Actualité à la Hune

WOW Cap Istanbul - Figaro

Ils phosphorent vers le Bosphore

Elle est à la Méditerranée ce que le Figaro est à la Manche et à l'Atlantique, la plus difficile des courses en solo. La WOW-Cap Istanbul est partie de Hyères ce dimanche 19 septembre à destination d'Istanbul, en cinq étapes et 1 590 milles. C'est aussi la dernière épreuve du championnat de France de course au large en solitaire. Ils sont deux favoris pour le titre, Gildas Morvan qui aimerait bien se succéder à lui-même et François Gabart prêt à le déloger... comme un troisième larron en embuscade, Erwan Tabarly. Mais en route pour le Bosphore... les vingt-six skippers de Figaro Bénéteau phosphorent sur la météo piégeuse de la Grande bleue.

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  • Publié le : 20/09/2010 - 06:25

Qui succédera à Nicolas Bérenger ? Qui succédera à Nicolas Bérenger, absent cette année mais vainqueur en 2008, ici superbement photographié dans le mistral de la première étape ? Photo © Jacques Vapillon (Cap Istanbul) 590 milles entre Hyères et Marina di Ragusa, par l'Ouest de la Corse et de la Sardaigne et le Sud de la Sicile où sera jugée l'arrivée de cette première étape. Autant dire que la WOW-Cap Istanbul n'a rien à envier aux marathons de son aînée ponantaise, la Solitaire du Figaro. Les 520 milles de la deuxième manche à destination de la Grèce et d'Athènes, qui passera entre Péloponnèse et Crète, seront sans doute du même tonneau.

Il n'est ainsi pas impossible que soient mises à contribution les portes prévues pour neutraliser le classement en cas de pétole molle. À moins que la Méditerranée ne réserve aux 26 solitaires un de ces coups de chien soudains dont elle a le secret, cette période marquant une transition météorologique avec beaucoup d'instabilité potentielle.

1 590 milles au milieu des îles et des montagnes. Le parcours entre Hyères et Istanbul compte cinq étapes et 1 590 milles au milieu des îles et des reliefs générant autant d'effets de site et de brises thermiques nécessitant une connaissance profonde de la Méditerranée et une réelle capacité d'adaptation à ses humeurs. Photo © Cap Istanbul Quoi qu'il en soit, ces deux courses dans la course et les sprints piégeurs qui suivront en mer Égée, vers Didim et Bozcaada en Turquie, ne seront pas touristiques même si les concurrents apprécient de voir du pays avec ce beau parcours qui les sort de leur terrain de jeu habituel, les faisant longer des côtes et des îles.

Les effets de site liés au relief et les brises thermiques très subtiles y génèrent autant de micro situations... difficiles à voir sur les modèles numériques de prévision et susceptibles de redistribuer les cartes. Tandis que la chaleur - pouvant être encore forte à cette saison sous ces latitudes - n'est pas une partie de plaisir lorsqu'on est rivé à la barre... sans frigo ni baignade !

Au terme de ces 1 590 milles, l'arrivée est prévue le 13 octobre à Istanbul. Pour l'heure, ils sont partis ce dimanche 19 septembre à 13 heures. Désormais bien installée, l'épreuve est suffisamment superbe pour motiver les 26 participants, au-delà du championnat de France de course au large en solitaire (pour lequel elle compte coefficient 4). C'est pourtant bien celui-ci qui occupe ceux des concurrents pouvant encore prétendre au titre.

Gildas Morvan vise la course et le titre. Ici cueilli au petit jour lors de la 3ème étape de 2008, perturbée par un passage de front en mer Ionienne, Gildas Morvan vise la victoire, après sa deuxième place voici deux ans, et son quatrième titre de champion de France ! Photo © Jacques Vapillon (Cap Istanbul) Gildas Morvan (Cercle Vvert) est le champion en titre. Et lors de la dernière édition de la Cap Istanbul, en 2008, il avait terminé deuxième derrière Nicolas Bérenger qui est absent cette année. Deux bonnes raisons de viser la victoire qui serait le meilleur moyen de lui assurer en même temps son quatrième titre de champion de France de course au large en solitaire (après 2000, 2008 et 2009) - ce qui serait du jamais vu (seuls Jean Le Cam et Dominic Vittet comptent également trois titres) - et son troisième titre consécutif.

Au moins deux hommes ne l'entendent pas de cette oreille. Le premier s'appelle François Gabart (Skipper MACIF), deuxième de la Solitaire du Figaro, troisième de la Cap Istanbul 2008 et actuel leader du championnat avec trois points d'avance sur Morvan (or, une place au général à Istanbul vaut quatre points au championnat). Avec celle de Nicolas Lunven, c'est l'homme dont la progression a été la plus fulgurante sur le circuit, ces derniers temps.

Autant dire que l'obstacle est de taille. Mais Gildas avait déjà rencontré pareille situation voici deux ans et la pression lui avait réussi puisqu'il avait devancé François. Cela dit, les deux hommes auront à en surveiller un troisième. Avec quinze points de retard sur Morvan et dix-huit sur Gabart, Erwan Tabarly (Nacarat) aura une partie plus difficile puisqu'il devrait intercaler cinq concurrents devant eux pour l'emporter.

François Gabart, concurrent majeur. Actuellement en tête du championnat de France, François Gabart est le plus dangereux rival pour Gildas Morvan qu'il avait déjà talonné sur la Cap Istanbul 2008. Photo © Mourad Chefaï (MACIF) Pourtant, la course sera d'abord disputée pour elle-même et nombreux sont ceux qui espèrent l'accrocher à leur palmarès parmi les vingt-six partants (faute de partenaire, Laurent Pellecuer a dû renoncer), ayant bien l'intention de ne pas laisser l'épreuve virer au duel.

À commencer par ceux qui ont raté la Solitaire du Figaro. Un ratage relatif en ce qui concerne Nicolas Lunven (Generali), passé à côté d'une étape mais ayant bien réussi les autres manches. Sébastien Josse qui se souvient qu'il est méditerranéen et Frédéric Rivet (Vendée) sont dans le même cas. Quant à Éric Drouglazet (Luisina), il aimerait bien récidiver sa jolie victoire sur la première étape 2008 et la prolonger cette fois jusqu'en Turquie, comme Isabelle Joschke (Synergie) qui avait alors brillamment enlevé la troisième étape.

Tout aussi entreprenants seront ceux qui ont bien réussi leur saison, pourquoi ne pas finir en beauté ce qu'ils ont si bien commencé ? Sont notamment dans ce cas, l'autre skipper MACIF Éric Péron (quatrième de la Solitaire du Figaro), Fabien Delahaye (Port de Caen Ouistreham), dixième du Figaro et vainqueur de l'AG2R La Mondiale avec Armel Le Cléac'h, ou Jeanne Grégoire (Banque populaire), onzième de la Solitaire et brillante sur la Transat, et des animateurs du circuit tels que Ronan Treussart (Lufthansa) ou Romain Attanasio (Savéol).

Tous auront fort à faire avec des <seconds> couteaux... très affûtés ! À l'instar d'Anthony Marchand (Espoir Région Bretagne), premier bizuth de la Solitaire du Figaro, ou du Portugais Francisco Lobato (ROFF/Tempo team) qui a très vraisemblablement une grosse marge de progression par rapport à sa trente-septième place du Figaro. Sans oublier Marc Émig qui se finance lui-même et nombre de jeunes ne demandant qu'à faire mentir ces lignes qui ne les citent pas faute de place !

www.capistanbul.com

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