Actualité à la Hune

VOILES DE SAINT-BARTH

L'âge de raison pour la 7e édition ?

Lancées en 2010 par François Tolède et Luc Poupon, les Voiles de Saint-Barth ont su se hisser parmi les épreuves les plus courues du calendrier outre-Atlantique. Cadre somptueux, régates de haut niveau et ambiance festive sont à la base de ce succès. Et pourtant, cette régate n’est pas réservée à l’élite de la voile anglo-saxonne.
  • Publié le : 12/04/2016 - 15:30

Ambiance  Voiles de Saint BarthAu large de l'île de Saint-Barthélemy, c'est une flotte répartie en neuf séries qui s'affronte cette semaine.Photo @ Christophe Jouanny

A 11 heures locales ce mardi, 17 heures en France, sera donné en ce mardi le départ de la première manche des Voiles de Saint-Barth 2016. Soixante bateaux participent à cette septième édition contre soixante-dix voilà un an ; un peu moins certes que ce que les organisateurs escomptaient – ils tablaient sur quatre-vingt –, mais comme le résume Luc Poupon : «le niveau est plus élevé que jamais !» Il suffit en effet de regarder la liste des engagés pour se rendre compte qu’une jolie brochette de régatiers internationaux s’est donné rendez-vous cette semaine dans les Antilles françaises. Bouwe Bekking (sept participations au tour du monde en équipage, la Whitbread devenue Volvo Ocean Race), Brian Thomson skipper du MOD70 Phaedo3, Guillermo Altadill, Peter Harrison, Matt Wachowicz, Markus Wieser, Tony Rae… Côté français, on trouve des navigateurs aussi confirmés que Lionel Péan, Eric Dumont, Marc Emig, Christine Briand, Jimmy Pahun, Jacques Caraës… Et certains déambulent sur les quais de Gustavia, incognito, tel que Ian Walker, vainqueur de la dernière Volvo Ocean Race, venu prêter main-forte à bord de Windfall en Maxi 2.

Comanche Voiles de Saint BarthPour la deuxième année de suite, Comanche, skippé par Ken Read parrain des Voiles de Saint-Barth 2016, sera au départ des régates organisées dans les Antilles françaises.Photo @ Christophe Jouanny

Bombardé parrain de cette édition après Loïck Peyron il y a un an, Ken Read, skipper du Maxi Comanche, commence par cette pirouette : «voilà un mois, j’ai croisé Loïck et je lui ai demandé ce que signifiait le rôle de parrain des Voiles. Il m’a dit : ‘‘cela veut simplement dire que tu es devenu vieux !’’» Plus sérieusement, le champion américain aux titres innombrables ne tarit pas d’éloge sur cette épreuve. «Je vais la disputer pour la quatrième fois. C’est devenu la régate où il faut être, tout simplement.» Face à des institutions du calendrier caribéen, telles que la semaine d’Antigua (23e édition cette année), la Spring Regatta des îles Vierges britanniques qui fêtait fin mars son 45e anniversaire, la Heineken Regatta à Saint-Martin (l'édition 2016 était la 36e) ou encore la RORC Caribbean 600 qui en était cette année à sa 8e édition mais a connu un joli succès avec 70 bateaux, d'aucuns pourraient penser que les Voiles de Saint-Barth font pâle figure. Surtout en étant organisée moins d'un mois après la St Barths Bucket Regatta, étonnant  et super élitiste événement réservé aux seuls yachts de plus de 30 mètres !

Melges 24Cette année encore, les Melges 24 seront bien représentés aux Voiles de Saint-Barth, à l"image de Island Water World venu de Saint-Martin.Photo @ Christophe Jouanny

«Mais chaque épreuve a son propre caractère, affirme Read. A Saint-Barth, c’est très français dans le monde de la voile anglo-saxonne. Et cela fait du bien. Peut-être plus décontracté, plus festif à terre, mais en mer aussi tendu que les autres. C’est un supercompromis. Les organisateurs des Voiles de Saint-Barth ont perçu quelque chose de différent des autres. Ils ne font pas un Grand Prix de plus ; ils permettent à de nombreuses classes et de nombreux marins de naviguer. Ce n’est pas superélitiste comme on pourrait le croire puisque la flotte va de Melges 24 jusqu’à Comanche (le Maxi de 100 pieds dont il est le skipper, ndlr) comme dans d’autres endroits, mais tout le monde est le bienvenu, tout le monde considéré à égalité et les départs se font sur la même ligne même si les parcours varient ensuite selon la taille. Et cela conserve aussi son caractère de vraie course face à d'autres événements qui à force de s'ouvrir trop se dévoient un petit peu. Si je pouvais donner un conseil aux organisateurs, c’est bien celui-là : continuez à offrir autant de places sur la ligne aux plus grands yachts qu’aux plus petits bateaux tout en conservant cet esprit qui plait aux régatiers avec cet esprit festif.» Une jolie requête de la part d’un skipper qui sera à la barre de l’un des plus beaux voiliers de la flotte et affrontera des adversaires tels que Galateai (troisième et petit dernier des Wally Cento), Momo, Proteus, La Bête ou encore le SFS II de Lionel Péan…

Coal Isla RCaol Isla R au large de Saint-Barthélemy voilà deux ans.Photo @ Christophe Jouanny

Alors certes, avec 60 bateaux, le nombre est inférieur aux autres grandes messes antillaises, mais cela représente néanmoins un joli défi sportif de par l'hétérogénéité du plateau.
Jean Coadou, président du comité de course : «La jauge qui prévaut ici est la jauge CSA (Carribean Sailing Association). La flotte a été répartie en neuf séries (Maxi 1, Maxi 2, Multicoques, CSA 0, CSA 1, Class40 qui régatent avec les CSA 1 mais selon leurs propres règles de classe, CSA 2, CSA 3 et CSA 4, Melges 24). Nous avons à notre disposition 21 parcours différents qui oscillent entre 15 et 39 milles.» Il est prévu que chaque jour, deux manches soient lancées. Las, le vent ne semble pas très favorable cette année puisqu’en cette première journée, il sera de secteur Est d'une petite quinzaine de noeuds mais faiblissant beaucoup lors des prochains jours. Et une grande houle est attendue pour la fin de semaine.