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Voiliers d’exception / Portrait et plans de formes (1)

Rambler 100 : anatomie d’un monstre

Le rêve de tout architecte naval ? Que vous lui donniez carte blanche pour réaliser le vôtre - par exemple battre vos petits copains avec un voilier fou dessiné hors de toute contrainte ! Tiens, un maxi par exemple, 100 pieds, 30 mètres de long. Ainsi est né Rambler 100, monstre de puissance signé Juan Kouyoumdjian. Un monocoque déjà flashé à 47 noeuds. Voici ses plans de formes - en exclusivité !

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  • Publié le : 20/07/2011 - 00:01

Rambler 100 (ex-Speedboat) : le plan de formes Voici en exclusivité, redessiné par François Chevalier, le plan de formes de Rambler 100 (ex-Speedboat), supermaxi signé Kouyoumdjian : de la puissance à l'état pur. Notez les lignes tendues et la forme en triangle, avec un maître-bau reculé. [Cliquez sur les illustrations pour les agrandir]. Photo © François Chevalier En 1851, le commodore du New York Yacht-Club a un rêve : battre les Anglais dans leurs eaux, devant le plus select de leurs clubs, le Royal Yacht Squadron. John Cox Stevens commande donc à George Steers une goélette qui soit la plus rapide du monde - il stipule même dans le contrat que l'architecte-constructeur ne sera payé que si c'est le cas ! Beau début pour une histoire encore d'actualité - la Coupe de l'America.

En 2007, le financier new-yorkais Alex Jackson rêve de remporter la Bermuda Race. Il commande donc le supermaxi le plus rapide de la planète à l'architecte Juan Kouyoumdjian. <Juan K> vient de remporter haut la main la Volvo Ocean Race avec ABN-AMRO, et il est en train de finaliser les plans du prochain Ericsson 4, futur vainqueur. Sa récente expérience avec Bruce Farr au sein du design team d'Oracle lui a donné l'occasion de tester nombre d'idées nouvelles.

Rambler 100 (ex-Speedboat) : le plan de voilure Long de 29,99 mètres, Rambler 100 porte 630 mètres carrés de toile au près - et plus de 1300 au portant ! Le tout est maîtrisé par un lest à 50% porté au bout d'une quille pendulaire et par 8 tonnes de ballast si besoin. Photo © François Chevalier Le 17 avril 2008, Speedboat - un nom en guise de profession de foi pour celui qui ne s'appelle pas encore Rambler 100 - sort du chantier Coockson Boat à Auckland (N-Z), et est immédiatement envoyé par cargo à Newport pour la Newport-Bermuda Race. Cette course est l'une des plus éprouvantes qui soient, remontant le capricieux courant du Gulf Stream, avec un vent dans le nez qui n'arrête pas de tourner, coupé par des calmes et du brouillard. Pas facile pour faire de la vitesse !

Pour la Bermuda Race 2008, les supermaxis ne manquent pas - ils défrayent la chronique depuis 2005, avec la mise à l'eau de deux redoutables concurrents, Maximus et Wild Oats XI, puis de Leopard 3.

Maximus, plan Greg Elliot/Clay Oliver lui aussi construit chez Coockson, doté d'une quille rétractable et basculante, s'est imposé dans le Fastnet et la Transat.

Wild Oats XI : le plan de voilure et d’appendices Wild Oats XI, l'un des concurrents de Rambler 100, est un plan Reichel-Pugh doté d'une quille pendulaire, d'un safran classique et d'un safran avant (). Photo © François Chevalier Wild Oats XI, plan Reichel-Pugh construit à Sydney chez McConaghy, a une quille pendulaire et deux safrans - un à l'arrière et un <canard> à l'avant -, et détient la performance d'être arrivé en tête de toutes les Sydney-Hobart depuis sa mise à l'eau !

Ensuite a déboulé Leopard 3, construit par McConaghy, plan Farr avec quille basculante et deux dérives en avant du mât, supermaxi encore plus large que ses prédécesseurs (6,71 mètres), avec un bouchain évolutif, pur produit des Volvo 70 du bureau Farr. Le moment de redressement de la quille inclinée à 40° correspond à 200 hommes d'équipage au rappel !

Speedboat s'avère plus léger que Leopard 3 (6 tonnes de moins), plus large de 30 centimètres, plus tendu, avec un bau maxi reculé au niveau du quart arrière, plus creux sur l'arrière (le tableau est largement enfoncé), plus plat sur l'avant, rasant à l'étrave, plus toilé et plus raide de 20 % - bref, Speedboat est <super plus> ! Naturellement, il plane au près, et dès qu'il ouvre les voiles, sa vitesse atteint des sommets - jusqu'à 47 noeuds !

Le tracé des formes d'une telle coque se rapproche plus du bateau à moteur, avec des lignes extrêmement tendues, des sections qui se chevauchent et restent collées. En revanche, les lignes d'eau, parallèles à la flottaison, se terminent presque toutes au tableau arrière et filent comme sur une planche à voile !

Alors que sur les Volvo 70 (21,50 mètres), le bau doit être compris entre 5,30 et 5,70 mètres - et que tous les architectes se calent sur la largeur maxi autorisée depuis l'édition 2008-09 -, il n'y a pas de limite pour les supermaxis. Simplement, plus le bateau est large, plus le développé de la coque et du pont est important, induisant rapidement un poids supplémentaire. Mais plus la forme du pont se rapproche du triangle, moins ce développé intervient sur le poids, et Speedboat, même avec ses 7 mètres de large, n'est pas bien loin du triangle ! Wild Oats XI, en revanche, s'il est plus étroit, a aussi un maître-bau plus avancé et constant - donc une surface développée presqu'équivalente.

Wild Oats XI : le plan de pont A la différence de Rambler 100, le plan de pont de Wild Oats XI révèle un maître-bau avancé et une largeur moindre, mais plus constante. D'où un développé de carène et de pont quasiment équivalent - et une puissance un peu inférieure. Photo © François Chevalier Pour tenir la voilure de Speedboat, qui s'apparente à celle d'un colossal Class America - plus de 1 300 mètres carrés de toile au portant !-, la moitié du poids du voilier (30 tonnes) est dans le lest qui bascule à l'extérieur de la coque au vent. Si le vent vient à monter, 8 tonnes de ballast d'eau de mer peuvent aider à maîtriser la monstrueuse puissance.

Avec ce redoutable engin, Alex Jackson remporte <sa> Bermuda Race en juin 2008. Le maxi est ensuite loué par Sir Richard Branson et renommé Virgin Money. Le milliardaire, habitué aux challenges extrêmes, tente de battre le record de l'Atlantique, mais la météo n'est pas au rendez-vous.

En 2010, Speedboat gagne à nouveau la Bermuda Race, pour la plus grande joie de son propriétaire Alex Jackson. Racheté ensuite par l'Américain Ken Read et rebaptisé Rambler 100, le supermaxi blanc est mis en chantier dans l'hiver : allégé et optimisé, il reçoit un nouveau bout-dehors équipé de déflecteurs - le voilier a tendance à tanguer dans la houle et les gerbes d'eau, lors de l'enfoncement de l'étrave, sont capables de projeter en l'air n'importe quel équipier ! Grâce à ce vrai prolongement du pont et à ces déflecteurs, les manoeuvres s'avèrent plus sûres.

Dans sa nouvelle livrée, Rambler 100 fait forte impression aux Voiles de Saint-Barth 2011, qu'il survole en temps réel (voir la <Photo à la hune> ci-dessous, publiée sur notre site le 13 avril dernier - cliquez dessus pour l'agrandir). Et, aujourd'hui, les autres supermaxis redoutent de le voir venir rafler la victoire lors du Fastnet ou de la Sydney-Hobart...

Lui, c'est la belle ET la bête Il est monstrueusement beau, redoutable, rapide - et même le support d'antennes, à l'arrière, est profilé comme un aileron. Dompté par Ken Read et l'équipage de Puma, Rambler 100 (plan Kouyoumdjian) a bouffé tout cru la concurrence lors des Voiles de Saint-Barth 2011. Photo © Christophe Jouany (Les Voiles de Saint-Barth)
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Rambler 100 (ex-Speedboat) à la loupe

Architecte : Juan Kouyoumdjian
Chantier : Cookson Boat, Auckland (N-Z)
Mise à l'eau : 17 avril 2008
Longueur : 29,99 mètres
Flottaison : 29,99 mètres
Bau : 7 mètres
Tirant d'eau : 5,70 mètres
Tirant d'air : 46,50 mètres
Voilure au près : 630 mètres carrés
Voilure au portant : 1 340 mètres carrés
Bout-dehors : 3,60 mètres
Déplacement : 30,6 tonnes
Lest : 15 tonnes
Ballast : 8 tonnes

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Vos commentaires

    • Ken Read..proprietaire? George David je crois

      Ajouté par PG le 20/07/2011 - 10:15
    • nul à chier ce bateau je préfère un muscadet

      Ajouté par danoedel le 20/07/2011 - 11:56
    • Ce qu'il y a de bien avec la voile, c'est qu'on peut aimer à la fois le Muscadet, un des bateaux élus "voilier du siècle" par Voiles et Voiliers en 2000 (et présent avant-hier en "Photo à la hune" ici : http://www.voilesetvoiliers.com/items/remote_view/5931), et un monstre comme Rambler. Amicalement, Hervé, V&V

      Ajouté par Hh le 20/07/2011 - 13:15
    • Oui moi aussi j'ai une tendance Muscadet mais on ne peut pas resté indifférent à un monstre de technologie pareil ! Il a d'ailleurs déjà fait ses preuves. Je suis vraiment impressionné par cette bête de course... Betrand vsbat

      Ajouté par vsbat le 23/07/2011 - 02:33
    • Les compétences de l'architecte sont sérieusement mis en doute par cet accident majeur.Qui a effectué les calculs de résistances?Qui a vérifié la qualité des matériaux?Qui a contrôlé leurs qualités?Qui a signé les certificats de validations? Idem pour les "multis" qui explosent?

      Ajouté par Milou le 20/08/2011 - 19:35