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Vendée Globe 2016

Yann Eliès : «Foils ou pas : difficile de trancher !»

  • Publié le : 13/12/2014 - 00:01

À quarante ans, Yann Eliès cumule un palmarès impressionnant dans tous les secteurs du jeu de la compétition : sur la Solitaire du Figaro évidemment avec ses deux victoires d’affilée en 2012 et 2013, sur la Route du Rhum en MOD70, sur la transat Jacques Vabre en Multi50 et en IMOCA, sur le Vendée Globe, sur le Trophée Jules Verne… Avec le rachat de Safran par le Groupe Quéguiner, le Briochin dispose d’une redoutable machine malgré ses sept ans d’âge, qui peut être encore optimisée pour le prochain Vendée Globe. Explications.

 

Yann ElièsÀ quarante ans, Yann Eliès est l’un des skippers les plus polyvalents de sa génération avec des Solitaire du Figaro et des tours du monde, en monocoque et en multicoque…Photo @ Olivier Blanchet DPPI
 

 

v&v.com : Comment le choix s’est-il porté sur Safran comme nouveau bateau pour porter les couleurs du Groupe Quéguiner sur le Vendée Globe ?
Yann Eliès :
Cela fait un an, depuis ma victoire sur La Solitaire du Figaro 2013, que j’en parle avec Claude Quéguiner. Je ne savais pas vraiment si cela allait se faire ou pas, tant qu’on n’avait pas acheté un bateau ! Il n’y a pas de contrat signé avec Claude : c’est une relation fondée sur l’amitié et la confiance. J’avais donc contacté Michel Desjoyeaux pour savoir si MACIF, le 60 pieds de François Gabart était à vendre… L’histoire a duré un an et c’est terminée à la conférence de presse de la Route du Rhum en septembre dernier : Jean-Bernard Le Boucher (Directeur des activités mer) m’a confirmé que Macif ne me vendrait pas le bateau…

 

v&v.com : Le monocoque vainqueur du dernier Vendée Globe était déjà quasiment attribué…
Y.E. : Il semble. Les six premiers mois, les responsables de Macif ne savaient pas vraiment s’ils voulaient se séparer du bateau parce que Fabien Delahaye cherchait alors un financement pour le reprendre, puis en juin dernier il a été officiellement annoncé à vendre et nous avons pu entamer des négociations pour fixer un prix à 2,7 millions d’euros jusqu’à mi-septembre où MACIF a été négocié pour un autre coureur…

 

Safran-TJV 2011Transat Jacques Vabre 2011 : Marc Guillemot embarque Yann Eliès pour ce parcours très long jusqu’au Costa Rica avec des conditions météorologiques dures et stratégiquement difficiles à cerner.Photo @ Christophe Launay DPPI

 

v&v.com : Il restait donc deux autres bateaux très compétitifs : Safran et Hugo Boss, ex-Virbac Paprec…
Y.E. : Alex Thomson loue ce dernier pour faire la Barcelona World Race qui part le 31 décembre prochain : après un tour du monde et avec un retour en Europe au mois de mars 2015, cela faisait tard et avec une part d’incertitude quant à l’état du bateau à l’arrivée, s’il n’y avait pas d’impondérables en route… En plus, le skipper britannique est réputé pour ne pas ménager sa machine ! Et un tour du monde, c’est autre chose qu’une transat : lors du Vendée Globe 2008, il y a quand même eu deux bateaux perdus, le mien (Generali) et celui de Jean Le Cam… Pour toutes ces raisons, nous nous sommes tournés vers Safran.

 

Team Adventure-ElièsExpérience enrichissante que d’embarquer à bord de Team Adventure avec Cam Lewis pour le tour du monde sans escale sur les Maxi catamarans de The Race 2000-2001.Photo @ Jean-Marie Liot DPPIv&v.com : Une belle occasion sur un monocoque que tu connais pour avoir effectué la transat Jacques Vabre 2011 avec Marc Guillemot !
Y.E. : C’est vrai : nous avions fini sixièmes. Ce qui est un peu douloureux, c’est que Marc (Guillemot ; ndlr) a l’impression qu’on lui retire son «bébé»… Mais la passation devrait bien se dérouler puisqu’on se connaît bien. Safran était une excellente opportunité et l’affaire s’est faite rapidement pour un bon prix de vente.

 

v&v.com : C’est un monocoque IMOCA qui date tout de même de 2007 !
Y.E. : Mais il reste très performant ! Et avec l’arrivée des foils (s’ils fonctionnent), le concept d’un bateau plutôt étroit et léger est mieux adapté. On verra ce que Alex Thomson (qui fait construire un nouveau plan Verdier-VPLP) va faire, mais il semble qu’il se soit orienté aussi vers un bateau étroit et léger avec des foils. En plus, Safran est avec PRB, le plus léger monocoque de 60 pieds de la flotte IMOCA…

 

v&v.com : Son ancienneté montre que certaines pièces sont fatiguées…
Y.E. : Il a été superbement construit, une véritable œuvre d’art de Thierry Eluère ! Il avait mis un paquet de mois pour le réaliser. Mais il a peu évolué depuis deux ans, probablement parce qu’il y a un nouveau Safran en cours de construction pour Morgan Lagravière. Et c’est un bateau qui a perdu deux quilles… Et si la quille carbone actuelle (superbement fiabilisée par Nicolas Groleau et son équipe) est très intéressante en termes de poids, il faudra quand même la changer pour une version standard en acier fraisée, même si la nouvelle jauge ne l’impose pas. On va prendre 200 à 300 kilogrammes en plus, et de fait, on ne perd en performance qu’en VMG portant mais pas aux allures débridées où la puissance est importante. Et tout le monde ou presque aura des quilles en acier !

 

Generali-Vendée Globe 2008Première expérience en solitaire autour du monde avec Generali pour le Vendée Globe 2008 : Yann Eliès y laissera des plumes mais sera encore plus motivé à revenir au plus haut niveau après son accident au large de l’Australie.Photo @ Jean-Marie Liot DPPI

 

v&v.com : C’est aussi l’occasion de modifier son emplanture… 
Y.E. : On devrait changer la répartition des poids et donc reculer l’appendice pour moins enfourner. Plus ça va, et plus ça «bourrine» avec les bateaux : il faut donc de plus en plus cabrer, mais en contrepartie, ce sont les safrans qui prennent des charges plus importantes. C’est comme en planche à voile où à l’origine, il y avait des dérives énormes pour finir avec de tout petits ailerons…

 

v&v.com : Le mât de Safran est aussi une pièce unique !
Y.E. : Celui-là, on va le garder… C’est le plus grand mât, avec le meilleur centre de gravité grâce à une technologie mise au point par Safran : le rail (même s’il n’est pas structurel au sens strict du terme), est intégré à la stratification carbone, ce qui normalement évite tout problème d’arrachement. C’est un bateau très intéressant au niveau technologique, même s’il y a certainement beaucoup de pièces périphériques importantes à changer, en particulier les éléments en titane. On ne pourra pas aller aussi loin en développement et le bateau devrait être plus lourd sur la balance du Vendée Globe. Mais on a suffisamment de budget pour le faire évoluer : c’est un bateau qui a encore un énorme potentiel.

 

Cheminées Poujoulat-TJV 2005Yann Eliès a navigué avec la plupart des skippers IMOCA actuels comme lors de la transat Jacques Vabre 2005 aux côtés de Bernard Stamm sur Cheminées Poujoulat.Photo @ Jean-Marie Liot DPPIv&v.com : Les dérives courbes, ce n’est finalement plus dans l’air du temps !
Y.E. : À l’époque, c’était très novateur ! Les nouveaux appendices de PRB (dérives droites, faible corde) semblent avoir moins de traînée tout en poussant toujours un peu vers le haut.

 

v&v.com : Les foils sont donc au programme ?
Y.E. : On va attendre un peu… Nous n’avons pas les moyens de lancer nos propres recherches comme Banque Populaire et Safran qui ont fait signer une clause d’exclusivité aux architectes qui ne peuvent intervenir sur une adaptation de leurs recherches pour les «anciens» bateaux, du moins jusqu’au 1er janvier 2016. De toutes façons, on va attendre un peu avant de s’engager sur ce genre d’artifice : Banque Populaire a déjà racheté un Mini Transat (l’ex-Karène Liquid) pour tester ce type d’appendices, mais il a failli couler…

 

v&v.com : Mais est-ce que ce sont vraiment des foils ?
Y.E. : Guillaume Verdier y croit beaucoup, mais ce ne sont pas des foils stricto sensu puisqu’ils sont conçus pour soulager et non pas pour voler. Ce sont des formes complexes puisqu’il faut aussi produire de la force antidérive… C’est à l’heure actuelle, une sorte de «S» qui sort du bordé au niveau de la flottaison et qui se prolonge par une virgule : il va falloir non seulement régler l’incidence et l’angulation avant le départ (pas de réglages en navigation autorisés par la jauge comme c’est le cas actuellement pour les dérives) et imaginer comment ils se rangent au vent ! Pas simple. Il y aura donc des allures où on va perdre en performance et d’autres où on va gagner du potentiel : il faut donc que le gain soit nettement supérieur aux pertes pour que le compromis soit positif. Ainsi ce sera moins bon aux allures portantes et au près où le VMG est important, plus efficace aux allures débridées et largue où il faut de la puissance…

 

Generali-Vendée Globe 2008Le plan du Groupe Finot s’est avéré un peu en retrait lors du Vendée Globe 2008 mais surtout Yann Eliès a dû abandonner son bateau dans l’océan Indien après son violent choc à mi-parcours.Photo @ Jean-Marie Liot DPPI

 

v&v.com : Justement le tour du monde, c’est essentiellement du vent de travers…
Y.E. : Finalement non ! J’ai été surpris avec Generali en 2008 parce que le Grand Sud avec les portes des glaces, c’est beaucoup de VMG et gagner 5° en glisse, cela fait beaucoup de gain… Il y a un vrai cas de conscience sur ces «foils» et le doute va subsister jusqu’au départ du Vendée Globe. Et au niveau structure interne, ce n’est pas simple parce que ça prend de la place à l’intérieur. Surtout que ces dérives-foils seront probablement implantées à un autre endroit que les dérives actuelles…

 

v&v.com : Mais est-ce que ce n’est pas un «délire» d’ingénieur, ces foils ? Parce que les monocoques IMOCA font tout de même entre 7 et 9 tonnes, ce ne sont pas des Mini !
Y.E. : Les architectes sont persuadés que le gain peut atteindre 3 à 4 nœuds dans certaines conditions… Certes pour l’instant les références, ce sont PRB et MACIF lorsqu’ils finissent les courses et les gagnent. Dans un premier temps, on va déjà essayer de se mettre à leur niveau et l’été prochain, avec un peu de recul, on se posera la question d’y aller ou pas. Les grosses équipes auront défriché le terrain mais de là à ce que l’on sache ce qu’ils ont fait, il y a un fossé - parce qu’on devrait voir fleurir des bâches pour cacher ces appendices et autres essais au large, loin des yeux indiscrets.

 

Zidane-ElièsAvec Zinedine Zidane, parrain de son monocoque IMOCA avant le départ du Vendée Globe 2008.Photo @ Phlippe Millereau-DPPIv&v.com : L’objet du foil, c’est d’augmenter la puissance de 10 à 15% : les mâts standardisés ne sont pas conçus pour ça !
Y.E. : Finalement, il va y avoir une limite de résistance des espars qui vont réduire l’intérêt du surcroît de puissance… Mais ce qui a été voté par la Classe IMOCA, ce sont des règles qui ne changeront plus jusqu’au prochain Vendée Globe au moins. Les foils sont acceptés, mais s’ils font tomber les mâts, à chacun de voir comment gérer son matériel : certaines équipes comme pour le nouveau Safran ont décidé d’instrumenter toutes les pièces afin que le skipper sache comment doser la puissance… La bonne décision concerne les quilles standard qui sont bien dimensionnées, mais pour le reste, ce sont les «anciens» bateaux qui ont au final plus de choix : ils peuvent rester à l’ancienne jauge, modifier le mât et/ou la quille, installer des foils, choisir un profil plus costaud… Les «anciens» ne peuvent pas faire un mât plus léger, mais ils peuvent faire plus petit et/ou plus lourd pour accepter les foils.

 

v&v.com : Le champ d’optimisation est finalement plus vaste…
Y.E. : Mais il faut bien réfléchir, pour ne pas tout casser à l’intérieur et avoir un bateau moins bien qu’auparavant.

 

v&v.com : En revanche, Safran commence à marquer quelques usures, des vieillissements de pièces, moteur, circuit électrique, fixations de safran…
Y.E. : Déjà une nouvelle quille, c’est cinq mois de délai ! Donc le chantier durera jusqu’au départ de La Solitaire du Figaro…

 

FenêtréA-CardinalVictoire à Itajai lors de la transat Jacques Vabre 2013 : en compagnie de son skipper attitré, Yann Eliès a mené à un train d’enfer ce Multi50 qui s’imposait aussi lors de la dernière Route du Rhum avec Erwan Le Roux…Photo @ Jean-Marie Liot DPPI

 

v&v.com : Actuellement, le bateau est en train de revenir en France.
Y.E. : Il est sur un cargo, en ayant récupéré la place de PRB : il arrive à Lorient vendredi 12 décembre, démâté et déquillé. Il va directement dans un hangar à la base sous-marine : on fait une expertise avec l’équipe de Safran et il devient la propriété du Groupe Quéguiner le 31 décembre. À suivre, on attaque un grand chantier pour poncer, démonter, vérifier, changer, modifier…

 

v&v.com : Il va falloir regrouper une équipe technique.
Y.E. : Déjà avant la fin du mois, il va falloir choisir avec qui on va travailler : le cabinet VPLP (mais Guillaume Verdier s’en va six mois avec le Team New Zealand et Vincent Lauriot-Prévost part deux ans à San Francisco avec le challenger suédois Artemis) ou Mer Forte, la structure recherche et développement de Michel Desjoyeaux… Un choix cornélien ! Autrement, Erwan Steff (ancien préparateur de Yann Eliès pour le Vendée Globe 2008) va superviser les travaux avec Enzo (préparateur de Yann Eliès pour La Solitaire du Figaro). Mais il y a un problème en ce moment avec quatre IMOCA en construction en France, un trimaran Ultime en finition, Sodeb’O et Maître Jacques qui doivent réparer leur flotteur : ce n’est pas facile de trouver des spécialistes du composite !

 

Figaro 2014-Groupe QuéguinerAlors qu’il était parti pour réaliser le triplet, Yann Eliès a démâté devant Wolf Rock et perdu toute chance de remporter La Solitaire du Figaro en 2014.Photo @ Olivier Blanchet DPPIv&v.com : L’équipe SOG de Marc Guillemot va participer à ces travaux ?
Y.E. : Contractuellement, il y a des engagements et des devoirs : l’équipe SOG va passer huit jours pour démonter et remonter le bateau ainsi que cinq jours de navigation. Il y a une phase de mise en main, ce qui n’est pas simple parce que l’équipe technique est déjà prise par la construction du nouveau Safran. Et j’aimerai bien travailler avec Marc (Guillemot) parce qu’il connaît parfaitement ce bateau !

 

v&v.com : Quel est le calendrier ?
Y.E. : Remise à l’eau en mai-juin, sorties en juillet, Fastnet Race en août, entraînements à Port-la-Forêt en septembre, Transat Jacques Vabre en octobre-novembre (probablement avec un «jeune» de la classe Figaro) et transat retour en solitaire qui compte comme qualification pour le Vendée Globe… Et nouveau chantier pour installer des foils si nécessaire l’hiver prochain. Et en juin 2016, la transat anglaise (The Transat) puisque les organisateurs d’OC Sport veulent la relancer, avant le Vendée Globe : cela va aller très vite !

 

v&v.com : Et côté budget ?
Y.E. : Ça fonctionne : c’est un gros investissement pour mon partenaire, et déjà on a économisé par rapport à un rachat de MACIF. Nous avons les moyens de faire évoluer le bateau techniquement : c’est à la fois excitant et prégnant. De toutes façons, avoir beaucoup d’argent n’est pas la garantie de faire les choses bien !

 

Figaro 2013-Groupe QuéguinerDépart de La Solitaire du Figaro 2013 dans l’estuaire de la Gironde : Yann Eliès remporte la première étape et sa deuxième victoire d’affilée sur cette épreuve de haut vol.Photo @ Olivier Blanchet DPPI

 

v&v.com : Et une saison en Figaro ! 
Y.E. : C’est important de continuer à naviguer à haut niveau. J’avais souffert de ça lors de mon précédent projet Vendée Globe avec la construction et la mise au point de Generali : j’avais manqué de confrontation sportive. Il faut déléguer et se concentrer sur des objectifs sportifs qui t’obligent à décrocher des contraintes techniques d’un Vendée Globe. Et ça tombe bien pendant la phase chantier, et avec Erwan et Enzo aux manettes, j’ai une bonne base en qui j’ai totalement confiance !

 

v&v.com : Donc, quel est le programme Figaro ?
Y.E. : Peut-être la Solo Basse Normandie (26-28 mars), puis la Solo Maître Coq aux Sables d’Olonne (20-26 avril), la Solo Concarneau (7-10 mai) et La Solitaire du Figaro-Éric Bompard cachemire (31 mai-28 juin). J’ai un acquis sur le circuit Figaro, ce n’est pas figé et c’est remis en cause tous les ans, mais cette base est bonne et je m’éclate sur l’eau ! Ça s’annonce déjà costaud avec le duel contre Jérémie Beyou qui vise une quatrième victoire et moi qui peut cumuler le plus grand nombre de victoires d’étapes, sans compter toute la nouvelle génération qui est de plus en plus pressante… Sur un parcours technique et très long.

 

Paprec Recyclage-MOD 70-Rhum 2014Même s’il a terminé dernier de la classe Ultime, Yann Eliès a réalisé un superbe parcours lors de la dernière Route du Rhum à bord d’un MOD70 qu’il a pris en main quelques mois seulement avant le départ de Saint-Malo.Photo @ Jean-Marie Liot DPPI

 

v&v.com : Et l’expérience du trimaran en solitaire sur la Route du Rhum ?
Y.E. : Passionnant ! Je me suis très bien entendu avec le patron de Paprec Recyclage et il aurait voulu que je continue avec la transat Jacques Vabre… C’était une expérience superbe et je me suis éclaté dans ce défi de traversée de l’Atlantique en solo. Mais sportivement, cette Route du Rhum version Ultime n’était pas très intéressante parce qu’on savait quasiment qui allait gagner avant le départ ! Tout le monde a accompli un défi sportif énorme, mais tout de même, ce n’était pas vraiment de la compétition… Au bout de trois jours, l’affaire était entendue et Loïck (Peyron ; ndlr) n’a pas vraiment tiré sur sa machine ! Cela n’enlève rien à sa victoire et à ses compétences, mais tranquille à 23 nœuds en buvant sa tasse de thé, ce n’était pas tout à fait ce à quoi on pouvait s’attendre… La bagarre a plus été serrée entre Lionel (Lemonchois ; ndlr), Sébastien (Josse ; ndlr) et Sidney (Gavignet ; ndlr). Sportivement, on ne retrouvera pas un réel engagement si la classe MOD70 ne renaît pas de ses cendres. Il y a un manque !

 

v&v.com : Cela ne semble pas parti pour ! Et déjà les Multi50 sont en ballotage…
Y.E. : Certes : Maître Jacques arrête, Actual est à vendre, Fenêtréa-Cardinal ne sait pas s’il va continuer… Cela serait vraiment dommage que ces deux classes périclitent surtout que les MOD70 sont des bateaux sains, fiables et on va bientôt pouvoir les faire voler ! Le châssis est parfait et tout à fait adapté à des foils structurellement : en remettant 500 000 € dans chaque bateau, on fait sept trimarans version 2.0 qui traversent les océans sur leurs foils… C’est une utopie, mais c’est plus enthousiasmant que de construire des multicoques de 105 pieds !

 

Generali-Figaro ElièsLongtemps Yann Eliès aura porté les couleurs de Generali sur le circuit Figaro sans jamais réussir à s’imposer sur La Solitaire, mais avec de superbes résultats comme lors de la Porquerolles Solo.Photo @ Thierry Seray DPPI