Abécédaire

S comme Solitaire du Figaro, Q comme 40 ans !

40e Solitaire du Figaro cet été, 538 skippers depuis 1970, année de la première édition, trois triple vainqueurs, cinq double, des half-tonners, puis des monotypes, des coups de vent, des miracles, des révélations... Et nombre d'hallucinations pour les coureurs engagés dans ce marathon depuis 39 ans ! Retour sur les temps forts de La Solitaire sous forme d'abécédaire.

  • Publié le : 06/08/2009 - 08:04

L'"extraterrestre" emporte l'épreuve 1991 En 1991, c'est Yves Parlier, dit l'"extraterrestre", qui emporte l'édition avec trois victoires d'étape. Photo © Didier Ravon A comme Aurore. Journalistes à l'Aurore, Jean-Michel Barrault, un ami de Bernard Moitessier, et Jean-Louis Guillemard (qui deviendra rédacteur en chef de Voiles et Voiliers) ont l'idée d'une course pour dynamiser l'image du quotidien. Elle doit être simple pour être compréhensible par le public, donc en temps réel, en solitaire, en haute mer, et sur des bateaux de 9 mètres. Chacun des skippers doit avoir un poste émetteur pour donner sa position et raconter sa course. Dès la première édition en 1970, c'est un succès !

B comme Bourgnon.
En 1988, Alain Gautier a remporté les trois premières étapes et file vers un succès mérité. En tête à nouveau à quelques milles de l'arrivée à Quiberon, son half jaune s'englue dans la pétole... et un certain Laurent Bourgnon contourne la bulle sans vent, et s'impose pour sa première et unique participation !

Clare Francis en Figaro En 39 ans, l'Anglaise Clare Francis est la seule femme à avoir remporté une étape de la Figaro. Photo © D.R. (Jonathan Eastland / Ajax News / DPPI) C comme Clare Francis. L'Anglaise est la seule femme à avoir remporté une étape du Figaro, entre Kinsale et Le Croisic, en 1975, dans une édition remportée par Guy Cornou devant Gilles Gahinet et Bruno Lunven.

D comme Desjoyeaux. Quatrième dès sa première participation en 1990, trois fois vainqueur de l'épreuve en dix participations, le double vainqueur du Vendée Globe de retour sur La Solitaire cette année est le seul à pouvoir rêver de gagner une quatrième fois !

E comme Étapes.
En 39 éditions, 144 étapes ont été disputées entre les côtes françaises, espagnoles et irlandaises. Mis à part les premières Solitaires, on en compte quatre chaque été.

F comme Figaro.
En 1980, la course de l'Aurore est devenue la Solitaire du Figaro, du nom du grand quotidien. Passage quasi obligé pour qui rêve de courir la Route du Rhum et surtout le Vendée Globe, tous les grands marins français sont venus sur le Figaro... à l'exception notoire de Eric Tabarly, Marc Pajot et Olivier de Kersauson !

3 victoires sur 10 participations En 10 participations, Desjoyeaux a signé 3 victoires et n'a jamais terminé au-delà de la 5e place... Si, en 1995, 12e. Photo © Philippe Schiller G comme Gahinet.
Gilles Gahinet, sa célèbre moustache, son humour féroce et un immense talent : six fois sur le podium entre 1975 et 1982, deux fois vainqueur dont une fois en 1980 sur un proto révolutionnaire dessiné par ses soins, il a marqué la Solitaire. Second en 1982 derrière Philippe Poupon, malgré une maladie incurable, celui qu'on avait surnommé <le crabe> s'est éteint deux ans plus tard.

H comme Half-tonner.
Entre 1970 et 1989, la course s'est disputée sur des <halfs>, voiliers de série ou protos IOR dont le rating était de 21,7 pieds soit une longueur d'environ 9 mètres. Les voiliers de série vainqueurs ont eu pour nom Super Challenger, Super Arlequin, Centurion, Mallard 9 mètres... avant que les Harlé, Fauroux, Finot, Berret, Joubert-Nivelt ou Andrieu signent les carènes des vainqueurs, avec respectivement cinq titres pour Joubert-Nivelt et trois pour Andrieu.

I comme IOR. La jauge IOR (International Offshore Rule) défunte en 1993, a régi durant vingt ans les bateaux du Figaro. Les derniers half tonners français qui ont également remporté un grand nombre de championnats du monde, étaient caractérisés par des entrées d'eau fine, des carènes pleines de bosses (de jauge), un rouf ressemblant à une niche de chien... et des mâts <spaghetti> à trois étages de barres de flèche munis de bastaques et basses-bastaques. Mais pas de vérins de pilotes automatiques branchés sur la mèche de safran, ni de GPS. Sportif, en solo dans la brise !

Jeunes loups du Figaro 1992, première victoire de Michel Desjoyeaux, secondé par Jean Le Cam. Photo © Jean-Marie Picault J comme Joan de Kat. Ils étaient douze partant, ce 6 août 1970, et huit à l'arrivée. A l'issue de trois étapes entre Brest Laredo et Pornic, Joan de Kat sur son Super Challenger - un <barbu excentrique> - a été le premier vainqueur de l'épreuve. Dans la tempête du golfe de Gascogne et devant Michel Malinovsky et Pierre Bonnet.

K comme Kinsale.
Ce port de charme situé au Sud de l'Irlande détient le record du nombre d'escales de la Solitaire du Figaro. Les coureurs ont embouqué son chenal au milieu des collines verdoyantes 18 fois... avant de goûter à l'accueil incomparable de ses habitants et d'écluser des Guinness Stout au bar du yacht-club, le plus sympa d'Europe !

Victoire de Le Cam en 1996 Après celle de 1994, Le Cam s'adjuge en 1996 sa 2e victoire sur le Figaro. Sa 3e vient en 1999. Photo © Pierre Gins L comme Le Cam. Seize participations, dix victoires d'étapes, trois titres ! C'est de là que vient son célèbre surnom de <Roi Jean>. Il est le seul, avec Poupon et Desjoyeaux, à avoir remporté trois Figaro... et ça se passe de commentaires.

M comme Monotype.
En 1990, issu d'un concours d'architectes, le monotype Figaro Solo - 9 mètres - fait son apparition. Construit par Bénéteau, au début muni d'une paire de bastaques, il remplace donc le half-tonner et va durant 12 ans, prouvant sa fiabilité et robustesse. Il donne un coup de fraîcheur à la course, attire les jeunes loups comme Desjoyeaux, Jourdain ou Parlier, mais c'est un "vieux briscard" - Laurent Cordelle - qui est le premier à s'imposer sur le monotype Bénéteau chez lui à La Rochelle !

Sale pétole à Quiberon... En 1988, Alain Gautier emporte les trois premières étapes... mais s'empétole au large de Quiberon et c'est Laurent Bourgnon qui s'adjuge l'épreuve ! Photo © Christophe Agnus N comme Nombre de milles.
Chaque saison, un skipper engagé sur le circuit Figaro effectue en moyenne 7442,5 milles en solitaire et en course. On comprend dès lors mieux pourquoi ces garçons et ces filles n'hésitent pas à garder le spi jusqu'à 40 noeuds réels, de jour comme de nuit !

Mouren, figure parmi les Figaristes Le Marseillais Jean-Paul Mouren a couru 22 Solitaire depuis 1983 et s'aligne en 2009 pour la 23e. Photo © Henri Thibault (DPPI) O comme Obsession. Il se nomme Jean-Paul Mouren, est Marseillais et dispute cette année, à 56 ans, sa 23e Solitaire ! Un record, une obsession, sa <drogue estivale>. Charmeur et poète à ses heures, il est le sage du Figaro avec plus de 85 étapes au compteur. Il n'a abandonné que deux fois, et terminé 6e en 1991 - son meilleur résultat.

P comme Poupon. Comme Le Cam et Desjoyeaux, Philippe Poupon est l'un des trois marins à avoir remporté trois fois la Solitaire, mais le seul à avoir gagné à la fois en half-tonner en 1982 sur le proto du Gib'Sea Plus 90, en 1985 sur un plan Andrieu et dix ans plus tard à la barre du monotype Figaro Solo Béneteau !

Q comme Qualifié. Au moment de s'inscrire, comme il n'a pas 18 ans, Alain Gautier doit demander une dérogation pour avoir l'autorisation de disputer son 1er Figaro. Il termine 40e. Les organisateurs avaient raison de le qualifier, car dix ans plus tard et autant de participations, le Lorientais remporte la Solitaire, quatre ans avant le Vendée Globe. Christophe Auguin, également vainqueur en 1986, gagnera lui le Vendée Globe onze ans plus tard...

R comme Racket. En 39 ans, ils sont deux seulement à avoir réalisé le grand chelem, remportant toutes les étapes lors d'un même Figaro - un vrai racket ! En 1973, Gilles Le Baud, dont c'est la première participation, survole la course. La tempête dans la deuxième étape décime la flotte. A la fin, il n'y aura que quatre classés... dont le troisième Eugène Riguidel, qui gagnera l'année suivante. Cinq ans plus tard, Gilles Le Baud, fondateur du chantier Kelt Marine s'imposera à nouveau.
En 1979, l'énorme tempête qui endeuille la course du Fastnet touche aussi la flotte du Figaro. Sur 48 partants, 11 terminent classés, et Patrick Eliès non seulement remporte les quatre étapes, mais gagne avec le plus grand écart de temps jamais réalisé - 14 heures d'avance !

Destination Kinsale Cumulant 18 escales, la ville irlandaise de Kinsale détient le record du Figaro ! Photo © Didier Ravon
S comme Sauvés. 1979. La mer d'Irlande est en furie. Pierre Follenfant voit son half exploser sous ses pieds. Il est récupéré miraculeusement par Olivier Moussy qui le voit au sommet d'une vague nageant avec sa lampe torche... 1985. Son bateau ayant coulé subitement dans le Golfe de Gascogne, Luc Berthiller, qui n'a pas eu le temps de lancer un appel de détresse dérive dans son radeau de survie. Porté disparu, il est récupéré par un chalutier espagnol au bout de cinq jours et lit sa nécro' dans les journaux à son retour à terre. En 1996, Alain Gautier qui dispute son 13e Figaro tombe à l'eau... Alors qu'il nage sur une planche de bois, il est récupéré par Nicolas Bérenger, un concurrent... qui passait par là ! Heureux ces trois-là !

Troussel entrera-t-il dans le "hat trick" ? 18e à un peu plus d'un heure du leader Yann Eliès au terme de la première étape 2009, Nicolas Troussel pourrait encore préparer une belle "Troussel" et entrer dans la légende Figaro. Photo © Jean-Marie Liot (DPPI) T comme Troussel.
Vainqueur en 2006 après une magistrale option météo, puis à nouveau deux ans plus tard toujours dans des conditions capricieuses, Nicolas Troussel entre dans le cercle très fermé de ceux qui l'ont emporté deux fois. Parmi les grands favoris pour la 40e édition, il pourrait rejoindre Desjoyeaux, Le Cam et Poupon au palmarès du hat trick.

U comme Union Jack. Les Anglais ne sont pas venus souvent sur le Figaro. S'ils regardaient les statistiques du Vendée Globe - quatre vainqueurs sur six ont d'abord gagné le Figaro ! - ils changeraient peut-être d'avis. Jonny Malbon, qui a abandonné dans le dernier Vendée, a lui décidé de venir se confronter aux Frenchies sur le Figaro ! Et ça mérite déjà un coup de chapeau.

4 participations pour Wavre Le Suisse Dominique Wavre a couru quatre Figaro et terminé deux fois deuxième de l'épreuve, en 90 et 97. Photo © Pierre Gins
V comme Vidal. Pharmacien, parachutiste, nageur de combat, directeur de port... et grand régatier. Jean-Marie Vidal est éclectique. Le Montpelliérain, vainqueur en 1972 sur un Super Arlequin, à l'époque où l'on faisait le point à la gonio et où les pilotes automatiques se nommaient régulateurs d'allure, a récidivé 15 ans plus tard, à la barre d'un <vieux> half Joubert-Nivelt, devant une meute de petits jeunes tels Alain Gautier, François Lamiot ou Antoine Lebec. La classe !

W comme Wavre. Comme Laurent Bourgnon, le Suisse Dominique Wavre a brillé sur la Solitaire, terminant second en 1990 pour la première participation des monotypes Figaro Solo.

Eric Drouglazet l'emporte en 2001 En 16 participations, Eric Drouglazet a signé trois podiums dont une victoire en 2001 avant le passage de l'épreuve au Figaro 2. Photo © Benoît Stichelbaut (DPPI) X comme... le vainqueur de cette 40e édition, connu autour du 19 août 2009 à Dieppe !

Y comme Yann. Son père Patrick était surnommé à l'époque <le morpion> car il ne lâchait rien. Yann, son fils, second en 2004 derrière Charles Caudrelier, fait cette année partie des grands favoris et rêve ouvertement d'imiter son père, triomphateur il y a 30 ans. Car le Figaro est aussi une affaire de famille, comme en témoigne le parcours des Lunven ; Dominique (2e en 1973) Bruno (deux fois 3e en 1974 et 1975) et aujourd'hui Nicolas, le fils de Bruno, premier bizuth en 2007.

Z comme Zombie. La plus longue étape jamais courue - 649 milles entre Dingle en Irlande et Hendaye en 2001 - avait laissé des traces ! Et c'est Eric Drouglazet, arrivé comme les 38 concurrents en <zombie> après une navigation de folie, qui avait remporté et l'étape et l'épreuve... sur sa terre natale.



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Suivez la course en direct ici et retrouvez le compte-rendu de la seconde étape de la course fait par notre journaliste Loïc Le Bras, dès demain en Une de notre site.

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