Actualité à la Hune

Vendée Globe 2008-09 / Jour 93

Safran sans quille, mais avec panache

Safran sans quille. On peut se permettre le jeu de mot : Marc Guillemot lui-même y va d'une décontraction assez ahurissante. Presque. ETA, en tout cas : lundi. Peut-être derrière Sam. Mais à l'arrivée il veut être, Marco !

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  • Publié le : 10/02/2009 - 17:07

La pose de la quille de Safran (1) Un moment délicat et toujours impressionnant, celui de la de la quille ! Photo © Didier Ravon (Voiles & Voiliers) <J'ai eu les commentaires de Bilou par rapport à un bateau qui navigue sans quille, et j'ai une grande stabilité ! affirme Marc Guillemot. J'ai marché à 14 ou 15 noeuds et plus ça accélérait, plus Safran se stabilisait.> Exactement comme à vélo : avec la vitesse acquise, le cycliste ne tombe pas - c'est l'équilibre dynamique. Sauf que Safran, c'est quand même une sacrée bicyclette... Mais ça n'a pas l'air d'effrayer Guillemot : <On se sent presque en sécurité : j'ai dormi avec l'écoute à la main, mais j'ai dormi comme un loir.>

Décidément, naviguer sans quille devient très tendance, avec ce Vendée Globe. Jourdain et Guillemot ont fait preuve d'un sacré sens marin ; et les deux autres solitaires qui ont connu des problèmes de quille s'en sont bien sortis - aucun drame à déplorer, donc. Il n'empêche : Dom' Wavre non loin des Kerguelen, Jean Le Cam à 200 milles du Horn, Bilou près des Açores, Guillemot à 1 000 milles des Sables-d'Olonne, tous auraient pu connaître un destin autrement plus cruel.

C'est vrai, Le Cam (conteneur semi-submergé), Jourdain et Guillemot (cétacés) ont subi un choc. Par nature, par définition, impossible à éviter. Mais pas impossible à anticiper lors du cahier des charges. Et si l'on ne peut évidemment garantir une sécurité absolue à un voilier entrant en collision avec un Ofni (surtout un voilier de course tourné vers la performance et la légèreté), des calculs tentent d'intégrer l'un des cas les plus défavorables pour la structure d'un 60 IMOCA : percuter, à grande vitesse, un obstacle avec la pointe du bulbe, placée à 4,50 mètres sous l'eau. Le moment engendré par la vitesse, le déplacement (donc l'inertie) et la distance du bulbe par rapport à la tête de quille, est colossal.

Reste que, la chasse à la baleine étant (heureusement) réglementée, et les saletés en tout genre (hélas) de plus en plus nombreuses dans l'eau - pas moins de 3 000 conteneurs sont déclarés perdus en mer chaque année dans le monde !-, il y a fort à parier que les collisions et les chocs vont se multiplier - peu avant l'arrivée, Desjoyeaux lui-même a explosé une palette en bois avec son safran tribord.

Même s'ils ne se sont pas révélés parfaits (Josse, Dick...), les safrans relevables et accessibles se sont généralisés suite à des avaries autrefois rédhibitoires. Pour les quilles, d'autres réflexions devront être menées par les coureurs, les architectes, les constructeurs et l'IMOCA. Le risque zéro n'existe pas, ni en mer, ni ailleurs, c'est entendu. Mais les avaries de quille font partie de celles qui mettent carrément en jeu la vie des skippers. Voire de leurs sauveteurs.

Pour l'instant, Marc Guillemot ne demande pas assistance. Au contraire : le skipper de Safran entend bien finir, franchir la ligne, remonter le chenal des Sables. <J'ai fait trois routages différents et je pense que je vais prendre une route très Nord, sous code zéro. Je pense qu'une arrivée lundi, le 16, c'est quelque chose de réaliste>. Formidable confiance, comme Bilou, vrai sens marin - ramener son bateau au port.

Mais Guillemot n'entend pas facilement renoncer à ses prétentions sportives : <Pour ce qui est du podium, il était visible à l'oeil nu, puis avec des jumelles et là, j'y crois toujours, mais avec un optimisme de plus en plus modéré... Je pense que ça va plutôt être en faveur de Samantha. Ceci dit, il faudra qu'elle vienne la chercher, sa troisième place, je vais quand même essayer d'être combatif !>

Nul doute qu'il va l'être jusqu'au bout, lui qui terminait par ces mots : <Si tu veux pousser un peu, il faut vraiment gérer, une écoute à la main et la barre dans l'autre.>

Comme en dériveur. Attention quand même au dessalage, Marco.

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Les ETA (Estimated Time Arrival)


D'après la direction de course, elles restent évidemment aléatoires en raison des conditions anticycloniques de calmes sur l'arrivée dans le golfe de Gascogne. Les solitaires vont devoir faire une route très Nord pour tenter de contourner cette bulle.
Samantha Davies (Roxy) n'est pas attendue avant samedi, la Britannique estimant de son côté qu'elle pourrait franchir la ligne d'arrivée dimanche.
Marc Guillemot (Safran) pourrait arriver lundi s'il n'y a pas trop de pétole - et si tout se passe bien.

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Découvrez le dossier complet consacré au Vendée Globe dans le prochain numéro de Voiles & Voiliers, n°457, mars 2009, en kiosque dès le 17 février.



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