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TRANSAT JACQUES VABRE

Multi 50 : Combat de gentlemen

Quatre Multi 50 au départ de cette Transat Jacques Vabre, soit autant que de trimarans de la classe Ultime ! Et leurs joutes sportives de la saison écoulée annonce une belle empoignade sur la route du Brésil.
  • Publié le : 22/10/2015 - 15:30

Ils seront quatre Multi 50 sur la ligne de départ dimanche au Havre. En ce sens, ils n’ont pas à rougir du nombre d’engagés de la classe Ultime. Un quatuor qui prouve en tous les cas que cette catégorie est toujours vivante même en ces temps difficiles et post-Rhum. Aux côtés des trimarans La French Tech Rennes Saint-Malo, de Gilles Lamiré et Yvan Bourgnon et de l’ex-Maître Jacques désormais aux couleurs de Ciela Village (Thierry Bouchard/Olivier Krauss), les deux autres multicoques frémissent à quelques jours du départ. Leurs joutes sportives de l’année 2015 annonçant une belle empoignade.

Multi50 : Combat de gentlemenYvan Bourgnon va retrouver la Transat Jacques Vabre à bord de La French Tech Rennes Saint-Malo. Une course qu'il a remportée aux côtés de son frère aîné, Laurent, en 1997.Photo @ Xavier Bouquin/La French Tech Rennes - Saint-Malo

En premier lieu, l’Arkema de Lalou Roucayrol. Ce dernier n’est pas un novice. Il sait bien évidemment que naviguer en double demande les bons compromis. Ce qu’il semble avoir trouvé avec César Dohy : « Il faut deux mains pour compter le nombre de mes participations à cette Transat Jacques Vabre (ce sera la huitième, ndlr.) Ça a toujours été de beaux engagements sur des machines incroyables, donnant de beaux souvenirs de marin. Mais le bilan est mitigé. Au niveau humain, naviguer en double est très compliqué. C’est une alchimie à trouver et là, je suis beaucoup plus partagé. Il faut parfois accepter le choix des partenaires. Cette fois-ci, avec Arkema, j’ai fait en sorte qu’ils adhèrent au projet. Ce n’est ni un choix de cœur, ni un choix technique. C’est juste l’aboutissement de tout le travail que nous faisons avec César depuis deux ans avec la voilerie Incidences. Il m’a également aidé l’an passé comme coach avant la Route du Rhum. Nous avons donc construit une complicité sur l’eau, une véritable osmose. On s’entend bien, mais il n’y a pas de liens d’amitié à terre. »

Multi50 : Combat de gentlemenPour sa huitième participation à la Transat Jacques Vabre, Lalou Roucayrol (à droite) espère son premier succès en Multi 50. Photo @ Vincent Olivaud/Team Arkema Lalou Multi

Adversaires en mer, copains à terre

La complicité entre l’écurie de l’Aquitain et ses mandants est tout aussi motivante : « Je n’avais jamais eu une si étroite collaboration avec des personnes qui développent des produits. En prenant le risque de les mettre en œuvre sur le bateau. Comme avec le ShieldUp d’Altuglas pour nos parties vitrées. Une matière qui est maintenant utilisée par d’autres bateaux de course. Mon bateau a une ergonomie spécifique à la course au large. Et ce plan Romaric Neyhousser a pas mal évolué depuis deux années au niveau de son contrôle. Notamment avec des safrans plus profonds et une barre plus facile et efficace. » Place maintenant à la compétition. Et la lutte va être sévère face à Erwan Le Roux avec lequel Lalou Roucayrol s’est chamaillé sur l’eau tout au long de la saison : « Nous avons la chance de bien nous entendre. Le fait aussi de nous entraîner ensemble nous a fait progresser tous les deux. Avoir un tel adversaire est extrêmement sain. Et puis il ne faut pas oublier le Ciela Village de Thierry Bouchard qui vient du 40 pieds. Un bon point pour notre classe. »

Les adversaires les plus redoutables sont donc désignés sauf infortune de mer : Erwan Le Roux, tenant du titre, et son associé italien Giancarlo Pedote (FenêtréA-Prysmian).

Erwan Le Roux dominateur jusque-là cette saison

Pour le Morbihannais, le philtre d’amour de l’aventure de cette route du café est toujours bien actif : « Depuis ma première participation en 2005, avec Thierry Duprey du Vorsent sur Gitana X où nous avions terminés quatrième sur les dix Orma au départ, il y a eu du Class 40 avec Damien Grimont. Les bons moments sont arrivés en 2009 avec le bateau Crêpes Whaou ! et notre victoire avec Franck-Yves Escoffier. Le même bateau que j’ai aujourd’hui. Et je ne le regrette pas. Avec nos règles de classe, nous avons fait en sorte de limiter l’impact des bateaux neufs. Surtout pour que nos engins ne deviennent pas obsolètes de suite. Ainsi, nos vitesses sont homogènes, malgré les formes, les carènes et les plans de voilure différents. Et il y a aussi la notion économique. » Cela dit, Erwan Le Roux et ses équipiers ont dominé la saison. « Il a quand même fallu s’arracher. C’est vrai que nous avons tout gagné, mais les premiers passages de bouée n’ont jamais été à notre avantage. Lalou a toujours été fort tactiquement et notre bataille a toujours été sympa. Si nous nous entendons bien, nous restons en mer des compétiteurs. Maintenant, c’est une autre course. Avec Giancarlo, qui a bien assimilé toutes les spécificités du bateau, nous partons sur cette Transat Jacques Vabre pour la gagne », affirme le skipper de 41 ans.

Multi50 : Combat de gentlemenErwan Le Roux souhaite cette année un deuxième succès d’affilée cette fois-ci avec l’Italien Giancarlo Pedote.Photo @ Martin Kérusoré/FenêtréA-Prysmian

Dimanche, à 13 h 30, les Multi 50, comme les Class 40, vont pouvoir enfin s’exprimer, pour une réelle lutte des classes. 

Les quatre engagés en Multi 50

Arkema : Lalou Roucayrol/César Dohy

Ciela Village : Thierry Bouchard/Oliver Krauss

Fenêtréa Prysmian : Erwan Le Roux/Giancarlo Pedote

La French Tech Rennes Saint-Malo : Gilles Lamiré/Yvan Bourgnon

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