Plus qu'une journée. Encore 24 heures. Tout dépend du point de vue. Pour Le Cléac'h, qui peut prendre la deuxième place du Vendée Globe, la baston, c'est long. Il faut assurer, ne pas casser maintenant. Mais faut pas non plus traîner : si Armel a obtenu 11 heures pour l'assistance à Jean Le Cam, Marc Guillemot en compte 82 pour celle apportée à Yann Eliès. Différence : 71 heures. Presque trois jours !
Note :
Dilemme.
Assurer. Ne pas casser. Ne pas s'exciter, pas maintenant. Au Nord du cap Finisterre, la mer est mauvaise, croisée, forte toujours, du vent encore - <Je n'ai plus de girouette, mais je dirais 30-35 noeuds établis>, estime Armel Le Cléac'h -, des fronts qui cognent à 50. La houle lève sur les hauts-fonds, cambre, casse. Ne pas prendre de risques. <Dès qu'on arrive autour de 14 noeuds, ça tape de partout. Les voiles sont un peu ouvertes, mais on a juste trois ris-trinquette, car la mer est dans tous les sens !> Au chapitre des avaries : auvent de rouf carrément arraché par une vague, chariot de têtière de GV sorti de son rail de mât.
Cela dit, il ne faut pas traîner non plus. A 24 heures de son arrivée prévue aux Sables-d'Olonne, Le Cléac'h sait bien que sa possible deuxième place peut être contestée par Marc Guillemot.
Les comptes sont vite faits : 11 heures de gratification pour le skipper de Brit Air, qui a veillé, avec Vincent Riou, sur Jean Le Cam chaviré non loin du Horn. Mais 82 heures de bonification pour le skipper de Safran pour avoir longuement et moralement assisté Yann Eliès après sa grave blessure. Résultat net : 71 heures en faveur de Guillemot. Il faut donc que Le Cléac'h arrive avec au moins trois jours d'avance sur lui.
Foncia : quatre winches seulement, une colonne centrale, un rail d'écoute circulaire et évidé et qui sert de tableau arrière, une double barre franche en
Car, aussi, l'option de Marc Guillemot semble vouloir payer : s'il contourne largement l'anticyclone des Açores par l'Ouest, rallongeant sa route, le skipper de Safran garde aussi de la pression dans les voiles, qui devrait permettre de raccrocher les flux d'Ouest qui soufflent plus haut en latitude - et d'arriver finalement à précéder Sam Davies (Roxy).
Qui, pour l'instant, le devance toujours au classement : 500 milles les séparent. Mais l'Anglaise donne quelques signes d'inquiétude : <Je ne sais pas si c'est moi qui vais attaquer l'anticyclone ou si c'est lui qui va m'attaquer ! [...] Depuis le début, je fais ma course à moi et je ne regarde pas trop les autres. Mais, depuis hier, je suis un peu moins sûre de mon option Est.> Et elle peut, hélas ! Car l'anticyclone ayant choisi de se déplacer vers l'Est dans les prochains jours, Sam doit piquer vers l'Ouest et la molle pour espérer se sortir au plus vite de ce qui s'annonce comme une erreur stratégique...
Marc, lui, semble au contraire conforté dans son choix : <J'arrive à l'endroit que je visais voici quelques jours, dans la partie Ouest de cet anticyclone. Bientôt, je vais enfin pouvoir faire du VMG vers Les Sable-d'Olonne. Si les routages sont corrects, je devrais y arriver le 10 au soir ou le 11 au matin>.
Ce qui voudrait dire entre mardi et mercredi. Si Armel arrive effectivement samedi dans la matinée, il devrait pouvoir sauver sa jolie place de dauphin de Mich'Desj' - place enviable au train où sont allées les choses !
Le 06/02 à 11h. 4.Davies : rose. 5.Guillemot : gris clair. 6.Thompson : bleu clair. 7.Caffari : jaune.
Photo © Actinext / Vendée Globe
Marc confirme pour l'instant : <Pour la deuxième place, je pense qu'il ne manquera pas grand-chose en temps compensé entre Armel et moi mais, en toute objectivité, il devrait la garder ; moi, je prendrai la suivante si je n'ai pas de soucis d'ici l'arrivée.>
Et le duel avec Sam ? <Je me bagarre avec elle depuis l'Australie et cette séquence sportive me passionne. Ça permet de se bouger, de chercher la meilleure stratégie. C'est très bien que ça se termine en régate. Moi, ça me motive. Mais ce que je cherche, c'est d'arriver devant en temps réel. C'est pour ça que je me bats !>
Derrière aussi, ça se bat. Ça lutte, ça souffre, ça rigole. Et l'exploit est partout, chez toutes et tous.
Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), qui continue à lutter contre une sacrée collection d'ennuis techniques, a dû refaire à l'éponge le niveau d'huile de son vérin de quille, le liquide gras s'étant répandu dans les fonds.
Dee Caffari, dont la grand-voile d'Aviva est en lambeaux, rafistolée avec de la résine, du Sikaflex et des morceaux d'un spi sacrifié - pas dans les manuels, tout ça, mais on fait avec ce qu'on a -, Dee Caffari, donc, pointait hier à 16,8 noeuds, meilleure vitesse de la flotte !
Plus loin, avant-dernier, Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) tentait de mouiller aux Malouines pour réparer sa drisse de GV, mais voyait son ancre déraper dans le kelp, ces laminaires géantes, élastiques et résistantes, qui couvrent les fonds du Grand Sud. Allant à la côte, Raphaël a dû laisser son mouillage au fond, puis se mettre à la cape, le temps qu'une petite vedette à moteur puisse lui balancer un sac de médicaments, avant de repartir. L'assistance médicale est en effet autorisée - et Dinelli souffre d'une tendinite depuis plusieurs semaines déjà. Reste à affaler la grand-voile, à monter en tête de mât et à réparer la drisse. En mer.
Robin Knox-Jonhston, en 2005, à propos de ceux qui arrivaient aux Sables : <Tous vainqueurs>.
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ETA d'Armel Le Cléac'h : samedi 7 février, entre 8 et 13 heures.
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Découvrez le dossier complet consacré au Vendée Globe dans le prochain numéro de Voiles & Voiliers, n°457, mars 2009, en kiosque dès le 17 février.
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04/02/2009 - 17:31
Devant, du vent pas divin pour Armel
. A moins de 800 milles des Sables-d'Olonne, Armel en termine avec son pain noir, une violente dép' qui lui ventile et malmène sa fin de course. Sam sourit, toujours, Guillemot se décale pour accélérer plus tard - et le dernier, Norbert Sedlacek, est entré en Atlantique.
04/02/2009 - 14:30
Michel Desjoyeaux raconte son Vendée Globe : nouvelles images inédites
Tout au long de la course, Mich' Desj a tourné des vidéos qu'il s'est bien gardé d'envoyer, de peur de révéler certaines de ses avaries à ses concurrents. Un nouveau récit du Vendée Globe par le vainqueur, avec des images inédites de Foncia.
04/02/2009 - 11:01
Bilou : la photo du voile de quille déchiqueté
Une image qui fait mal. C’est celle, prise à Ponta Delgada, île de Sao Miguel, de la quille de Roland Jourdain – ou, plutôt, de son absence. Le voile en acier est déchiqueté au ras de l’ogive placée sous la carène de Veolia. Sauver son bateau ainsi blessé reste un vrai exploit…
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Hugues vainqueur du Vendée Globe… virtuel !
Gagner le Vendée Globe 2008-09, sacrée performance ! Même un jour et demi après le triomphe de Michel Desjoyeaux aux Sables-d'Olonnes. Un autre grand vainqueur s'est en effet présenté sur la ligne d'arrivée. Hugues, sur son bateau Inderweltsein, s'est imposé ce matin à 8 heures 49 devant 320 000 concurrents. Au terme de 85 jours de course... virtuelle.
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Exclusif : les derniers jours de la route de Mich' Desj' sur Foncia !
Confiée à Voiles et Voiliers par Michel Desjoyeaux juste après son arrivée, voici la capture écran de l’ordinateur de Foncia, prise le 27 janvier au soir. Elle montre le fabuleux logiciel dont disposait le Professeur, version exclusive de MaxSea Time Zero.
02/02/2009 - 16:30
Mich’ qui rit, Bilou qui pleure…
Pendant que Mich' était emporté par la foule, Bilou était ballotté par la houle. Et, ce matin, Roland Jourdain a dû renoncer, la mort dans l'âme. Juste derrière, Armel Le Cléac'h se concentre sur ses réglages. Il est officiellement deuxième. Sam Davies troisième. Mais Marc Guillemot fonce, la talonne - et doit récupérer 82 heures pour l'aide apportée à Yann Eliès. La course n'est pas finie !