Actualité à la Hune

Les Sables-Les Açores-Les Sables

Roman-photo d’une arrivée chez les mini

Les rescapés parmi les 45 ministes qui avaient pris le départ, mercredi 8 août, de la seconde étape de la septième édition de la course Les Sables-Les Açores-Les Sables, ont commencé mardi 14 août à franchir la ligne d’arrivée aux Sables-d’Olonne.
Après 1 270 miles de solitude dans l’Atlantique Nord, c’est l’Allemand Jörg Riechers (Lilienthal) qui remporte l’étape en classe proto en 5 jours 18 heures 51 minutes et 23 secondes, suivi par les Français Erwan Le Méné (Rousseau Clôtures) puis Axel Tréhin (Tartine-Cherche du beurre).
En série et comme à la première étape, c’est l’Italien Ambrogio Beccaria (Geomag) qui s’impose confortablement en 6 jours 3 heures 21 minutes et 43 secondes, suivi par les Français Félix de Navacelle (Youkounkoun) et Nicolas d’Estais (Cheminant-Ursuit).
Directeur de course, Denis Hugues a accepté de commenter des «choses vues» de cette arrivée à la manière d’un roman-photo.
  • Publié le : 16/08/2018 - 18:31

Roman-photo d’une arrivée chez les mini«Dans la classe Mini, les arrivées peuvent parfois s'habiller d'une sensation d'immense solitude qui se termine bientôt, surtout quand la brume s'en mêle.»Photo @ Nicolas FichotRoman-photo d’une arrivée chez les mini«Pour le comité de course, sur la ligne d'arrivée, les heures sont parfois longues. On sait que les premiers sortiront de la brume en venant directement des Açores mais on on peut vite se mettre à douter des positionnements satellites, quand on est au sur le bateau-comité.»Photo @ Nicolas FichotRoman-photo d’une arrivée chez les mini«Dans la pétole, les ministes ont souvent le bas du spi qui traîne dans l'eau, mais ce n'est pas trop grave. Ça sèche vite. Le problème, c'est quand le vent s'en mêle et que le spi se met à chaluter dans l'eau. Ça déchire vite, alors. Très vite.»Photo @ Nicolas FichotRoman-photo d’une arrivée chez les mini«Autrefois, le comité de course soufflait dans une corne de brume pour chaque arrivée. Avec les temps modernes, on approche le sifflet de la VHF, ça suffit. On est sûr au moins que le coureur pigera très vite qu'il a passé la ligne parce qu'on indique en même temps son nom et son numéro sur le canal VHF qu'il ne quitte pas, de son côté. Plus de méprise possible.»Photo @ Nicolas FichotRoman-photo d’une arrivée chez les mini«Les derniers mètres sont parfois les plus durs en cas de pétole sur la ligne d'arrivée. De quoi devenir dingue ! La meilleure solution alors, c'est de brancher le pilote et de se concentrer sur l'écoute. On travaille au centimètre près, du bout des doigts, pour donner un rien de vitesse au bateau. Cette micro vitesse va lui donner un peu de vent. C'est vite la guerre des nerfs, quand même.»Photo @ Nicolas FichotRoman-photo d’une arrivée chez les mini«Quand les ministes arrivent dans le chenal des Sables-d'Olonne, même tractés, c'est la consécration. Il est long, ce chenal, mais ils le goûtent doucement, avec dans leur tête des images de Vendée Globe. Même s'ils ne le disent pas forcément, ils en rêvent tous ou presque, du Vendée Globe.»Photo @ Nicolas FichotRoman-photo d’une arrivée chez les mini«Fille ou garçon, jour ou nuit, ils en rêvent tous, de ce premier verre de bière amené sur le ponton par les copains. On le boit doucement, on laisse défiler les images. On n'est plus en mode course, mais il ne suffit pas d'appuyer sur un bouton pour en sortir.»Photo @ Nicolas FichotRoman-photo d’une arrivée chez les mini«Ambrogio, par exemple, il n'a pas intérêt à oublier trop longtemps de téléphoner à sa copine, à l'arrivée, quand elle n'est pas sur les pontons. Ce qui est rare, d'ailleurs : elle court aussi en Mini et elle se défend très bien.»Photo @ Nicolas FichotRoman-photo d’une arrivée chez les mini«Jörg Riechers a fait très fort, sur l'étape du retour. Il a été magistral. Il voulait sans doute profiter de sa dernière course en classe Mini. Pour un clap de fin en Mini, sa sortie était réussie. Il l'a mérité, son champagne à bord, franchement !»Photo @ Nicolas FichotRoman-photo d’une arrivée chez les mini«A l'arrivée, tout n'est pas terminé pour les ministes qui n'ont pas un team à leur disposition en permanence. C'est petit, 6,50 mètres, mais on n'y entre pas mal de choses, si c'est bien fait. Les voiles, par exemple : bien roulées ! Pour éviter les plis qui feront venir la moisissure. C'est là, aux moisissures, que ça déchirera, plus tard.»Photo @ Nicolas FichotRoman-photo d’une arrivée chez les mini«A peine bu le champagne, le rangement commence. Si tout va bien, chaque voile aura son sac, ce qui fait normalement sept sacs pour une course. C'est le nombre maxi autorisé, sept voiles. En général, ils emportent une grand-voile, un tourmentin, un solent à ris, un code 5, un code 0, un gennaker et un spi.»Photo @ Nicolas FichotRoman-photo d’une arrivée chez les mini«Pour la photo du podium final, en série, avec les photographes, Ambrogio s'est fait porter par Félix et Nicolas et ils n'ont pas fait semblant de le soulever, ces deux-là. C'est ça aussi, l'esprit Mini : le meilleur gagne et les autres le respectent. Ambrogio, par exemple, il a fait premier sur ses cinq courses, cette saison. Tout ça avec un bateau qui ne va pas plus vite que les autres, à la base. Chapeau !»Photo @ Nicolas FichotRoman-photo d’une arrivée chez les mini«L'esprit Mini, c'est aussi des petites visites de copains qu'on se rend sur les quais, entre concurrents. Il n'y a pas d'espionnage, en classe Mini. On montre tout. Il n'y a pas de gros teams derrière, on reste cool. Pas d'ennemis, sur l'eau. Juste des adversaires. Et vite, à quai, on oublie tout.»Photo @ Nicolas FichotRoman-photo d’une arrivée chez les mini«A part peut-être en Class40, vous verrez rarement un vainqueur venir aider le suivant à s'amarrer. La classe Mini, c'est une bande de copains. Une fois le dernier mètre franchi sur l'eau, ils se félicitent entre eux ou bien ils se consolent. Ils n'ont besoin de personne d'autre pour le faire.»Photo @ Nicolas FichotRoman-photo d’une arrivée chez les mini«Les voiles, c'est sacré : il faut les rincer à l'eau douce et bien les sécher. Sinon, ça va moisir. Pas forcément les coutures puisque maintenant, la plupart sont collées. Mais un coin d'humidité qui va se coincer dans un mauvais pli et vous pouvez être sur qu'un jour, si elle lâche, ça partira de là. Un ministe, ce n'est pas riche, alors il fait attention. A tout.»Photo @ Nicolas FichotRoman-photo d’une arrivée chez les mini«Sur le pont, la coque et les voiles, il y a la nationalité et le numéro du bateau. Pour l'instant, le numéro est à trois chiffres mais on ne tardera pas à passer à quatre. Tant mieux ! Pour le pays, on est la classe la plus internationale. Tant mieux aussi. Sur la Mini-Transat, il y a un gros tiers d'étrangers sur les 85 ministes. Clairement, c'est signe d'ouverture. D'avenir.»Photo @ Nicolas FichotRoman-photo d’une arrivée chez les mini«Une belle course, c'est une belle équipe derrière et un bon organisateur pour régler tout cela. S'il est bon, l'équipe sera bonne et les coureurs heureux d'y revenir. Marc Chopin, pour cette course, c'est un bon. Pas de chichis, on assume, on avance. Du coup, ici, tout roule pour les ministes.»Photo @ Nicolas Fichot