Note :
Positions, lundi 14 novembre à 08 heures (IMOCA en jaune, Class40 en rose). Virbac-Paprec 3 et Hugo Boss toujours nettement en tête. Derrière, le surprenant Bureau Vallée des frères Burton vient juste de perdre sa 3e place au profit de Macif (Gabart-Col). (Cliquez pour agrandir).Photo @ Géovoile / CLS Transat Jacques Vabre 2011……….....
Classements du mardi 15 novembre à 08 heures
Heu-reux, Jean-Pierre Dick et Jérémie Beyou : a priori, cette fois, ils laissent dans leur sillage les dépressions – et leurs concurrents !Photo @ Virbac-Paprec Transat Jacques Vabre 2011> TRANSAT JACQUES VABRE 2011
60 IMOCA
1. Virbac-Paprec 3, Jean-Pierre Dick et Jérémie Beyou
2. Hugo Boss, Alex Thomson et Guillermo Altadill
3. Macif, François Gabart et Sébastien Col
Class40
1. Aquarelle.com, Yannick Bestaven et Eric Drouglazet
2. ERDF/Des Pieds et des Mains, Damien Seguin et Yoann Richomme
3. 40 Degrees, Hannah Jenner et Jesse Naimark-Rowse
Multi50
1. Actual, Yves le Blévec et Samuel Manard
2. Maître Jacques, Loïc Féquet et Loïc Escoffier
> VOLVO OCEAN RACE 2011-2012
1. Puma, Ken Read
2. Telefonica, Iker Martinez, à 6 milles
3. Camper, Chris Nicholson, à 145 milles
4. Groupama 4, Franck Cammas, à 314 milles
Sanya : abandon étape 1 sur délaminage, va rallier Le Cap en cargo
Abu Dhabi : abandon étape 1 suite à son démâtage, va rallier Le Cap en cargo
……….....
«Toute la garde-robe y est passée, depuis GV haute/gennaker jusqu’à GV deux ris et ORC. J’ai joué du piano debout sous des lances à incendie ; c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire autant que pour France Gall !»
Ça, c’était Gérald Véniard qui s’amusait au sortir d’une des trois dépressions qui ont boxé les premiers jours de la Transat Jacques Vabre 2011. C’était avant le démâtage du 60 IMOCA Akena Vérandas qu’il menait avec Arnaud Boissières. Avant l’hécatombe.
«Pendant une semaine, ça a été la guerre !» La phrase est classique. Mais, lancée jeudi par un dur au mal comme Eric Drouglazet, le skipper du Class40 Aquarelle.com, elle prend un certain relief. Et, de fait, s’ils étaient 35 équipages au départ du Havre, ils ne sont plus aujourd’hui que… 21 en course. C’est dire combien les neuf premiers jours de la Jacques Vabre 2011 ont été éprouvants pour les hommes et les bateaux !
Impressionnante photo prise à bord de Mirabaud (Wavre-Paret). Lors de cette Jacques Vabre 2011, l’Atlantique Nord a pris des couleurs de Grand Sud !Photo @ Mirabaud Transat Jacques Vabre 2011Aucune classe n’a été épargnée par ces conditions météo dantesques, irrégulières, harrassantes. En quatre jours, pas moins de trois dépressions se sont succédé sur la flotte des monos et des multicoques. Dès le départ, le vent a soufflé à 30 nœuds avec rafales à 40, mer hachée et creux de 4 mètres. Un simple avant-goût, car le scénario s’est répété ensuite.
Résultat, ça a cogné, ça a saigné, il y a eu du KO dans l’air : 14 abandons suite à des blessures, une perte de quille, un démâtage, des ruptures de cloisons étanches, de bras de liaison ou des délaminages (vous pouvez lire ici l’article de Loïc Le Bras sur ces avaries). A ce jeu brutal, le 60 pieds IMOCA Virbac-Paprec 3, le Multi 50 Actual et le Class40 Aquarelle.com ont trouvé le bon compromis entre vitesse et prise de risques : tous trois sont aujourd’hui en tête de leur classe.
A l’image de Virbac-Paprec 3, pour l’instant en tête de la course chez les IMOCA, les tandems de la Transat Jacques Vabre 2011 en ont pris plein la figure. Photo @ Virbac-Paprec Transat Jacques Vabre 2011Attaquée par un requin !
«En solitaire, ça aurait été inhumain !» confirme Yann Eliès sur Safran. Depuis le dernier Vendée Globe et une grave fracture de la jambe, le gaillard est pourtant connu, lui aussi, pour être dur à cuire. Mais, dès le départ, les marins ont multiplié les manœuvres et d’épuisants changements de voile. En Manche, certains se sont payé le luxe de doubler des cargos à 20 nœuds ! «Je n’ai jamais “démanché” aussi vite !» s’étonnait Kito de Pavant (Groupe Bel) la semaine dernière. Avant d’ajouter : «Ça cogne, ça mouille et ça va vite !»
Même les requins s’y sont mis ! Stéphanie Alran est en train de ranger le cockpit de son Class40 Phoenix Europe Express quand elle entend un bruit à l’arrière du bateau. Elle raconte : «Je me retourne et je vois un aileron dans le sillage du bateau, je m’approche et – deuxième sursaut du bateau – le requin s’attaque à l’hydro-générateur, mais je crois qu’il s’est fait mal aux dents et s’est fait la malle ! Par contre, l’hydro en garde quelques traces version “Les dents de la mer” !»
Les nordistes en tête
Lors de la première semaine de course, les équipages ont enchaîné dépressions, grains, mer cassante. Ici, Eric Péron à bord d’Initiatives Alex Olivier avant son abandon. Photo @ Initiatives Alex Olivier Transat Jacques Vabre 2011A priori sortis des griffes des monstres météo – sauf si la mer des Caraïbes se décide à lâcher une tempête tropicale – et désormais à peu près au milieu de l’Atlantique, les skippers n’ont maintenant qu’une idée : toucher au plus vite les alizés et partir – enfin – dans de longs surfs au portant !
Chez les IMOCA, avec le choix d’une option Nord, Jean-Pierre Dick/Jérémie Beyou (1er sur Virbac-Paprec 3) et Alex Thomson/Guillermo Altadill (2e sur Hugo Boss) sont les premiers à pouvoir se sécher, mettre leurs bateaux au clair et hisser les spis. «On a estimé que la route Nord était beaucoup plus simple, plus lisible, même si elle était plus dure et risquée, expliquait Jérémie Beyou, joint mercredi par téléphone par voilesetvoiliers.com. En tout cas, Virbac est à 100 %, on a quelques petits trucs qui se cassent la gueule, mais rien d’handicapant».
Passer par la route Sud était météorologiquement moins brutal. Mais le risque de s'empétoler n'était pas nul, comme ici à bord de Banque Populaire (Le Cléac'h-Pratt).Photo @ Banque Populaire Transat Jacques Vabre 2011Finalement, tout s’est joué au niveau des Açores. A environ 300 milles de l’archipel, la flotte des IMOCA se scinde entre nordistes et sudistes : d’un côté, Virbac-Paprec 3 talonné par Hugo Boss, proches de l’orthodromie (route la plus courte) ; de l’autre, Groupe Bel, Macif, Safran et Banque Populaire.
Les Sudistes ont choisi de ménager leurs montures, mais se retrouvent englués dans la pétole. Le duo de tête a rencontré plusieurs fronts puissants de Nord-Ouest, mais progresse. Bureau Vallée, Gamesa et Mirabaud, eux, ont opté pour une route intermédiaire.
Et c’est là que se tient d’ailleurs la plus belle surprise de cette transat : l’incroyable 3e place, à mi-parcours, des frères Louis et Nelson Burton (Bureau Vallée), novices en la matière, partis sur un IMOCA 2006 (l’ex-Delta Dore, plan Farr de Jérémie Beyou), qui se payent le luxe, depuis trois jours, de devancer les Golding, Le Cléac’h, Wavre, Gabart, de Pavant et Guillemot ! Si vous ne les connaissez pas très bien, allez donc lire leur incroyable portrait, ici !
Arrivée prévue le 20 novembre
Photo @ Météo Consult (Transat Jacques Vabre 2011)En Multi 50, la situation est claire – et pour cause : il ne reste que deux bateaux en lice. Actual (Le Blévec-Manuard), largement en tête, a plongé franchement au Sud des Açores, beaucoup plus tôt que les IMOCA, et ainsi évité les zones de calme. Le seul autre concurrent encore à flots dans cette catégorie, Maître Jacques (Féquet-Escoffier), avait choisi de rester plus au Nord – et se trouve en ce moment à plus de 400 milles derrière.
En Class40, Aquarelle.com a mené la course presque en permanence. Seuls les Britanniques Ned Collier Wakefield et Sam Goodchild, sur Concise 2, ont ravi un temps la première place à Eric Drouglazet et Yannick Bestaven, avant de devoir abandonner pour cause de délaminage. ERDF/Des Pieds et des Mains (Seguin-Richomme), qui a choisi une route plus Sud, compte environ 100 milles de retard sur Aquarelle.
Reste maintenant à dégringoler l’alizé sans casse, à louvoyer intelligemment entre les îles et à franchir l’ultime et piégeux obstacle météo qui mène au Costa-Rica.
En IMOCA, sauf avarie, la victoire devrait se jouer entre Virbac-Paprec 3 et Hugo Boss. Les deux bateaux se marquent à la culotte depuis les Açores, et ont démarré les premiers à la sortie des trois dép’ : leur avance semble irrésistible. Même chose en Multi50, où la victoire ne devrait pas échapper à Yves Le Blévec et Sam Manuard. Avec cette question, cependant : que va, que peut devenir cette classe après la Jacques Vabre, surtout quand on sait que Crêpes Whaou – locomotive de la classe – va arrêter le sponsoring ? En Class40, Aquarelle semble également en bonne position – mais la route est encore longue : plus de 2500 milles à parcourir… Les premiers sont attendus au Costa Rica vers le 20 novembre.
> IMOCA
- PRB (explosion d’une cloison étanche)
- Akena Vérandas (démâtage)
- Cheminées Poujoulat (voie d’eau)
- DCNS (problèmes d’énergie)
> Class 40
- Lecoq Cuisine (problèmes de dos pour Eric Lecoq)
- Comiris Pôle Santé (délaminage d’une cloison)
- Avis Immobilier (rupture d’une pièce d’étai et perte d’un boulon de quille)
- Initiatives Alex Olivier (perte de quille)
- Concise 2 (délaminage)
- Bureau Veritas Dunkerque Plaisance (rupture de la sous-barbe)
> Multi 50
- Prince de Bretagne (rupture du bras de liaison)
- Crêpes Whaou 3 (fracture du sacrum, au bas du dos, pour Franck-Yves Escoffier)
- Monopticien.com (avarie de safran)
- FenetréA Cardinal (voie d’eau suite à une fissure de cloison)
Pas encore inscrit ? Créez votre pass voilesetvoiliers.com
(indispensable pour poster un commentaire, faire un achat dans la boutique, déposer une annonce...)
08/11/2011 - 00:08
A fond les Burton !
Ils sortent de nulle part, ils sont tout jeunes, ils n’avaient jamais eu un 60 pieds IMOCA entre les mains, et ils sont venus se frotter sans complexes à l’élite de la course Open. Cinq jours après le départ de la Transat Jacques Vabre, Louis et Nelson Burton n’ont pas à rougir de leur parcours. Portrait grâce à une navigation à bord de leur 60 pieds Bureau Vallée, juste avant le départ.
07/11/2011 - 11:30
Poujoulat actionne sa balise de détresse, Stamm et Cuzon hélitreuillés
Victime d'une voie d'eau depuis dimanche soir, alors qu'il naviguait à 130 milles au Nord des Açores, l’équipage de Cheminées Poujoulat a déclenché sa balise de détresse. Et, ce lundi matin, Bernard Stamm et Jeff Cuzon ont été hélitreuillés depuis leur 60 IMOCA…
07/11/2011 - 09:05
Voie d’eau pour Poujoulat, cloison cassée pour PRB
Entre la Volvo et la Transat Jacques Vabre, quel massacre… Cette nuit, une troisième dép’ a touché la transat en double et deux IMOCA ont annoncé leur probable abandon : Cheminées Poujoulat (Stamm-Cuzon) sur voie d’eau à l’avant tribord, PRB (Riou-Destremau) sur casse d’une cloison étanche.
Vos commentaires
Une question soulevée par le commentaire de la photo de Mirabaud : il me semble que l'Atlantique Nord est au nord de l'Irlande et que le route du café n'y passe pas. C'est la transat anglaise (ou Artemis) qui passe en Atlantique nord, non ? Deuxième point : je crois que l'Atlantique Nord (la vraie) est plus dure que l'Atlantique Sud, contrairement à ce que l'on pourrait croire, si l'on regarde les statistiques de vent et de houle. Elle est par contre moins fréquentée par les plaisanciers et les coureurs et plus connus des bateaux de commerce et des pêcheurs, qui n'envoient pas de vidéo prise de l'arrière de leur bateau, c'est vrai. Les sites de course au large sont d'ailleurs assez étonnants. Toutes les photos sont prises vers l'arrière. C'est techniquement plus simple et plus impressionnant. Est-ce que cela veut dire que les coureurs barrent en regardant derrière aussi ?
Je sens qu'il va falloir reprendre quelques cours de géographie, cher "anonyme" ! Car l'Atlantique Nord, s'il s'étend en effet au Nord de l'Irlande, va... jusqu'à l'équateur, ligne de partage du globe en dessous de laquelle on entre dans l'hémisphère Sud - et, pour ce qui nous concerne, dans l'Atlantique Sud. Lequel n'est ni plus ni moins dangereux que le Nord : tout dépend où l'on se trouve ! Par 60 degrés Sud, l'Atlantique n'a rien d'une promenade de santé... Quant aux photos vers l'avant, si vous faites du bateau, vous savez qu'elles ne rendent que peu compte de la vitesse ou de l'état de la mer, tandis que les vues vers l'arrière, outre qu'elles protègent le photographe et son matériel, permettent d'admirer des sillages qui se déroulent infiniment... Yen'
Quelle finesse d'analyse... Tout sport mécanique porte en lui-même ses limites. Je n'ai pas de goût particulier pour la Formule 1, mais... il arrive que des voitures hyper high-tech cassent, serrent, sortent de la piste - bref, abandonnent une course - quand bien même elles ne font, ces voitures haut de gamme, que pratiquer leur métier : rouler vite sur une piste sèche, sans autre problème météo en vue ! Les bateaux de course, eux, ont ceci de particulier qu'ils sont AUSSI menés à la limite, mais à la frontière de deux éléments terribles et terriblement différents : l'air et l'eau. Et, oui, une mer cassante et croisée après le passage de deux dépressions fortes prise à 10 nœuds au près - car on est en course, n'est-ce pas - peut poser un problème à un 60 pieds. SO WHAT ?
Et bien en effet, vous ne voyez pas le problème. Toute discussion serait donc vaine. Faites donc courir vos 60' sur un lac si ce ne sont que des "engins mécaniques". Ou alors osez vous interroger sur l'incompétence des architectes et des bureaux d'études. Un voilier de 18 mètres en difficulté par force 7, ce n'est pas normal. Prenez donc un peu de recul et pensez y. Il y a problème, la mer n'est pas un terrain de jeu ou une piste de course.
Outre que je ne suis pas l'auteur de l'article, je pense que vous confondez tout, amalgamez tout, pour le simple plaisir, facile, d'un procès... hélas inutile : car MÊME sur un lac, les voiliers de course cassent ou démâtent (demandez donc aux Suisses, auteurs de fabuleuses machines de course !). C'est ainsi. Même une navette spatiale peut exploser en vol, même le Titanic peut couler, n'importe quelle création humaine peut être faillible. C'est ainsi. Ce n'est pas grave en soi : de tous temps, les hommes ont cherché à reculer les limites, à avancer, à progresser. Pour cela, il faut forcément échouer, casser, explorer. Et, si, je suis désolé, mais la mer est un terrain de jeu et une piste de course. Simplement - et heureusement -, elle n'est PAS que cela. Yen'
"Une question soulevée par le commentaire de la photo de Mirabaud : il me semble que l'Atlantique Nord est au nord de l'Irlande..." Non, tout de même pas au nord de l'Irlande, ami, mais pas non plus jusqu'à l'équateur, comme on te le dit ici. Bien sur, les géographes font "descendre" l'Atlantique nord jusqu'à l'équateur, mais les marins on pris l'habitude de faire une distinction non pas géographique mais climatique, et ils appellent Atlantique nord la partie de l'océan qui se trouve en gros au nord d'une ligne Gibraltar - Nex-York, et simplement "Atlantique" la partie sud, de cette ligne imaginaire jusqu'à l'équateur. La circulation des dépressions, la température, l'état de la mer sont en effet très différents selon que l'on se trouve au nord ou au sud de celle ligne imaginaire. Cette distinction est ancienne, son origine n'est donc pas à rechercher chez les plaisanciers ou autres skippers de voiliers modernes. On la trouve par exemple dans les rapports de mer et les récits du 19eme, plus prosaïquement dans les livres de Plisson (Capitaines de la route de New-York, ou encore Le pilote). Cordialement.
"Dès le départ, le vent a soufflé à 30 nœuds avec rafales à 40, mer hachée et creux de 4 mètres". Oui, 30 noeuds, c'est la force 7. Et les bateaux mesurent 60 pieds. Quand vous écrivez qu'un vent de force 7 pose problème à des voiliers de 60', vous ne vous posez pas de question ? Vous ne voyez pas le problème ? Grave...