Note :
Faire le tour du monde, aller dans les Quarantièmes rugissants, les Cinquantièmes hurlants, tangenter les Soixantièmes aphones, tout ça pour se prendre la plus magistrale claque météo à l'approche de l'arrivée ! <Ça a été les pires conditions que j'ai eu depuis le début de ce Vendée Globe ! s'exclame Armel Le Cléac'h. A un moment, j'étais à 20 noeuds avec trois ris, dans un vent à 60 noeuds en rafales avec de gros grains et des éclairs. Une nuit dantesque. J'ai croisé des cargos qui n'en menaient pas large non plus, ballottés de gauche à droite...>
Le 04/02 à 16h. Armel Le Cléac'h souffre dans la dép' qui l'accompagne depuis hier.
Photo © Actinext / Vendée Globe
Enfiler sa combinaison de survie, là, à quelques jours de l'arrivée, n'étonnera pas ceux qui connaissent l'approche du cap Finisterre. Une belle dép' hivernale, liée à la brutale remontée des fonds, a la chic pour transformer en cauchemar abrupt, en reliefs cassants, en punition sévère, les derniers milles atlantiques. Et le golfe de Gascogne peut faire encore pire !
<Dès que les grains rentraient, ça rentrait très fort>, confirme, encore secoué, le jeune skipper de Brit Air. Qui, c'est à noter, emploie souvent le <on> pour parler de sa course. Lui et son bateau, peut-être, devenu compagnon, être vivant, proche. <On surveillait tant bien que mal les nuages, mais avec pas beaucoup de lune, ce n'était pas simple.> Et de conclure : <Ça se mérite d'arriver aux Sables-d'Olonne !>
A défaut de mériter, qui héritera de la troisième place ? Sam, toujours précédant Marc, qui cherche à couper l'anticyclone ? Guillemot, toujours derrière Davies, qui se décale vers l'Ouest et rallonge sa route pour chercher de la pression - et doit de toute façon bénéficier de 82 heures de bonification à l'arrivée ?
Le 04/02 à 16h. 4.Davies : rose. 5.Guillemot : gris clair. (Le Cléac'h, bateau vert ; Bilou, bateau rouge à Sao Miguel).
Photo © Actinext / Vendée Globe
<Les conditions sont les mêmes depuis cinq jours : 18 noeuds de vent, soleil, ciel bleu, annonce gaiement l'Anglaise. J'avance en moyenne à dix noeuds.> Puis, histoire quand même de remettre les pendules à l'heure anglaise : <Je suis contente avec ma position. L'anticyclone est très à l'Ouest. Je pense réussir à passer sans trop de pétole.>
<Je me rapproche à bonne vitesse de l'anticyclone, rétorque le skipper de Safran. Ça avance bien. Au niveau trajectoire, ce n'est pas l'idéal par rapport à l'arrivée, mais je crois que c'est un bon investissement niveau vitesse. En rapprochement, je ne suis pas très rapide, mais l'idée, c'est de contourner cet anticyclone par l'Ouest et, en haut, de toucher le front. Cette autoroute que je voudrais rejoindre, je pense que c'est intéressant...>
Choix tactiques et stratégiques différents - et un duel effectivement passionnant en perspective.
Même chose juste derrière eux, où les solitaires se cherchent, guettent la meilleure route, le passage, veulent jouer au plus fin avec l'anticyclone des Açores, plus que jamais juge de paix de la remontée. A 150 milles seulement de Marc Guillemot, Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), qui connaît des problèmes de vérins de quille, est lui-même talonné par Dee Caffari (Aviva), légèrement décalée dans l'Est - les humeurs de la bulle açorienne vont colorer la fin de course de pas mal de concurrents !
Le 04/02 à 16h. L'ensemble de la flotte en un coup d'oeil. PRB est toujours mentionné au Horn, cap au Nord. Veolia est évidemment aux Açores, et Dinelli cherche un mouillage abrité aux Malouines.
Photo © Actinext / Vendée Globe
Un peu plus loin, Arnaud Boisisières (Akéna Vérandas) a de nouveau la tête à l'endroit, qui a passé l'équateur hier soir. Et Steve White (Toe in the Water) poursuit son tour magnifique et discret, toujours là, régulier, suivi par Rich Wilson (Great American III), qui applique avec méthode et sérieux sa science de la navigation, sans s'essoufler malgré les grains orageux qui viennent contrarier sa progression. Chapeau.
Et puis... la régate entre Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), mise entre parenthèses le temps de quitter le Sud, de s'épauler, de rester en contact, va pouvoir reprendre ! Car Dinelli, qui avait 400 milles d'avance, va mouiller aux Malouines pour monter en tête de mât et réparer sa drisse de GV. Et Sedlacek, qui ferme la longue marche des solitaires du Vendée Globe, a passé le cap Horn à 14 heures 07 UTC.
Tous les concurrents naviguent donc maintenant en Atlantique. Et c'est une bonne nouvelle.
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Découvrez le dossier complet consacré au Vendée Globe dans le prochain numéro de Voiles & Voiliers, n°457, mars 2009, en kiosque dès le 17 février.
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Les estimations d'arrivée
Brit Air : entre vendredi 6 février à 10h et samedi 7 à 16h.
Safran et Roxy : entre lundi 9 et mercredi 11.
Bahrain Team Pindar : entre mardi 10 et jeudi 12.
Aviva : entre jeudi 12 et samedi 14.
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04/02/2009 - 11:01
Bilou : la photo du voile de quille déchiqueté
Une image qui fait mal. C’est celle, prise à Ponta Delgada, île de Sao Miguel, de la quille de Roland Jourdain – ou, plutôt, de son absence. Le voile en acier est déchiqueté au ras de l’ogive placée sous la carène de Veolia. Sauver son bateau ainsi blessé reste un vrai exploit…
03/02/2009 - 15:45
Hugues vainqueur du Vendée Globe… virtuel !
Gagner le Vendée Globe 2008-09, sacrée performance ! Même un jour et demi après le triomphe de Michel Desjoyeaux aux Sables-d'Olonnes. Un autre grand vainqueur s'est en effet présenté sur la ligne d'arrivée. Hugues, sur son bateau Inderweltsein, s'est imposé ce matin à 8 heures 49 devant 320 000 concurrents. Au terme de 85 jours de course... virtuelle.
03/02/2009 - 11:20
Exclusif : les derniers jours de la route de Mich' Desj' sur Foncia !
Confiée à Voiles et Voiliers par Michel Desjoyeaux juste après son arrivée, voici la capture écran de l’ordinateur de Foncia, prise le 27 janvier au soir. Elle montre le fabuleux logiciel dont disposait le Professeur, version exclusive de MaxSea Time Zero.
02/02/2009 - 16:30
Mich’ qui rit, Bilou qui pleure…
Pendant que Mich' était emporté par la foule, Bilou était ballotté par la houle. Et, ce matin, Roland Jourdain a dû renoncer, la mort dans l'âme. Juste derrière, Armel Le Cléac'h se concentre sur ses réglages. Il est officiellement deuxième. Sam Davies troisième. Mais Marc Guillemot fonce, la talonne - et doit récupérer 82 heures pour l'aide apportée à Yann Eliès. La course n'est pas finie !
02/02/2009 - 11:34
Roland Jourdain (Veolia) abandonne
Pendant que Mich’ était emporté par la foule, Bilou était ballotté par la houle. «Sept mètres de creux. Ici, c’est pas la joie», lâchait hier Roland Jourdain, dont le Veolia Environnement a perdu sa quille. Ce matin, non loin des Açores, Bilou a indiqué qu’il renonçait.
Vos commentaires
Bonsoir, V&V J'ai déjà lu cet article "Devant, du vent pas divin pour Armel" hier. Aujoud'hui, il est beaucoup moins frais. Tant pis, la prochaine fois j'irai directement sur le site du Vendée Globe. Seul le premier est arrivé. la course des suivants ne manque pas d'intérêt. Je suis déçu.. Si vous vous ne tenez pas la distance, contentez vous du mensuel. ne risquez pas le quotidien. Mais avertissez vos abonnés: ils pourront prévoir et acheter l'Equipe. A bon entendeur ....