Fabien Delahaye, le vainqueur de la première étape de la Solitaire du Figaro, a bien voulu nous faire la visite guidée de son bateau Port de Caen Ouistreham, alors qu'il est chez lui... à Caen. Et non seulement, le garçon n'a rien à cacher, mais il éprouve un plaisir manifeste à parler de son bateau et du Figaro en général... Gare aux indiscrétions !
Note :
Fabien a opté pour un ordinateur fixe. Il montre ici le logiciel tactique Adrena et les données très visibles qui s'affichent lorsqu'il vient dormir ou se reposer. Notez en bas à droite de l'écran la programmation de l'alarme du réveil.
Photo © Didier Ravon
Frais et dispo, Fabien Delahaye arrive au pas de course, sous une pluie battante... après s'être excusé par téléphone de ses dix minutes de retard. Faut dire que depuis deux jours, l'enfant du pays et leader de la Solitaire du Figaro est très courtisé, mais nullement décontenancé par sa victoire dans la première étape et toutes ces sollicitations médiatiques et politiques.
Le bateau de Delahaye accuse quand même ses sept ans d'âge. La pompe à eau et l'alternateur du moteur sont neufs. Le skipper n'utilise jamais les couchettes à l'arrière pour se reposer, mais pour y stocker du matériel, notamment les cirés - ici à droite. Le capot moteur est bien sûr fermé en nav'.
Photo © Didier Ravon
Lorsqu'on le félicite pour la manière dont il a géré cette première manche entre Perros-Guirec et Caen, il répond illico : <Attention, nous n'en sommes qu'au début.> Et quand on lui dit que son parcours fulgurant en Figaro rappelle ceux des Desjoyeaux, Cammas ou Le Cléac'h... Il préfère se comparer à ses co-locataires de 2009 à Port La Forêt - <la maison magique !> - Nicolas Lunven et François Gabart. <Nico, François et moi avons chacun à notre tour fini premier du classement des bizuths 2007, 2008, et 2009... Et Nico a gagné le Figaro. Et François, le championnat de France solitaire 2010, deux ans après.> Heureux présage pour ce jeune navigateur de 27 ans, issu du 470, qui avoue sans fanfaronner ne ressentir aucune pression pour son troisième Figaro.
La jauge du Figaro impose à l'arrière du cockpit : le radeau de survie, un système de récupération d'homme à la mer et un bidon étanche de survie au nom du bateau.
Photo © Didier Ravon
A l'écouter, il n'y a pas à en douter. Fabien est d'une stupéfiante maturité, affable, synthétique. On sent que ça va vite... Et pas que sur l'eau ! Son bateau - qui date de 2004 et a été racheté à Bertrand de Broc - est nickel.
Nous aurions pu détailler le plan de pont, parler des pilotes qui barrent désormais à merveille, des réglages fins de son mât notés sur un petit calepin. Ou encore du mouillage principal - 14 kilos d'ancre plus 8 kilos de chaîne ! - qu'il n'a finalement pas utilisé dans le courant, tout comme le second de l'étape Gildas Morvan. Nous nous sommes cantonnés à une petite visite sous le pont, où rien n'a été laissé au hasard.
Table à cartes
Le vide-poche à gauche de la table à cartes contient gants, genouillères, coudières, casquette, bonnet... un thermos, les cartes papier, le journal de bord et un puissant projecteur de pont à LED. Notez sur la droite, le tourmentin orange plié.
Photo © Didier Ravon
<La classe Figaro est une jauge stricte monotype et on a très peu de liberté pour organiser son bateau. Mais il reste des possibilités pour la navigation et notamment la table à cartes. J'ai fait le choix d'un ordinateur fixe, pour des raisons de consommation. Cela permet d'avoir un ordinateur qui tourne avec un écran éteint et ça, ça consomme très peu. J'ai un baromètre électronique - indispensable pour travailler la météo -, une VHF bien sûr et l'Activ' Echo. Ce que nous avons tous à bord, c'est l'AIS en émission-réception. Tu peux désormais voir en permanence tes concurrents, leur vitesse et leur cap, et c'est un élément à prendre en compte dans la stratégie. On est vus, mais on voit les autres ! Les positions des 47 concurrents sont transmises par la direction de course à la VHF, mais on n'a plus besoin de tout noter comme c'était le cas il y a encore peu. On a la position en temps réel des bateaux - du moins les adversaires directs. Il n'y a qu'en cas de grosses options et donc d'écart en latéral (la portée de l'AIS est d'environ 6 milles, ndlr) que ce classement VHF est important. Sur la première étape, on voyait tout le monde tout le temps.>
Logiciel de nav
L'iPad est utilisé comme écran déporté en wi-fi à bord de quasiment tous les bateaux et permet comme ici d'avoir les cartes du SHOM pour naviguer dans les cailloux l'écran sur les genoux !
Photo © Didier Ravon
<J'ai le logiciel de stratégie-tactique Adrena, avec deux types de cartes : les C-Map d'Adrena et les raster (cartes du SHOM, ndlr) plus précises pour aller travailler dans les cailloux. On a des cartes papier, une règle Cras et un crayon obligatoires... Car l'informatique ou l'électronique peut tomber en panne. Dès que je vais dormir, je mets les compteurs sur l'ordi qui indiquent vitesses et angles, notamment l'AWA (angle par rapport au vent apparent, ndlr).>
iPad
<Nous avons presque tous ça, à bord. On l'utilise en écran déporté. C'est génial ! C'est bien moins cher que les gros écrans lourds, tactiles, étanches et filaires que nous avions encore il y a peu, avant que le wi-fi n'arrive. De plus, ils n'étaient pas très performants en visibilité par rapport au soleil. L'iPad marche très bien. C'est très léger, facile à transporter dans le bateau. On peut l'avoir sur les genoux, sur la barre, dans le cockpit... Et sur les grands bords, on peut le recharger en 12 volts.>
Fabien Delahaye déroule un petit matelas gonflable et son oreiller pour dormir dans son bateau, par tranche de 5 minutes. Là, il s'est installé dans la configuration
Presque vide, le poste avant du Figaro Bénéteau ! Il n'accueille en fait que les deux spis - un médium et un lourd - à gauche et le solent à droite.
Photo © Didier Ravon
<Je ne dors jamais dehors ! Je rentre dans mon bateau. Mon réveil se programme sur l'ordinateur - un petit logiciel avec un compte à rebours - en secondes ou en minutes. J'ai un petit matelas que je gonfle à la bouche et un oreiller étanche, ce qui me permet de m'allonger dans le fond du bateau sans avoir les varangues qui me cisaillent le dos et les jambes. Je n'utilise pas les bannettes sur cadre, derrière. Je préfère être au pied de la descente. Je programme l'alarme sur 5 minutes et me réveille en musique sur un morceau de Ben Harper. Le son monte graduellement et fini toujours par me réveiller. Je préfère me réveiller ainsi, c'est moins stressant que les sonneries ou autres klaxons que j'ai utilisés pour mon premier Figaro. J'ai un ampli et des enceintes étanches dehors et je peux mettre le son que je veux. Ça peut bien envoyer ! Sur la première étape, la seconde nuit, j'ai fait une bonne dizaine de siestes de 5 minutes. Dans le petit temps et en cinq minutes, le bateau ne fait pas trop de distances et tu peux bien récupérer.>
Vêtements
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Voiles : Tout dessus jusqu'à 22 noeuds de vent réel ! |
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> Le Figaro est un bateau finalement assez peu toilé et raide à la toile. Fabien Delahaye nous détaille les ranges de ses voiles North à membranes, autorisées depuis le début de la saison 2011. > Ranges : > La jauge autorise une grand-voile, un génois, un solent à ris, deux spis et un tourmentin. |
Lendemain de fête à Caen ! Le magnum de champagne du vainqueur est encore sur le pont, près du piano. Quant à l'espèce de tige qui serpente derrière et se termine par un crochet orange fluo, c'est la canne pour repêcher les algues mise au point par Fabien.
Photo © Didier Ravon
Nourriture
A tribord, la kitchenette, dans son jus à l'arrivée de la première étape. Fabien n'a rien mangé ou presque en un peu plus de deux jours de course. Les solitaires ont droit à 10 litres de contenants et aussi à un bidon d'eau de 20 litres qu'ils choisissent de remplir ou de vider.
Photo © Didier Ravon
<Le temps où les solitaires fixaient une glacière dehors, car ne pouvant pas lâcher la barre, est révolu. On a un réchaud et une bouilloire... Que je n'ai pas utilisés sur la première étape. En fait, j'ai juste mangé quatre sandwiches et un demi paquet de gâteaux. L'étape était peu physique et intense. Bref, je n'ai pas éprouvé le besoin de me faire chauffer des lyophilisés. J'avais un thermos de thé, mais ce n'est pas forcément une très bonne chose, car quand tu as envie d'en boire la première nuit, il est quasiment froid... De toute façon, on est limités à 10 litres de contenants étanches sur le Figaro. Le thermos en faisant partie, on est vite juste en boisson si l'étape traîne en longueur. Enfin, j'ai toujours à bord un pot de Nutella et des tranches de pain de mie !>
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Un plan de pont fonctionnel |
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Fabien Delahaye privilégie l'aspect fonctionnel, mais n'a rien de spécialement novateur sur le pont. <J'ai des systèmes de blocage de drisses en pied de mât, de blocage de balancine, un système d'élastique largable de l'arrière pour tenir le génois à l'avant, un cache pour éviter d'enclencher par erreur le pilote auto... Bref, des petites choses qui simplifient la vie. J'avais la télécommande de pilote (NKE) en bracelet, mais je l'ai perdue lors de la Générali Solo lors d'un affalage de génois... Et du coup, pour le Figaro je la mets autour du cou et j'en ai une de rechange à la table à carte !> |
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03/08/2011 - 01:00
Fabien Delahaye s’impose chez lui !
Vainqueur de la première étape de la Solitaire du Figaro 2011, entre Perros-Guirec et Caen, Fabien Delahaye (Port de Caen Ouistreham) remporte à domicile une première victoire arrachée dans les derniers milles et dans les petits airs. Il devance l'inoxydable Gildas Morvan (Cercle Vert) de 11 minutes 09 secondes, lui même talonné 13 secondes plus tard par Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls) qui complète le podium. Pétole, courants et même mouillage ont marqué cette courte première étape dont les écarts à l'arrivée restent limités.
02/08/2011 - 18:49
Fabien Delahaye : "Il fallait être fort sur les dernières transitions"
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09/04/2011 - 00:14
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