Note :
En début d'après-midi, le 2 août, les 12 équipiers de la Dream Team de Banque Populaire V explose de joie en passant la ligne d'arrivée du cap Lizard : ils ont tombé le record de l'Atlantique !
Photo © Benoît Stichelbaut (Banque Populaire)
908 milles parcourus en 24 heures.
32,94 noeuds de vitesse moyenne tenue sur plusieurs jours...
Pour être précis, tenue sur 3 jours 15 heures 25 minutes et 48 secondes, le nouveau record de l'Atlantique Nord établi par le trimaran Banque Populaire V.
Clinique, l'énonciation des chiffres n'en est pas moins monstrueuse... Et pour cause, on compare déjà Pascal Bidégorry, le capitaine de ce hold-up, à un ogre !
Joint quelques jours après son exploit, le skipper le plus rapide de l'Atlantique en équipage a disséqué sa traversée éclair entre New-York et le cap Lizard, en exclusivité pour Voiles et Voiliers.
À 41 ans, Pascal Bidégorry vient d'offrir le record de l'Atlantique Nord à Banque Populaire et vise maintenant le Trophée Jules Verne.
Photo © Yvan Zedda (Banque Populaire)
v&v.com : La performance est-elle libératoire pour vous ?
PB : Ça fait trois ans qu'on bosse sur ce projet ! Alors c'est plutôt sympathique de confirmer sportivement autant de travail et d'énergie dépensée par autant de personnes. Maintenant "libératoire", non, je ne m'étais pas mis une pression dingue sur ce truc-là. Notre principal objectif de travail est le tour du monde, dans trois mois ; c'est plutôt là-dessus qu'on est tous concentrés, quoi ! Le record de l'Atlantique était un passage, cela faisait partie d'une préparation... Certes, cela s'est très bien passé - tant mieux pour nous -, mais on ne va pas s'emballer !
v&v.com : À quoi ressemble l'ambiance à bord ?
PB : C'est un état de vigilance poussé à son paroxysme, c'est certain. On n'est pas à la barre en prenant son café en même temps. Mais tout cela reste à mon sens tout à fait humain. Toutes les voiles sont sur emmagasineur à l'avant : quand on passe de la trinquette au foc ORC, personne ne passe devant le bras arrière... C'est un bateau assez sûr en termes d'ergonomie. En termes de confort, on est planqué derrière notre casquette, ce qui fait qu'en aéro, on n'en prend pas plein le cornet toute la journée, à part le barreur. Dès le départ, on a cherché a avoir une ergonomie et un confort - enfin ce qu'on peut appeler confort quand on fait du bateau - à ces vitesses-là, et qui soient supportables, ou adaptés, à une navigation de 50 jours.
v&v.com : Comment avez-vous fait tourner les barreurs ?
PB : Là, on n'a fait que deux quarts, avec trois barreurs par quart. Sur le tour du monde on sera sur trois quarts, avec trois barreurs par quart. Bien sûr, à ces vitesses-là, parfois on est capable de barrer une heure et demie, parfois seulement 45 minutes. La nuit où ça bombardait, c'était le noir total. La seule chose qu'on voyait, c'était les écrans posés sur le bras avant. Quand vous êtes constamment au-dessus de 40, ça finit par user un peu... Il est donc indispensable d'avoir des barreurs de qualité en nombre pour bien mener le bateau, surtout si ça doit durer un tour du monde ! Et puis, c'est clair, on a un équipage avec des gens très compétents et sympas, et cela se passe très bien.
v&v.com : Quelles sont les principales préoccupations d'un skipper pour un tel bateau ?
PB : La priorité, c'est déjà d'être bien au fait de tout ce qui se passe avec la météo - donc d'être raccord avec le navigateur - et de comprendre ce qui va se passer. Après, mon rôle tient plus de la gestion du bateau, de ses performances et de sa manoeuvrabilité. Je dois savoir quand il faut faire une manoeuvre - sans attendre cinq minutes de trop, ni la lancer une heure trop tôt -, de manière à avoir une gestion de la performance et des gars intelligente.
v&v.com : Est-ce que vous avez découvert quelque chose sur les capacités du bateau pendant cette traversée ?
PB : Tout ce qu'on a pu voir, ce ne sont que des bonnes choses ! C'est clair qu'on n'avait jamais poussé le bateau aussi fort lors d'entraînements ou de convoyages... Ceci dit, un bateau, cela se gère. À un moment donné, quand on convoie ou qu'on s'entraîne, on se fixe des vitesses max à ne pas dépasser pour ne pas abîmer le matériel. Et lorsqu'on est dans une configuration de record - surtout quand il se joue sur aussi peu de temps, ou qu'on a une bonne fenêtre météo pour faire une tentative de 24 heures -, c'est sûr que c'est différent. Pourtant, on n'a pas non plus mené notre tri au-delà du raisonnable, c'est certain. On a plutôt navigué en bon marin, ce qui peut paraître un peu bizarre... On a utilisé le bateau à 95, 96, 97 pour cent par moments. La dépression, ce n'était pas la fin du monde. Il y avait 35 noeuds moyen et des rafales à 40. Il n'y avait pas de houle. Il y avait un clapot un peu chiant, mais vu la longueur de notre bateau, on a un bon passage dans ce type de mer.
À quelques encablures du cap Lizard, Banque Populaire V est déjà assuré d'avoir déposé son adversaire Groupama sur la course au record de l'Atlantique...
Photo © Benoît Stichelbaut (Banque Populaire)
v&v.com : Qu'est-ce qui vous a le plus surpris à bord, par rapport à la performance ?
PB : La capacité de Banque Populaire V à avoir une vitesse ultra-élevée et stable. Sur ce bateau, vous pouvez naviguer à 42-43 noeuds pendant 20 minutes. C'est son gros point fort. Mais ce qu'on cherche, ce n'est pas d'aller à 47 noeuds comme on a fait. On s'en fiche et à la limite, ça nous fait peur. La première fois qu'on a vu 45 noeuds sur le bateau, il y a tout un tas de trucs qui nous a inquiété ; par exemple, on sait très bien qu'en termes de cavitation des appendices, au-delà de certaines vitesses, on est dans le domaine de l'inconnu. Par contre, un autre point fort du bateau est sa capacité à avoir une vitesse, quelle que soit la force du vent et l'angle. Il est très polyvalent : il marche bien au près, au reaching, au portant. Il va très bien dans le médium léger, par rapport à notre concurrent direct, Groupama. À ce propos, je pense qu'il faut vraiment minimiser l'écart qu'il y a eu entre Groupama et nous, sur ce record-là (2 heures et 47 minutes, ndr). Il n'y avait pas de houle, mais la mer était sensible à l'allongement du bateau. C'était une mer typiquement chiante pour laquelle il fallait de la longueur si on voulait aller vite... Et puis, je ne suis pas convaincu que Groupama n'a pas eu un petit souci, un peu d'eau dans le flotteur sous le vent - un peu ou beaucoup - qui fait qu'à un moment donné, ils n'ont pas pu aller plus vite qu'ils ne l'ont fait. Je suis très réaliste. Je connais bien les polaires de vitesse des deux bateaux ; le nôtre ne va pas aussi vite qu'on a pu le montrer sur ce record-là. Ce sont des bateaux très proches en termes de performances.
v&v.com : Qu'est ce que cette traversée vous a apporté de plus dans la perspective du trophée Jules Verne* ?
PB : Elle nous a conforté dans ce qu'on pensait : que le bateau avait un potentiel exceptionnel et qu'il était une réussite. Qu'il était fiable. Tous nos systèmes embarqués marchent bien. Le trimaran a beau être grand, on arrive à faire des peeling sous gennaker, à rouler nos voiles, à les ranger, à faire des prises de ris... Tout cela reste encore à la taille d'un équipage. C'est un bateau qui a le même moment de redressement qu'Orange 2. Pour avoir eu la chance de naviguer un peu avec Bruno Peyron sur ce bateau, je peux comparer : la manoeuvrabilité de Banque Populaire est telle qu'on a l'impression d'être sur un bateau beaucoup plus petit. Par rapport à sa taille, son déplacement - 23 tonnes - est quand même très léger. Groupama fait 19 tonnes. Orange 2, c'était plus de 30 tonnes ! Il y a un monde !
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* Le Trophée Jules Vernes récompense le record du tour du monde par les trois caps (Bonne-Espérance, Leeuwin, Horn), dont les lignes de départ et d'arrivée sont définies par le phare de Créac'h (Ouessant) et le phare du Cap Lizard.
Il est actuellement détenu par Bruno Peyron et son équipage sur Orange 2, qui a réalisé le parcours en 50 jours, 16 heures, 20 minutes et 4 secondes, en 2005.
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3 jours 15 heures 25 minutes et 48 secondes. Retrouvez la synthèse sur ce record de l'Atlantique Nord dans le numéro 464 d'octobre de Voiles et Voiliers.
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03/08/2009 - 05:46
Banque Pop' V explose le record sur 24 heures et le record de l'Atlantique !
Dément ! Près de 33 nœuds de moyenne pour traverser l'Atlantique en 3 jours 15 heures 25 minutes. Une pointe à 47,15 nœuds. 907 milles en 24 heures. Le maxi-trimaran Banque Populaire V n'a pas fait dans la dentelle : il a tout raflé à Groupama 3, pourtant auteur d'une superbe traversée lui aussi !
03/08/2009 - 05:20
Deux records historiques sur l'Atlantique !
Banque Populaire V et Groupama 3 traversent l'Atlantique Nord en moins de 4 jours. Sophie de Turckheim sacrée vice-championne du monde de Laser Radial. Yann Eliès frappe fort sur la Solitaire du Figaro. Claire Leroy perd son double titre de championne du monde de match-racing. Les Minis 6,50 s'élancent sur la Transgascogne et le Tour Duf' fait toujours recette... Encore un retour de week-end riche d'une actualité vélique intense !
01/08/2009 - 11:30
Banque Populaire V explose le record sur 24 heures avec 908 milles !
Pendant leur tentative de record de l'Atlantique Nord, Banque Populaire V et Groupama 3 ont explosé la nuit dernière le record des 24 heures (794 milles par Groupama 3 en 2007). Les deux maxi-trimarans ont passé la barre des 800 milles et amélioré d'heure en heure leur record, jusqu'à atteindre ce matin 908 milles pour Banque Populaire V - et 854 milles pour Groupama 3. Les deux multis devraient franchir le cap Lizard demain après-midi, battre le précédent record et passer largement sous la barre des quatre jours. Incroyable...
30/07/2009 - 08:17
Groupama 3 et Banque Populaire V sont partis… mais pas ensemble
En stand-by depuis début juillet à New York, Groupama 3 (à 20h12’16’’ UTC) et Banque Populaire V (à 22h47’42’’ UTC) se sont élancés la nuit dernière à l’assaut du record de l’Atlantique, entre le phare d’Ambrose (Etats-Unis) et le cap Lizard (Angleterre). Pour les deux trimarans géants, le défi est le même : traverser l’océan en moins de 100 heures. Temps à battre : 4 jours 3 heures 57 minutes.
28/07/2009 - 16:13
Groupama 3 et Banque Populaire V en code vert
En stand-by depuis le 7 juillet à New York, Groupama 3 est passé en code vert. Sauf changement météo de dernière minute, le trimaran de Franck Cammas devrait s'élancer dans la nuit de mercredi à jeudi à la conquête de son propre record de l'Atlantique, 4 jours 3 heures et 57 minutes. De son côté, Banque Populaire V vient de passer du code orange au code vert. Ça se précise !