Note :
Majan/Oman Air, plan Irens-Cabaret de 32 mètres ici photographié lors de ses premières sorties au large d'Oman, parvient à marier puissance et sécurité, avec son haut franc-bord, ses redans et ses longues étraves inversées.
A 42 ans, Sidney Gavignet a passé quatre fois le Horn en course, disputé l'America et le Tour de France à la voile, suivi une préparation olympique et traversé vingt fois l'Atlantique - mais jamais en solitaire.
Photo © Jean-Marie Liot (Oman Sail)
voilesetvoiliers.com : Au printemps, de Capetown à Oman, tu as parcouru 16 000 milles à bord de Majan/Oman Air - mais en équipage. Là, tu viens de terminer ta qualification pour le Rhum, plus de 1 000 milles, seul, entre Cadix et Lorient. Verdict ?
Sidney Gavignet : Ça m'a confirmé que ce bateau est très bon, très marin, très sécurisant. Je me sens vraiment à l'aise dessus. J'ai lu votre interview de Yann Guichard, qui va mener Gitana 11, et il est certain que nous ne vivrons pas du tout la même course !
v&v.com : Ça remontait à un bon moment, non, ta dernière navigation en solitaire ?
S.G. : C'est drôle parce que c'est la question que je me suis posée la première nuit ! Eh bien, ça remontait à 2000, en Figaro ! Il y a dix ans, donc, et sur un monocoque de 10 mètres...
v&v.com : As-tu connu des moments chauds ? Peu après l'appareillage de Cadix, tu as rencontré du vent fort - 30 noeuds et plus. Rude entrée en matière, non ?
S.G. : Oui... J'ai d'abord eu du petit temps au Sud de l'Espagne et du Portugal, puis, dès que j'ai passé la pointe pour remonter vers Lorient, le vent est monté - les fameux alizés portugais - et la mer avec. Tout ça au près, ça chahutait bien. Quoi qu'il en soit, de ce fait, ça a été une qualif' vraiment utile, des milles utiles : c'étaient des conditions difficiles, que je suis susceptible de rencontrer pendant la Route du Rhum. Et puis, j'ai pu mettre aussi en place ma collaboration avec Marcel Van Triest, mon routeur pour le Rhum.
v&v.com : Comment vous organisez-vous, concrètement ?
S.G. : Marcel fonctionne comme s'il était à bord. Il travaille de chez lui, seul, comme s'il était le navigateur du bateau. Pendant la qualification, où le routage était léger, on a surtout installé notre dialogue, mis au point certains détails. Il faut s'entendre et se comprendre. Par exemple, on utilisera alternativement l'anglais et le français, en fonction des moments, des situations à décrire. Et puis, au-delà de cet aspect-là, il fallait aussi que je vois avec lui où j'en étais par rapport aux polaires du bateau...
v&v.com : Et de point de vue-là, comment tu te situais ?
S.G. : J'avoue que j'ai été un peu déçu par mon rendement au près dans la mer. Mais bon, il y avait vraiment de la grosse mer, les alizés étaient établis depuis longtemps... En revanche, sur la fin de mon parcours, avec des conditions plus maniables, je suis revenu à 100 % du potentiel du bateau.
v&v.com : Physiquement, le bateau te semble donc gérable ?
S.G. : Oui, je suis assez tranquille à bord. Bien sûr, on est toujours en éveil sur un multi, a fortiori de cette taille, mais sans appréhension, assez décontracté. J'arrive à pousser des situations, contrairement à ce que semblait dire Yann par exemple : sur Majan/Oman Air, même un peu surtoilé. je peux encaisser du vent fort pendant une période donnée. Parfois, tu vas peut-être un peu moins vite en encaissant et en relâchant du chariot qu'en prenant un ris ou en changeant une voile, mais en même temps, la manoeuvre est tellement chère en multicoque qu'au final, tu peux être gagnant.
v&v.com : Et côté sommeil, qu'as-tu retenu de cette première expérience ?
S.G. : D'abord qu'il me faut bien deux nuits pour entrer dans le rythme, être en phase avec le bateau. Je pense que cet aspect-là sera très important au départ du Rhum, en tout cas pour moi, car on aura passé dix jours à Saint-Malo sans naviguer. Je vais donc travailler ça : entrer rapidement en action, me mettre dans le rythme sans me mettre dans le rouge. Parce qu'en multi, la différence entre un bon et un mauvais rendement se solde très vite par beaucoup de noeuds, donc beaucoup de milles.
Sur Majan/Oman Air - comme sur Sodeb'O -, le poste de navigation est de plain-pied avec le cockpit. Par ailleurs, ce dernier est très bien protégé. L'ensemble permet d'intervenir et de manoeuvrer rapidement et en toute sécurité.
Photo © Oman Sail
v&v.com : Et quand il le fallait, tu parvenais à dormir sereinement ?
S.G. : Oui, globalement, ça a été. J'ai même presque trop bien dormi, parfois ! La troisième nuit, il y avait du vent et de la mer, j'étais sous trois ris et foc 3 et j'ai vu que le bateau était confortable. Du coup, j'ai bien dormi. Ça m'a en tout cas permis de voir que, s'il le fallait, je pouvais vraiment me reposer.
v&v.com : Où dors-tu, à l'intérieur, sous la casquette ?
S.G. : Tout comme Thomas sur Sodeb'O, j'ai la chance d'avoir mon poste de navigation au même niveau que le pont. C'est très agréable et très sécurisant : on n'a pas à descendre à la cave pour faire sa nav' ou dormir. Du coup, quand les conditions sont bonnes, je dors à l'intérieur, par terre, sur un <bean bag>, un sac à billes. Là, j'ai une excellente vision sur mes cadrans, les instruments, l'extérieur et je suis à deux pas des écoutes... Et quand les conditions sont mauvaises, je me repose sous la casquette du rouf, avec les écoutes à la main, bloquées par un simple coinceur.
v&v.com : Donc, ça y est, tu as installé tes coinceurs sur les colonnes, comme sur Groupama 3 ?
S.G. : Oui, c'est simple et efficace. Sur la colonne de winch, j'ai deux taquets-coinceurs, un pour le chariot de GV, un pour la voile d'avant. Un coup de poignet, et je peux maîtriser ou libérer la puissance de la voilure.
Très haute de franc-bord, bien défendue, doté d'un redan qui permet à la fois de diminuer la surface mouillée, de rigidifier la structure et de déflecter les embruns, la carène centrale de Majan/Oman Air prouve son aptitude à la navigation hauturière.
Photo © Oman Sail
v&v.com : Mais tu ne veux toujours pas du système UpSideUp pour prévenir le chavirage (*) ?
S.G. : Non, toujours pas. J'ai peut-être tort, mais je pense que les trois bateaux de Francis, Thomas et moi sont assez raisonnables, avec des temps de réaction assez longs.
v&v.com : Et pour ton alimentation ?
S.G. : J'ai redécouvert son importance ! D'autant qu'elle est finalement très liée au sommeil. Après le cap Finisterre, au terme d'une période d'intense activité - j'avais renvoyé deux ris, changé de voile d'avant, fait des virements -, je me suis retrouvé en fringale et je me suis jeté sur un saucisson. Du coup, la digestion s'est ajoutée à la fatigue - mauvaise idée ! Une bêtise que je ne referai pas, donc...
v&v.com : Combien de temps vas-tu encore naviguer en solo avant le départ ?
S.G. : Là, on va d'abord aller à Cowes, puis c'est Loïck Gallon, le skipper de remplacement, qui va effectuer sa qualif'. Au retour, on installera les nouvelles voiles et je reprendrai la barre pour une semaine complète à bord, après le 15 août. Toujours en me mettant des contraintes de parcours - virer le Fastnet, que sais-je...-, pour m'obliger à certaines choses, me mettre le plus possible dans les conditions d'une vraie course. Et à la fin, si je vois, par exemple, que je manque de milles dans du vent fort au portant, j'irai chercher ces conditions et ces allures-là.
v&v.com : A propos des nouvelles voiles, est-ce que tu as été satisfait de la longue navigation d'observation avec Yann Régnault, de North France ?
S.G. : Oui, je savais que ça serait positif. Yann est venu à bord quand Majan/Oman Air naviguait encore en équipage, entre Fremantle et Singapour. Pendant 2 500 milles, il a regardé, écouté, on a beaucoup échangé - et je crois qu'en dix jours non-stop, on n'a rien oublié ! On est arrivé, comme Thomas pour Sodeb'O et Francis pour Idec, à la conclusion que, pour un sprint comme le Rhum, ces bateaux-là manquaient de voilure. Du coup, ma nouvelle grand-voile aura 30 mètres carrés de plus. Par ailleurs, au lieu de l'unique gennaker à tout faire du bateau, on en a prévu deux nouveaux, un grand typé descente et alizés et un petit qui s'occupera du reste.
v&v.com : Cette voilure te semble suffisante pour la deuxième partie du parcours ?
S.G. : Oui, sans problème. Pour le reste, je mesure le fossé qui me sépare de Thomas, Francis ou Franck. Eux ont des mâts basculants, des foils réglables - eux visent la victoire.
v&v.com : Toi non ?
S.G. : En tout cas, je n'ai pas l'engin pour gagner. Je ne suis pas aussi extrême dans plein de domaines. Les trampolines en Spectra par exemple : tu gagnes des kilos et du fardage, mais ça coûte plus de 10 000 euros ! Pareil pour les batteries : j'aurais pu économiser 75 kilos - ce qui est énorme - avec des modèles valant 15 000 euros. Mais ce n'est pas dans la philosophie de ce projet... Quoi qu'il en soit, moi, logiquement, je ne devrais pas être avec la bande des quatre, Thomas, Francis, Franck et Yann - mais si j'arrive à me battre avec eux, j'aurais le sourire !
v&v.com : Ne crains-tu pas d'en être encore à apprivoiser ton bateau lorsque tu seras en course ?
S.G. : Je pense que je serai bien préparé. Et, avec Yann Guichard et Franck Cammas, nous en serons à peu près au même point. Thomas et Francis, eux, ont évidemment une immense connaissance de leur bateau, un vécu, une aisance incroyable. Cela dit, aujourd'hui, quand je suis à l'intérieur, je sais si le bateau va bien ou pas.
v&v.com : Vous vous entendez bien, donc, dans tous les sens du terme...
S.G. : Oui, voilà : on s'entend bien.
S.G. : Ce n'est pas tant une manoeuvre qu'une série de manoeuvres. Le plus dur, pour moi, c'est incontestablement quand il faut renvoyer. Quand tu réduis, le plus souvent, c'est progressif. Mais quand ça mollit... Pendant ma qualif', au cap Finisterre, j'ai eu trois-quatre heures vraiment épuisantes : passer de trois ris/foc 3 à GV haute/foc 1, avec deux virements en prime dans du vent faiblissant et instable. Long et crevant.
v&v.com : Et qu'est-ce qui t'impressionne le plus sur ce bateau ?
S.G. : C'est le bateau le plus marin sur lequel j'ai navigué ! Pendant ma qualification, à un moment, je me suis retrouvé temporairement dans du vent plus fort et, surtout, de la mer grossissante. J'étais à 18 noeuds au près. Et la mer avait beau lever et creuser, j'étais toujours à 18 noeuds au près ! Je tire un coup de chapeau à Thomas Coville, Nigel Irens et Benoît Cabaret : ils ont réussi un magnifique bateau.
v&v.com : A la fois plus puissant et plus confortable qu'un Volvo 70 !
S.G. : Exactement ! Majan/Oman Air a beau avoir un moment de redressement deux fois supérieur à celui de Puma, par exemple, quelle différence ! Quel confort ! On est protégé, on est haut sur l'eau, on va vite en toute sécurité... J'en ai pris plein la gueule pendant mes tours du monde en équipage, et je pense être dur au mal. Mais quand même : je mesure - aujourd'hui, à bord de ce trimaran !- à quel point la Volvo Race est certainement la course la plus dure qui soit...
v&v.com : A Cadix, avant ta qualif', vous êtes intervenu sur Majan/Oman Air, non ?
S.G. : Oui, on avait un petit problème de hook de foc.
v&v.com : Et à Oman, avant de rallier Cadix, vous aviez démâté le bateau ?
S.G. : Exact, pour un simple contrôle de l'espar. Rien à signaler.
v&v.com : Au terme de ta qualif', y a-t-il des points que tu souhaites revoir ?
S.G. : J'ai juste eu un problème de pilote - à un moment, les deux Brookes ne fonctionnaient plus. Mais ça a été une panne utile, si je puis dire. Elle a mis en évidence un problème d'interfaçage entre les pilotes et le GPS. Ce dernier travaillant avec quatre décimales de précision, cela posait parfois des problèmes aux pilotes. On est revenu à trois décimales et tout est rentré dans l'ordre... Pour le reste, à Lorient, là, en ce moment, on change les haubans, la déco - et c'est tout !
v&v.com : Côté allégement du bateau, vous avez fini ?
S.G. : Oui, on a fait tout ce qu'on a pu mais, là aussi, sans excès. Dans certains domaines, on a gagné du poids facilement, car le bateau était peu équipé <ceinture et bretelles>, notamment pour les batteries ou le générateur. Et on a aussi débarqué la station destinée au mediaman quand le bateau navigue en équipage.
v&v.com : Quel est ton favori pour la prochaine Route du Rhum ?
S.G. : Encore une fois, il y a quatre marins qui se battent pour la victoire - Francis, Thomas, Franck et Yann. Mais mon favori, c'est Joyon. C'est un phénomène. Thomas navigue super bien, il fait des bons milles, il gère très intelligemment ses courses, mais je vois Francis devant.
(*) Le système UpSideUp d'Ocean Data System est un antichavirage, un limiteur de gîte et de charge sur le gréement, avec des taquets largables automatiques.
...........
Vous pouvez lire les trois premiers articles de cette série, consacrés à :
. Franck Cammas et son maxi-trimaran Groupama 3, ici.
. Yann Guichard et son maxi-trimaran Gitana 11, ici.
. Thomas Coville et son maxi-trimaran Sodeb'O, ici.
...........
Catégorie <Ultime> (60 pieds et plus) : les inscrits officiels à la Route du Rhum 2010/La Banque Postale
. Sodeb'O, maxi-trimaran de 32 mètres, Thomas Coville.
. Majan/Oman Air, maxi-trimaran de 32 mètres, Sidney Gavignet
. Groupama 3, maxi-trimaran de 31,50 mètres, Franck Cammas.
. Idec, maxi-trimaran de 29,70 mètres, Francis Joyon.
. Gitana 11, maxi-trimaran de 23,50 mètres, Yann Guichard.
. Saint-Malo 2015 (ex-Club Explorer de Bruno Peyron), maxi-catamaran de 22,50 mètres, Servane Escoffier.
. Défi Cancale (plan Ollier 1988, ex-Elf Aquitaine 3, ex-Gitana IX...), trimaran de 18,28 mètres, Gilles Lamiré.
Ils ne sont pas encore officiellement inscrits
. Musandan (ex-Casto-BBQ d'Ellen MacArthur), maxi-trimaran de 23 mètres, Philippe Monnet.
. Côte d'Or (ancien multicoque d'Eric Tabarly), maxi-trimaran de 22,50 mètres, Bertrand Quintin.
...........
Vous pouvez retrouver ici la première interview de Sidney Gavignet, réalisée en avril 2010.
Vous pouvez retrouvez ici le programme complet du projet Oman Sail.
Pas encore inscrit ? Créez votre pass voilesetvoiliers.com
(indispensable pour poster un commentaire, faire un achat dans la boutique, déposer une annonce...)
15/07/2010 - 05:45
Thomas Coville : «J'ai allégé le bateau de 600 kilos»
A la différence de ceux qui, comme Franck Cammas ou Yann Guichard (voir nos articles précédents), doivent apprendre à gérer un multicoque géant conçu pour un équipage, Thomas Coville dispose d'un trimaran conçu à sa main et pour le solo. La question, pour le recordman de l'Atlantique Nord et des 24 heures en solitaire, était plutôt d'optimiser encore son plan Irens-Cabaret en vue du sprint de la Route du Rhum. Allègement, foils à incidence réglable, aérodynamique soignée, nouvelle voile d'avant : le skipper de Sodeb'O raconte son bateau - et ce qu'il vient d'y changer.
08/07/2010 - 07:11
Yann Guichard : «C’est un peu comme si j’étais en moto et mes adversaires en 4x4 !»
Gitana 11, c’est le trimaran vainqueur de l’édition 2006 de la Route du Rhum, Lionel Lemonchois à la barre, et le détenteur du record de la course. Un sacré pedigree. Un trimaran de rêve. Mais pour s’aligner sur la prochaine édition, face à des adversaires bien plus grands, Yann Guichard – son nouveau skipper depuis 2008 – a dû lui commander un gros chantier : plus 17 pieds de long, de nouveaux flotteurs, un cockpit repensé… Vraisemblablement, le prix de la polyvalence. Interview.
25/06/2010 - 06:18
Franck Cammas : «J’attends la première nuit en mer avec du vent…»
À l’arrivée du Trophée Jules Verne battu en mars avec neuf équipiers sur Groupama 3, nous avions interrogé Franck Cammas sur sa vision du trimaran grand format en solitaire. Le surlendemain de l’arrivée, le bateau était sorti de l’eau pour rentrer en chantier pour deux mois. Depuis mardi, Franck part s’entraîner seul. A trois mois du départ de la Route du Rhum, le skipper de Groupama 3 nous explique toutes les modifications réalisées pour mettre le bateau à sa main.
08/04/2010 - 06:11
Sidney Gavignet : «Je n’ai pas peur. Je me sens prêt»
Sidney, il a tout fait. Gavignet, il a tout vu. Ou pas loin. Quatre Horn, vingt transats dont trois en double, quatre tours du monde en équipage, deux Figaro, une PO en Laser, un record de l’Atlantique en monocoque (Mari-Cha IV, 2003) et une victoire dans la Volvo 2004-05… Ah si, quand même, à 41 ans, il lui manque une transat en solitaire. Eh bien, justement, fin octobre, il sera au départ de la Route du Rhum 2010. Sur Majan, un maxi-trimaran de 100 pieds. Aujourd’hui, il est serein, heureux. Prêt.
18/03/2010 - 07:24
Sidney Gavignet : «C’est un ogre !»
«J’ai navigué sur des machines mangeuses de milles pendant la Volvo, là je suis sur un ogre !» Sidney Gavignet, qui va courir le Rhum 2010 à bord du maxi-tri Majan, apprécie sa prise en mains entre Le Cap et Fremantle : lui et l’équipage international font face à leur premier coup de chien des 40e…
10/10/2008 - 18:05
Sidney Gavignet : «Cette course est d’abord un défi humain passionnant»
Il a un prénom original, hommage au jazzman Sidney Bechet. Il court sur tout ce qui navigue. Il se considère presque comme un Anglo-Saxon. Il participe à sa quatrième Volvo Ocean Race, tour du monde en équipage où les Français sont rares. A quelques heures du départ, rencontre avec Sidney Gavignet.