A environ 800 milles de l'arrivée et après 16 jours de course, Gildas Morvan tient la corde ! Mais reste sous la menace de plusieurs concurrents, dont Erwan Tabarly, incontrôlable au Sud. Les premiers solitaires pourraient atteindre Marie-Galante dès ce week-end, soit tout juste trois semaines après le départ.
Note :
En bon tacticien qu'il est, le champion de France en titre de course au large en solitaire, Gildas Morvan (Cercle Vert), a profité ce matin d'une légère variation de l'alizé pour se recaler dans l'axe de ses deux principaux adversaires, les tenaces Nicolas Troussel (Financo) et Gérald Véniard (Macif)... et augmenter légèrement son avance. 24 milles sur l'un, 44,1 milles sur le suivant.
Pour autant, il ne peut contrôler toute la flotte de cette Transat BPE Belle-Ile-en-Mer / Marie-Galante... Aujourd'hui, à quatre ou cinq jours de l'arrivée, sa plus sérieuse menace s'appelle Erwan Tabarly (Athema), actuellement 4e à 44,8 milles, qui profite d'un décalage Sud rappelant de façon troublante celui d'un certain Troussel, vainqueur en 2007.
Les six premiers avancent sur une ligne Nord-Sud. Au centre, le trio de tête constitué de Morvan, Troussel, Véniard. Au Nord, Chabagny, plein vent arrière, a du mal à suivre la route directe. Au Sud, Tabarly et Gabart sont les principales menaces pour le leader Morvan.
Photo © D.R. (Transat BPE)
Le podium est d'ailleurs loin d'être figé. Lundi, c'est Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) qui occupait la troisième place. Mardi matin, c'était au tour de Gérald Véniard pour seulement 0,7 mille d'avance sur Tabarly.
Tabarly, il commence à hanter les nuits de ses trois prédécesseurs. <Je pense que les deux dans le Sud, Erwan (Tabarly) et François (Gabart), iront plus vite que nous. On va voir ce que ça va donner les heures prochaines, mais ils peuvent être inquiétants parce qu'ils sont bien décalés sous le vent tout de même>, reconnaissait ce matin Nicolas Troussel, grand connaisseur de la route Sud. <Il se pourrait bien qu'Athema (Tabarly, ndlr) reprenne l'avantage>, avouait de son côté Gérald Véniard. <Les Nordistes ont un peu de mal et ça a l'air mieux pour les Sudistes>, analysait également Gildas Morvan.
Toujours en quête d'une première grande victoire en solitaire, Erwan Tabarly a-t-il misé sur la bonne option ? Peut-il reprendre en quatre jours les 44 milles de retard sur le leader ?
Les prochaines journées s'annoncent tendues. D'autant qu'Eole joue régulièrement avec les nerfs des solitaires.
Lundi, François Gabart racontait s'être fait coincer dans une bulle anticyclonique. <Je me suis retrouvé dans une zone un peu bizarre avec un vent faible qui, de plus, était très changeant. Ce n'était pas prévu et vraiment pas rigolo à passer. C'est super rageant car je ne m'y attendais pas.> Ce matin, c'était au tour du leader Gildas Morvan de déplorer ce genre de mésaventure : <Hier, dans la journée, c'était un peu tendu car il y a eu du petit temps. J'ai pris un nuage, je me suis fait arrêter pendant deux ou trois heures !>
Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles), décalé dans le Nord, a du mal à redescendre sur ses adversaires de la BPE... Cet hiver à Port-La-Forêt, ça glissait mieux ! (Cliquez sur l'image pour l'agrandir.)
Photo © Benoît Stichelbaut (Suzuki Automobiles)
A cela s'ajoutent trois autres difficultés à surmonter. La fatigue d'abord, après 16 jours de course, comme le raconte Gildas Morvan, <La fatigue se fait sentir, j'ai dormi deux fois 20 minutes, là, et je me suis réveillé cuit. J'ai mis un quart d'heure à savoir comment je m'appelais ! Ce serait bien que j'arrive à dormir un peu plus, j'en profiterai quand les conditions seront plus stables. Mais on a plus que trois jours à tenir !>
L'absence de lune, ensuite. <La nuit est bien noire, comme d'habitude, et la lune se lève très tard. Même si on s'y habitue, je laisse toujours le pilote barrer : il le fait mieux que moi dans ces conditions>, expliquait Véniard.
Ce que ne manquait pas de confirmer Morvan : <La nuit, on essaie de trouver un réglage pilote, car [...] on nous coupe la lumière ! C'est le black out total, c'est quasiment impossible de barrer ! Dans ces cas-là, le pilote navigue beaucoup mieux, je le laisse faire et je vais me reposer jusqu'à ce que le jour se lève.>
Enfin, la chaleur des tropiques. <Il n'y a pas de grand soleil tous les jours, c'est souvent assez voilé, mais ça n'empêche pas de souffrir de la chaleur. Je me suis adapté à ce temps, niveau nourriture ; le midi, je mange une salade et un gâteau et je bois beaucoup. Ma consommation d'eau est impressionnante>, s'extasiait Morvan, ce matin.
<Ça devient difficile, la chaleur, même à l'intérieur du bateau. C'est un élément perturbateur supplémentaire [...]. Dès que tu es un peu déshydraté, il faut réagir rapidement, car ça fait perdre lucidité et motivation. Il faut boire beaucoup. Les derniers jours, c'était un peu couvert, mais là il fait beau, donc je pense que les heures où le soleil sera au zénith aujourd'hui, ça sera terrible. On sera obligés de faire des petites pauses ; dans ces cas-là, c'est impossible de rester tout le temps à la barre>, concluait Thierry Chabagny, hier.
Alizés instables, fatigue, nuit noire et chaleur... Le cocktail de cette Transat BPE est plutôt relevé. Et le suspense reste aujourd'hui entier.
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Retrouvez le classement provisoire complet de la Transat BPE ici.
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16/04/2009 - 09:27
Trois Nordistes contre trois Sudistes
Après dix jours de mer, treize des quatorze concurrents au départ sont toujours en course - et aujourd'hui à mi-parcours de cette transat en solitaire sur Figaro entre Belle-Ile-en-Mer et Marie-Galante. L'actuel leader n'est autre que le dernier vainqueur de l'épreuve, Nicolas Troussel, en compagnie de deux , tous trois sous la menace de trois . Ça chauffe, d'autant que les alizés ont fait sécession et ne soufflent guère !
05/04/2009 - 15:00
Tous aux trousses de Nicolas !
Il a montré qu’il savait trousser une victoire. Il a donné son nom à un coup d’éclat culotté – «une Troussel». Il est le vainqueur du dernier Trophée BPE, Belle-Ile/Marie-Galante. Pour l’édition 2009 de cette transat, Nicolas est prévenu : son Financo sera surveillé par les 13 autres solitaires !
04/04/2009 - 13:15
Nicolas Troussel : «Je ferais bien le doublé»
La veille du départ de la 5e BPE, Belle-Île-Marie-Galante, le vainqueur en titre Nicolas Troussel nous décrit son "laboratoire à Troussel" ou comment il orchestre les coups de génie météo qui font ses victoires mythiques... et parfois ses déboires ? A 34 ans, le double vainqueur de la Solitaire du Figaro glousse et reste d'une sérénité déconcertante - limite planante -, voyant les choses résolument à sa manière...
02/04/2009 - 17:42
Les Figaristes attaquent fort
La BPE, seule course transatlantique en solitaire et en monotype, partira dimanche prochain de Belle-Île-en-Mer pour rallier Marie-Galante. Les 14 figaristes engagés devraient franchir la ligne d'arrivée d'ici trois semaines... Temps de référence de Nicolas Troussel : 21j 09h 11min et 45sec. Samedi dernier, c'est Gildas Morvan qui remportait le prologue. Il nous fait faire le tour d'horizon de la course.
20/03/2009 - 10:09
Isabelle Joschke : ses nuits sont aussi belles que ses jours
S’entraîner, de jour comme de nuit… L’an dernier, pour sa première saison en Figaro, elle avait enlevé une étape sur la Cap Istanbul. En 2009, Isabelle Joschke (Synergie) veut faire mieux. Au départ de la Transat BPE Belle-Ile/Marie-Galante, le 5 avril, elle sera la seule femme parmi les 14 engagés…