Actualité à la Hune

Mini Transat - Îles de Guadeloupe

Patience et langueur du temps…

Après un exceptionnel départ hier depuis Douarnenez, la flotte des Ministes était ce dimanche encalminée.
  • Publié le : 20/09/2015 - 12:37

Passage de La PlateLa glisse était encore de mise hier soir au passage de la Plate mais cela n’a pas duré. Photo @ Jacques Vapillon/Mini Transat – Îles de Guadeloupe
Le bagad a remisé ses instruments, bombardes, grosses caisses ou autres binious khoz. Après un départ comme à la parade en baie de Douarnenez, un passage du raz de Sein, où Plate et Vieille ont salué 
la flotte en compagnie des derniers rayons du soleil, les 71 concurrents (voir plus bas) ont rencontré la nuit dernière leur premier écueil. Ils le savaient tous en quittant le Finistère : le bonbon acidulé mis en bouche allait rapidement perdre de sa consistance. Le vent, chef d’orchestre de leurs aspirations, a en effet, de grand matin, décidé de jouer les filles de l’air. A ce petit jeu du qui perd gagne, un pas en avant ou un pas de côté, les têtes doivent bouillonner actuellement. Rester au plus près de la route ou tenter de chercher l’hypothétique bascule attendue par l’Ouest ; un véritable casse-tête chinois proposé.

Départ Mini vu de merLe vent de 8 à 10 noeuds au moment du départ a peu à peu faibli.Photo @ François Van Malleghem/Mini Transat-Îles de Guadeloupe

Vieilles connaissances

En portant un œil sur la cartographie du site de l’épreuve (www.minitransat-ilesdeguadeloupe.fr), les vitesses maximales flirtaient avec un petit nœud. Et la plupart du temps, à contresens du but. Lanzarote se situait alors encore à près de 1 200 milles... Cela permettait de voir apparaître en tête aux classements de vieilles connaissances. Chez les protos, le Satanas du jeune Espagnol Fidel Turienzo, un plan Magnen avec lequel Yannick Bestaven a remporté l’épreuve en 2001, menait la troupe des 27 engagés dans cette catégorie. Côté bateaux de série (45 participants), un Pogo 2 s’illustrait. Emmené par le Franco-Américain Andy Abel, néo-Penn Sardin (habitant de Douarnenez) de 47 ans, Pepen décrochait les premiers honneurs.

Une patience de bon aloi s’annonçait encore pour cette journée dominicale. Avant de sortir les armes secrètes pouvant les aider dans leur reptation vers les Canaries.

 

Nacho Postigo Mini L’Espagnol Nacho Postigo est le premier malheureux de l’histoire.Photo @ Jacques Vapillon/Mini Transat – Îles de Guadeloupe

Nacho Postigo privé de départ

 

Il se faisait une joie d’être sur la ligne de départ de sa première transat en solitaire. L’Espagnol de 46 ans Nacho Postigo (Vamos Vamos), au palmarès impressionnant sur lequel figure deux participations à la coupe de l’America et plusieurs titres en TP 52, n’a même pas eu le temps de monter sa grand-voile hier midi pour le grand saut : « J’étais en remorque en sortant tout juste du port de Tréboul. Malheureusement, le pilote de mon remorqueur a perdu toute référence et est allé tout droit dans les cailloux. J’ai eu beau hurler, mais avec la confusion sur le port et la sonorisation puissante, il ne m’a pas entendu et a réagi trop tard. Même en me décalant, je suis allé direct sur les roches. Résultat : en touchant, le bulbe a fait une grosse fissure dans le voile de quille. Après avoir pris une photo en mettant le bateau à 90°, nous l’avons envoyé à l’architecte, Henri-Paul Shipmann. Ce dernier nous a dit que c’était impossible de réparer. Maintenant, je dois trouver une quille pour mon Argo 6.50. Le chantier n’en a pas mais pense pouvoir m’en fabriquer une en cinq jours. Je vais donc descendre par la route vers le Sud du Portugal en attendant de retrouver une nouvelle quille pour rejoindre la course à Lanzarote. » Le jury y statuera pour offrir à Nacho Postigo la possibilité de continuer son aventure