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Prémonitions pour un Vendée Globe

Au Sud, la mer est blanche…

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  • Publié le : 19/01/2009 - 07:10

Au Sud, la mer est blanche... Dans , Jourdain décrit son quotidien de skipper lancé dans le Vendée Globe. Photo © Voiles et Voiliers Appréciation Voiles et Voiliers : @@@@@
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<A tous ceux qui restent à terre>, dédicace Jourdain dans son <Au Sud, la mer est blanche...>.

Quelques mots blancs, découpés sous l'horizon de la photo d'ouverture. L'Open 60 rouge Veolia Environnement la traverse, en plein dans la lumière crue. Trace sous spi tribord amures, par 25 noeuds de vent dans une mer lissée par l'optique de Stichelbaut. L'image est faite depuis un hélico, pas si forte qu'on la voudrait, mais symbolique.

Jourdain, le dit "Bilou", lève le voile sur le quotidien dont nous rêvons tous sans savoir ce qu'il représente réellement : celui d'un skipper à la conquête du Vendée Globe.
Des mois de quotidien, d'ailleurs, et pas seulement celui du skipper, mais aussi celui d'un bateau entièrement repensé, d'un chantier, d'une équipe, d'un projet.
Et d'un sponsor. Car Veolia Environnement a su se faire présent : <Pourquoi avoir fait confiance à Roland Jourdain pour porter les couleurs de Veolia Environnement ? C'est finalement assez simple : parce que cet homme est à la fois accessible, vrai et courageux. Il porte en lui l'humilité des grands.>

Pas faux. Les grandes lignes retraçant le parcours du skipper le disent bien. <Pourquoi j'aime la mer ? [...] Naviguer en solitaire, c'est aussi une façon pour l'homme de découvrir qu'il n'est pas seul dans cette immensité.>

Le livre est beau, illustré des dessins de Vaillant et des images de Stichelbaut, Curutchet, Zedda, Vapillon...
Les textes descriptifs et explicatifs, neutres, se mêlent à quelques écrits de Jourdain - notés entre guillemets - pour faire le portrait de l'homme, de ses valeurs (Théodore Monod, Jean-Baptiste Charcot, Arthur Rimbaud sont entre autres cités), de son apprentissage dans la Vallée des fous et de son parcours sportif. Brefs retours sur ses années de Figaro (époque où il courait sous un autre sponsor), sa Route du Rhum 2006 aux côtés d'Ellen MacArthur, sa Barcelona World Race 2007.

Et puis le Vendée Globe. Jourdain connaît la course pour l'avoir courue en 2004-05. Alors il la raconte : <Au moment du départ, je suis en état de lévitation. Je vois bien qu'il y a un spectacle mais je suis ailleurs, comme dans la ouate. Je croise des gens que je connais qui me disent "tu as vu ?" Mais je ne vois plus la même chose qu'eux.> Puis l'Atlantique, le Pot au Noir, le Sud, le Horn... Projection troublante dans une édition 2008-09 qui n'est pas encore achevée.

En complément, un DVD de 52 minutes qui reprend la chronologie du livre, les mêmes temps forts et quelques bonus en prime.
Montage d'interviews, de séquences filmées à bord - on regrette le trop peu d'images prises de l'extérieur - et de moments passés aux côtés du skipper. Au chantier, Jourdain frétille d'enthousiasme en entrant dans ce qui va être sa maison pendant les mois de mer. Avec son entraîneur, il travaille son équilibre en marchant sur des coussins remplis d'air. En pleine séance d'acupuncture, il se demande si lui-même pourrait un jour se planter ce type d'aiguilles, en mer.

Et puis, souvent, Jourdain traverse les plans, mains dans les poches, mâchant son chewing-gum comme un exutoire. Comme si chaque contraction de ses mâchoires lui permettait de canaliser son agressivité de compétiteur et de l'entretenir à la fois.
Soudain, on hésite : la mise en scène est-elle réussie ?

Jourdain, skipper réputé tout fou, skipper attachant à la verve enthousiaste, où es-tu ?

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Bien :
le prix relativement modeste pour un beau livre accompagné d'un DVD.
Mais : reste un arrière-goût étrange, comme un regret, l'impression que ce coffret n'est pas vraiment fidèle à Bilou.

Au fil de la lecture

<Le plus dur en ce moment, c'est la chaleur liée à l'humidité. Trente bons degrés à l'intérieur de Veolia Environnement, on ruisselle au moindre effort, et on se réveille la tête comme une pastèque... On dit que les marins boivent, ici on n'a que la gueule de bois ! Mais quel luxe de voyager dans un hammam ambulant qui fait jacuzzi sur le pont grâce aux embruns... Elle est pas belle la vie ? Il suffit de choisir : moite de transpiration ou trempé d'eau salée.>

«Au Sud, la mer est blanche…», pages 104 et 105 Textes descriptifs, mots de Jourdain, photos et illustrations d'Emmanuel Vaillant se marient en une maquette aérée. Photo © Voiles et Voiliers
Coffret <Au Sud, la mer est blanche...>, Roland Jourdain, et DVD de 52 minutes, septembre 2008. Editions Cercle d'Art. 144 pages. 25 euros.

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