Note :
La Volvo Ocean Race jouit d"une réputation effrayante... Et toute légitime. La course autour du monde en équipage est virile, brutale, casse-bateau et casse-bonhomme. Ni plus, ni moins.Photo @ Yann Riou Volvo Ocean Race / Groupama
Le plus petit plateau… mais le plus homogène !
Avec seulement six bateaux au départ, la Volvo Ocean Race n’avait jamais enregistré une si faible participation. Ils étaient huit concurrents lors de la dernière édition en 2008, et respectivement sept (2005), huit (2001) et dix (1997) sur les trois précédentes. Mais contrairement à ces quatre dernières éditions, le plateau réuni cette année n’a certainement jamais été aussi homogène. Si Paul Cayard (EF Language) en 1997-98, John Kostecki (Illbrück Challenge) en 2001-02, Mike Sanderson (ABN Amro 1) en 2005-06 et Torben Grael (Ericsson 4) en 2008-09 avaient assez, voire très largement, dominé chacun de ces quatre tours du monde, cette fois-ci, le suspense est total. Les cinq équipages disposant d’un VOR 70 de dernière génération peuvent tous espérer l’emporter. Seul l’équipage de Team Sanya emmené par le double vainqueur kiwi Mike Sanderson s’élance avec un VOR 70 de la génération précédente (l’ex-Telefonica Blue, 3e en 2009).
La principale raison à cette égalité des chances est architecturale. En trois éditions, la jauge VOR 70 a été étudiée dans ses moindres détails et tous les acteurs de cette compétition pensent que leurs monocoques de 21 mètres seront très proches les uns des autres en vitesse.
La seconde raison est l’énorme expérience des six équipages embarqués. Les quelques 70 marins engagés cumulent 92 participations à la Volvo Ocean Race. L’équipage le moins expérimenté est celui de Groupama 4 avec seulement 9 participations à bord, tandis que les Kiwis de Camper Team New Zealand comptent 22 participations à la Volvo dans l’équipage.
Abu Dhabi a tiré le premier
La première régate in-port courue à Alicante, la semaine dernière, a rapporté 6 points à l"équipe d"Abu Dhabi Ocean Racing et souligné ce qui pourrait être une lacune chez nos Français.Photo @ Ian Roman Volvo Ocean RaceDisputé samedi 29 octobre à Alicante, la première In-Port Race (régate entre trois bouées) n’a pas apporté beaucoup d’enseignement sur les forces en présence. La faute à Eole, capricieux comme souvent en Méditerranée. Dans un vent asthmatique soufflant entre 3 et 10 nœuds et basculant de plus de 90°, c’est l’équipage anglo-saxon d’Abu Dhabi qui a décroché la première victoire de cette onzième édition. Les hommes de Ian Walker se sont imposés avec 17 minutes d’avance sur le second après seulement 50 minutes de course… Preuve que le vent a joué à la loterie et avec les nerfs des navigateurs. Les équipages de Puma (Ken Read) et de Camper Team New Zealand (Chris Nicholson) complètement le podium. Team Sanya (Mike Sanderson) s’est emparé de la 4e place devant Groupama 4 qui termine 5e. Team Telefonica (Iker Martinez), pénalisé pendant cette première manche, a fini dernier.
Cammas déçu
«On sait que c’est notre point faible, ces régates In-Port ! Nous avons encore neuf mois pour progresser sur cet aspect-là, mais force est de constater que les entraînements de ces derniers jours portent leurs fruits. Nous n’avons pas été très chanceux (avec la météo, ndlr), mais nous avons toujours bien réagi. Ça ne se joue pas à grand-chose, mais dans ce type de temps très mou, les mètres coûtent très chers.»
Premières réclamations
A l’issue de cette première manche, Franck Cammas a porté réclamation contre l’équipage de Camper Team New Zealand pour protester contre l’utilisation d’un système permettant de basculer le mât en arrière, ce qui semble interdit par les règles de classe. Comme les réclamations d’Abu Dhabi, de Puma et de Telefonica portées les jours précédents contre Camper Team New Zealand pour la même raison, celle de Groupama 4 a également été rejetée par le jury.
Huit étapes, de longueurs inégales, mais comptant chacune pour le même nombre de points, constituent le parcours de cette VOR 2011-12. (Cliquez sur l"illustration pour l"agrandir.)Photo @ Volvo Ocean Race
Classement aux points
Parce qu"elle est d"une rare violence et attire les plus grands skippers, la Volvo Ocean Race (ex Whitbread) fascine toujours autant. Le vertige nous reprend dès aujourd"hui ! Six équipes engagées, dont une française.Photo @ Paul Todd Volvo Ocean RaceDepuis 1998, le tour du monde en équipage se dispute aux points, et non plus aux temps cumulés des nombreuses étapes. Cette année, les points seront distribués avec un coefficient 1 pour les régates In-Port et un coefficient 5 pour les étapes de ralliement, quelles que soient leur longueur. Ainsi, la plus longue étape – 6 705 milles entre Auckland (Nouvelle-Zélande) et Itajai (Brésil), comptera autant que le sprint final de 485 milles entre Lorient et Galway (Irlande). Sur les régates In-Port, le vainqueur marque 6 points, le deuxième 5 points et ainsi de suite jusqu’au dernier qui inscrit un seul point. Avec un coefficient 5 pour les neuf étapes de large, la répartition est donc de 30 points pour le vainqueur d’une étape, puis 25, 20, 15, 10 et 5 pour les suivants. Au final, les dix régates In-Port compteront pour 18% des points inscrits.
Cap sur Le Cap
Le vrai départ de la Volvo Ocean Race, millésime 2011-12, sera donné aujourd’hui à 14h, d’Alicante. Les six équipages mettront les voiles pour un premier morceau de choix avec toute la descente du Nord au Sud de l’Atlantique et le passage toujours délicat du Pot au Noir. Au total, 6 500 milles avalé entre 18 et 25 jours de mer. Ce n’est qu’à l’arrivée de cette première étape que l’on pourra tirer les premiers enseignements et voir la hiérarchie se dessiner. Pour mémoire, lors des cinq précédentes éditions, le vainqueur de la première étape a également remporté la course.
L’avenir de la douzième épreuve, en 2014-15, assuré…
Quelques heures avant la première régate In-Port de cette onzième édition, Knut Frostad, ancien skipper désormais patron de la course, a confirmé l’engagement de la marque automobile suédoise pour le financement et l’organisation d’une douzième édition en 2014-15. Un calendrier qui respecte une nouvelle fois un cycle de trois ans entre deux épreuves instauré depuis l’édition 2005-06.
… et Groupama a confirmé !
Lors du lancement de son projet Volvo Ocean Race, Groupama avait annoncé s’engager pour deux éditions. Une première pour apprendre et la seconde pour gagner. Néanmoins, il y a deux semaines, était remercié Jean Azéma, le directeur général de Groupama qui depuis quatorze ans soutient et porte à bout de bras les projets voile de Franck Cammas.
Cette éviction s’expliquerait par la situation financière de Groupama qui suscite des inquiétudes. «Pris dans la crise des dettes souveraines, plombé par ses fortes expositions à des titres malmenés en Bourse depuis cet été, l’assureur alimente des interrogations sur sa marge de solvabilité», écrivaient nos confrères des Echos, la semaine dernière. «La priorité de la nouvelle équipe dirigeante sera de mettre en œuvre les mesures destinées à renforcer la solvabilité du groupe tout en poursuivant l’amélioration de la rentabilité opérationnelle», a indiqué de son côté Groupama dans un communiqué. Des propos qui pouvaient laisser craindre un changement de politique de communication de la part de la nouvelle équipe dirigeante. Mais Thierry Martel, le nouveau directeur général, a immédiatement confirmé le maintien du sponsoring voile et la participation de l'assureur à la Volvo Ocean Race 2014-15. Ouf...
Forces en présence
Nom du bateau (pays) / skipper (nationalité) / architecte
Abu Dhabi Ocean Racing (Emirats Arabe Unis) / Ian Walker (GBR) / Farr Yacht Design
Camper Team New Zealand (Espagne) / Chris Nicholson (AUS) / Marcelino Botin
Groupama 4 (France) / Franck Cammas (FRA) / Juan Kouyoumdjian
Puma Ocean Racing (Etats-Unis) / Ken Read (USA) / Juan Kouyoumdjian
Team Telefonica (Espagne) / Iker Martinez (ESP) / Juan Kouyoumdjian
Team Sanya (Chine) / Mike Sanderson (NZL) / Farr Yacht Design
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