Actualité à la Hune

WOW Cap Istanbul 2010

La guerre des trois aura bien lieu !

Alors que la deuxième étape de la WOW Cap Istanbul part ce dimanche 26 septembre de Marina di Ragusa en Sicile, à destination d'Athènes en Grèce (520 milles), il y a deux façons de lire le classement de la première étape... où l'on retrouve les trois prétendants au titre de champion de France de course au large en solitaire. En l'emportant d'une minute sur François Gabart et deux minutes devant Erwan Tabarly au terme de 590 milles, Gildas Morvan aurait-il donné un coup d'épée dans l'eau ? Rien n'est moins sûr car le moindre petit point comptera au final et l'ascendant psychologique du champion en titre est affirmé d'entrée. En phase avec les humeurs météo de la Méditerranée, le boss n'a pas peur des bosses. Mais la guerre des trois aura bien lieu !

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  • Publié le : 26/09/2010 - 00:23

La guerre des Trois aura bien lieu ! Gildas Morvan (t-shirt vert), François Gabart (à droite), Erwan Tabarly (en blanc à gauche) où les Trois prétendants au titre de champion de France de course au large en solitaire. Avec Fabien Delahaye (à gauche) qui leur colle aux basques ! Photo © Jacques Vapillon (Cap Istanbul) Il s'en est fallu de très peu qu'ils ne lui fassent la cuiller. D'une minute très exactement. Pas une seconde de plus. Huit heures et demie devant Marina di Ragusa, à l'Est de la côte méridionale de la Sicile, le jeudi 23 septembre au matin. Après 3 jours, 19 heures, 31 minutes et 15 secondes sur 590 milles de course depuis Hyères (soit 6,45 noeuds sur la route directe), Gildas Morvan (Cercle vert) remporte la première étape de la WOW Cap Istanbul qui a tenu toutes ses promesses de super marathon méditerranéen, genre Solitaire du Figaro puissance aléatoire.

Après avoir dominé la manche, depuis la Sardaigne, de la tête et des épaules - que le Géant vert a fort larges - Morvan a vu, à la faveur de la pétole sur la zone d'arrivée, revenir des adversaires qu'il avait relégués à plus de cinq milles. Suivant un scénario au-delà de l'imaginable, c'est François Gabart (Skipper MACIF) - leader du championnat de France de course au large en solitaire avec trois points d'avance sur Gildas Morvan - qui arrive... soixante secondes plus tard !

<Ce qui est incroyable et à la fois génial, c'est qu'avec Gildas, tout au long de ces 600 milles de course, nous n'avons jamais été sur les mêmes options. On a même souvent été dans les extrêmes opposés et, à l'arrivée, on se retrouve bord à bord ! Sur le coup, c'était un peu tendu, mais ce sont des situations vraiment marrantes et c'est pour ça qu'on aime le Figaro !> François peut d'autant plus exulter qu'il est revenu du diable vauvert, en l'espèce une grosse molle le long de la Sardaigne. <On est resté stoppé toute la journée de mardi. Je me suis dit que ce n'était pas fini, je n'ai rien lâché, j'ai bien navigué... et je suis revenu !> CQFD.

Le boss n’a pas peur des bosses ! En tête à partir de la pointe de Sardaigne, Gildas Morvan a creusé un écart significatif avant de voir revenir ses poursuivants par l'arrière et de leur résister calmement. Le boss n'a pas peur des bosses ! Photo © Jacques Vapillon (Cap Istanbul) Et le troisième de ce même classement provisoire du championnat, mais un peu plus loin, Erwan Tabarly (Nacarat) suit à seulement une minute et dix-sept secondes de Gabart. Il n'y a pas de hasard, ces trois là sont bien à leur place ! Pour l'heure, Gildas Morvan a repris la tête et il pourrait ainsi conserver son titre pour un point d'avance. Il serait ainsi le premier figariste à devenir champion de France de course au large en solitaire pour la quatrième fois ! Un superbe curriculum vitae en devenir pour celui qui n'a jamais gagné la Solitaire du Figaro mais qui vient de remporter une étape de la Cap Istanbul, c'est une première.

Pour cela, il lui a fallu être hyper vigilant au moindre détail, et savoir être opportuniste pour rester en phase avec une météo n'ayant jamais été parfaitement conforme aux modèles numériques de prévision. Les conditions n'en ont pas moins été très variées : mistral fort, pétole, près, spi entre Sardaigne et Sicile, bascules et orages sur les sommets siciliens. < Le tout en a fait une course vraiment intéressante. J'ai toujours réussi à avoir un peu plus de vent que mes adversaires et au final il y a la victoire. Tant mieux. > Car cela aurait pu chavirer dans les dernières longueurs... sans l'énorme métier de Morvan.

Gabart n’en a jamais eu marre. Scotché le long de la Sardaigne, François Gabart n'a pas baissé les bras et il s'est arraché pour revenir à soixante secondes de Morvan. Gabart n'en a jamais eu marre. Photo © Jacques Vapillon (Cap Istanbul) < Hier soir et dans la nuit, j'avais encore une belle avance. Ce n'est que ce matin que le vent est tombé... ça revenait par l'arrière et on a fini à quatre bord à bord ! Un moment, dans du vent aussi aléatoire, j'ai bien cru que je pouvais tout perdre, oui ! Je me suis appliqué à contrôler, mais avec la fatigue ce n'est pas forcément évident. J'ai terminé avec des réflexes de match-race : en étant très vigilant, en me positionnant entre la ligne d'arrivée et mes adversaires, pour les bloquer, quitte à perdre un peu de temps. >

Comme au Figaro, peut-être plus encore compte tenu de la nature capricieuse de la Grande bleue, il fallait être tout le temps dessus. < Physiquement, l'étape était exigeante : dans le vent fort du début on ne pouvait pas lâcher la barre... et même chose dans la pétole. On n'a pu dormir que pendant la troisième nuit... la douche et la sieste vont être bienvenues et mon programme d'ici le départ de la deuxième manche, dimanche, ça va être essentiellement repos, massages et météo. >

Pour autant, la course ne se résume pas qu'à cela et d'autres entendent le rappeler aux cadors à l'instar de Fabien Delahaye (Port de Caen/Ouistreham), quatrième à vingt et une secondes de Tabarly et constamment aux avant-postes sur les deux derniers tiers de la manche, tandis qu'Éric Drouglazet (Luisina) est cinquième à dix-sept minutes du leader.

Tabarly : son dernier mot, il ne l’a pas dit ! Un tout petit peu distancé au championnat mais encore en position de l'emporter, Erwan Tabarly finit seulement à un peu plus de deux minutes de Morvan. Son dernier mot, Tabarly ne l'a pas dit ! Photo © Jacques Vapillon (Cap Istanbul) Du premier au treizième, tous les solitaires se tiennent en moins d'une heure. Compte tenu des aléas méditerranéens, tous ont encore leurs chances pour la victoire finale. D'ailleurs, au dernier soir de la première étape, ils pouvaient prétendre au podium. La nuit sicilienne en a décidé autrement permettant à certains de creuser l'écart pour revenir sur Morvan le solitaire.

Parmi eux, les bizuths Francisco Lobato (ROFF/Tempo team) et Anthony Marchand (Espoir Région Bretagne) ont tenu leurs promesses. Quant au super bizuth qu'est le turc Selim Kakis (Türk Telekom), sa quinzième place est d'autant plus marquante qu'elle s'est jouée sur une option osée le faisant flirter avec les côtes... tunisiennes. Pendant ce temps, Marc Émig (marcemigetmoi.com) se tapait la tête contre les cloisons. La faute à un abcès dentaire. En voilà un qui n'aura au moins pas eu à lutter contre le sommeil et qui a quand même fini seizième !

Classement la première étape

1- Cercle Vert Gildas Morvan Arrivé le 23/09/2010 à 06:31:15 en 3j 19h 31min 15s
2- Skipper MACIF 2010 François Gabart Arrivé le 23/09/2010 à 06:32:15 en 3j 19h 32min 15s
3- Nacarat Erwan Tabarly Arrivé le 23/09/2010 à 06:33:32 en 3j 19h 33min 32s
4- Port de Caen Ouistreham Fabien Delahaye Arrivé le 23/09/2010 à 06:33:53 en 3j 19h 33min 53s
5- Luisina Éric Drouglazet Arrivé le 23/09/2010 à 06:48:15 en 3j 19h 48min 15s
6- ROFF/Tempo Team Francisco Lobato Arrivé le 23/09/2010 à 06:53:25 en 3j 19h 53min 25s
7- Savéol Romain Attanasio Arrivé le 23/09/2010 à 06:54:33 en 3j 19h 54min 33s
8- Espoir Région Bretagne Anthony Marchand Arrivé le 23/09/2010 à 06:57:27 en 3j 19h 57min 27s
9- Banque Populaire Jeanne Grégoire Arrivé le 23/09/2010 à 07:01:29 en 3j 20h 01min 29s
10- Generali Nicolas Lunven Arrivé le 23/09/2010 à 07:02:53 en 3j 20h 02min 53s
11- Skipper MACIF 2009 Éric Péron Arrivé le 23/09/2010 à 07:04:20 en 3j 20h 04min 20s
12- Lufthansa Ronan Treussart Arrivé le 23/09/2010 à 07:15:16 en 3j 20h 15min 16s
13- Vendée 1 Frédéric Rivet Arrivé le 23/09/2010 à 07:15:33 en 3j 20h 15min 33s
(25 classés, 1 abandon).

Super bizuth l’a jouée osée osée ! Le Turc Selim Kakis qui n'avait jamais couru en Figaro Bénéteau s'est classé quinzième de l'étape, après avoir frôlé les côtes tunisiennes... Super bizuth l'a jouée osée osée ! Photo © Jacques Vapillon (Cap Istanbul)

Les quatre étapes restant à courir

Étape 2 : Ragusa - Athènes (Grèce) - 520 milles (4 jours)
Départ : dimanche 26 septembre
Arrivée : vendredi 1er octobre
Étape 3 : Athènes - Didim (Turquie) - 180 milles (2 jours)
Départ : lundi 4 octobre
Arrivée : mercredi 6 octobre
Étape 4 : Didim - Bozcaada (Turquie) 190 milles (2 jours)
Départ : vendredi 8 octobre
Arrivée : dimanche 10 octobre
Passage des Dardanelles en convoyage : mardi 12 octobre 2010
Étape 5 : Gallipoli - Istanbul (Turquie) - 110 milles (1 jour)
Départ : mardi 12 octobre
Arrivée : mercredi 13 octobre
Remise des prix le samedi 16 octobre à Istanbul

www.capistanbul.com

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