Actualité à la Hune

Transquadra Martinique 2017-2018

Un premier bilan technique

Disputée sur des voiliers de série, la Transquadra est un formidable banc d’essai pour les bateaux… et pour le matériel. Après l’arrivée à Madère fin juillet, à l’issue de la première étape de cette transat IRC en solitaire et en double, on peut déjà faire un premier bilan technique. Et il est globalement positif.
  • Publié le : 14/08/2017 - 00:01

SpisLes spis sont les voiles qui souffrent le plus. A l’arrivée sur les pontons de Quinta de Lorde (Madère), ils étaient de sortie…Photo @ François Van Malleghem/Transquadra Martinique
Disputée en partie au portant ou au reaching dans la brise, la première étape de cette Transquadra n’a pas pour autant occasionné trop de gros dégâts matériels. A l’arrivée, nombre de coureurs avaient la satisfaction de n’avoir pas cassé grand-chose, en dehors de quelques poulies et autres petites pièces d’accastillage faciles à remplacer. Un signe que les bateaux sont de mieux en mieux préparés, ce qui n’est pas étonnant dans un contexte où le niveau sportif de l’épreuve ne cesse de grimper. Nous avons proposé aux skippers des 90 bateaux de la course de remplir un petit questionnaire en ligne, et compilons ici les 56 réponses ainsi récoltées.

Sans surprise, la première source d’avarie, c’est tout simplement la garde-robe. Un peu plus de la moitié des concurrents ont ainsi déchiré au moins une de leurs voiles, et bien sûr il s’agit assez souvent d’un spi, et dans ce cas l’avarie s’est souvent produite à l’occasion d’une «cocotte» (certains concurrents utilisent un «génois belge», sorte de «voile» en sangle et à trous qui sert uniquement à empêcher le spi de s’enrouler autour de l’étai). Comme quoi, cet incident bête concerne aussi les (très) bons régatiers…

DépartUn des deux départs de la première étape, devant Lorient le 16 juillet dernier ; les concurrents de Méditerranée étaient partis de Barcelone le 12, et les deux flottes se sont rejointes à l’arrivée à Madère.Photo @ François Van Malleghem/Transquadra Martinique

Les pilotes, ça marche

Une fois de plus, il faut souligner le taux de satisfaction assez important du côté des pilotes automatiques (chose que l’on avait déjà pu constater sur les éditions précédentes), sachant que le modèle NKE standard (Gyropilot 2) est d’assez loin le plus répandu au sein de la flotte : près des deux tiers des bateaux en sont équipés, et on dépasse les 75% si l’on ajoute les bateaux dotés du calculateur NKE haut de gamme «HR». Le fait demeure assez remarquable et va à l’encontre de certaines idées reçues : sur près des trois quarts des bateaux, on ne rapporte aucun problème de pilote, et quand on demande aux concurrents d’attribuer à leur pilote une note sur 10, on obtient une moyenne proche de 8 (7,9 exactement). Une vingtaine de concurrents donnent une note de 9 ou 10 ! Les centrales de navigation (là encore NKE est le plus représenté et de loin) posent encore moins de problèmes, semble-t-il : sur 85% des bateaux, aucune avarie à signaler.

Les communications par Iridium sont assez fiables dans l’ensemble ; environ un quart des concurrents seulement ont rencontré des petites difficultés de connexion.

OgicLe JPK 10.10 Ogic, mené par Pascal Chombart de Lauwe et Fabrice Sorin, s’est imposé dans la première étape en catégorie doubles, pour la flotte partie de Lorient.Photo @ François Van Malleghem/Transquadra Martinique
Gréement et structure : ça tient…

Et puis, last but not least, les avaries structurelles et les avaries de gréement sont très peu nombreuses, ce qui est là encore assez rassurant. D’autant qu’une bonne proportion de ces bateaux sont menés à 100% de leur potentiel, et dans des conditions parfois rudes. Sur cette première étape disputée entre Lorient et Madère ou entre Barcelone et Madère, les meilleurs ont tenu le spi jusqu’à 40 nœuds de vent et ont poussé leur JPK ou leur Sun Fast à plus de 20 nœuds, ce qui suppose quand même de mettre pas mal de «charbon». Du côté des gréements, la casse ne concerne que 10% des bateaux et on ne relève guère de grosse avarie (aucun démâtage à déplorer). Du côté de la structure, la conclusion est similaire : on rapporte quelques soucis sur 5% des bateaux, et ce n’est rien de dramatique : un contremoule non structurel qui se décolle légèrement, un petit problème d’étanchéité de la liaison pont-coque…

Aéroport de FunchalEn attendant le départ de la deuxième étape (disputée entre Madère et la Martinique) qui sera donné le 10 février 2018, la plupart des bateaux de la course attendent sagement sous la piste de l’aéroport de Funchal, laquelle est construite sur d’immenses piliers en béton.Photo @ François Van Malleghem/Transquadra Martinique
Tout cela nous suggère à la fois que les bateaux sont de mieux en mieux préparés par leur(s) skippers(s), mais aussi que ces bateaux de série et leurs divers équipements, moyennant une préparation minutieuse, sont tout à fait capables d’affronter le large. On ne se risquerait pas à dire que «c’était mieux avant»…