Note :
Groupama 3 a largué les amarres de Brest dimanche 31 janvier en début de matinée, pour sa troisième tentative dans le Trophée Jules Verne - la seconde cet hiver après son abandon au large de l'Afrique du Sud sur avaries.
Photo © Yvan Zedda (Sea & Co)
Sixième des JO d'Atlanta en Tornado, skipper des trimarans ORMA Bayer et Gitana XI, vainqueur de The Race sur Club Med, Fred Le Peutrec est l'un des meilleurs barreurs de multicoque qui soient. <Boat Manager> de Groupama 3, chef de quart et second de Franck Cammas, c'est lui qui a skippé le maxi-trimaran lors de son retour d'Afrique du Sud. Avant même de savoir que Groupama 3 s'élancerait, seul, pour sa troisième tentative le 31 janvier de Brest, Fred a fait le point pour nous...
Fred Le Peutrec : Eh bien, ce n'est pas très favorable depuis un petit moment ! Sylvain Mondon, notre routeur, nous envoie chaque jour un commentaire par mail de la situation, avec la situation générale, la frontologie, la tendance, les potentialités de fenêtre. Nous sommes dans un régime anticyclonique, et si pour partir c'est pas mal, ça s'arrête tout de suite. Il y a une dépression qui est au Sud des Açores, générant un flux majoritairement orienté Sud-Sud-Est. Et du coup, il n'y a pas d'alizés très établis. Mais les choses peuvent bouger vite (*)...
v&v.com : Quand tu pars en mer, comment cela se passe-t-il avec ton entourage proche, notamment tes enfants ?
F.L.P. : Ils sont habitués. Leur père n'était pas employé de bureau quand ils sont nés (rires). Mais leur conscience s'éveille au fur et à mesure qu'ils grandissent (ils ont 15 ans, ndlr). L'un des deux fait du bateau : il est donc davantage impliqué, techniquement notamment. Cela permet de développer des discussions sympas. Ça leur plaît aussi que je sois sur l'eau, d'autant que maintenant, il y a des moyens pour communiquer facilement. Du coup, le lien n'est pas rompu. Et grâce à la vidéo envoyée du bord ou les communiqués de presse quotidiens, c'est un peu un feuilleton qu'ils adorent suivre.
v&v.com : Concernant les travaux effectués à Lorient, tout est ok ?
F.L.P. : Tout a été fait dans les règles de l'art, que ce soit pour les réparations et l'investigation afin de détecter les moindres micro-fissures qui auraient pu être générées par cet accident-là. On en a effectivement vu d'autres quand on est arrivés à Lorient. Elles étaient situées dans la même zone, et tout ça a été réparé depuis. Nous sommes tout à fait confiants quant à notre châssis : à chaque fois qu'on casse et qu'on répare, on améliore aussi, on restructure légèrement, on échantillonne différemment, et du coup, la version d'après est plus aboutie. C'est le cas de tous les protos. Et on commence à en avoir fait pas mal de cycles...
v&v.com : Vous avez fait quelques sorties d'entraînement ?
F.L.P. : Depuis que nous avons convoyé Groupama 3 à Brest, nous n'avons pas bougé, car sortir et rentrer avec le bateau sans moteur - il a été débarqué -, c'est toujours une petite prise de risques, on ne sait jamais ce qu'il peut se passer. De toute façon, nous ne sommes pas en manque de navigation. Le bateau est prêt et dans les starting-blocks, comme nous !
v&v.com : Ce n'est pas trop frustrant de se dire que la fenêtre météo ne sera pas forcément aussi bonne que celle du premier départ en novembre ?
F.L.P. : Frustrant, oui, c'est le mot ! Ce qui est difficile quand tu abandonnes un Jules Verne, c'est ce sentiment d'être coupé en plein élan. Donc l'énergie, la concentration, l'anticipation, la préparation, tout ce qui a été fait avant, ne trouvent pas leur terrain d'exploitation. Il manque quelque chose.
Renforcé et réparé, Groupama 3 devrait être mis en configuration
F.L.P. : Ecoute, et on se l'est vraiment mis dans la tête, c'est un record, pas une régate ! C'est un exercice un peu différent, sachant qu'il y a un bateau également très au point, voire intrinsèquement un peu plus performant que nous. Evidemment, un Jules Verne, ça ne se réduit pas à la performance pure du bateau. On ne cherche pas la confrontation à tout prix de toute façon. Le tenter en course, ça génère forcément des situations qui rendent l'exercice plus compliqué. Mais je comprends très bien que ça soit tentant. Si je restais à terre, ça m'intéresserait de voir les deux bateaux partir ensemble... mais pour nous, c'est autre chose. Avec ce type de multi, il faut être à son propre rythme, car si au portant dans la brise, on peut naviguer à près de 40 noeuds, on ne passe pas dans toutes les conditions de mer comme un 4x4 dans le désert...
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(*) Rappelons que cette interview a été enregistrée trois jours avant le départ de Groupama 3.
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31/01/2010 - 15:48
C’est (re)parti pour Groupama 3 !
13h 55min 53s UTC ce dimanche, le maxi-trimaran Groupama 3 skippé par Franck Cammas a franchi la ligne de départ du mythique Trophée Jules Verne, au large d'Ouessant. Le vent de Nord était léger...
22/01/2010 - 18:29
Pourquoi ils ne partent pas ?!
Quatre jours sur les dents et rien ! Après des heures et des heures de conciliabules et de briefings, ni Banque Populaire 5 ni Groupama 3 ne prennent la (toute) petite fenêtre météo qui s'était dessinée sur l'Atlantique. Trop risquée, trop étroite, trop incertaine... Les équipages repassent en code rouge et attendent la prochaine... Peut-être la semaine prochaine... Explications.
22/01/2010 - 08:29
Marcel Van Triest : «Faire du match-race dès le départ d’Ouessant, ce serait ridicule !»
Record ou régate ? Depuis hier, Banque Populaire V et Groupama 3 tirent tout deux sur leurs amarres dans le port de Brest, prêts à rejoindre au signal de leur routeur la ligne de départ du Trophée Jules Verne, au large d’Ouessant. En mettant à profit la première fenêtre météo potable depuis bien longtemps, les deux trimarans géants pourraient donc transformer leur quête de record en régate planétaire. Un match-race pas forcément du goût des routeurs, comme nous l’a expliqué Marcel Van Triest qui s’occupe de la trajectoire de Banque Populaire V.
21/01/2010 - 10:30
Ira ? Ira pas ?
Depuis quelques jours, la frénésie a repris les pontons : que ce soit du côté de Groupama comme du côté de Banque Populaire, les météorologues n’ont de cesse d’observer une fenêtre météo qui pourrait s’ouvrir pour les postulants au Trophée Jules Verne… Tout l’enjeu reste de savoir si cette opportunité est suffisamment bonne pour assurer toute la descente de l’Atlantique.
15/01/2010 - 07:13
Pascal Bidégorry : «C’est très dur de ne pas partir !»
Voilà deux mois que Pascal Bidégorry et ses douze équipiers attendent la bonne fenêtre météo pour s’élancer à l’assaut du Trophée Jules Verne. Deux mois qu’ils étudient chaque jour les champs de vent avec l’espoir de conditions favorables. En attendant, Banque Populaire V, fin prêt, tire sur ses amarres à Brest. Et pourrait bien s’élancer dès que possible en même temps que l’autre maxi-trimaran, Groupama 3.
08/01/2010 - 07:01
Franck Cammas : «Pour battre le record, il faut pouvoir marcher à 30 nœuds avec de la mer de face»
Après son abandon au large de l’Afrique du Sud suite à une avarie, Groupama 3 a été partiellement réparé à Capetown, puis convoyé vers Lorient. Le trimaran y est arrivé après 16 jours de mer, l’avant-veille du réveillon. Toute l’équipe s’est ensuite remise au boulot, afin que le géant vert puisse repartir dès que possible dans sa conquête du Trophée Jules Verne. Le point avec son skipper Franck Cammas le 5 janvier au soir, à quelques jours d’un probable nouveau départ – et de celui de Banque Populaire V ?