Vainqueur de la première étape de la Solitaire du Figaro 2011, entre Perros-Guirec et Caen, Fabien Delahaye (Port de Caen Ouistreham) remporte à domicile une première victoire arrachée dans les derniers milles et dans les petits airs. Il devance l'inoxydable Gildas Morvan (Cercle Vert) de 11 minutes 09 secondes, lui même talonné 13 secondes plus tard par Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls) qui complète le podium. Pétole, courants et même mouillage ont marqué cette courte première étape dont les écarts à l'arrivée restent limités.
Note :
Mardi 2 août, 13h14 : après 2j 2h 14min 36sec de course, Fabien Delahaye remporte la première étape à 5,83 noeuds de moyenne.
Photo © Bernard Gergaud (Port de Caen Ouistreham)
Peur sur la Manche
Ils redoutaient tous cette première étape. La plus courte en distance - 320 milles raccourcis à 293 - mais potentiellement la plus dangereuse à cause des vents faibles annoncés et des très forts courants en Manche en période de grande marée (coefficient 102 mardi).
Tous craignaient le fameux passage à niveau où le courant se renverse au moment où la flotte franchit une marque de parcours et plante sur place quelques attardés. Il n'en fut rien.
Les écarts restent limités et aucun favori ne s'est fait piéger. Seuls Nicolas Lunven (Generali), le plus prompt au départ, Jérémie Beyou (BPI), premier à la marque Hand Deeps au Sud de Plymouth et Thomas Rouxel (Bretagne - Crédit Mutuel), en tête au passage de Needles Fairway à l'entrée du Solent, peuvent ruminer quelques regrets. Ils ont tous les trois animé les trois quarts de l'étape et aucun ne termine sur le podium. Si leurs retards restent faibles - de 12 à 17 minutes - Beyou se classe 4e, Rouxel 6e et Lunven 9e d'une étape joliment remportée à Caen par l'enfant du pays.
C'est au large de Barfleur que la course s'est jouée, en partie lorsque le vent a faibli. Certains ont mouillé pour résister au courant de marée. Pas Fabien Delahaye.
Photo © Solitaire Du Figaro
Fabien Delahaye dans son jardin
C'est dans la seconde nuit, au large du Cotentin, que Fabien Delahaye a construit sa victoire.
Dans la pétole, certains concurrents décident de mouiller l'ancre au moment de la renverse, pour éviter d'être aspiré vers Barfleur par le fort courant. Fabien non !
<Comme Gildas (Morvan, 2e), je n'ai pas mouillé parce qu'il y avait 48 mètres de fond et c'est peut-être ce choix qui a été décisif, analyse-t-il à l'arrivée. J'ai préféré me laisser déporter par la marée en gagnant petit, car je savais que le courant allait s'inverser au matin. Je n'allais peut-être pas au bon endroit mais je profitais de quelques petites bouffées d'air qu'il ne fallait pas rater !>
Honnête, il reconnaît que sa connaissance du plan d'eau à l'arrivée n'est pas meilleure que celle des autres. Paradoxalement, c'est la seconde nuit qu'il a le plus dormi. <La première nuit, après mon départ catastrophique, j'avais à coeur de remonter. Du coup, je n'ai pas dormi. J'étais dessus tout le temps et je n'ai fait que revenir. La seconde, je savais qu'il fallait être fort sur les dernières transitions, et donc lucide toute la nuit. Du coup, je me suis octroyé une dizaine de fois 3 à 5 minutes de sommeil...>
Les yeux rouges de fatigue, Fabien Delahaye réalise l'exploit de remporter une étape de la Solitaire devant 46 adversaires.
Photo © Bernard Gergaud (Port de Caen Ouistreham)
Fabien Delahaye, le garçon rigoureux
(Lire ici son portrait réalisé par Manon Borsi.)
Colocataires à Port-Laf' de Nicolas Lunven et François Gabart, Fabien Delahaye fait partie de cette nouvelle génération à l'ascension fulgurante. Issu de l'olympisme (470), il remporte le classement bizuth de la Solitaire du Figaro 2009, dont il se classe 18e au général.
Armel Le Cléac'h l'embarque l'année suivante et remporte avec lui la Transat AG2R 2010. Cette première victoire le met en confiance. Il se hisse quelques mois plus tard dans le Top 10 de sa deuxième Solitaire du Figaro.
Deuxième en avril dernier de la Transat Bénodet-Martinique, Fabien Delahaye faisait logiquement partie des grands favoris au départ de cette 42e Solitaire du Figaro. Cette première victoire d'étape n'a donc rien d'une surprise... Mais maintenant, Fabien va devoir gérer la pression du leader. Petite statistique à méditer : en 41 éditions, seuls 36% des vainqueurs de la première étape ont ensuite remporté la Solitaire. A lui de remonter la moyenne...
Fabien Delahaye (au centre), Gildas Morvan (à droite) et Jean-Pierre Nicol forment le premier podium de cette 42e Solitaire du Figaro.
Photo © Bernard Gergaud (Port de Caen Ouistreham)
Morvan, Nicol, Beyou et... Xavier Macaire !
A 43 ans, l'infatigable Gildas Morvan (Cercle Vert), vainqueur en juin de la Generali Solo, attaque sa 16e Solitaire du Figaro avec toujours autant de détermination. Deuxième à Caen avec un infime écart de 13 secondes sur l'étonnant Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls), le Géant Vert reste en embuscade, comme la plupart des autres favoris qui n'accusent qu'un retard relatif au terme de cette première étape. 11 minutes pour Morvan, 12 pour Beyou (4e), 14 pour Rouxel (6e), 17 pour Lunven (9e), 23 pour Erwan Tabarly (Nacarat) qui complète le Top 10.
Mais la grande surprise de cette première étape est la cinquième place du bizuth Xavier Macaire (Starter Active Bridge). Venu du Mini 6.50, le Rochelais a réalisé une superbe première étape. <Cette place, c'est un plaisir, c'est génial ! se réjouissait-il à Caen. Je me suis fixé comme objectif d'être sur le podium bizuth. Et ça démarre bien...> Un autre bizuth a bien démarré aussi : l'Anglais Phil Sharp (The Spirit of Independence) a pris la 7e place à 15 minutes du vainqueur. Deux bizuths dans le Top 10, ça faisait longtemps que la Solitaire n'avait pas vu ça...
Cap sur l'Irlande
Après cinq bonnes nuits de repos, les 47 solitaires repartiront dimanche prochain de Caen en direction de Dun Laoghaire, en Irlande. Une deuxième étape de 470 milles entre Manche et mer celtique...
Pas encore inscrit ? Créez votre pass voilesetvoiliers.com
(indispensable pour poster un commentaire, faire un achat dans la boutique, déposer une annonce...)
29/07/2011 - 05:10
Figaro si, Figaro la…
Quarante-deux ans que le tempo est donné ! La partition est presque toujours la même : quatre étapes, avec au moins deux nuits en mer avant chaque escale, des courants de marée importants, du vent variable de 0 à plus de 40 noeuds, des concurrents toujours à vue, des retournements de situation et un podium toujours aussi difficile à atteindre... Figaro si, Figaro la : musique !
22/07/2011 - 00:01
Franck Citeau : «Au Figaro, il faut vraiment être mort de faim !»
Coach au sein du Centre d’Entraînement Méditerranée, Franck Citeau accompagnait ses sept Figaristes formés à La Grande-Motte pour un dernier round dans les eaux lorientaises avant de rallier Perros-Guirec pour le départ de la Solitaire du Figaro, le 31 juillet. L’occasion de faire le point sur les nouvelles méthodologies de préparation des coureurs au large, désormais sportifs professionnels aguerris à tous les secteurs du jeu.
09/04/2011 - 00:14
Fabien Delahaye, le garçon rigoureux
À l’école du large, le phénomène a lieu toutes les trois ou quatre saisons : une nouvelle vague de Figaristes vient agacer les cadors du moment, avant de s’imposer dans les hauts du classement de cette classe recherchée et disputée. Lobato, Marchand, Richomme, Ruyant… De nouvelles têtes qui s’imposent gentiment comme les meilleurs coureurs au large de demain et sont à découvrir urgemment. Parmi eux, Fabien Delahaye, 25 ans, prend ce week-end le départ de la transat Bénodet-Martinique.
Vos commentaires
Bravo d'avoir passé le Cotentin d'une traite, moi avec mon Sangria je n'y suis jamais parvenu