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Vendée Gobe 2012-13

Beyou : «Des bateaux ancienne génération, j’ai le meilleur !»

Jérémie Beyou, l’un des meilleurs marins de l’année 2011, a enfin décroché un sponsor – Maître CoQ – pour disputer le prochain Vendée Globe, avec l'ex-Foncia vainqueur en 2008. A moins d’un an du départ, il détaille sa préparation. Interview.
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  • Publié le : 04/02/2012 - 00:02

L"année BeyouNominé pour le titre de marin de l'année 2011, élu sportif breton 2011, Jérémie Beyou s'est illustré en remportant sa seconde édition de la Solitaire du Figaro, puis en gagnant avec Jean-Pierre Dick la Transat Jacques Vabre sur Virbac-Paprec 3.Photo @ Courcoux/Marmara Le Figaro / BPI

A bord de la péniche de la FIN amarrée sur la Seine, à Paris, Jérémie Beyou affiche un large sourire dans son polo gris aux couleurs de son nouveau sponsor – Maître CoQ. Et pour cause ! Depuis deux ans, il rêvait de ce moment sans s’en cacher : se retrouver ici pour annoncer sa participation au Vendée Globe.
Sympa et plutôt inhabituel, il remercie la presse d'avoir su relayer au bon moment son intention d'être au départ des Sables d'Olonne, le 10 novembre prochain. Il faut dire qu'avec la magistrale saison 2011 qu'il a réalisée – une seconde victoire dans la Solitaire du Figaro, avec trois étapes sur quatre remportées, et une victoire dans la Transat Jacques Vabre aux côtés de Jean-Pierre Dick –, il eût été impensable que l'un des plus grands marins de l'année 2011 ne puisse être au départ et n’y tienne pas un rôle parmi les favoris. Entretien avant que Jérémie ne remette le cap sur le Finistère, pour retrouver son nouveau bateau.

 

voilesetvoiliers.com : C'est donc ton copain Vincent Riou qui a joué les intermédiaires et t'as mis le pied à l'étrier avec la société Maître CoQ ?
Jérémie Beyou :
Absolument ! J'ai eu le contact après le Figaro et j'ai rencontré Stéphane Barbry, le directeur de Maître CoQ, et son équipe la première semaine de décembre. C'est aussi simple que ça, et cela reflète bien les qualités de Vincent. Ça prouve aussi que dans ce sport et dans notre milieu, ce n'est jamais chacun pour soi. Ce que je peux dire, c'est que Vincent – qui est au bureau de l'IMOCA (et s'était déplacé pour la conférence de presse, ndlr) – a regardé en priorité l'intérêt général avant l'intérêt particulier, et c'est vraiment chouette ! Il est content que j'ai trouvé un partenaire, qu'il y ait un bateau de plus au Vendée Globe. La démarche est ultra saine. Je n'ai pas grand chose à rajouter, c'est quelque chose entre Vincent et moi.

Troisième tour du monde à venirL'ancien plan Farr de Michel Desjoyeaux, ici lors de son arrivée victorieuse au dernier Vendée Globe, attaquera le 10 novembre prochain son troisième Tour du Monde sans escales. Photo @ Didier Ravon v&v.com : Pourquoi as-tu choisi de racheter à Michel Desjoyeaux son 60 pieds IMOCA, l’ex Foncia et ex Mapfre, respectivement premier du dernier Vendée Globe et deuxième de la Barcelona World Race (avec les Espagnols Iker Martinez et Xavier Fernandez) ?
J.B. : De tous les bateaux ancienne génération, c'est de loin le meilleur ! Et puis je le connais déjà bien. J'ai disputé la Transat Jacques Vabre et l'Europa Race à bord avec Michel Desjoyeaux. Et de savoir que la livraison et la prise en main vont être effectuées avec l'équipe de Mer Agitée et Mich’ est un atout supplémentaire, tu penses bien !

 

v&v.com : Si tu devais souligner les points forts et les points faibles du plan Farr, quels seraient-ils ?
J.B. : Le premier point fort, c'est sa fiabilité. Le second, c'est que le bateau est très raide, très toilé et facile à faire marcher. Le point faible, c'est que sur le papier, il est moins performant qu'un Banque Populaire ou un Macif dernier cri. Mais leurs équipes travaillent en ce moment sur la fiabilisation de la structure… Et je n'aimerais pas forcément être confronté à ce genre de problèmes. Je pense que ce bateau n'a pas beaucoup de points faibles, en fait !

Le retour de Maître CoQ

Depuis 40 ans, cette entreprise vendéenne est spécialisée dans la volaille. Avec 100 000 tonnes de poulets commercialisés, un chiffre d'affaire de 400 millions d'euros en augmentation de 25 %, 2 000 salariés soutenus en amont par 800 éleveurs en Vendée et en Auvergne, Maître CoQ – seconde entreprise française sur le marché de la volaille et en forte croissance – a décidé de revenir dans la voile, plus précisément sur le Vendée Globe. En 1992, lors de la seconde édition, elle avait soutenu un marin novice, Thierry Arnaud, dont la course s'était soldée au bout de quelques jours par un sage abandon. Puis en 1993, lors de la première Transat Jacques Vabre, Maître CoQ avait sponsorisé le jeune régatier Vincent Riou, sur un plan Harlé en aluminium, sistership de 36 15 Met… Qui dix ans plus tard, allait remporter le Vendée Globe sur PRB. Pour Stéphane Barbry, le discret directeur général de l'entreprise «Le Vendée Globe, par son ancrage régional, ses valeurs, ses histoires d'hommes et de femmes et sa popularité, s'inscrit dans la culture de notre marque et représente un engagement humain exceptionnel. Nous espérons aussi que notre notoriété passe de 60 à 75 %. Et puis j'aime les gens discrets, courageux, travailleurs. Jérémie en est.»

v&v.com : Mais il a déjà deux tours du monde au compteur et on dit que Iker Martinez et Xabi Fernandez ne l'ont pas ménagé ?
J.B. : Il y a de l'accastillage usé certes, mais qui va être révisé ou remplacé. La plateforme est saine et le bateau a été très bien construit et largement éprouvé structurellement. Il n'a quasiment jamais connu de soucis depuis sa mise à l'eau. Une fois vérifié et un peu simplifié, je n'ai aucun doute sur sa fiabilité pour une course comme le Vendée Globe.

v&v.com : Quel est ton programme dans les semaines qui viennent ?
J.B. : Il est dense ! Le bateau est actuellement chez Mer Agitée, à Port-la-Forêt. C'est un peu l'empilement, car il ya Maitre CoQ en dessous et le MOD 70 Foncia de Mich’ au-dessus. Là, nous allons terminer les inventaires, achever les petites bricoles, puis faire la nouvelle déco du bateau. Nous allons remettre à l'eau le 5 mars, effectuer la jauge dans la foulée et attaquer les navigations avec Mich’ et son équipe, avant que je ne rejoigne Lorient, où sera basé le bateau.

v&v.com : Et côté navigation ?
J.B. : Je vais faire un premier stage à Port-la-Forêt, début avril, avant de partir en solitaire pour me remettre dans le bain. Puis nous allons disputer le Trophée Guyader début mai, puis le Trophée SNSM début juin. Il y a aussi beaucoup de sorties "RP" avec les partenaires prévues aux Sables-d'Olonne. Puis, après un dernier chantier cet été et le Trophée Clairefontaine, je vais participer aux entrainements à Port-la-Forêt en septembre et octobre avec mes futurs adversaires, avant de rejoindre à nouveau Les Sables-d'Olonne pour l'ultime préparation. Ça va arriver vite !

Jérémie Beyou, c"est bon pour le Vendée !Jérémie Beyou, avec à sa droite Stéphane Babry, directeur général de Maître CoQ, a annoncé sa participation au prochain Vendée Globe vendredi dernier.Photo @ D.R. F.B. / Maître CoQ
v&v.com : Tu as prévu de faire de grosses modifications sur Maître CoQ ?

J.B. : Non absolument pas. Nous allons rajouter un hydrogénérateur, une antenne Iridium Open Port pour avoir un bon back up pour le satellite. Le seul gros boulot en fait va être sur le mât. Le bateau a été vendu avec le mât avec lequel Mich a fait le dernier Vendée Globe, et comme les Espagnols avaient construit leur propre mât pour la dernière Barcelona World Race, nous l'avons aussi racheté. Il faut donc démonter l'accastillage sur le mât précédent pour le mettre sur le nouveau. On va aussi travailler sur les voiles, l'informatique, mais on n'a rien prévu d'autre.

Maître CoQMaître CoQ est l"ancien Foncia, vainqueur du dernier Vendée Globe avec Michel Desjoyeaux, puis deuxième de la Barcelona World Race avec les Espagnols Martinez et Fernandez. Ce plan Farr a été construit chez CDK en 2007. Photo @ D.R. Jean-Baptiste Epron Design / Maître CoQv&v.com : Pour les voiles, tu as déjà fait ton choix ?
J.B. : Oui. Question de méthode : on a décidé de jouer la simplicité et la fiabilité en poursuivant le travail que nous faisons depuis des années avec nos fidèles fournisseurs. Donc je vais partir avec des voiles Incidences. Lors du dernier Vendée Globe de Mich’, le bateau était déjà voilé Incidences, donc il n'y aura pas de perte d'historique. Et puis ils sont bons ! C'est la même chose avec NKE pour l'électronique et les pilotes, les fournisseurs informatiques. Bref, tous les gens qui interviennent sur le bateau me connaissent… Et moi je les connais.

v&v.com : Combien de personnes travaillent avec toi pour préparer ce tour du monde ?
J.B. : Pour la partie technique, nous sommes six à sept à temps plein, autour de Erwan Steff, le responsable technique du projet. Puis il y a tous les prestataires extérieurs qui sont très disponibles et au chevet du bateau pour les dix mois qui viennent.

v&v.com : Ce sera ton second Vendée Globe, même si le premier s'est terminé trop tôt sur abandon. Quel est ton objectif ?
J.B. : Ce bateau a encore prouvé l'an dernier son potentiel dans la Barcelona World Race. Moi, j'ai continué à beaucoup naviguer en 2011. Mais, c'est clair que nous partons tard, que c'est un "petit" projet (le budget s'élève à 2 millions d'euros, ndlr) comparé à celui de Banque Populaire, par exemple. Nous sommes moins nombreux, avons moins de moyens, mais notre force est aussi de s'appuyer sur l'existant. Le Vendée Globe est une course fabuleuse et je suis motivé comme jamais ! Evidemment, je vise une belle place. Le contraire m'énerverait !

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Vos commentaires

    • Bon, c'est très bien! Ils sont géniaux et de grands marins tous nos héros et j’adore toutes ces courses. Mais il faudrait dans l’avenir faire une course ou on utilise plus sont cerveau que ses biscotos ! Une image : Est-ce que dans la formule 1 ont voit le coureur sortir de sont cockpit pour aller à l’avant de sa formule pour régler quoi que ce soit ? Est-ce que c’est normal quand il y a une déferlante arrière que le coureur passe sa vie à écoper au lieu de courir parce qu’il y a inondation dans le bateau ? Faisons une course ou le coureur est dans un bateau étanche et il commande entièrement son bateau de sa timonerie ! Une baleine n’ouvre pas sa bouche quand elle en pleine course pour avaler de l’eau ! Bien sûr que çà pose des questions techniques et de construction de bateau ! Manquons-nous d’outils en usinage et informatique pour faire cela ? Je vous signale que plus personne ne meurs ou est perdu en Formule 1 actuellement…contrairement au passé ! Quels ont été les conditions de vie des marins (très précieux pour nous tous) sur le Banque Populaire durant son TDM ? Des reportages en on parlé, mais on les a tus au nom d’une victoire heureuse ! J'ai les mêmes origines lointaines que Vasco de Gama, mais les galériens (volontaires) est un peu too much dans l'époque technologique d'aujourd'hui! Tous ceux qui restent le cul au chaud n'on jamais lu des histoires de marins qui ce sont mal terminées! Moins de biscotos SVP dans la plaisance! Dès que j’aurais les fonds je me construirais un bateau comme çà ! J’attends un débat ou au moins une réaction là-dessus !

      Ajouté par Anonyme le 04/02/2012 - 10:57
    • bravo a mr badry et l entreprise maitre coq, il va y avoir du sport

      Ajouté par MAMAX le 04/02/2012 - 21:05