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Volvo Ocean Race

3 questions à Marcus Hutchinson

Irlandais, 47 ans, directeur de la communication de la Volvo Ocean Race.

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  • Publié le : 10/10/2008 - 19:24

Marcus Hutchinson, patron de la com' de la Volvo Ocean Race Alicante. A deux heures du départ de la Volvo, Marcus Hutchinson, patron de la communication de cette maxi-course autour du monde (37 000 milles, 11 escales), charge des cartons de sandwiches sur l'un des bateaux de presse. Avec le sourire. Photo © Hervé Hillard En direct d'Alicante, à la veille du départ.
Marcus Hutchinson... Dans le milieu, son nom est murmuré avec respect, comme celui d'un type qui assure vraiment. Sur la VOR, il fait même figure de héros : à seulement trois semaines du départ à Alicante (Espagne), il a repris au pied levé les rênes de cet événement simplement énorme en termes d'organisation et de logistique. Il n'empêche que cet Irlandais de 47 ans pourrait (presque) passer inaperçu sans la foule de badauds qui arpentent les quais d'Alicante, s'il n'y avait la dizaine d'assistants qui l'escortent et le harcèlent à tout instant... Tout homme d'affaires à l'esprit résolument anglo-saxon qu'il est - à l'évidence -, Marcus Hutchinson est d'une surprenante modestie. Bilingue anglais et français, il n'a éprouvé aucune difficulté à nous répondre dans la langue de Molière.

Qui est Marcus Hutchinson ?
Son diplôme d'architecte naval en poche, cet Irlandais d'origine s'installe à Southampton où il va débuter sa carrière. Skipper et équipier de course au large - en 2001, il prend la deuxième place de la Transat Jacques Vabre aux côtés de Mike Golding -, rédacteur en chef de revue nautique... et directeur de communication d'événements majeurs : les Jeux d'Atlanta en 1996, les quatre dernières Coupe de l'America, plusieurs transats en solitaire, l'Audi Med Cup 2008...
En 25 ans, Marcus Hutchinson est devenu une figure incontournable du monde nautique anglo-saxon. Le 13 août dernier, lorsque la nouvelle est tombée, elle n'a étonné personne : à qui d'autre l'organisation de la Volvo Ocean Race aurait pu confier le boulot que Reg Gratton venait de quitter pour raison personnelle ?
Aujourd'hui, il déménage avec son épouse et ses deux filles de Valence (Espagne) - où il a séjourné depuis la dernière Coupe - vers la Nouvelle-Zélande d'où est originaire son épouse.

v&v.com : Qui est cet onzième équipier apparu dans chaque équipage ?
MH : Le <media guy>, journaliste multimédia, se charge de toute la communication du bateau vers l'extérieur. Il s'engage pour 150 mots de texte, cinq photos et 15 minutes de conversation téléphonique par jour, auxquels s'ajoutent 20 minutes d'images vidéo par semaine. Il va de soi qu'il n'a absolument pas le droit de participer à la manoeuvre du bateau. Chaque skipper s'y est engagé. Ça, c'est une révolution totale. Jusqu'ici, il y a toujours eu des équipiers pour communiquer... mais en regardant la quantité astronomique d'images exceptionnelles faites sur la dernière édition, on n'en trouve pas une seule prise pendant un virement de bord ! Forcément ! Je ne serais pas étonné d'apprendre dès Le Cap que ce poste est le plus difficile à tenir à bord. Être celui qui, alors que tout hurle dehors, se trouve là pour tendre son micro à un équipier exsangue qui vient de se coltiner un quart, doit être terrible. Ils vont vivre la Volvo, mais une Volvo très spéciale.

v&v.com : L'aspect médiatique occupe décidément une place prépondérante dans la VOR... c'est d'ailleurs pour cette raison que le parcours en a été modifié ?
MH : Oui, évidemment. Les budgets dévolus à la VOR sont colossaux, équivalents à ceux engagés pour la Coupe. Pour cette 10e édition, les deux plus gros sponsors sont Volvo Cars et Puma. On prête aussi attention aux villes étapes et aux autres sponsors qui ont engagé des bateaux. Le pack global est évalué à 45 millions d'euro. C'est la raison pour laquelle le parcours de la VOR a été modifié, parce qu'une escale en Inde et une autre en Chine sont prépondérantes dans les politiques commerciales de certains sponsors. Pas seulement en terme de nouveaux marchés à conquérir d'ailleurs. Une étude montre que dans un salon, le temps moyen que passe une entreprise avec l'un de ses clients est de sept minutes. Un sponsor engagé dans la VOR peut passer des heures avec ses clients en les invitant aux escales. Pour ce qui est de la valeur sportive de l'épreuve, je ne suis pas inquiet cependant. Si le passage dans le Sud a bien été modifié, on parle quand même d'un tour du monde de 37 000 milles. 10 000 de plus que la boucle classique !

v&v.com : Comment expliquer que la France se sente si peu concernée par la VOR ?

MH : A l'échelle mondiale, les événements sportifs nautiques les plus importants sont les Jeux olympiques, l'Audi Med Cup, la Coupe de l'America, le Vendée Globe et la Volvo Ocean Race. Chacun dans un genre différent, mais à égalité. Les Anglo-Saxons considèrent quant à eux la VOR comme l'Everest de la voile. En France, il s'agit du Vendée Globe et rien d'autre. Je trouve que cela n'a plus de sens aujourd'hui : la preuve, les skippers anglo-saxons sont nombreux à s'intéresser au Vendée Globe parce qu'il est une course exceptionnelle. Il devrait en être de même pour les coureurs français et la VOR. Pourtant, aucun ne se lance - exceptés Sidney Gavignet et Laurent Pagès. Pour nous, il est incompréhensible qu'un pays comme la France, qui compte nombre skippers de talent, ne vienne pas à la Volvo. Pour sa prochaine édition (NDLR : annoncée pour 2011), nous espérons vraiment qu'une ville comme La Rochelle devienne une étape et qu'une entreprise française lance un projet de bateau. Dès dimanche, je reçois 120 personnes qui potentiellement s'intéressent à la prochaine course. Aujourd'hui, j'ai déjà croisé Thomas Coville et Lionel Lemonchois. Je ne pense pas que cela soit anodin. Il y aurait aussi Stéphane Kandler (K-Challenge)... C'est bon signe. Bien sûr, une équipe française qui se lancerait aujourd'hui aurait probablement du retard sur ses concurrents pour sa première participation, mais je suis confiant. J'espère vraiment que les Français aiment la Volvo comme ils aimaient Whitbread.

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