Actualité à la Hune

Transat 6.50 Charente-Maritime/Bahia

Delesne en proto, Lobato en série !

Affolant pour les compteurs et les observateurs ! Le Portugais Francisco Lobato a marqué la première étape de la Mini-Transat. Sur son Pogo 2 de série, il a mené la flotte sous spi dans la grosse brise, ne laissant les honneurs de Madère au proto de Bertrand Delesne qu'à la faveur de la pétole finale. Le bateau, c'est Lobato !

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  • Publié le : 19/09/2009 - 14:52

Des records de lenteur après des records de vitesse. Cette première étape de la Transat 6.50 Charente-Maritime/Bahia a sans doute été épuisante pour les 85 skippers rivés à leur barre, sous spi, de La Rochelle au Sud du Portugal, pendant près de quatre jours, avant de traquer la moindre risée dans les calmes à l'approche de Madère, un jour et deux nuits durant.

L'épreuve se termine pour les premiers puisque Bertrand Delesne (32 ans), sur son plan Samuel Manuard 2009 Entreprendre Durablement, vient - enfin, malgré une rude pétole finale !- de remporter l'étape en proto, en franchissant la ligne d'arrivée devant Funchal (Madère) à 12 heures 38 UTC (14 heures 38, heure française) ce samedi 19 septembre. Son temps de course est de 6 jours 0 heure 21 minutes et 21 secondes, à la moyenne de 7,95 noeuds sur les 1 148 milles du parcours théorique.

Il était suivi deux heures et 18 minutes plus tard par Henri-Paul Schipman (Maisons de l'avenir/Urbatys, plan Marc Lombard 2008). <HP>, fatigué, les yeux rougis, mais heureux, confirmait que l'étape avait été rude : <Les quatre premiers jours, je ne suis pas sorti de mon bateau. J'étais sous pilote. Je faisais la navigation.>

Trois heures 35 après le vainqueur venait Thomas Ruyant (Faber France), 3e des protos à bord de l'ancien Finot/Conq 2007 d'Isabelle Joschke, vainqueur ici il y a deux ans.

Lobato : le Pogo volant ! Alignant des moyennes impressionnantes - un cran au-dessus de ses concurrents en série... et devant les protos !-, Francisco Lobato a le profil d'un grand. Un skipper s'affirme au Portugal et Madère, île portugaise, le célèbre ! (Cliquez sur l'image pour l'agrandir comme pour toutes les suivantes). Photo © João Ferrand (JFF) Mais, au-delà de cette formidable régate - aussi intense derrière ce trio avec des performances remarquables comme celles du Sud-Africain Matt Trautman (Vroon Express, Magnen 2003) et de l'Espagnole Anna Corbella (GAES 385, Teixido 2002), sixième et septième au moment de mettre en ligne cet article -, l'élément le plus marquant de cette première étape est incontestablement le phénomène Francisco Lobato (ROFF TMN, Pogo 2), ce qui confirme, s'il en était besoin, combien la Transat 6.50 n'est pas seulement la plus solitaire des transats comme le dit joliment son slogan - eu égard à l'absence de communications avec la terre -, mais aussi la plus internationale de toutes !

Henri-Paul Schipman : longtemps en tête Meneur dans la brise, devant puis derrière le leader des bateaux de série, Henri-Paul Schipman a terminé deuxième proto à Madère sur le plan Lombard 2008 qu'il s'est construit en connaissance de cause puisqu'il est architecte naval au sein du cabinet... Lombard. Photo © Thierry Martinez (Sea & Co) Le Portugais a en effet coupé la ligne à 14 heures 48 UTC (16h48 françaises) - donc en deuxième position au scratch ! Il a parcouru les 1 148 milles de La Charente-Maritime à Madère en 6 jours 2 heures 31 minutes, à la vitesse moyenne de 7,84 noeuds. Epoustouflant !

Lobato a littéralement survolé l'étape en série avec plus de 60 milles d'avance sur ses poursuivants, Charlie Dalin (Cherche sponsor/charliedalin.com, Pogo 2) et l'Italien Ricardo Appoloni (Ma vie pour Mapei, Pogo 2), sans oublier Xavier Macaire (Masoco Bay, Pogo 2) qui fut longtemps le seul à tenter de suivre le rythme de Lobato alors que la compétition est pourtant relevée en tête de la flotte des bateaux de production.

A l'heure de la mise en ligne de cet article (samedi 19, 14h45), il est bien difficile de dire ce que cela donnera en temps car il est beaucoup plus avantageux d'atterrir sur l'archipel de Madère de jour, avec la brise thermique, que de nuit où le vent tend vers le nul.

Bien sûr, on peut dire que lorsque les bateaux sont au surf au-delà de leur vitesse critique, un bateau de série va aussi vite qu'un proto de même longueur. Bien sûr, on peut dire que dans la pétole du final, un voilier de série lourd a l'inertie pour lui tant qu'il ne s'arrête pas. Après, c'est une autre histoire, car les protos - plus toilés (au moins 20 % de toile en plus) et beaucoup plus légers - démarrent nettement plus vite. Il y a aussi la netteté de la trajectoire de Lobato, sans bavure au moins tant que le vent fut de la partie.

Quand on a dit cela, on a tout dit et on n'a rien dit sur la manière époustouflante dont Francisco Lobato a mené son Pogo 2 en tête de toute la flotte - bateaux de série et protos ! Madère ne s'y trompe pas et l'archipel accueille son compatriote avec les honneurs dans le port de Funchal. Ce récent diplômé en architecture navale de 25 ans est l'une des pointures du circuit en série depuis deux ans, après avoir brillé en dériveur au plus haut niveau dans son pays. Il explose littéralement sur cette première étape et on devrait vraisemblablement le voir en Figaro Bénéteau et pourquoi pas sur le circuit IMOCA, tant il va bénéficier d'un sacré capital confiance du côté de Lisbonne, où sa communication est très solidement encadrée.

Thomas Ruyant : la troisième marche À bord de l'ancien proto Finot/Conq 2007 d'Isabelle Joschke, vainqueur ici voici deux ans, Thomas Ruyant était cité comme favori parmi les favoris. Il est au rendez-vous à Madère, dans le coup pour le classement final. Photo © Laurent Vidal (photomer.fr) Les chiffres (non homologués donc officieux) des meilleurs moyennes sur 24 heures réalisées durant cette première étape montrent que Lobato a parcouru 253,75 milles, soit 10,57 noeuds. Ce n'est pas le record absolu en série puisque Hervé Piveteau avait couvert 260 milles lors de Les Sables-d'Olonne/Açores/Les Sables -d'Olonne en 2006. Mais ce n'est que 20 milles de moins que les 273,08 milles de Bertrand Delesne, le proto le plus rapide !

Une moyenne journalière de 11,39 noeuds en Mini 6.50, ça commence à faire ! Ils sont trois autres protos à avoir couvert plus de 250 milles en 24 heures, soit Olivier Avram (Cap Monde 2) avec 268,59 milles lors de sa poursuite après son nouveau départ de La Rochelle, Henri-Paul Schipman (254,84 milles) et Thomas Ruyant (252,77 milles).

Stéphane Le Diraison : quatrième n’est pas raison Deuxième de la Transat 6.50 2007 en série, Stéphane Le Diraison a fini quatrième en proto cette année à Madère. Il reste dans le coup en limitant les dégâts dans la pétole finale sur son plan Manuard 2007. Photo © Cultisol Par sa prestation, Lobato souligne paradoxalement que les protos en ont sans doute encore sous le pied... Dans les conditions plus variées qui prévaudront sur la très longue seconde étape, notamment quant aux angles de vent, il sera vraisemblablement plus difficile aux séries de s'immiscer parmi les dix premiers protos. La course reprendra alors sa clarté avec ses deux classements distincts tant il est vrai qu'il n'y a normalement aucune raison d'évoquer un classement scratch virtuel qui n'a pas lieu d'être. <Normalobatoment>, assumons désormais ce néologisme !

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Les classements complets sont ici.

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