Anglais, 39 ans, skipper de Green Dragon, médaillé olympique en 470 (1996) et à Sidney en Star (2000).
Note :
La Présidente de l'Irlande Mary McAleese en personne est venue féliciter l'équipage de Green Dragon et son skipper Ian Walker, ici à sa gauche.
Photo © Marie Dufay
Jean-Paul II lui-même n'avait pas réussi à mobiliser une telle foule lors de sa venue sur l'île de la Guinness !
A l'issue de la 7e étape depuis Boston, Green Dragon, le VOR70 irlandais engagé sur la mythique Volvo Ocean Race, a été accueilli par des centaines de milliers de supporters dans la petite ville de Galway !
Une ferveur populaire inattendue que le skipper anglais Ian Walker, fêté en héros national, compare à celle des Sables d'Olonne. Une façon très anglo-saxonne de suggérer aux Français qu'il est temps de revenir croiser le fer avec eux sur l'ex-Whitbread ? Plus on est de fous...
V&V : Malgré la fatigue et les nombreuses sollicitations dont vous faites l'objet depuis votre arrivée, vous affichez un sourire radieux, vous semblez sur un petit nuage ! Comment vous sentez-vous à la veille du départ de la 8e étape ?
IW : Sincèrement, je suis heureux... Comment ne pas l'être avec tout ce qu'on a reçu humainement depuis dix jours ! On m'a dit que près de 450 000 personnes étaient venues visiter le village de la course et 200 000 autres ont assisté aux In-Port et Pro-Am (régates côtières). Quand nous sommes arrivés dans la baie de Galway après 2 250 milles de course depuis Boston, il faisait nuit et froid, mais 10 000 personnes nous attendaient, criant le nom du bateau, la clameur était incroyable... Je n'avais jamais vécu cela de ma vie, sauf en tant que spectateur aux Sables d'Olonne pour le Vendée Globe. La Volvo n'a pas connu un tel accueil depuis Auckland il y a 20 ans. Galway n'est pas Rio ou Singapour (deux des villes-escales de la Volvo, ndr) avec leurs buildings et leur frénésie urbaine, c'est une petite ville médiévale très tranquille, j'avais l'impression de rentrer d'une journée de navigation pour faire un dîner en famille... Mais il y avait beaucoup plus de monde que prévu à table ! Vous avez vu, dans le centre-ville, il n'y pas une boutique qui n'arbore le logo du bateau !
<Fini d'envier l'engouement des Français pour leurs marins !>
La moindre devanture de magasin, de pub et de restaurant de Galway est décorée aux couleurs de Green Dragon.
Photo © Marie Dufay
IW : C'est ce qu'on souhaite tous, bien sûr. Ça a pris deux ans et demi pour finaliser notre participation à la course et ce n'était pas gagné d'avance. C'est vrai que le Green Dragon est un vrai melting-pot technique et humain : le mât a été construit en Nouvelle-Zélande, les dérives et le gréement en Australie, les voiles aux Etats-Unis... Mais le budget était restreint et nous n'avons pas pu optimiser certains aspects, à l'inverse d'autres équipages qui ont pu mieux se préparer. Par exemple, nous avions un déficit de poids de près d'une tonne dans la quille basculante, ce qui nous ralentissait au près. Il fallait vraiment faire attention à ne rien casser, surtout qu'on n'a pas beaucoup de temps aux escales pour réparer. Du coup, monter pour la première fois sur le podium à Galway nous a fait du bien moralement. Il faut comprendre que dans cette course, il y a quatre objectifs : réunir le budget pour prendre le départ (ce qui est déjà un challenge en soi), finir la course (ce qui n'est pas évident sur un tour du monde), rendre la monnaie de leur pièce aux sponsors (et en cela, l'escale à Galway a dépassé toutes nos attentes) et enfin monter sur le podium à un moment ou à un autre. Nous avons pour l'instant rempli trois de ces objectifs et on peut espérer qu'avec la réduction des budgets prévue pour 2011, décidée récemment par les organisateurs, plus de bateaux puissent s'aligner sur la ligne de départ. J'aimerais vraiment vivre de nouveau une telle aventure...
V&V : Lors de l'étape précédente, vous avez croisé à Boston certains de nos marins hexagonaux comme Michel Desjoyeaux ou Roland Jourdain, venus en observateurs avertis...
IW : D'après ce que j'ai compris, il devrait y avoir deux ou trois syndicats français présents sur la prochaine édition... Bon, vous les Français, vous aimez faire vos propres courses et vous y excellez : le Vendée Globe est pour moi une épreuve majeure, dont l'impact sur la population m'impressionne beaucoup. Historiquement, vous êtes plus enclins que nous à faire du solitaire, et vos méthodes pour mettre en place ce genre d'événement nautique sont très efficaces. Ce serait également super d'avoir une étape française. Le problème, c'est ce bête trou dans le calendrier entre maintenant et 2011 : la Volvo et le Vendée Globe se chevauchent.
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Ian Walker |
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Né le 25 Février 1970 à Worcester en Angleterre. Champion du monde International 14 en 1993. |
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