Après douze jours de course, les dix 60 pieds IMOCA et les quatre Multis50 encore en course sont à la lutte avec les grains tropicaux. En tête de la course, les deux plans VPLP/Verdier Safran et Groupe Bel ont pénétré en mer des Caraïbes. Leurs nerfs doivent tenir bon : encore 1 200 milles avant Puerto Limon !
Note :
Le plan VPLP/Verdier Safran mené par Marc Guillemot et Charles Caudrelier Benac est idéalement placé en tête de la flotte, à l'entrée en mer des Caraïbes.
Photo © Jean-Marie Liot
La Transat Jacques Vabre est-elle déjà jouée ? Bien sûr, la direction de course rappelle incessamment que <bien des pièges sont à venir> et que <les jours prochains nous réservent leur lot de surprises>. Pourtant, même si la voile reste un sport mécanique, les podiums semblent déjà se dessiner clairement à l'entrée des premiers bateaux en mer des Caraïbes.
Safran compte une avance de 55,9 milles sur Groupe Bel, 205,3 milles sur Mike Golding Yacht Racing et 459,3 milles (plus d'une journée de mer !) sur Foncia. <On s'apprête à slalomer entre toutes les îles et ça peut être un passage douloureux, appréhende Charles Caudrelier Bénac sur Safran. On sera content quand elles seront derrière.> L'écart qui sépare les deux plans VPLP/Verdier ne connaît, pour l'instant, que des mouvements d'accordéon de faible amplitude.
1 Safran ; 2 Groupe Bel ; 3 Mike Golding Yacht Racing ; 4 Foncia ; 5 1876... 10 Artemis Ocean Racing.
Photo © D.R.
Chez les multis, Franck-Yves Escoffier et Erwan Leroux (Crêpes Whaou !) viennent de contourner l'île de La Barbade, leur marque de parcours obligatoire. Le seul Multi50 de dernière génération encore en course affiche un écart abyssal de 1 395,5 milles avec ses premiers poursuivants, Victorien Erussard et Loïc Fequet sur Guyader pour Urgence Climatique.
La météo reste variable et, pour tous, il y a du boulot sur le pont. Les changements de voiles s'enchaînement au rythme des grains et des gros nuages noirs qui perturbent, parfois violemment, la douce route des alizés.
<Ce n'est pas simple, la vie dans les Antilles. On pensait être peinards mais ce n'est pas du tout le cas !> réagit Kito de Pavant (Groupe Bel). Même son de cloche à bord d'Artemis, où Sidney Gavignet en a <ras le boubou> des caprices d'Eole : <Heureusement que je navigue avec Miss Sunshine (Sam Davies), sinon, j'aurais une paire de pamplemousses accrochés à la gorge qui me ferait tordre le cou.>
Heureusement aussi, les équipages profitent, le reste du temps, d'accalmies et de soleil pour bricoler et effacer les dernières séquelles de la tempête du vendredi 13.
Anecdote amusante : même s'il n'a pas de friteuse, Yves Parlier récolte les poissons volants qui s'échouent sur le pont de 1876. Un vieux réflexe pour celui qui, à court de nourriture, s'était nourri de poissons et d'algues séchées lors du Vendée Globe 2000-01 après son incroyable remâtage près de l'île Stewart, au Sud de la Nouvelle-Zélande.
Le plus dur pèse désormais sur les nerfs des hommes de Safran. Ils doivent encore contrôler leur capital d'avance pendant près de 1 200 milles, dans la crainte permanente du problème mécanique.
Une impression de déjà-vu ? Cette Jacques Vabre n'est pas sans rappeler la Solidaire du Chocolat. Le tandem vainqueur Tanguy de Lamotte-Adrien Hardy avait également pris la tête de la transat à la faveur d'une option météo au passage des Açores. Et, pour eux, <les pièges> des caraïbes n'ont pas vraiment posé problème...
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Classement au 20 novembre à 17 heures
Monocoques 60 pieds IMOCA
1. Safran, Marc Guillemot-Charles Caudrelier Benac, à 1 203,8 milles de l'arrivée
2. Goupe Bel, Kito de Pavant-François Gabart, à 55,9 milles du premier
3. Mike Golding Yacht Racing, Mike Golding-Javier Sanso, à 205,3 milles
4. Foncia, Michel Desjoyeaux-Jérémie Beyou, à 459,3 milles
5. 1876, Yves Parlier-Pachi Rivero, à 556,3 milles
6. Veolia Environnement, Roland Jourdain-Jean Luc Nélias, à 771,2 milles
7. Aviva, Dee Caffari-Brian Thompson, 781,2 milles
8. W Hotels, Alex Pella-Pepe Ribes, à 792,7 milles
9. Akena Verandas, Arnaud Boissières-Vincent Riou, à 888,1 milles
10. Artemis Ocean Racing, Samantha Davies-Sidney Gavignet, à 1 009,5 milles
Abd. Brit Air, Armel Le Cléac'h-Nicolas Troussel
Abd. BT, Sébastien Josse-Jean François Cuzon
Abd. DCNS, Marc Thiercelin-Christopher Pratt
Abd. Hugo Boss, Alex Thomson-Ross Daniel
Multicoques Multis50
1. Crêpes Whaou !, Franck-Yves Escoffier-Erwan Leroux, à 1 269 milles de l'arrivée
2. Guyader pour Urgence Climatique, Victorien Erussard-Loic Fequet, à 1 395,5 milles du premier
3. Région Aquitaine-Port Médoc, Lalou Roucayrol-Amaiur Alfaro, à 1 542,6 milles
4. Prince de Bretagne, Hervé Cléris-Christophe Dietsch, à 2 959,5 milles
Abd. Actual, Yves Le Blevec-Jean Le Cam
Abd. FenetreA-Cardinal, Alain Maignan-Nicole Harel
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Toute l'actualité de la Transat Jacques Vabre sur le site officiel.
Sidney Gavignet raconte sa course avec Sam Davies ici, sur son blog.
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20/11/2009 - 08:03
Two be or not two be
Dans notre esprit, ils sont des solitaires pur jus. Beyou, Riou, Pavant, Desjoyeaux, Le Cléac'h, Jourdain et les autres... Pourtant, c'est en double qu'ils ont tous pris le départ de la Transat Jacques Vabre. Question, alors : cela fait-il une grosse différence ?
18/11/2009 - 12:06
BT à l’agonie
Triste image parvenue ce matin, que celle de BT coulant lentement dans le port de Terceira, aux Açores, où il a péniblement été remorqué après que son rouf a été arraché dans la tempête. Et quelle guigne pour Sébastien Josse !
16/11/2009 - 17:00
Abandons et réjouissances
L’hécatombe n’a de cesse d’entamer la flotte de la Jacques Vabre. Samedi, DCNS mené par Marc Thiercelin et Christopher Pratt abandonnait sur avarie de quille. Aujourd’hui, ce sont Alex Thomson et Ross Daniel qui jettent l’éponge, la coque de leur Hugo Boss ayant été déchirée par un OFNI. Et côté classement...
14/11/2009 - 19:24
Sauvetage de BT : le récit de Seb Josse
Vendredi 13 novembre en fin de matinée : à la fin du passage d’une grosse dépression (40 à 50 noeuds de vent d’ouest, rafales à 60 sous les grains, creux de 8 mètres) qui barrait tout l’Atlantique au passage de la transat Jacques Vabre, une déferlante arrache le roof de BT. Sébastien Josse et Jean-François Cuzon sont contraints d’actionner leur balise de détresse à 210 milles au nord des Açores, et sont hélitreuillés par un hélicoptère Puma de la Marine Portuguaise vers 18 h. Récit audio de Sébastien Josse avec des photos d’un sauvetage impressionnant.
13/11/2009 - 19:14
BT dans la tempête juste avant l’avarie
Ce vendredi 13 novembre n’aura pas porté chance à BT : roof arraché en pleine tempête (40 noeuds de vent d’ouest, rafales à 60 sous les grains), Sébastien Josse et Jean-François Cuzon ont été contraints d’actionner leur balise de détresse à 210 milles au nord des Açores. Les 2 hommes sont sains et saufs, et les secours venus des Açores devraient arriver sur zone rapidement. Images de BT le matin de l’avarie et interview de Jean Maurel, directeur de course.
13/11/2009 - 15:33
BT menace de couler et déclenche sa balise
Vers 10h20 UTC ce matin, BT, mené par Seb Josse et Jean-François Cuzon, a déclenché sa balise de détrese. Le 60 pieds IMOCA, aux deux-tiers rempli d’eau, a eu son rouf arraché par la violente tempête qui souffle sur la flotte depuis trois jours. Les secours (hélico et navire) sont en route.