Note :
Les spis fleurissent, 280 voiliers s'élancent sous une lumière de rêve et un vent léger. (Cliquez sur l'image pour l'agrandir).
Photo © Jacques Vapillon
Il est des courses où le plaisir, le premier plaisir, est de participer. Ce qui ne veut pas dire que l'on ne cherche pas à bien naviguer, à soigner ses réglages, à gagner. Mais on est d'abord heureux être là, sur l'eau. En sachant que l'on vit un événement, un vrai, qu'on partage ce bonheur d'y être, d'en être - bonheur communicatif, intuitif, qui souffle sur le plan d'eau autant que le vent. C'est le cas du Tour de l'île de Wight, par exemple, avec plus de 1 500 bateaux de 5 à 35 mètres qui blanchissent le Solent. C'est aussi le cas, depuis cette année, du Tour de Belle-Ile, qui courait sa deuxième édition, le 9 mai dernier, sous le parrainage d'Ineum Consulting.
Rapidement en tête, le grand trimaran rouge de Francis Joyon s'imposera dans la pétole, mais... en plus de huit heures, soit 5 noeuds de moyenne ! (Cliquez sur l'image pour l'agrandir).
Photo © Jacques Vapillon
Mélange des genres - et que cela fait du bien !-, 280 bateaux de toutes tailles, en contreplaqué ou en polyester, affûtés ou plus paisibles, monos ou multicoques, des voiliers de toutes origines, anciens et modernes, menés entre amis ou en famille.
Mélange des genres, oui : vous connaissez beaucoup d'épreuves - terme malheureux ici !- qui vous proposent de vous battre, en temps réel, même si c'est pour le fun, contre Francis Joyon et son maxi-trimaran Idec, soit le couple le plus rapide autour de la planète ?
Et puis, une météo favorable - un peu douce, sans doute, mais il n'est pas certain que 30 noeuds de vent auraient fait l'affaire -, une île à virer (quoi de mieux ?), 41 milles à courir, de la houle, des cailloux, de sacrés courants de bonne humeur : tous les ingrédients d'une vraie régate populaire, au sens premier - noble !- du terme.
280 bateaux, donc. En deux lignes de départ, quand même : les monos, les multis. A 9 heures, en ce samedi de tout petit temps, les deux coups de canon libèrent une meute colorée qui s'applique à guetter les chuchotements d'Eole. Idec, 32 mètres, y réussit par la grâce d'une immense voilure qui va chercher haut les filets d'air - et Joyon s'impose en... huit heures et 34 minutes de course, soit 5 noeuds de moyenne - une misère ! <C'est rare qu'il n'y ait pas de vent pendant huit heures de suite, expliquait à l'arrivée Christophe Houdet, second à bord d'Idec. Personne ne pensait qu'on mettrait autant de temps !>
My Way dans ses oeuvres. On comprend mieux pourquoi et comment ce léger trimaran lémanique n'est arrivé que peu de temps après le géant Idec, certes peu favorisé par le tout petit temps. (Cliquez sur l'image pour l'agrandir).
Photo © Jacques Vapillon
Derrière lui, deux autres légers multicoques : My Way, trimaran de 42 pieds venu du Léman - et mené par Halvard Mabire, Jacques Vincent, Frédéric Dahirel, Victorien Erussard, Kévin et Loïc Escoffier, excusez du peu ! Puis True Look, un Seacart 30 venu de Suède, barré par Gunilla Gabrielsson et trois équipiers. <Le bateau était au lac de Garde, en Italie, raconte la propriétaire. On devait le convoyer par la route chez nous, quand on a su, sur Internet, qu'on pouvait participer au Tour de Belle-Ile.> Et voilà les Suédois à La Trinité. Ebahis : <Au port, nous avons mouillé à côté d'Idec, de Sodeb'O, de Brit'Air, de Pen Duick III !>
Actual semble se cacher dans la houle pour mieux échapper à ses poursuivants ! En tout cas, ce Mach 6,50 s'imposera dans sa catégorie... (Cliquez sur l'image pour l'agrandir).
Photo © Jean-Marie Liot
Derrière ces trois-là, 277 bateaux n'en finissent pas de finasser dans la pétole. Le dernier d'entre eux mérite bien qu'on le cite : Sylvain Pouplin sur Santiano, a coupé la ligne à 3 heures 32 du matin, dans la nuit de samedi à dimanche - dix heures après le grand trimaran rouge.
Il y a eu quelques abandons, c'est vrai. Pas grave : les vainqueurs, tous les vainqueurs, ont passé... la ligne de départ. Ils étaient venus, ils étaient là. Et c'était là le principal.
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Le Tour de Belle-Ile Ineum Consulting 2009
Parcours : 41 milles
Départ : baie de Quiberon
Prochaine édition : samedi 8 mai 2010.
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