ Tchhheustekip – Olivier Legeret (Sui)

Grand Surprise
1/ Team Winds VX farceur - Loïc Fournier-Foch
2/ Louis-Dreyfus Travocean - Remi Leclerc
3/ Numeri Compta - Julien d’Ortoli