Actualité à la Hune

Exposition à Paris

«Vagues et Écumes» de Marion Zylberman

L'artiste Marion Zylberman, qui a passé huit ans en mer entre la France et l'Europe du Nord, expose une série d'encres et lavis sur le thème , au siège de la FFVoile, jusqu'au 26 mars prochain. Si l'usage d'encres noires peut faire croire que ses oeuvres sont sombres, l'équilibre avec les blancs et une énergie indéniable les font au contraire très vives. Le détour vers le XVe arrondissement de Paris n'a ainsi rien d'inutile.

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  • Publié le : 21/02/2010 - 08:50

Vagues n°1, de Marion Zylberman Sombre ? Ce n'est pas exactement ce qu'inspirent les oeuvres de Marion Zylberman. Photo © D.R. (Marion Zylberman) Depuis le 2 février et jusqu'au 26 mars prochain, l'artiste Marion Zylberman expose au siège de la Fédération Française de Voile (Paris, 15e) une série d'oeuvres à l'encre regroupées sous le titre <Vagues et Écumes>.

Dans le hall du 17 rue Henri Bocquillon, une large majorité de petits formats - de la taille d'une carte postale - et quelques tableaux de grande taille s'affichent sur les murs, empilement d'instantanés de vagues toujours identiques et pourtant multiples.
L'encre noire lie les dessins, sans jamais ennuyer. On pourrait croire qu'à force, l'ensemble paraisse sombre ; au contraire, l'équilibre avec les blancs et l'énergie qui les tend en font des oeuvres très vives.

Zylberman travaille à la Pointe de la Torche, où elle se rend inlassablement en vélo, qu'il pleuve ou qu'il vente. <Si je dessine mes grands formats dans mon atelier, pour des raisons pratiques, j'ai régulièrement besoin de retrouver le bruit, l'odeur et la lumière de la mer>, explique-t-elle.

Vagues n°3, de Marion Zylberman Une tension, une énergie manifeste et un juste équilibre du blanc et du noir en font au contraire des oeuvres pleines de vie. Photo © D.R. (Marion Zylberman) L'artiste, qui a passé huit années de sa vie en mer à voyager entre la France, les îles atlantiques, l'Ecosse, l'Irlande, la Norvège, la Suède et les Pays-Bas, aime les éléments. Lorsqu'elle naviguait ainsi, elle dessinait peu les vagues, davantage les paysages.
Zylberman raconte qu'elle a "usé" trois bateaux : un coquiller de la rade Brest, un harenguier écossais et un cotre aurique en acier. <Je préfère les vieux gréements. Ils changent la façon de naviguer, la vitesse, la manière dont les gens vous accueillent aux escales. En Norvège, nos arrivées dans les ports étaient exceptionnelles ! Cela influence nécessairement mon inspiration.>

Vagues n°2, de Marion Zylberman À reproduire inlassablement le même motif, Marion Zylberman semble à la recherche de quelque chose. Peut-être de la part d'universel qui réside dans toute chose. Photo © D.R. (Marion Zylberman) C'est lors de cette longue croisière avec ses trois enfants et ses différents compagnons, dont la route était dictée par la seule envie de gagner le Nord, qu'elle a pris l'habitude des carnets. <Le principe était d'avoir son atelier dans un sac à dos. J'avais toujours trois carnets sur moi, l'un pour la couleur, l'autre pour le noir et blanc et le dernier pour les notes.>

Exposés dans trois vitrines, leur accumulation est intéressante, fascinante. En particulier, parmi les oeuvres à la vente, une reproduction (tirée à trente exemplaires) d'un carnet de voyage accordéon où se détend un fucus à l'encre de Chine est terriblement hypnotisante. L'algue, tantôt fine tantôt boursoufflée, résonne en de multiples interprétations.

Très narratifs, ses carnets témoignent qu'elle travaille aussi la couleur. <Mais cette série <Vagues et Écumes>, reconstituée sous ce thème pour coller à l'image de la Fédération de voile, est essentiellement faite d'encres et de lavis d'encre.>

Ecumes, par Marion Zylberman , raconte simplement Zylberman dans le catalogue de son exposition. Photo © D.R. (Marion Zylberman / MMA / Assurances MADER) Les dessins d'écumes sont plus complexes. Certains ne représentent finalement rien. On comprend bien que tenter de la saisir, c'est un peu comme tenter de sculpter le vent... Un acte vain, en somme, qui fait que les oeuvres de Zylberman nous questionnent avec finesse sur la représentation de l'immatériel.

Le soir de l'inauguration de l'exposition, le Président Jean-Pierre Champion rappelait que l'agencement du nouveau siège fédéral, inauguré en 2002, a toujours été pensé dans cette perspective de faire de la FFV un lieu d'accueil et de rencontre.
Si hélas, l'endroit n'en est pas moins resté plutôt austère et peu adapté à une exposition d'art, les oeuvres de Marion Zylberman à elles seules méritent un détour dans le XVe arrondissement parisien.

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Exposition <Vagues et Écumes> de Marion Zylberman

Fédération Française de Voile
17, rue Henri Bocquillon - 75015 Paris
Dates : 2 février au 26 mars 2010.
Horaires : du lundi au vendredi, de 14h à 17h.

Retrouvez plus d'infos sur le site de Marion Zylberman, ici.

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