Actualité à la Hune

WOW / Cap Istanbul 2010

Deux en 16 secondes, cinq en 2 minutes, vingt-six en 1 heure !

On ne le dira jamais assez. Cette 3e étape de la Cap Istanbul confirme que le niveau du circuit Figaro progresse sans cesse. Entre Athènes (Grèce) et Didim (Turquie), François Gabart ne l'emporte que de 16 secondes sur Francisco Lobato, tandis que Gildas Morvan, troisième, reste dans le match pour le championnat de France de course au large en solitaire. Signe fort de cette course à l'excellence, les cinq premiers de la manche se tiennent en à peine plus de deux minutes et toute la flotte des 26 concurrents en guère plus d'une heure sur 180 milles, soit 0,3 noeud entre les 7,19 noeuds du vainqueur et les 6,89 noeuds du dernier de cette manche !

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  • Publié le : 06/10/2010 - 00:04

L’art de Gabart. Deux fois deuxième des deux premières étapes, François Gabart décroche sa première victoire en Figaro pour seize secondes. En tête du classement provisoire de la course et du championnat, ce garçon danse sur les flots ! Photo © Jacques Vapillon (Cap Istanbul) À force de bosser toute l'année, d'être sur l'eau jour après jour et à l'ordinateur pour débriefer tard le soir, sans autre trêve hivernale qu'une brève mise au sec afin de peaufiner leur carène, la jeune génération des Figaristes - ils ont pour la plupart entre 25 et 30 ans - fait progresser toute la classe. Tout en poussant les anciens à tenter de suivre le rythme, ce que certains parviennent fort bien à faire, à l'instar de Gildas Morvan ou d'Erwan Tabarly (Nacarat), respectivement troisième et quatrième du classement général provisoire de la WOW Cap Istanbul, et deuxième et troisième du classement en devenir du championnat de France de course au large en solitaire.

Ayant déjà mené tout le début de la deuxième étape, Francisco Lobato (ROFF/Tempo team) est un exemple parmi d'autres de cette nouvelle génération. Le Portugais volant est l'un des très rares Ministes à connaître une progression aussi fulgurante en Figaro, étant particulièrement à l'aise dans la brise sous spi, exercice qu'il avait porté au sommet de son art lorsqu'il était encore à la barre de son Pogo 2 en Minis 6.50, l'an dernier.

Un final sur le fil. Peu après cette photo, Francisco Lobato, au premier plan, sera contraint d'affaler le spi. François Gabart, au second plan, le conservera mais partira au lof. Au final, il coiffera le Portugais sur le fil de seize secondes ! Photo © Jacques Vapillon (Cap Istanbul) Dès la sortie de la baie d'Athènes, dimanche 3 octobre, Francisco prend la tête. Tandis que plusieurs concurrents - dont Gildas Morvan qui ne gardera décidément pas un bon souvenir de ce plan d'eau où il avait déjà commis une erreur lors de l'arrivée de la deuxième étape - choisissent de rester dans la brise de mer, de Sud, le reste de la flotte attendant à la côte le flux de Nord annoncé.

Toute la nuit, entre les îles de l'Égée et leurs dévents piégeurs, Lobato mène la danse sous spi. Avec le retour du jour, il maintient son train d'enfer. À une vingtaine de milles de l'arrivée de cette étape de sprint (180 milles contre 590 milles pour la première et 520 milles pour la deuxième) où il n'est pas question de dormir et guère question de lâcher la barre, il conserve ainsi un petit mille d'avance sur ses quatre poursuivants.

Cependant, au passage entre Leros et Kalymnos, dans les Sporades du Sud - ultime porte grecque avant l'arrivée à Didim en Turquie - Lobato se fait surprendre par un dévent. La meute revient et les chiens ont faim. Elle est emmenée par deux jeunes chasseurs, François Gabart et Fabien Delahaye (Port de Caen/Ouistreham), lequel assume remarquablement sa place de deuxième au classement général (il est désormais à moins de sept minutes de Gabart), et deux < vieux > loups de mer, Gildas Morvan et Sébastien Josse (Vendée) qui retrouve décidément ses marques au fil des étapes.

Le Portugais volant. Déjà leader du début de la deuxième étape, Francisco Lobato a été en tête de l'essentiel de cette troisième étape. Le talentueux et fougueux bizuth portugais confirme ainsi sa progression fulgurante d'ancien Ministe. Photo © Jacques Vapillon (Cap Istanbul) Mais Francisco le bizuth tient bon. Il se sent même si fort qu'à moins d'un demi-mille de la ligne, ça adonne un peu et il envoie le spi, bien que l'angle soit plutôt serré. Au lieu de contrôler Gabart la bagarre qui en profite pour se décaler au vent. <Une erreur due à mon manque d'expérience > confiera le Portugais à l'arrivée, ajoutant < En étant devant, quand tu fais une erreur, les autres le voient et en tirent les conclusions. Donc si tu es devant, il ne faut pas faire d'erreurs.>

Tandis que Gabart avouera : <Je pense que s'il n'avait pas envoyé son spi, je serais sûrement resté derrière. Il y a eu une opportunité, j'en ai profité...> Car Lobato sera vite contraint d'affaler la bulle (une manoeuvre que ces gars là exécutent comme à la parade en quelques secondes, comme pour l'envoi) tandis que Gabart la conservera un tout petit peu plus longtemps... avant de partir au lof. Ce qui ne l'empêchera pas de l'emporter pour seize secondes ! Pas mal alors qu'un petit bug électronique l'a perturbé pendant la nuit, le rétrogradant en milieu de flotte.

Delahaye révélé. Ayant sans doute beaucoup appris aux côtés d'Armel Le Cléac'h lors de leur victoire à la Transat AG2R La Mondiale, Fabien Delahaye est l'une des grandes révélations de cette saison 2010. Photo © Jacques Vapillon (Cap Istanbul) Deux fois deuxième des deux premières étapes, chaque fois à un epsilon des vainqueurs, François Gabart (Skipper MACIF) décroche cette fois sa première victoire en Figaro, sur une étape où tous les skippers ont été à l'attaque, mode sprint (exemple : la belle septième place de Jean-Pierre Nicol sur Bernard Controls). Signe fort de cette course à l'excellence, les cinq premiers de la manche se tiennent ainsi en à peine plus de deux minutes et toute la flotte des vingt-six concurrents en à peine plus d'une heure sur 180 milles, soit 0,3 noeuds entre les 7,19 noeuds du vainqueur et les 6,89 noeuds du dernier de cette manche !

Même si rien n'est fait avant de connaître le vainqueur de cette dernière épreuve de la saison, alors que chaque seconde comptera à Istanbul, il renforce ainsi sa position de leader de l'épreuve et conforte son ascendant psychologique pour ravir à Gildas Morvan la place de leader provisoire du championnat de France de course au large en solitaire (celui-ci s'établit aux points : la victoire à la Cap Istanbul vaut quatre points au championnat alors que Gabart était leader avant le départ de la course avec trois points d'avance sur Morvan, l'état des lieux avant Cap Istanbul est ici ).

Des sprints épuisants. À l'instar de Nicolas Lunven, sixième de l'étape et cinquième au général provisoire, les skippers ne dorment quasiment pas dans ces étapes finales en mer Égée, sprints de près de deux cents milles quand même ! Photo © Jacques Vapillon (Cap Istanbul) Ascendant psychologique ? Faut voir. Il n'est pas sûr que cela suffise à impressionner Gildas Morvan (Cercle vert) qui doit surtout être agacé d'avoir commis une nouvelle erreur. Comme dans la deuxième étape où il avait raté son début de course avant de revenir aux avant postes, Gildas a encore fait preuve d'une combativité exceptionnelle en remontant toute la flotte après être sorti de la baie d'Athènes en avant-dernière position ! Mais cette fois, pas de faux pas à l'arrivée et sa troisième place le laisse dans le match pour le championnat de France de course au large en solitaire... même s'il faudra vraisemblablement que François Gabart commette au moins une erreur pour lui reprendre plus de vingt et une minutes, avec sans doute l'obligation de rééditer sa victoire de la première étape.

Plutôt discrets jusqu'à présent, tant la météo a été globalement très favorable à la flotte, même si les prévisions ont souvent été démenties par les faits, Éole et Neptune pourraient se rappeler au bon souvenir des Figaristes. D'autant plus que le final en mer Égée devrait logiquement se courir au près. Mais la < logique > en Méditerranée...

Classement de la troisième étape (avant jury)

1- Skipper MACIF 2010 - François Gabart : Arrivé le 04/10/2010 à 12:03:11 en 1j 01h 03min 11s
2- ROFF/Tempo team - Francisco Lobato : Arrivé le 04/10/2010 à 12:03:27 en 1j 01h 03min 27s à 16 secondes
3- Cercle Vert - Gildas Morvan : Arrivé le 04/10/2010 à 12:04:11 en 1j 01h 04min 11s à 1 minute du leader
4- Port de Caen Ouistreham - Fabien Delahaye : Arrivé le 04/10/2010 à 12:04:51 en 1j 01h 04min 51s à 1 minute et 40 secondes du leader
5- Vendée - Sébastien Josse : Arrivé le 04/10/2010 à 12:05:15 en 1j 01h 05min 15s à 2 minutes et 4 secondes du leader
6- Generali - Nicolas Lunven : Arrivé le 04/10/2010 à 12:06:56 en 1j 01h 06min 56s à 3 minutes et 45 secondes du leader
7- Bernard Controls - Jean-Pierre Nicol : Arrivé le 04/10/2010 à 12:09:17 en 1j 01h 09min 17s à 6 minutes et 6 secondes du leader
8- Banque Populaire - Jeanne Grégoire : Arrivé le 04/10/2010 à 12:12:55 en 1j 01h 12min 55s à 9 minutes et 44 secondes du leader
9- Vendée 1 - Frédéric Rivet : Arrivé le 04/10/2010 à 12:13:22 en 1j 01h 13min 22s à 10 minutes et 11 secondes du leader
(26 classés).

Bras de fer. Après un sprint d'une journée et d'une nuit sans fermer l'oeil, ils sont à peine marqués même si Francisco Lobato préfère garder ses lunettes noires. Gildas Morvan (à gauche) et François Gabart n'en ont pas fini de leur bras de fer pour le titre même si le second a pris un incontestable avantage. Photo © Jacques Vapillon (Cap Istanbul) Classement général provisoire après trois étapes

1- Skipper MACIF 2010 - François Gabart
2- Port de Caen Ouistreham - Fabien Delahaye à 06min 56s
3- Cercle Vert - Gildas Morvan à 21min 26s
4- Nacarat - Erwan Tabarly à 26min 41s
5- Generali - Nicolas Lunven à 31min 43s
6- Banque Populaire - Jeanne Grégoire à 43min 51s
7- ROFF/Tempo team - Francisco Lobato à 53min 47s
8- Skipper MACIF 2009 - Éric Péron à 57min 18s
9- Savéol - Romain Attanasio à 01h 04min 17s
10- Lufthansa - Ronan Treussart à 01h 39min 22s
(26 classés).

Les 2 étapes restant à courir

Étape 4 : Didim - Bozcaada (Turquie) 190 milles (2 jours)
Départ : vendredi 8 octobre
Arrivée : dimanche 10 octobre
Passage des Dardanelles en convoyage : mardi 12 octobre 2010
Étape 5 : Gallipoli - Istanbul (Turquie) - 110 milles (1 jour)
Départ : mardi 12 octobre
Arrivée : mercredi 13 octobre
Remise des prix le samedi 16 octobre à Istanbul.

www.capistanbul.com

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