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Expo «Phares» à Paris – Ouverture

Pleins phares au Musée de la Marine !

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  • Publié le : 07/03/2012 - 00:17

Exposition «Phares» 2012 au Musée de la Marine La première exposition parisienne spécifiquement dédiée aux phares se tient au Musée national de la Marine jusqu’au 4 novembre prochain.Photo @ D.R. Musée national de la Marine SDRLe Musée de la Marine de Paris met en lumière les phares en leur consacrant pour la première fois une exposition aux thématiques variées, qui ouvre aujourd’hui jusqu’au 4 novembre. Regroupant de nombreux objets – parfois rares –, elle accorde une large place au multimédia et à l’interactivité. Belle vitrine pour ce patrimoine en mutation !

 

Immersion immédiate ! Grâce à un dispositif intitulé «Ballet des optiques», vous vous imprégnez de l’atmosphère si particulière des phares. Le principe : des lentilles de tailles diverses, dont certaines en rotation, qui créent un jeu de lumières visant à restituer l’émotion ressentie par les marins à l’approche d’un phare.
«L’approche d’un phare» : c’est justement le nom donné à cette première salle de la nouvelle exposition du Musée de la Marine qui s’ouvre aujourd’hui à Paris, sur 1000 m2, et retrace 400 ans d’une histoire riche et passionnante qui débute en 1611 avec l’allumage du phare de Cordouan (Gironde). Partant, cette exposition raconte les rapports multiples que la France entretient avec ces édifices, un vaste programme décliné autour de trois axes majeurs.

 

Histoire, hommes, culture
Une approche historique, scientifique, industrielle et architecturale des phares, tout d’abord. L’expo part ainsi de l’édification, au XVIIe siècle, des premières tours à feu, éclairées au bois et au charbon, puis présente une innovation technologique majeure, la fameuse lentille mise au point par Augustin Fresnel en 1822 («De Cordouan à Fresnel», voir le plan ci-contre). Vient ensuite un focus sur les aspects architecturaux et les détails de la construction, à travers les grands chantiers de la mer du XIXe siècle et du début du XXe (« Un littoral en chantier »). L’occasion de mieux comprendre le défi technologique et humain considérable que constituait alors l’édification des grands phares – la construction d’Ar-Men, dans le Raz de Sein, dure quatorze ans (1867-1881) ! Le parcours continue avec un rappel du rôle central joué par Paris dans l’évolution et le rayonnement des phares au XIXe siècle («Paris, capitale des phares»).

Le balai des optiquesIntitulé «Ballet des optiques», le dispositif qui ouvre l’exposition confronte immédiatement le visiteur à ce qui est au cœur des phares : la lumière et l’optique, l’objectif étant de restituer l’émotion ressentie en mer à l’approche d’un phare.Photo @ Sébastien Dondain (Musée national de la Marine)

Deuxième grande thématique : le rôle des hommes – bâtisseurs, marins, ouvriers et gardiens de phare. Isolés dans un environnement hostile, ces derniers ont toujours suscité la curiosité, voire la fascination : l’expo explique leurs différentes missions et restitue leur vie quotidienne («Les gardiens de phare»). Puis, dans la salle suivante («Au service des phares»), vous saisissez les nouveaux enjeux liés à la sécurité maritime. Car si les bâtiments ne sont plus gardés en permanence, quelques 800 agents du service des phares et balises continuent d’assurer un suivi régulier des aides à la navigation – phares, bien sûr, mais aussi bouées, tourelles, amers, balises, etc. –, toujours précieuses pour guider les marins.

Objets témoins des gardiens de phareL’exposition regroupe plus de 600 objets, dont certains témoignent de la vie quotidienne des gardiens de phare. Photo @ Sébastien Dondain (Musée national de la Marine)Comment ne pas aborder, enfin, la dimension symbolique de ces édifices et la foisonnante «culture phare» qu’elle a engendrée en France ? Le phare passionne et stimule notre imaginaire. La littérature (citons par exemple Les Phares du bout du monde de Jules Verne, publié en 1905), le cinéma (avec notamment Gardiens de phare de Jean Grémillon sorti en 1929 ou encore L’Equipier de Philippe Lioret en 2004), la photographie, la peinture mais aussi la presse et la publicité se sont emparés du thème. Une culture qui a largement contribué, rappelle l’exposition, à faire des phares des objets de tourisme et de patrimoine à protéger («Le goût des phares»).

Les thèmes abordés sont donc divers et la scénographie, soignée. En témoigne ce «Chenal», au centre de l’expo, un espace épuré à la lumière tamisée dans lequel vous naviguez librement et qui relie les différentes salles.

 

Raconter les objets
Optique du phare de la JumentObserver des lentilles de très près est plutôt rare, l’accès à la lanterne étant le plus souvent interdit lors des visites des «vrais» phares. Pouvoir observer ces beaux objets est donc l’une des plus-values de l’expo. En photo, l’optique du phare de La Jument (1911) et son système d’allumage.Photo @ Sébastien Dondain (Musée national de la Marine)Très riche, l’exposition regroupe plus de 600 objets, dont quelques raretés, comme les toutes premières lentilles de Fresnel, restaurées pour l’occasion. Les textes de présentation sont bien présents, mais concis. «Pour laisser la place à la relation à l’objet et aux images», justifie Vincent Guigueno, Commissaire général de l’exposition et par ailleurs chargé de mission Patrimoine Phares et Balises à la Direction des Affaires maritimes (son interview sur la situation des phares en France est à lire ici,). L’expo doit procurer du plaisir, du désir et de la connaissance. Elle est donc à la fois pédagogique et vivante».

De fait, l’iconographie est abondante  – dessins, plans, photographies, affiches – et le parcours jalonné de nombreux points audiovisuels et interactifs, l’objectif étant de «raconter les objets». Les supports se complètent, pour une meilleure compréhension. Vincent Guigueno : «Pour assimiler le geste de l’allumage du feu à pétrole dans un phare en mer, par exemple, vous pouvez lire les instructions dont disposaient les gardiens mais aussi visionner des extraits de L’Equipier et la maquette qui a servi dans le film. C’est nettement plus explicite de les voir faire le geste !» Spectateur mais aussi acteur, vous êtes régulièrement invité à effectuer de petites manipulations.

Notamment avec une carte chronologique originale : à l’aide d’une manette, vous vous déplacez dans le temps et faites apparaitre les phares en fonction de leur date d’allumage. Un seul point en 1611, Cordouan. Puis les côtes françaises s’illuminent au fur et à mesure – il y a aujourd’hui 150 grands phares en métropole et outre-mer. L’expo comprend d’autres dispositifs attractifs que nous vous laissons le plaisir de découvrir. «Nous avons aussi voulu recréer des ambiances variées autour des phares», ajoute Vincent Guigueno. C’est dans cette optique qu’est par exemple reconstituée la chambre de veille du phare du Héaux de Bréhat (Côtes-d’Armor).

Par ailleurs, des dispositifs sensoriels vous confrontent aux lumières et aux les sons de la mer, pour apprendre le b.a.-ba de la langue des phares. Le public du Musée de la Marine étant plutôt familial, l’exposition se veut accessible à tous, y compris aux visiteurs peu familiers avec l’univers maritime. «Mais nous approfondissons certaines questions pour que les gens ayant l’habitude de naviguer, et donc de côtoyer les phares, acquièrent également de nouvelles connaissances», assure Vincent Guigueno.

Paris, capitale des pharesL’exposition revient en détails sur le rôle central joué au XIXe siècle par Paris, véritable capitale des phares, comme en témoigne cette photo parue dans Le Monde Illustré en 1901 et visible au Musée de la Marine.Photo @ D.R. (Musée national de la Marine)

Dans l’air du temps

La culture phareLes phares ont inspiré de nombreux peintres, photographes, cinéastes et écrivains, dont Jules Verne, auteur du Phare du bout du monde, roman publié en 1905.Photo @ D.R. (Musée national de la Marine)C’est donc à un large public qu’est destinée cette première exposition spécifiquement dédiée aux phares au Musée de la Marine, et plus généralement à Paris. Mais pourquoi ce projet en maturation depuis des années, le musée disposant d’une réserve conséquente d’objets et de documents, n’a-t-il abouti qu’en 2012 ? «Il y a vingt ans, la thématique intéressait beaucoup moins», avance le Commissaire général de l’exposition. «On a même détruit le dépôt des phares au Trocadéro en 1992 ! Cela semble inimaginable aujourd’hui. Car depuis une dizaine d’années, ils occupent l’espace médiatique et sont devenus un sujet fédérateur qui intéresse aussi bien les particuliers que les associations et les collectivités. Il y a une attente, un désir de phares».

Une expo en phase avec son temps, donc, et non dénuée d’enjeux dans un contexte de mutation des phares. Cela n’a rien d’un hasard si l’un des trois mécènes est le Parc naturel marin d’Iroise, dont le rôle est de valoriser les phares de la région… Vincent Guigueno : «Les gens du littoral sont convaincus de l’intérêt de protéger les phares, car ces édifices font partie de leur environnement. C’est parfois moins évident pour les Parisiens ! A travers cette exposition, nous voulons rendre les phares plus présents et sensibiliser un public plus urbain aux enjeux liés à la préservation des phares». Des enjeux qui, on l’a vu, sont abordés dans les travées du musée. Et feront par ailleurs l’objet d’une conférence spécifique («Quel avenir pour les phares», le 22 mars).

Autre objectif : susciter l’envie d’aller voir les «vrais» phares, qui attirent déjà chaque année plus de 600 000 visiteurs. Pour preuve, à la fin de l’expo, une carte de de la trentaine de bâtiments ouverts au public en France est affichée. «Le processus est valable dans l’autre sens, précise Vincent Guigueno. Les personnes ayant déjà visité un phare peuvent venir au Musée de la Marine : elles y trouveront dans tous les cas un intérêt, car aucune tour n’a une surface de 1000 m2. Et l’histoire des phares, extraordinaire, vaut la peine d’être mieux connue !» Dont acte.

 

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Informations pratiques

Plan de l’exposition «Phares», 2012Histoire, architecture, science et technique, aspects humains et culturels… Les thématiques abordées dans l’exposition sont variées et réparties en sept sections. Un «chenal-espace poétique», dans lequel le visiteur navigue à sa guise, fait le lien entre ces différentes salles. (Cliquez sur le plan pour l'agrandir.)Photo @ D.R. Agence NC – C-AlbumL’exposition est proposée du 7 mars au 4 novembre 2012 au Musée national de la Marine (Palais de Chaillot, 17 place du Trocadéro, 75116 Paris)

> Accès : Métro Trocadéro (lignes 6 et 9). Bus : 22, 30, 32, 63, 72, 82. Batobus Tour Eiffel.
> Horaires : Lundi, mercredi, jeudi, vendredi : de 11 h à 18 h (fermeture des caisses à 17 h 15). Samedi et dimanche : de 11 h à 19 h (fermeture des caisses à 18 h 15). Fermé le mardi et le 1er mai.
> Tarifs (audioguide inclus) : Plein tarif : 9 €. Tarif réduit : 7 €. Tarif 6-18 ans : 5 €. Tarif 3-6 ans : 3 €. Billet équipage : 29 € (5 personnes dont au moins deux entre 3 et 18 ans).

> Autour de l’expo. Des cycles de conférences et de projections, une soirée musicale et littéraire originale en forme d’hommage à Henri Queffélec (le 19 mars), des animations enfants.

> Pour en savoir plus, rendez-vous, ici.

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Vos derniers commentaires

    • Balai ou Ballet des optiques ?? C'est sans doute du spectacle associé à la danse dont il s'agit.

      Ajouté par pierrot le 07/03/2012 - 09:17