Alors que le prologue du Tour de France à la voile démarre aujourd'hui à Dunkerque, le tenant du titre, Daniel Souben, qui a dominé toutes les épreuves de début de saison en Farr 30, se dit prêt et impatient d'en découdre... Avis aux concurrents !
Note :
À 50 ans, Daniel Souben participe pour la cinquième fois consécutive au Tour de France à la voile, la quatrième en tant que skipper de Courrier Dunkerque. Victorieux l'année dernière, il vise le doublé.
Photo © Jean-Marie Liot (DPPI)
Cette année, il semble imbattable. Primo Cup, Spi Ouest-France, Grand Prix de l'Atlantique, Semaine Internationale de Deauville... Daniel Souben enchaîne les victoires sur son Farr 30 Courrier Dunkerque avec une facilité déconcertante. Son seul <faux-pas> de la saison, il l'a commis à Marseille, lors de la Massilia Cup, qu'il a terminé... deuxième !
Une jolie réussite pour cet ancien professeur d'EPS qui rêvait du métier de skipper.
Originaire de Pont-l'Abbé (Finistère) et élevé au 420, Daniel Souben s'est longtemps illustré dans les régates de 470 et de Tornado. Il n'a intégré l'équipage du Farr 30 Courrier Dunkerque de Géry Trentesaux qu'en 2005, mais en est devenu le skipper l'année suivante. Concentré sur ses objectifs de résultats, il a réussi à fédérer la <dream team> qui a gagné le Tour de France à la voile et le Championnat de France des équipages 2008.
Aujourd'hui, il ne s'entoure que de navigateurs de grand talent parmi lesquels Pierre-Loïc Berthet et Pierre-Antoine Morvan, qui lui succèderont à la barre, Erwan le Roux à la navigation, ou encore Mathieu Richard à la tactique.
Daniel Souben fêtera ses 50 ans le 27 juin, le jour du départ de l'étape Dunkerque-Dieppe, la première d'un Tour de France à la voile qu'il prépare obsessionnellement depuis un an.
À la veille du prologue, il s'est confié à voilesetvoiliers.com, voix posée, ton sérieux, sans jamais se détourner de sa ligne de conduite : concentré pour gagner.
v&v.com : Dans quel esprit abordez-vous ce Tour de France à la voile 2009 ?
Daniel Souben : Très sereinement, mais avec l'objectif fort de réaliser le doublé. Toute l'équipe de Courrier Dunkerque est ultra-motivée et impatiente de partir. Nous aimons naviguer et nous aimons la compétition. Le parcours est intéressant. Il y a donc beaucoup de plaisir en perspective. Notamment celui de passer un mois avec des gens qu'on apprécie.
v&v.com : Vous partez grand favori. Qu'est-ce qui pourrait vous faire échouer ?
D.S. : Nous avons remporté toutes les épreuves de début de saison plutôt facilement donc on fait figure d'épouvantail, c'est vrai. Mais ça reste un sport et on a vu dans bien des disciplines le grand favori trébucher ! Le jeu est ouvert, nous pouvons avoir des problèmes, nous pouvons passer à côté de la course, les autres peuvent nous surprendre... on n'est jamais à l'abri. Mais nous sommes confiants. Nous sommes prêts, nous avons l'habitude et nous savons que ça ne sert à rien de stresser.
v&v.com : Comment évaluez-vous la concurrence ?
D.S. : Nous connaissons bien nos adversaires. Les mêmes grosses écuries, qui se distinguent depuis plusieurs saisons, occupaient les cinq premières places l'année dernière : Nouvelle-Calédonie (Ronan Dréano et Vincent Portugal), Elcimaï-Ville de Marseille (Dimitri Deruelle) et Toulon Provence Méditerranée-COYCH (Fabien Henry) sont incontournables. Il faut aussi se méfier de Val Thorens (Alexis Littoz) et des étudiants de CSC-HEC-Ecole Navale (Hervé Gautier).
v&v.com : Comment prépare-t-on un Tour de France ?
D.S. : Très en amont. La première chose capitale, c'est le budget, environ 200 000 euros pour un équipage professionnel. La clé d'une bonne préparation, c'est de démarrer tôt : plus on a le temps de faire les choses tranquillement, plus on a de chances de les faire bien. Pour être compétitif, il faut déjà avoir réglé ces questions en septembre-octobre.
Ensuite, viennent les entraînements. On enchaîne des stages de trois-quatre jours pour tester différentes configurations, préparer le bateau avec ses évolutions de voiles et de gréement. Certaines équipes naviguent plus que d'autres ; nous, c'est 250 jours par an. Et, surtout, un max de confrontations avec nos adversaires directs.
Onze étapes et environ 1000 milles de course séparent le départ du Tour 2009 à Dunkerque (pour la 23e fois !) de son arrivée à La Seyne-sur-Mer.
Photo © D.R.
v&v.com : Et en termes d'équipage ?
D.S. : Il faut définir l'équipe au plus tôt, privilégier la continuité. Notre équipe est volontairement réduite. Quatorze, c'est un minimum pour une épreuve aussi longue. L'idée est de tourner en pensant à la gestion du poids et de la fatigue. Le format de l'épreuve suppose des compétences différentes entre un parcours banane et une étape de ralliement qui dure entre 18 et 30 heures. C'est d'ailleurs cette alternance offshore/inshore qui fait l'attrait de l'épreuve. C'est génial de retrouver, sur une même course, des gens qui viennent de l'olympisme, de la course au large, du match-race, de la planche ou du croiseur.
v&v.com : En 2006, le matossage illicite du matériel de sécurité sur certains bateaux avait causé une grosse polémique. Craignez-vous de nouvelles histoires de triche avec la jauge ?
D.S. : Pas vraiment. La jauge est assainie depuis deux ans. Il peut toujours y avoir des débordements, mais rien à voir avec les années précédentes. On a réellement l'impression de courir à égalité.
v&v.com : Pourquoi si peu d'inscrits cette année ?
D.S. : On compte entre 23 et 25 concurrents, tandis que les bonnes années on tourne autour de 32 bateaux, c'est vrai. Mais, vu le contexte économique, je ne considère pas ça comme une contre-performance. Au contraire, c'est même un signe que l'épreuve se porte bien !
| La 32e édition du TFV en un coup d'oeil |
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Ils seront entre 23 et 25 équipages (deux pré-inscrits n'ont toujours pas confirmé leur participation) à courir le Tour, alors que la course attirait une trentaine de bateaux lors des précédentes éditions. Le parcours comprend onze villes étapes, dont quatre en Manche, trois en Atlantique et quatre en Méditerranée. Le 5 juillet, un <tour de Bretagne> de 240 milles entre Saint-Quay-Côtes d'Armor et La Trinité constituera l'étape la plus longue des huit courses de ralliement. Le trajet Royan-Saint-Cyprien s'effectuera par la route, et les bateaux parcouront les 13 milles entre Saint-Cyprien et Port-Barcarès au moteur. À noter que la course se dispute pour l'avant-dernière fois sur Farr 30 (ex-Mumm 30) puisque le monotype, support de la course depuis 1999, doit être remplacé en 2011 (voir notre article <la controverse de la short-list>). |
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09/06/2009 - 08:38
Le JPK 998 accélère
Si le choix du nouveau monocoque du TFV se jouait sur la stratégie de communication, le JPK 998 sortirait haut ! La version 2 du plan de Jacques Valer, modifiée pour l’hauturier et mise à l’eau fin mai, a de nouveau été testée ce week-end dans un bon médium.
22/05/2009 - 10:49
147 marins, 21 bateaux… un titre !
L'édition 2009 du championnat de France des équipages a commencé début mai (notre du 4 mai dernier) à Pornichet lors du Grand Prix Atlantique. Cette année, d'avril à septembre, 21 Farr 30 vont se disputer le titre sur quatre épreuves : outre Pornichet, la Semaine internationale de Deauville, le Tour de France et la Route des Iles.
21/05/2009 - 07:51
La controverse de la «short list»
Le match JPK 998, T2011 contre M34 s'annonce sanglant ! Tandis que les trois projets susceptibles de remplacer le Farr 30 pour le Tour de France à la voile 2011 sont étudiés sous toutes les coutures, la polémique enfle. Quelles bonnes - et mauvaises - raisons vont présider au choix ultime ? Les intéressés extrapolent et Daniel Souben, vainqueur du TFV 2008, arbitre pour nous.
04/05/2009 - 10:41
Courrier Dunkerque comme une lettre à la poste !
Le facteur sonne toujours… trois fois. Au moins. Car les Nordistes de Courrier Dunkerque (Daniel Souben) ont, cette année, déjà gagné la Primo Cup, le Spi Ouest-France et, depuis ce week-end, le Grand Prix de l’Atlantique, premier acte du championnat de France des équipages disputé à Pornichet.
16/02/2009 - 20:01
Le règne sans partage de Souben
Bon médium, petit temps. Secteurs Sud-Est à Sud-Ouest. Le second week-end de la Primo Cup a permis de courir sept manches (dont une est retirée du classement général). En Mumm 30, Daniel Souben écrase la flotte de son talent.
25/07/2008 - 09:07
Courrier Dunkerque, comme une lettre à la Poste !
Coup de vent en Manche obligeant les 27 Mumm 30 à rallier Granville à Lorient par camion, pétole et coups de chien en Méditerranée : le 31e Tour de France à la voile, de Dunkerque à Hyères, a connu des conditions météo plutôt timbrées. Ce qui n’a pas gêné Courrier Dunkerque (Daniel Souben), qui s’est imposé devant Elcimaï-Ville de Marseille (Dimitri Deruelle)…