Après deux ans de croisière en Méditerranée et en couple à bord d'un Ecume de Mer, j'ai eu envie de raconter. Régulièrement, donc, je vous livre ici récits, anecdotes, conseils... Voici venu le temps de faire le bilan matériel et financier de notre <échappée bleue> : sans compter l'achat du bateau et sa maintenance courante jusqu'au jour du grand départ, à combien revient réellement la concrétisation d'un rêve de môme ?
Note :
Nous avons revendu les voiles en Mylar et le traceur de route pour acheter une annexe et un radeau de survie neufs. Notre autonomie est assurée par quatre petits panneaux solaires. Le hors-bord arbre long s'avère quand même un peu léger par fort mistral ou grosse houle.
Photo © Marie Dufay
6 000 euros pour préparer un Ecume de Mer à la grande croisière
Astuce est un Ecume de Mer acheté 9 300 euros en très bon état et relativement bien équipé.
Construit en 1974 au chantier Mallard de La Rochelle, ce plan Finot en polyester mesure 7,90 mètres pour 2,65 mètres de largeur, sa jauge brute est de 5,27 tonneaux et son tirant d'eau de 1,40 mètre. C'est un bateau réputé, marin, construit à 1 385 exemplaires, qui s'est illustré entre autres dans le premier Tour de France à la voile.
Bien lesté, il reste léger tout en étant robuste. Sa carène en forme est large et équilibrée à la gîte, il a un petit rouf et des emménagements confortables pour l'époque (1,70 mètre de hauteur sous barrot, carré avec bloc-cuisine, WC, cabine avant).
Ce qui ne nous a pas épargné quelques investissements...
Astuce, notre Ecume de Mer 1974. Acheté 9 300 euros en 2003, il en a coûté 6 000 de plus pour le préparer à la grande croisière. Lancé en 1968, construit à 1 335 exemplaires jusqu'en 1979, ce plan Finot en polyester mesure 7,90 m pour 2,65 m de large, 1,45 m de tirant d'eau et 34 m2 de voilure.
Photo © François Chevalier
. Le jeu de voiles neuf en Mylar et le traceur de route ont été vendus et remplacés par une survie et une annexe, plus utiles en croisière.
. Une fois peinture de coque, antifouling et antidérapant refaits, un délaminage sur la plage avant traité, les bois intérieurs et extérieurs vernis, le gréement vérifié, un peu d'accastillage changé (entre autres, toutes les drisses, prises de ris, hale-bas, bordures sauf la balancine de grand-voile, sont ramenés au cockpit), nous échangeons quand même l'antique sondeur à éclats pour un combiné loch-speedo-sondeur.
. Le moteur hors-bord Honda 8 chevaux, 4-temps et arbre long est quasi neuf, comme les deux winches self-tailing du cockpit (celui du rouf est d'origine).
. Pour le mouillage, nous gardons l'ancre FOB HP de 11 kilos à poste avec 35 mètres de chaîne de diamètre 10 + 35 mètres de câblot, ainsi qu'un mouillage léger (une FOB de 12 kilos, 10 mètres de chaîne et 30 mètres de câblot) qui n'a jamais servi. Les aussières neuves (diamètre 12 mm) sont au nombre de 5 : 2 de 12 mètres, 3 de 8 mètres et une bobine de 70 mètres pour parer à différents usages (s'amarrer aux falaises, prendre un bateau en remorque...).
. Six pare-battage de taille moyenne, deux lignes de vie, une bouée fer à cheval rangée dans un tube PVC avec 100 mètres de halin et un immense aviron achèvent l'équipement du pont.
. Le jeu de voiles est en excellent état : grand-voile avec deux grands ris et imposant génois sur enrouleur en Dacron 280, une grand-voile et un génois de rechange en Dacron plus léger, deux spis symétriques, le tout en triradial. Le tourmentin acheté d'occasion n'a jamais servi. Des amis en formation voilerie aux ateliers de l'Enfer à Douarnenez nous ont fabriqué sur mesure un taud de soleil en coton, également très utile pour la pluie !
Notre feu de mouillage, à poste sur le balcon arrière, est une lampe à LEDs de jardin, alimentée par un petit panneau solaire.
Photo © Marie Dufay
. Le parc électrique a été totalement revu : 2 tableaux étanches munis de coupe-circuit, un voltmètre pour les 2 batteries au gel 60 A, une prise 220 volts et un disjoncteur différentiel sont installés. Trente mètres de câble et une bobine de 40m nous permettent de nous brancher aux bornes les plus éloignées.
. Au panneau solaire (2 A/heure en ensoleillement maximum) déjà à poste, nous avons rajouté trois panneaux plat-pont sur le coffre du cockpit, de même puissance.
. Notre feu de mouillage est une petite lampe à LEDs, initialement conçue pour les jardins, alimentée par un minuscule panneau solaire. Fixée sur le balcon arrière, elle s'allume automatiquement dès la tombée du jour pour environ neuf heures.
. Nous utilisons peu les instruments de navigation électroniques (VHF, GPS fixe et portable, loch-speedo-sondeur, pilote automatique), aussi les panneaux solaires et l'alternateur moteur suffisent pour alimenter la prise 12 V de l'allume-cigare (qui recharge l'ordinateur portable, le téléphone portable, les batteries de l'appareil photo et du caméscope), les quatre plafonniers (2 néons dans le carré, 2 petites ampoules pour la cabine et les WC), les feux de route et le lecteur CD. Nous sommes autonomes et ne nous servons de notre prise 220 V qu'à quai.
. Les emménagements sont améliorés : la sellerie étant en bon état, nous n'installons qu'un matelas Bultex fait sur mesure dans la cabine avant (coupé dans sa largeur afin d'accéder plus facilement aux coffres en dessous et faciliter l'aération). Sa mousse ne se déforme pas et un revêtement spécial bateau évite les moisissures, même avec une condensation quotidienne.
En Sicile, Sardaigne, Italie, on se ravitaille en eau au port sans problème pour un prix modique. En Grèce, les marinas sont plus rares : c'est un camion-citerne qui fait le plein de notre vache à eau (40 litres) et de nos 2 bidons de 20 litres.
Photo © Marie Dufay
. Nous installons des filets un peu partout avec des sandows, pour leur donner la forme et la taille souhaitées. La porte qui ferme le carré est remplacée par un rideau de coton épais qu'on déplace à loisir sur des crochets, pour s'isoler soit dans la cabine soit dans les nouvelles toilettes.
. Un four d'occasion Plastimo aux dimensions parfaites pour le contre-moule du bloc cuisine est installé, ainsi qu'une pompe à pied pour le robinet de l'évier.
. Le petit chauffage électrique, acheté 15 euros dans une grande surface de bricolage, a intensément servi durant l'hiver où les températures ont souvent avoisiné les 0°C entre décembre et janvier... même si dans le carré d'Astuce, le seul fait de cuire un plat au four suffit à faire grimper le thermomètre !
. Un coffre faisant office de petite banquette est restructuré en rangement amovible pour y ranger la vaisselle. Le pied en alu de la grande table à cartes/à manger s'enlève et permet de la baisser au niveau des banquettes pour en faire un lit 2 places.
. La vache à eau de 40 litres est simplement désinfectée. Deux douches solaires (15 euros l'une) offrent 20 litres d'eau chaude après trois heures au soleil, soit 8 douches (ou 4 avec shampoing). Le secret : plonger dans la mer, remonter à bord, se laver, re-plonger, remonter et se rincer avec la douche solaire.
Le bateau a beau être petit et plus tout jeune, ce n'est pas une raison pour sacrifier à la qualité du sommeil. Un matelas Bultex fait sur mesure et recouvert d'un tissu anti moisissure est un investissement conséquent (600 €), mais judicieux.
Photo © Marie Dufay
. L'emplacement du moteur in-board reçoit les voiles et le gréement courant de rechange (2 drisses et 4 écoutes), l'annexe, les deux caisses à outils, celle de pêche, et des brassières en surplus.
. Dans la couchette cercueil bâbord (sous laquelle est casé le matériel de sécurité), on range les affaires de plongée, la planche de surf, les coussins de pont, les douches solaires, le radiateur électrique, le pilote automatique, le sac de linge sale, les sacs à dos, des caisses et bassines en plastique.
. La couchette tribord reçoit la caisse d'accastillage de rechange, l'un des deux spis, les deux bidons de 20 litres d'eau (un équipet juste à côté contient 35 bouteilles d'eau), l'ordinateur et le matériel photo, les dossiers relatifs au bateau : on la libère si nécessaire en navigation.
. Dans le coffre de cockpit : le boîtier électrique et le câble 220V, 25 mètres de tuyau, la nourrice de 12 litres et 60 litres d'essence répartis dans cinq jerricans de tailles différentes, les cinq bouteilles de gaz, une caisse avec de quoi faire des réparations diverses (Sikaflex, vernis, colles, dégrippant, 200 mètres de garcette...). Le tout est ventilé par deux grilles d'aération.
. Les vêtements sont rangés dans les équipets et filets de la cabine, ainsi que dans la penderie face aux WC, les livres et la pharmacie sont sous le lit. Toute la nourriture prend place dans les coffres sous les banquettes du carré et dans deux filets. Les cartes nautiques se rangent dans une valise et des tubes en plastique.
Nous faisons expertiser Astuce dix jours avant le départ. Verdict : il est estimé à 12 000 euros, sans nos effets personnels.
Entre le départ de Concarneau en juin et l'arrivée à Ajaccio via le canal du Midi en août, nous n'avons guère eu l'occasion ni le temps de faire du mouillage. En été, les tarifs grimpent vite, et nous avons parfois eu besoin de rester plus longtemps au port que prévu à cause de la météo, de l'avitaillement, ou simplement parce que nous avions des amis ou de la famille à voir sur place.
TOTAL = 383 euros pour 27 nuits au port en 70 jours (dont 21 jours d'immobilisation à Pauillac, non comptabilisés ici car remboursés par les assurances, pour expertise et réparation de notre moteur hors-bord après s'être fait abordé par un voilier dans le port - Voir mon premier article.) + 102 euros de démâtage, remâtage et péage Canal du Midi.
Nous avons navigué entre Corse et Sardaigne jusqu'au début de notre hivernage à flot à Porto Rotondo en novembre (Voir mon article n°11 et mon article n°8), qui nous a coûté (douche, eau et électricité comprises) 450 euros pour cinq mois et demi.
TOTAL = 409 euros pour 39 nuits au port en 94 jours.
Puis nous sommes repartis en avril pour la Sicile, l'Italie, Malte et la Grèce durant 6 mois. Très souvent au mouillage ou dans des ports peu équipés mais gratuits, nos économies ont été plus conséquentes, surtout grâce aux tarifs hors-saison. Entre les coups de vent, les coups de fatigue, les envies de visite, les virées de plusieurs jours en voiture de location avec les proches venus nous rejoindre pour découvrir les îles, nous avons quand même passé plus de temps au port que prévu.
TOTAL = 710 euros pour 79 nuits au port en 180 jours.
En deux ans de navigation et d'hivernage sur Astuce, nous avons dépensé 2 504 euros de frais de port (démâtage et remâtage sur le Canal du Midi compris), soit 104 euros/mois... en somme, bien moins que pour un loyer à terre.
Concarneau-Ajaccio, via le Canal du Midi
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Port |
Tarif par nuit (pour un bateau de 8 m) |
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Port-Tudy (Groix) |
18 € + 2,20 € par douche |
Corse-Sardaigne
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Port |
Tarif par nuit (pour un bateau de 8 m) |
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Cargèse |
20,30 € (pas de douche pour cause de restriction d'eau) |
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Port |
Tarif par nuit (pour un bateau de 8m) |
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Port de Favignana - Ile de Favignana |
Gratuit (ni sanitaire, ni eau, ni électricité) |
Italie
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Port |
Tarif par nuit (pour un bateau de 8 m) |
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Roccella Ionica |
Gratuit, eau et électricité comprises, mais sans sanitaires |
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Port |
Tarif par nuit (pour un bateau de 8 m) |
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Port de Mgarr - Ile de Gozo |
10 €, douche, électricité et eau comprises |
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Port |
Tarif par nuit (pour un bateau de 8 m) |
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Port de Gaïos - Ile de Paxos |
2,50 €, électricité comprise, sans sanitaires, eau au forfait |
En deux ans, nous avons fait environ 500 heures de moteur, dont 7-8 heures de moteur/jour pendant 11 jours dans le canal du Midi. Avec notre hors-bord 8 chevaux/4 temps, nous consommons 1,3 litre pour 5 milles à une vitesse max de 5 noeuds.
TOTAL = 20 euros/mois
Les frais de gaz
Nous avons consommé par an 4 bouteilles Butagaz de 2,7 kilos et 4 bouteilles de 1,8 kilo. Leur prix varie de 15 euros selon qu'on ramène une bouteille vide consignée au moment de l'achat ou non : 20 euros au lieu de 35 euros pour les petites, 30 euros au lieu de 45 euros pour les grandes. En Italie et en Grèce, les bouteilles sont différentes (attention aux raccords) ; du coup, nous avions des stocks en réserve.
TOTAL = 10 euros/mois
Les frais de nourriture
On mange bien sûr <local> autant que possible !
En Sardaigne, Sicile et Italie, les produits frais et goûteux (laitages, légumes, fruits, poissons...) abondent et ils ne sont pas trop chers. Notre glacière regorge toujours de charcuterie et de fromages, pasta et pizza sont préparées à bord, grâce aux livres de recettes et aux condiments, épices et herbes offerts par des Italiens heureux de nous voir apprécier leur cuisine. Le vin et les pâtisseries sont excellents.
En Grèce, c'est une autre histoire. Les produits sont plus chers, aussi nous nous gavons de souvlaki (brochette de viande), de gyros (viande cuite à la broche servie avec de l'oignon dans une galette), de dolmadès (feuilles de vigne farcies) et nous offrons de temps à autre une taverne où l'on mange copieusement. Mais là encore, avec un bon livre de cuisine grecque, on prépare de bons petits plats à bord pour un budget correct... Sauf si on y ajoute systématiquement de l'ouzo !
A Malte, on dépense avec parcimonie tant les produits sont chers, mais on trouve de tout, notamment des marques anglaises. Les pastizzi (friands à la ricotta) et le hobz biz zejt (sorte de pan-bagnat) nous ont régalés lors de nos longues ballades à pied dans les villes et villages.
Le budget nourriture est sans doute celui où il faut être le plus vigilant, surtout si on a un frigo. Mieux vaut privilégier féculents, fruits et légumes qui se conservent à température ambiante et consommer "local" (ici le marché aux poissons de Marsala), ce qui fait partie des plaisirs du voyage !
Photo © Marie Dufay
Nous n'avons pas de frigo à bord (pour des questions de place et de consommation énergétique) et il est souvent difficile de trouver des pains de glace pour la glacière : du coup, nous allons au port tous les 5-6 jours pour nous ravitailler en produits frais.
Et certains jours, pas d'autre choix que de faire nos courses dans la supérette proche du port, souvent onéreuse (on n'a pas toujours le temps ni le moyen de locomotion pour se rendre dans une grande surface bon marché). Sur la Costa Smeralda, hors-saison, c'est vraiment un problème ! Reste la pêche que nous avons souvent pratiquée avec succès (voir mon article n°12), agrémentant nos repas et allégeant le porte-monnaie !
TOTAL : 210 euros/mois
Les frais de communication
17 euros de forfait téléphone portable/mois
17 euros de cyber-café/mois
15 euros d'appels à la famille d'une cabine téléphonique/mois
2 euros courrier postal/mois
TOTAL = 51 euros/mois
C'est un budget plus conséquent que prévu... Entre temps, les iPhone et autres forfaits téléphone + internet attractifs ont fait leur apparition ; partir en 2010 est synonyme de dépense moindre concernant ce poste. On ne peut pas toujours se faire rappeler dans les cabines publiques, les cartes prépayées achetées chez les buralistes sont exorbitantes en regard du nombre de minutes d'appel offertes.
Le portable sert surtout pour les urgences et aussi pour nos amis qui souhaitent nous rejoindre en route. Nous allons régulièrement sur internet pour prendre la météo et donner des nouvelles aux proches. Certains bars offrent la connexion si on prend une consommation sur place. Nous avons également investi dans une "Mobicarte" italienne valable un an pour être joignables sur un numéro italien où l'on ne paie pas quand on nous appelle (contrairement à notre forfait français international).
90 euros de restaurant ou bar/mois
7 euros de bouquins ou magazines/mois (voir l'article n°17)
8 euros d'habillement/mois
7 euros d'hôtel, de location voiture+essence ou vélos ou car/mois
2 euros de visite musées ou sites archéologiques/mois
10 euros de divers (cadeaux d'anniversaire, Noël...)/mois
TOTAL = 124 euros/mois
En fait, ce budget est assez raisonnable, compte tenu de ce que nous dépensons en France dans le même domaine ! Nous avons en plus dépensé environ 500 euros par an de trajets aller-retour en France (train et avion).
Les frais d'assurance
43 euros de mutuelle/mois
38 euros d'assurance bateau et effets personnels/mois
29 euros d'assurance rapatriement/mois
33 euros d'assurance matériel photo-vidéo-informatique/mois (passe à 16 euros la seconde année)
8 euros de responsabilité civile/mois
TOTAL = 151 euros/mois
Etant à l'étranger plus de 90 jours consécutifs, mutuelles et assurance rapatriement semblaient indispensables. L'assurance <bris et vol> du matériel photo-vidéo-informatique n'est conseillée que quand on possède des appareils neufs et de valeur. L'assurance civile est obligatoire ; quant à celle du bateau, nos déboires à Pauillac étaient bien la preuve qu'on ne peut faire sans.
Les problèmes matériels
RAS, à part quelques broutilles... tant mieux !
. Le loch-speedo-sondeur, acheté 250 euros neuf mais destocké, a ses humeurs depuis le départ et n'a pu être changé par le vendeur,justement parce qu'il était destocké (aucune garantie ne jouait). Parfois il démarre après 7 milles de navigation, alors que rien d'apparent n'entrave son fonctionnement...
. Notre passage dans le canal du Midi à la pire période nous a valu de grosses frayeurs. Avec la sécheresse, le niveau de l'eau était très bas et nous avons touché trop souvent les racines des arbres (véritables dos d'ânes !) ; mais le pire, c'est cet éclusier qui ne nous a pas laissés assez d'eau malgré notre tirant d'eau affiché sur le balcon avant... Le talonnage à 0,5 noeud sur le seuil des portes de l'écluse nous a stoppés net. Pendant plusieurs semaines, Astuce a fait chaque jour l'équivalent d'un petit verre d'eau dans les fonds, puis plus rien. Preuve que structurellement parlant, les Ecume sont costauds.
. L'ouvrier qui a reposé notre hors-bord réparé s'est appuyé de tout son poids sur le conteneur du radeau de survie tout neuf, et l'a salement enfoncé...
. Nous avons perdu le cache du vieux compas de route Cap Ben (à qui il manque un éclairage pour la nuit) et pris l'habitude de le masquer des UV avec les drisses lovées sur un taquet juste au-dessus : mais le verre est quand même devenu complètement opaque...
. Sans guindeau, remonter seul le mouillage est parfois problématique.
Bilan : de tous les points fragiles soulignés par l'expert maritime - hublots faïencés, très léger enfoncement au niveau du pied de mât, très légère oxydation des écrous de lest, renforcer les fixations des poulies de renvoi de drisses de GV et spi sur le mât, spinlocks vieillis par les UV -, rien n'a eu besoin d'être changé ou réparé, sauf l'étanchéité des vieux hublots. L'antifouling tient sans problème 2 ans à condition de passer un coup d'éponge dessus de temps à autre.
En conclusion
21 896 euros : voilà le prix de deux ans de vacances en couple en Méditerranée occidentale, préparation du bateau comprise.
Nous sommes partis avec 15 000 euros, et c'est à 1 000 euros près ce que nous avons dépensé. On peut voyager pour moins que cela, mais aussi pour plus.
Si l'on supprime le coût de préparation d'Astuce, cela revient à un budget de 7 948 euros par personne et par an, soit 662 euros pour vivre chaque mois et naviguer en toute sécurité, sur un bateau fiable, simple et assez confortable.
La Méditerranée, célèbre pour ses calmes plats, nous a contraints à 500 heures de moteur en 2 ans. Alors quand le vent se lève, on goûte pleinement son plaisir et on rallonge la route pour continuer d'entendre le bateau chanter !
Photo © Marie Dufay
Larguer toutes les amarres pour s'expatrier sans destination précise, ça semble saugrenu, surréaliste. Et c'est pourtant réalisable. Le vent et une bonne étoile nous ont poussés vers des rivages où nous attendaient de belles rencontres et des opportunités professionnelles, alors que les nouvelles qui arrivaient de France faisaient l'effet d'un horizon bouché. Cette balade en Méditerranée a pris une autre ampleur que prévu, l'essentiel n'étant pas le nombre de milles avalés, mais le changement profond qui s'est opéré en nous.
Nous pensions hiverner en Tunisie, nous sommes tombés amoureux de la Sardaigne et y avons passé deux hivers.
Nous voulions voir les petits villages de la mer Egée, nous avons finalement passé deux mois dans les îles Ioniennes (Voir mon article n°9).
Nous avons découvert qu'on se passe très bien de frigo et de salle de bains, moins bien du téléphone.
Nous nous sommes fait des amis pour la vie, de toutes nationalités (Voir mon article n°7) et avons passé de fantastiques moments avec les dauphins, les baleines, les tortues (Voir mon article n°3).
En contrepartie de cette liberté, il a fallu apprendre à gérer l'incertitude financière : le compte en banque bien rempli au jour du grand départ ne contenait plus que 500 euros après deux ans de navigation, mais nous avons tous deux trouvé immédiatement du travail grâce aux contacts noués durant le voyage. Et nous parlons désormais couramment italien ! (Voir mon article n°10).
Ce qui est sûr, c'est que ce bassin de navigation offre tant de choses à voir et à vivre, qu'on peut en profiter des années durant sans se lasser. La Méditerranée n'est pas une destination de retraités, loin de là : de jeunes Français peuvent y trouver leur bonheur, dans une nature envoûtante et un creuset multi-culturel des plus enrichissants. Et pourquoi pas décider d'y jeter l'ancre définitivement...
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Marie Dufay a déjà raconté ses deux années de navigation en Méditerranée en 19 sujets. Il en reste deux derniers à venir. Retrouvez tous les autres dans la rubrique Croisière de notre site.
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05/05/2010 - 06:21
La bibliothèque de bord de mon tour de Méditerranée
Après deux ans de croisière en Méditerranée et en couple à bord d'un Ecume de Mer, j'ai eu envie de raconter. Régulièrement, donc, je vous livre ici récits, anecdotes, conseils... Et, pour bien préparer son départ, être autonome, en sécurité, et muni de toutes les informations nécessaires à l'élaboration d'un beau programme de croisière, rien ne vaut les livres ! A l'ère de la navigation électronique, ce ballast de papier mérite toujours sa place à bord.
09/04/2010 - 07:08
Narcotrafiquants et immigrants clandestins : drôles de rencontres en mer !
Après deux ans de croisière en Méditerranée et en couple à bord d'un Ecume de Mer, j'ai eu envie de raconter. Régulièrement, donc, je vous livre ici récits, anecdotes, conseils... En l'occurrence, tomber sur un ballot de drogue au large ou croiser la route d'une embarcation chargée de réfugiés cherchant à gagner l'Europe sont des expériences de plus en plus communes pour le plaisancier méditerranéen. L'occasion de faire le point sur la conduite à tenir.
29/03/2010 - 07:02
Chalutiers, ferries, cargos… attention, trafic !
Après deux ans de croisière en Méditerranée et en couple à bord d'un Ecume de Mer, j'ai eu envie de raconter. Régulièrement, donc, je vous livre ici récits, anecdotes, conseils... Voici l'occasion de rappeler que sur la Grande Bleue, l'intense trafic maritime complique la navigation de plaisance et peut la rendre dangereuse. Voici donc quelques clés pour côtoyer les professionnels de la mer sans se créer de grosses frayeurs !
Vos commentaires
Merci beaucoup pour ce parfait compte rendu^^
Félicitation !!! voilà ce que j'aime entendre dans le nautisme, des voyages sans bouchons, et a moindre frais ça c'est la vrai vie La seul chose que je ne suis pas encore arrivé a faire c'est a ne plus travailler pendant 2 ans...
bravo, nous avons plus que l'eau à la bouche!! le bateau sera prêt dans quelque mois (ce sera le concurrent direct de l'écume de mer un sangria de la même année ) et le départ est prévu l'an prochain votre récit fait vraiment envie !! on part pour moins longtemps mais je me pose une question santé dans la rubrique assurance on ne voit pas la secu vous vous en êtes simplement passer ?ou je suis mal informer ?.