Comme nous l'annoncions sur ce site dès lundi (sur le blog Aperçu), Loïck Peyron remplace Pascal Bidégorry à la barre du maxi-trimaran de 40 mètres Banque Populaire V. Seul objectif annoncé : décrocher l'hiver prochain un nouveau record sur le Trophée Jules Verne détenu depuis mars 2010 par Franck Cammas et Groupama 3 en 48 jours. Parallèlement à cet engagement, Loïck Peyron poursuit avec son frère Bruno le projet de participer à la prochaine Coupe de l'America avec Energy Team. Interview...
Note :
A 52 ans, Loïck Peyron va s'attaquer pour la première fois au Trophée Jules Verne, initié en partie par son frère Bruno, le seul à l'avoir détenu trois fois (79 jours en 1993, 64 jours en 2002 et 50 jours en 2005)
Photo © B.P.C.E.
voilesetvoiliers.com : On t'imagine heureux de relever ce nouveau challenge ?
Loïck Peyron : Oui, bien sûr. C'est une opportunité géniale. C'est un héritage impressionnant. L'une des raisons pour lesquelles j'ai accepté cette proposition est que la machine et les hommes et l'équipe en place sont exceptionnels. Et ça, il faut en remercier un garçon qui n'est plus dans l'équipe, c'est Pascal (Bidégorry, ndlr). C'est grâce à lui que ce bateau magnifique existe. Clairement.
vetv.com : Le Trophée Jules Verne te fait rêver depuis longtemps. Je me souviens qu'après la disparition de ton trimaran ORMA Fujifilm pendant la Route du Rhum 2002, tu avais travaillé sur un projet de Trophée Jules Verne.
L.P. : Exactement. Et paradoxalement, c'est la meilleure manière d'aborder les choses. Ce qui m'avait un peu rebuté à l'époque dans la chasse aux records, c'est cette abnégation à attendre, à être perpétuellement en stand-by sur des projets à longs termes, préparés pendant des années, et qui peuvent s'arrêter brusquement sur une dérive cassée justement. C'est le genre de souffrance à long terme que j'avais un peu moins envie de vivre. Là, j'ai la chance et le luxe d'arriver un peu les pieds sous la table. Le projet existe, le bateau est là, déjà détenteur de records majeurs, sauf le Jules Verne. Et il faut finir l'histoire en beauté. Maintenant, ce n'est pas parce que j'arrive, que cela va se finir facilement. J'ai bien conscience de la difficulté de la tâche. Mais tout est là. Il n'y a pas d'excuse potentielle à ne pas réussir, sauf aléa. Et ça, il faut s'y attendre.
Foils courbes, mât basculant, dérive centrale... BP V reprend les innovations des trimarans Orma de 18 mètres, mais transposées sur un bateau géant de 40 !
Photo © Benoît Stichelbaut (Sea&Co)
vetv.com : Quand as-tu été contacté par Banque Populaire ?
L.P. : Il y a quelques semaines, je ne sais plus quand exactement...
vetv.com : As-tu hésité à accepter la proposition ?
L.P. : La seule hésitation était au niveau de la compatibilité parfaite avec le projet Energy Team pour la Coupe de l'America, évidemment. Sinon, c'eut été un souci. Mais c'est vrai que je n'aurais pas pu répondre favorablement si nous avions déjà des soutiens depuis six mois et si j'étais déjà franchement impliqué dans la Coupe. La bonne et la mauvaise nouvelle c'est qu'on n'est pas suffisamment avancé, ce qui me permet de faire ça. Et inversement, en faisant un Jules Verne - d'autres l'ont démontré par le passé - c'est le genre d'expérience totalement compatible voire hautement recommandée pour s'attaquer à la Coupe. Je me souviens de quelques Kiwis qui ont gagné la Coupe un an après avoir remporté le Jules Verne (Peter Blake en 1994 et 1995, ndlr).
vetv.com : C'était une autre époque !
L.P. : Je pense que c'est toujours la même. La Coupe de l'America, ça reste une histoire de bateaux, et en plus du multi. Pour faire du bateau, il faut des bons marins, et des bons marins, ça doit naviguer. Quels que soient les supports. Et surtout qu'on s'adresse aujourd'hui à de gros multicoques. On a déjà cette culture là, même si les étrangers apprennent vite parce qu'ils en ont les moyens et le temps. Nous, aujourd'hui, Energy Team se nourrit potentiellement de plein de marins qui naviguent sur plein de supports différents. Et dont le patron sportif, c'est-à-dire ma pomme, continue aussi à naviguer sur tout un tas de supports différents.
vetv.com : Justement, quel est ton programme jusqu'au stand-by fin octobre ?
L.P. : je continue toujours un peu à faire le guignol en Class A. Je vais faire deux ou trois épreuves en D35 cette année. Et puis nous avons programmé deux courses avec Banque Populaire V que sont le Record SNSM la semaine prochaine (17 au 21 juin) et le Fastnet en août (le 14, ndlr).
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Vos commentaires
Je te félicite mon cher Loîck Continue de nous faire rêver Bravo et bon courage Prudent
En plus de ses qualités de navigateur en haute mer et de régatier sur plans d'eau plus restreints et sans dévaloriser Pascal Bidégorry, dont on connait tous les résultats et sa valeur, Loïck Peyron va apporter à cette équipe un formidable sens de la communiquation dont il est le Maitre, en plus de sa gentillesse naturelle. Bon vent et réussite à Loïck !! Gilles CHABAUD ancien président de la Société des Régates Rochelaises