Betrand Delesne (Entreprendre Durablement) a remporté la première étape de la Transat 6,50 en 6 jours 0 heure 21 minutes 21 secondes et du même coup pris la tête du classement provisoire... Mais le gaillard ne se frise pas les moustaches pour autant : pour lui, aucune hésitation, c'est à partir d'aujourd'hui, départ de la seconde étape Madère-Bahia, que tout va se jouer. Interview.
Note :
Les yeux un peu fatigués, mais le teint encore frais, Bertrand Delesne remporte la première étape de la Transat 6,50. Photo © Christophe Breschi Short, tee-shirt, blouson sans manches et tongs. Sur le quai de la gare Montparnasse, en ce mercredi 23 septembre - quelques jours à peine après l'arrivée de la première étape de la Transat 6,50 -, Bertrand Delesne, 32 ans, avait un côté un peu décalé...
C'est qu'au départ, il n'avait pas prévu de rentrer en France entre les deux étapes... Et puis soudain, il a changé ses plans. Une envie de revoir ses proches et sa copine, hop ! vol Madère-Paris et train Paris-Nantes : bref, une petite fenêtre pour interviewer le leader avenant et assurément très cool du classement proto.
De toute façon, il en faut probablement nettement plus que d'être habillé léger pour impressionner le gaillard - tellement gigantesque que l'on se demande comment il tient sur son Mini de 6,50 mètres ! La voix rocailleuse et basse, mais les idées claires, il répond aux questions sans hésitation, dans un débit de mitraillette... Interview TGV.
v&v.com : Sur cette première étape, tu signes un record des 24 heures incroyable en Mini 6,50 : 273,08 milles parcourus à une moyenne de 11,39 noeuds. Qu'est-ce que ça donne sur un Mini ?
Bertrand Delesne : En fait, je ne m'en suis pas rendu compte sur le moment ! J'ai l'habitude de naviguer assez vite avec mon bateau. Voilà, j'ai eu l'opportunité de faire ce record, c'est sûr que ça avance, ça fait de belles moyennes et à certains moments de belles pointes.
|
EN BREF
Après 6 jours 0h 21 minutes 21 sec d'une étape dantesque, Bertrand Delesne (Entreprendre Durablement) a en effet pris les manettes de la course. |
v&v.com : A quel moment de la course cela s'est-il produit ?
B.D. : Ben, je ne sais même pas trop. J'imagine que c'est à la hauteur de Lisbonne, à la fin du vent fort, là où j'ai commencé à porter le petit spi alors que le vent était encore très établi.
v&v.com : Quel a été pour toi le moment le plus fort de l'étape ?
B.D. : Celui qui a craint le plus, c'était le long du Portugal, parce que quand nous sommes passés, les premiers, on a vraiment eu une veine de vent plus fort, autour de 40 noeuds. Bon, ça craignait pas vraiment, hein, mais fallait pas qu'il arrive quoi que ce soit avec le bateau... Mais nos bateaux sont super safe et on se sent en sécurité dessus. En portant la toile du temps, tout se passe bien.
v&v.com : Tu as dormi combien de temps pendant cette période ?
B.D. : Pas mal en fait, parce que quand on a 40 noeuds et qu'on est sous deux ris/grand-voile, le bateau barre aussi bien sous pilote et tu peux te permettre de dormir quatre ou cinq heures la nuit, s'il faut. De toute façon, à la barre, tu ne vois rien de mieux que le pilote... parce qu'il fait noir, il y a des déferlantes partout... Et puis, tu penses à autre chose, quoi.
Comme bon nombre de favoris, Bertrand Delesne s"est trompé de bouée de dégagement, au départ de La Rochelle, et a dû revenir sur ses pas...Photo @ X.L Xavier Léoty v&v.com : Que penses-tu de la performance de Francisco Lobato (ROFF TMN) qui a longtemps mené l'étape alors qu'il court sur un Mini de série ?
B.D. : Je pense qu'il est exceptionnel, Lobato ! Lui et moi, on navigue en Mini depuis à peu près la même période ; donc on se connaît, on s'observe. Je sais que c'est quelqu'un qui est un peu hors normes, très déterminé, talentueux - parfois ça ne marche pas aussi. Il y a deux ans, il a éclaté pas mal de choses sur son bateau et au final, il n'a pas eu de réussite. Mais là, je trouve qu'il a progressé, il est monté d'un cran. C'est top ce qu'il a fait.
v&v.com : Tu finis 1h18 avant Henri-Paul Schipman (Maison de l'Avenir Urbatys) et 2h35 avant Thomas Ruyant (Faber France) : qu'est-ce que cela représente à l'échelle de la seconde étape qui vous attend ?
B.D. : Rien n'est fait. La deuxième étape est un autre format encore. Là, on était plus sur une régate ; maintenant, on passe sur un domaine plus aventureux, avec des points de passage tellement différents et contrastés, par les phénomènes météo qu'on peut rencontrer ou les problèmes de casse que l'on peut avoir sur les bateaux, qu'en fait les écarts peuvent être beaucoup plus importants sur la deuxième étape.
v&v.com : En prenant le départ de la seconde étape premier du classement protos, est-ce que tu définis une stratégie particulière ?
B.D. : Non, moi je vais repartir comme si c'était une nouvelle course. Être premier de la première étape, c'est la cerise sur le gâteau, c'est clair que ça fait plaisir... Mais pour moi, le "vrai départ" de la course est donné à Madère. Il ne faut pas perdre ses moyens. Il y a deux ans, ceux qui étaient premiers à Madère ont eu des avaries et n'ont pas pu confirmer leur performance sur la deuxième étape. Il faut repartir la tête et les idées claires, naviguer comme on sait faire, préserver son bateau et soi-même. L'important est d'aller de l'autre côté et d'essayer de faire des moyennes cohérentes.
v&v.com : Dans ces conditions, qui sont tes principaux adversaires ?
B.D. : Les trois premiers dont je fais partie (avec Schipman et Ruyant, ndlr) seront sur le podium, à mon avis. Sauf avarie ou démâtage, ça va se situer là-dedans. Au classement des séries, Francisco va gagner s'il ne casse pas son mât (sourire) - je touche du bois pour lui - et j'imagine que ceux qui sont déjà là au classement seront là pour la prochaine étape. Il faut bien se dire que ceux qui ont réussi à gérer ce premier passage, qui était assez complexe en fait - y'a eu de tout, hein, du gros temps, de la stratégie, de la gestion personnelle... tout ça est compliqué - ceux qui ont déjà réussi là, on les retrouvera de l'autre côté.
v&v.com : Il y a eu d'ailleurs très peu d'abandons sur cette première étape...
B.D. : Je pense que les Ministes ont progressé. Enormément. Cela passe par là aussi : une gestion du bateau et du bonhomme, c'est pas facile de gérer tout ça, de passer du format "régate de saison" à cette course-là, en fait. Globalement, tout le monde est très marin, c'est remarquable.
...........
Pour la première étape, retrouvez les classements complets des Protos et des Séries ici.
Pas encore inscrit ? Créez votre pass voilesetvoiliers.com
(indispensable pour poster un commentaire, faire un achat dans la boutique, déposer une annonce...)
02/10/2009 - 17:00
La Rochelle-Funchal sur Cap Monde 2 / Episode 2
Au 5e jour de course, le vent a faibli et Cap Monde 2 en profite pour tenter de remonter un à un ses concurrents. Mais la pétole qui s’installe est éprouvante pour les nerfs du skipper, Olivier Avram. Tranche de vie en vidéo à bord d’un proto Mini 6,50.
01/10/2009 - 21:45
La Rochelle-Funchal sur Cap Monde 2 / Episode 1
Dès la première nuit de course, Cap Monde 2 casse son bout-dehors et déchire son code 5 : une avarie qui lui impose de faire demi-tour pour réparer à La Rochelle, avant de repartir avec 34 heures de retard. Le 16 septembre, Olivier Avram arrive au cap Finisterre avec la ferme intention de remonter au maximum la flotte des Minis. Mais, pendant la nuit, le vent forcit avec une mer traîtresse… Récit en vidéo du skipper.
21/09/2009 - 20:24
Funchal, Carthagène, Brest : trois jours de courses intenses
L’arrivée de la Transat 6,50 à Madère dominée par Bertrand Delesme et Francisco Lobato, la fin de l’Audi MedCup 2009 à Carthagène avec la victoire écrasante des kiwis de Emirates Team New zealand, le final de Foncia à l’Istanbul Europa Race à Brest : retour en vidéo sur trois jours de courses intenses, du 19 au 21 septembre.
19/09/2009 - 14:52
Delesne en proto, Lobato en série !
Affolant pour les compteurs et les observateurs ! Le Portugais Francisco Lobato a marqué la première étape de la Mini-Transat. Sur son Pogo 2 de série, il a mené la flotte sous spi dans la grosse brise, ne laissant les honneurs de Madère au proto de Bertrand Delesne qu'à la faveur de la pétole finale. Le bateau, c'est Lobato !
14/09/2009 - 19:34
Erreur de parcours et départ en fanfare !
Le départ de la 17e édition de la Transat 6.50 a été lancé dimanche 13 septembre dans des conditions idéales : 15-20 nœuds de nordet – au portant, donc. Et pourtant, un tiers de la flotte, emmené par Pierre Brasseur et Thomas Ruyant, s’est trompé de bouée de dégagement… Erreur vite réparée : ils sont maintenant en route pour un long run de 1 100 milles jusqu’à Madère, dans des conditions musclées.
13/09/2009 - 18:04
Passe la bonne bouée d'abord !
Si les 85 minis de la Transat 6,50 se sont bien élancés à 14h17 devant La Rochelle, par un nordet de 15-20 nœuds, la suite s'est avérée confuse. Une moitié de la flotte enroulait un bouée… de la zone de départ et s'envolait sous spi vers Madère, avant de se rendre compte de son erreur de parcours.