Après deux ans de croisière en Méditerranée et en couple à bord d'un Ecume de Mer, j'ai eu envie de raconter. Régulièrement, donc, je vous livre ici récits, anecdotes, conseils... Après avoir fait le tour des mouillages marquants de mon périple, voici le portrait des animaux marins croisés le plus souvent sur l'eau. Entre mythe et réalité, il vaut mieux être sûr de l'espèce que l'on observe et du comportement à adopter !
Note :
06h40 du matin : c'est la fin de mon quart et je tombe de sommeil à la barre. Au moment où le soleil se lève, un banc de dauphins surgit à l'étrave. Je branche le pilote automatique et me rue sur la plage avant, la main quelques centimètres au-dessus de leurs ailerons, pour 20 minutes de pur bonheur à les regarder évoluer. C'est un beau cadeau que me fait la mer, et il y en aura plein d'autres durant ce voyage ! Tortues, cachalots, rorquals, baleines à bec... Mais aussi des rencontres d'un tout autre ordre : les méduses, présentes dans un quart des mouillages.
Sur une mer d'huile, le ballet de cette mère et de son petit à l'étrave illustre à la perfection le principe des écoulements laminaires.
Photo © Marie Dufay
Les cétacés
Baleines et dauphins font partie des cétacés. 79 espèces ont été décrites, mais en Méditerranée, on croise surtout quatre espèces principales pour les dauphins (dauphin bleu et blanc, grand dauphin, dauphin de Risso et dauphin commun) et quatre pour les baleines (baleine à bec de Cuvier, rorqual commun, cachalot et globicéphale noir).
En 4000 milles de navigation, j'ai fait environ 30 rencontres, certaines de quelques secondes, d'autres de plus d'une demi-heure...
Dans le Sanctuaire Pelagos bien sûr, puisque cette aire destinée à la protection des mammifères marins de Méditerranée couvre une superficie de 87 500 km2 de la presqu'île de Giens à la Toscane, jusqu'au nord de la Sardaigne ; mais aussi énormément sur la côte Ouest Italienne, au Sud de la Sicile, à Malte et en Grèce.
Avec ses 18 mètres, le cachalot est facile à reconnaître, même si on ne voit souvent que sa tête carrée et son petit aileron dorsal.
Photo © Marie Dufay
Au large de la Sardaigne, près d'un haut-fond poissonneux, mon voilier de 8 mètres s'est retrouvé en route de collision avec quatre cachalots et une trentaine de dauphins en pêche.
Alors qu'on dit qu'il faut aller au moins à 3 noeuds pour qu'un dauphin vienne jouer à l'étrave, le groupe est resté autour de la coque, à différentes profondeurs, calé sur notre allure de 0,5 noeuds. Que faisaient-ils ?
À 100 ou 150 mètres de nous, les cachalots plongeaient et l'un d'eux a carrément sauté en entier hors de l'eau ! Ne sachant s'il s'agissait d'une technique de chasse ou d'une manoeuvre d'intimidation visant à nous sommer de déguerpir (ces animaux font quand même 50 tonnes !), nous avons repris notre route après 15 minutes d'adrénaline pure.
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À faire - À moins que ce soit l'animal qui vienne à vous, approchez-le de trois-quart arrière, doucement, dans une limite de 50 mètres, et continuer votre route parallèle à lui. Soyez attentif à tout changement de comportement. Ne restez pas plus de 20 minutes. |
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À ne pas faire - Ne dérangez pas les animaux, ne leur jetez pas d'objets et ne vous mettez pas à l'eau (là, vous cherchez les ennuis...) ! |
Daniela Freggi, une biologiste franco-italienne, a monté sur l'île de Lampedusa un hôpital pour les tortues blessées par les activités humaines.
Photo © Marie Dufay
C'est une véritable chance de pouvoir croiser la route d'une tortue tant elles se font rares : c'est après en avoir observé une dizaine consécutivement au Sud de la Sicile que j'ai contacté l'Hôpital pour tortues lors de mon escale sur l'île de Lampedusa.
Dans un siècle, il n'y aura plus de tortues marines.
J'y ai rencontré Daniela Freggi, une biologiste franco-italienne qui y travaille depuis 13 ans. Sous l'égide de la WWF, le centre accueille 80 bénévoles par an qui l'aident à sensibiliser pêcheurs et plaisanciers, car les recherches sur le sujet indiquent que dans un siècle, il n'y aura plus de tortues marines.
Leur situation est dramatique : ces 30 dernières années, les sites qu'elles utilisent depuis 150 millions d'années pour la ponte leur sont devenus inaccessibles, puisque les hommes sont partout.
Leur taux de mortalité (blessure, pollution...) est par ailleurs trop élevé, malgré les lois qui les protègent.
À l'hôpital pour tortues de l'île sicilienne de Lampedusa, les tortues blessées par les activités humaines sont soignées, opérées si nécessaire et baguées avant d'être remises à l'eau.
Photo © Marie Dufay
Cette radiographie rappelle que les instruments de pêche (ici un hameçon) sont parmi les causes de la mortalité élevée des tortues marines.
Photo © Marie Dufay
Durant trois jours, nous suivons Daniela dans son travail et avons la chance unique d'être dans l'eau le jour où elle relâche une tortue dans le plus grand secret, après l'avoir soignée et opérée, comme elle l'a déjà fait avec quelques milliers d'autres chanceuses.
Sur les sept espèces de tortues marines, trois sont présentes en Méditerranée : la tortue Caouanne (Caretta caretta), la tortue Luth (Dermochelys coriacea) et la tortue Verte (Chelonia mydas).
La tortue luth est la plus grande, mesurant 2 mètres de long, de 1 mètre à 1 mètre 50 de large et pesant 600 kilos. C'est la plus facile à identifier en raison de son absence d'écailles.
La taille moyenne des autres espèces varie de 50 centimètres à 1 mètre.
Par temps calme, on peut avoir la chance d'observer les tortues marines, alors qu'elles n'existeront peut-être plus dans moins d'un siècle. La Caouanne est l'espèce la plus commune en Méditerranée.
Photo © Marie Dufay
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À faire - Si vous trouvez une tortue sur la plage en plein jour, c'est qu'elle a un problème : notez tous les détails (bague d'identification, longueur, etc...) et informez immédiatement un centre de récupération. Si elle est vivante, faites-lui de l'ombre et humidifiez-la à l'eau de mer, surtout les yeux, en attendant qu'un spécialiste arrive sur place. |
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À ne pas faire - Ne jetez pas vos sacs plastique en mer : les tortues les prennent pour des méduses et les avalent, ce qui provoque des occlusions digestives. |
Les méduses
La méduse que l'on trouve le plus couramment en Méditerranée est la pélagie, ou Pelagia Noctiluca. C'est une espèce urticante qui forme de larges bancs de plusieurs centaines ou milliers de spécimens.
Pelagia Noctiluca... Une rencontre gélatineuse mais cuisante ! Chez les jeunes individus, l'ombrelle peut être brune et les tentacules peu urticants.
Photo © Marie Dufay
Son ombrelle rougeâtre est d'en moyenne 10 cm de diamètre.
Elle dispose de quatre long bras buccaux (prolongement de la bouche) et de huit tentacules fins et blanchâtres allant jusqu'à 40 cm de long, où sont situées des cellules urticantes : elles expulsent au moindre contact une minuscule ampoule-harpon baignant dans le venin. Ce dernier lui permet de foudroyer ses proies (poissons, crustacés et zooplancton).
La nuit, lorsqu'elle remonte en surface pour se nourrir, elle est rabattue vers le littoral : le vent et les courants - dont elle est tributaire puisqu'elle ne nage que verticalement - la rabattent dans les baies, les anses, et les ports.
On parle "d'années à méduses", mais en réalité Pelagia Noctiluca revient tous les 12 ans pour des périodes de quatre à six ans (avec une variabilité de 2 ans).
Des printemps chauds et secs successifs seraient responsables de sa prolifération, ainsi que la raréfaction de ses prédateurs naturels (thon rouge, tortue Luth...).
Pelagia Noctiluca cause à l'homme des brûlures douloureuses, des oedèmes, mais aussi des troubles plus sérieux allant jusqu'aux syncopes chez les personnes sensibles. Une piqûre à la gorge peut être fatale à une personne allergique.
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À faire - Il existe une crème qui protège des piqûres de méduses : Medusyl. Elle se met AVANT d'aller dans l'eau ! En cas de piqûre, ne grattez pas ! Rincez abondamment à l'eau de mer ou avec du vinaigre et de l'eau additionnée de bicarbonate de soude, appliquez un antiseptique et consultez un médecin si nécessaire. |
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À ne pas faire - Ne remontez pas la chaîne de l'ancre sans gants s'il y a des méduses autour du bateau. |
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05/08/2009 - 08:34
Mes cinq plus beaux mouillages… et les cinq pires !
Après deux ans de croisière en Méditerranée et en couple à bord d'un Ecume de Mer, j'ai eu envie de raconter. Régulièrement, donc, je vous livre ici récits, anecdotes, conseils... Après le convoyage de notre voilier via le canal du Midi, nous voici dans le vif du sujet. Au terme de notre bourlingage, une dizaine de mouillages me restent en mémoire. Les uns, le paradis ; les autres, l'enfer. On va y faire un tour ?
29/07/2009 - 08:07
«De Concarneau à Sète, mon convoyage mouvementé via le canal du Midi !»
Après deux ans de croisière en Méditerranée et en couple à bord d'un Ecume de Mer, j'ai eu envie de raconter. Régulièrement, donc, je vous livrerai ici récits, anecdotes, conseils... Et, pour commencer, quand on a acheté son voilier en Bretagne, la Méditerranée, il faut y aller ! Deux solutions : le détroit de Gibraltar ou le canal du Midi. Nous avons choisi la deuxième. Elle ne s'est pas révélée si facile !
03/06/2009 - 08:23
Gentille, la bébête !?
OK, pas de panique : et s'il s'agissait simplement d'un dauphin ? A l'occasion de l'ouverture de l'exposition "Mammifères marins" de l'Océanopolis, Céline Liret - l'une de ses scientifiques - nous donne ses trucs pour reconnaître les mammifères susceptibles d'être rencontrés au large de nos côtes. Bonne visite !
Vos commentaires
Super, l'auteur a-t-il l'intension de sortir un livre ou un guide? Si oui je suis preneur. germain_alain@hotmail.com