Dimanche dernier, à Rio de Janeiro, les acteurs de la Volvo Ocean Race semblaient tous avoir un peu mal au crâne... Arrivée à mi-parcours, la course autour du monde par étapes et en équipages se livre à un premier bilan sur fond de crise économique... et communique avec des pincettes, car l'édition 2011-12 sera bien moins faste.
Note :
Puma, arrivé 3e à Rio, peine à garder son rang de 2e au classement général provisoire d'une course titanesque dont les contours deviennent flous. (Cliquez sur l'illustration pour la voir pleine page.)
Photo © Sally Collison (Puma Ocean Race)
Knut Frostad, le PDG de la Volvo Ocean Race, dispose de sacrés chiffres : 2 350 392 visiteurs dans les villages de la course jusqu'à ce jour, 547 251 706 audiences télévisuelles cumulées, 319 médias de 55 pays diffusant des informations, 2 410 000 visiteurs sur le site internet de la course, 180% de hausse du trafic sur le site mobile comparé à l'édition précédente, et on en passe. Pourtant, l'organisation soulignait dimanche dernier, lors de la conférence donnée pour évoquer l'avenir de la VOR, l'attention particulière qu'elle porte à la situation économique mondiale dégradée et plutôt préoccupante.
Knut Frostad, 41 ans, norvégien, ancien athlète, skipper réputé, homme d'affaire et actuel PDG de la Volvo Ocean Race.
Photo © Remmelt Staal (Volvo Ocean Race)
Frostad se veut néanmoins rassurant : la course autour du monde par étapes et en équipages pour laquelle se passionnent les Anglo-Saxons - les Français sont plus attachés au Vendée Globe et ne comptent que quelques équipiers dans la présente édition - aura bien lieu en 2011 - Volvo, son sponsor principal, s'y est engagé. Par contre son format sera revu et corrigé, ce qui dans l'absolu semble une bonne idée.
Pointés du doigt
Concurrence modeste. Au départ d'Alicante en octobre dernier, seuls six sponsors s'engageaient - deux d'entre eux présentant chacun deux bateaux - pour ce tour du monde titanesque. Dix étapes, des escales sur tous les continents. Neuf mois de course en perspective. Onze équipiers à bord de chaque VO 70.
Rien de très surprenant à ce que deux mois et demi plus tard, Team Russia abandonne la partie, faute de ressources suffisantes. Mauvais présage ? <Des mesures de réduction des coûts vont devoir être examinées afin d'augmenter le retour sur investissement des sponsors>, lâche aujourd'hui Frostad.
Parcours... (dé)passionnant. Longer la côte somalienne infestée de pirates, emprunter le détroit de Malacca empétolé, slalomer dans les mers asiatiques mal cartographiées : l'aventureux parcours 2008-09 est loin d'emporter tous les suffrages, jusqu'à maintenant... Les équipiers suent, s'ennuient (parfois), geignent à force de taper dans une mer de Chine dégueulasse (voir le blog de Sidney Gavignet, chef de quart sur Puma). La VOR serait-elle allée trop loin et s'en rendrait-elle maintenant compte ?
Pas tout à fait, semble-t-il. <Les escales en Inde et en Chine ont offert une nouvelle dimension à notre sport, en marge de la course, et ont permis d'offrir un nouveau public à la voile. Notre intention est de continuer dans cette voie.> Et pour cause : le parcours 2008-09 avait été dessiné en grande partie pour les sponsors qui espéraient soit saluer les endroits où leurs marques étaient bien implantées, soit se faire connaître là où les marchés leur manquaient.
Mutations à venir
Ainsi, seule la longueur de la course, souvent critiquée par les observateurs extérieurs, va-t-elle être modifiée. Le nombre d'étapes devrait être diminué de deux ou trois et la durée totale amputée d'un mois.
Le règlement de la course devrait être lui aussi reconsidéré : le nombre de voiles autorisées devraient être réduit de 40 % (24 étaient initialement jaugées pour toute la durée de VOR) ; le nombre d'équipiers passer de 11 à 10 (trois d'entre eux devant être âgés de moins de 30 ans contre deux dans l'actuel règlement.)
A l'image de Tom Touber, qui parle pour l'équipe Delta Lloyd, dans les équipes engagées aujourd'hui, on est soulagés par ces décisions.
Dans les semaines à venir, de nouveaux changements devraient être proposés, mais l'organisation précise : <Chaque proposition devra respectée ces trois critères : que la course reste attractive pour les navigateurs, que les dépenses engagées par les équipes diminuent significativement et que le retour sur investissement des sponsors augmente.>
CQFD.
Le 10 mai à Boston, le 31 mai à Galway et le 22 juin à Stockholm, de nouvelles mesures concernant l'avenir de la VOR pourraient être annoncées.
Son prochain parcours - pour lequel de nombreuses villes semblent avoir déposé une candidature en tant qu'étape et dont on sait déjà qu'il partira d'Europe et y reviendra - sera quant à lui publié dans sa forme définitive au premier trimestre 2010. D'ici là, on compte que la croissance économique mondiale ait repris.
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Retrouvez ici la description que Sidney Gavignet faisait de la course à la veille de son départ, en octobre, à Alicante.
Lisez ici l'interview de Marcus Hutchinson, le directeur de la communication de la VOR, et son point de vue sur une course peu médiatisée en France au regard de ce qui se fait ailleurs dans le monde.
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06/04/2009 - 16:37
Rio ne sert de courir…
Elle valait cher, l’unique régate de l’In-Port de Rio, courue le 4 avril par 10 nœuds de vent ! D’autant que Delta Lloyd et Telefonica Black étaient de retour aux affaires. C’est Telefonica Blue qui s’est imposé sur la ligne, devant Puma et… Delta Lloyd. Ericsson 4 (4e) reste en tête au général.
27/03/2009 - 21:56
Samba pour les Vikings
Le 26 mars à 7h37 locales, Ericsson 3 a remporté la 5e étape de la Volvo Ocean Race : 12 300 milles de Qingdao (Chine) à Rio (Brésil). Moins de 24 heures séparent Magnus Olsson et ses «rookies» de leurs deux poursuivants, Ericsson 4 et Puma. Images en vidéo de la fête à Rio et retour sur l’étape la plus longue de l’histoire de la course.
27/03/2009 - 11:05
Ericsson 4 deuxième dans l’ombre (chinoise)
Pointés à une vingtaine de milles seulement de leurs petits copains d’Ercisson 3, vainqueurs à Rio de la plus longue étape de la Volvo, les pros d’Ericsson 4 auront eu bien du mal à vaincre les souffles tièdes de la plus belle baie du monde – et terminé une douzaine d’heures après les premiers.
26/03/2009 - 13:29
Ericsson : à Rio, miracle, le 3 précède le 4 !
Ericsson a gagné la 5e étape de la Volvo. Banalité ? Non, une première ! Car il s’agit d’Ericsson 3 et de ses petits jeunes, Nordiques pour la plupart ! Emmenés par le vétéran Magnus Olsson, ils ont mené la moitié de cette étape de 12 300 milles entre Qingdao et Rio, avant de s’imposer ce matin.
10/10/2008 - 19:24
3 questions à Marcus Hutchinson
Irlandais, 47 ans, directeur de la communication de la Volvo Ocean Race.
10/10/2008 - 18:05
Sidney Gavignet : «Cette course est d’abord un défi humain passionnant»
Il a un prénom original, hommage au jazzman Sidney Bechet. Il court sur tout ce qui navigue. Il se considère presque comme un Anglo-Saxon. Il participe à sa quatrième Volvo Ocean Race, tour du monde en équipage où les Français sont rares. A quelques heures du départ, rencontre avec Sidney Gavignet.