Actualité à la Hune

sail in festival 2018

Festival, assises, expos… l’événement multifacettes

Outre la qualité globale de l’événement culturel, ce qui est intéressant avec le Sail In Festival de Bilbao c’est que chaque année, ses organisateurs multiplient les évolutions. Voilà un an, parallèlement au festival du film de voile, aux master-class et aux expositions de photos – éléments toujours présents –, ses promoteurs lançaient une magnifique revue papier, Ladorsal, composée d’articles (en langue espagnole) permettant de prolonger les documentaires projetés sous forme de portraits, de reportages, de portfolios… Le numéro 2 est désormais disponible. Mais cette année, la grande innovation d’Urtzi Sagarribay et de son équipe de passionnés ultra-compétents est la mise en place en plus d’Assises liées à la voile, réservées cette fois aux professionnels et non plus au grand public.
  • Publié le : 03/03/2018 - 14:04

film CoyoteLe film "Coyote", portrait émouvant du navigateur américain Mike Plant, disparu juste avant le Vendée Globe, inédit en Europe, a fait l'ouverture de cette édition 2018.Photo @ Xabier Aldazabal/Sail In Festival

La première de ce Sail Inn Pro se déroula jeudi 1er mars avant la soirée d’ouverture du festival du film proprement dit. Devant un parterre clairsemé – mais il s’agit là d’une première imaginée très récemment et sur laquelle la communication n’a pas encore été faite de manière efficace – Sagarribay posait ainsi les fondations : « ce nouvel événement a pour vocation de mettre en avant les développements technologiques et l’innovation à travers la voile, pour le développement économique et entrepreneurial de ce secteur d’activités. »
Suivait une présentation des principales innovations technologiques apparues dans le nautisme depuis les années 60 avant des exposés et tables rondes, de très haut niveau technique, consacrées aux nouveaux matériaux composites, à l’intelligence artificielle et au "Machine Learning" adaptés à la voile ou encore à la création de centres de développement technologiques et d’innovations à l’image de la Sailing Valley bretonne.

Sail inn pro 2018Lalou Roucayrol était venu de son Médoc voisin pour participer à la première de Sail Inn Pro et exposer les travaux de son équipe et de son partenaire, Arkema, sur les matériaux composites.Photo @ Xabier Aldazabal/Sail In Festival

Des intervenants de haut vol sont venus faire le point de l’état de l’art, émanant aussi bien d’équipes engagées dans la Coupe de l’America (Team New Zealand, New York Yacht Club) que de chercheurs et d’industriels d’autres secteurs que le nautisme mais qui apportaient des points de vue pertinents. Parmi ceux-ci Lalou Roucayrol, skipper du Multi50 Arkema certes, mais qui était venu exposer toute la recherche technologique sur les composites effectués avec son partenaire dans le cadre de son équipe ou encore Carole Bourlon, directrice du cluster Eurolarge, expliquant le bien-fondé économique de la Sailing Valley bretonne et de son activité liée à la compétition.
« Nous voulons profiter du festival du film pour aider le monde du nautisme en Espagne, explique Urtzi Sagarribay, et établir des passerelles entre différents pays et différents secteurs économiques qui peuvent y contribuer à l’image de l’éolien ou de l’aéronautique, etc. »
Si cette première était gratuite, elle devrait être payante dès l’année prochaine.

Carole BourlonAprès son exposé sur la Sailing Valley bretonne et les retombées économiques générées, Carole Bourlon, responsable du cluster Eurolarge, participa à une table ronde consacrée à la création de zones de développements technologiques et d’innovations appliquées au nautisme.Photo @ Xabier Aldazabal/Sail In Festival

Plus traditionnellement le Sail In Festival s’ouvrait jeudi soir avec la projection d’un documentaire inédit en Europe consacré à Mike Plant et réalisé par Thomas Simmons, neveu du marin disparu en mer alors qu’il convoyait son bateau depuis les États-Unis vers Les Sables-d’Olonne pour prendre le départ du Vendée Globe 1992. Un remarquable travail, un peu long néanmoins, avec des nombreuses interviews – dont celle de Philippe Jeantot qui accepta pour l’occasion de se rendre aux États-Unis à la rencontre du réalisateur – et qui retraçait la carrière d’un marin talentueux et atypique, sans occulter ses heures sombres de trafiquants de drogue et de son incarcération au Portugal. Avec cette projection, le Sail In Festival confirmait son rôle d’initiateur, dénichant toujours des productions inédites ou presque et ne se contentant pas, comme d’autres événements de ce genre, de diffuser des films qui passent de l’un à l’autre. Lors du débat qui suivait, outre le réalisateur, participait Don McIntyre, ancien rival de Plant lors du BOC Challenge, et initiateur de la Golden Globe Race qui s’élancera des Sables-d’Olonne le 1er juillet prochain.

McIntyre et SimmonsThomas Simmons, banquier d'affaire de San Francisco, a tout plaqué pour réaliser un film portrait et hommage à son oncle, Mike Plant. Il s'exprime sous le regard de Don McIntyre, ancien adversaire de Mike Plant et promoteur de la Golden Globe Race 2018Photo @ Xabier Aldazabal/Sail In Festival

La deuxième journée, hier, se divisait en deux parties avec une première consacrée à l’aventure puis une seconde aux Ultim avec la présence de François Gabart, de l'architecte Vincent Lauriot-Prévost et d'Emmanuel Bachellerie, délégué général de la classe Ultim 32/23, entre autres. Une salle pleine, des applaudissements à tout rompre à l'issue de la projection de deux films récents consacrés au skipper du trimaran Macif tant sur son parcours que sur son récent tour du monde record : cette soirée avec la présence d'un Gabart très en verve fut un grand succès.

François GabartFrançois Gabart a tenu en haleine l"assistance vendredi soir après la projection de deux films qui lui étaient consacrés. Et il se plia de bonne grâce ensuite aux sollicitations pour autographes.Photo @ Xabier Aldazabal/Sail In Festival

Ce samedi, le Sail In Festival vivra sa traditionnelle soirée de gala consacrée à un marin de « légende ». Après Éric Tabarly, Peter Blake, Robin Knox-Johnston ou encore Mike Birch ce sera au tour de Loïck Peyron avec la projection de « Loïck Peyron par 47° Nord » portrait réalisé par Alban Drouet. Et la présence à l’issue de celle-ci du skipper lui-même sur scène.
À noter qu’au cours de cette journée sera aussi diffusé le formidable documentaire de Nicolas Fabbri « Live Simply, Kids for Sea » un 52’ qui fait la synthèse des aventures des « Kids » en croisière en Norvège et que les lecteurs et internautes de Voiles et Voiliers connaissent bien grâce à la web-série que nous avons diffusé (épisode 1 ici) comme dans Voiles et Voiliers n°535 ! À ne pas manquer non plus, le film d’Olivier Champeaux consacré au tour du monde de Bernard Moitessier lors du Golden Globe Challenge de 1968/69 préambule à une nouvelle rencontre avec Don McIntyre qui fait revivre cette course avec sa Golden Globe Race.
Et demain place à l’aventure et à la grande croisière avec trois ultimes projections dans l‘après-midi.

La bande annonce du Sail In Festival est ici : 

Le Sail In Festival s’accompagne toujours d’expositions, cette fois-ci consacrées au photographe suisse Jürg Kaufmann dans les couloirs du métro de Bilbao et aux meilleurs clichés du Concours Mirabaud au théâtre BBK où s’effectuent les projections.
Et s’il est encore possible de se rendre à celles-ci ou découvrir les expos, il ne l’est plus d’assister aux deux Master Class organisées au Musée Maritime de la ville. Toutes les places ont été vendues. La première se déroulait ce samedi matin. Animée par Luis Saenz Mariscal (ancien de Team New Zealand entre autres) elle est intitulée : « America’s Cup, vieilles règles, bateaux modernes » et la seconde (demain matin, 11 heures) par l’architecte Juan Kouyoumdjian : « Casser les règles ! Le challenge de l’architecture innovante ».

Événement riche, complet, dense le Sail In Festival possède toujours une longueur d’avance sur tous les autres festivals du film de voile en Europe. Bilbao étant à un – gros – jet de pierre de la frontière française, les passionnés du Sud-Ouest sont vernis.

Le programme complet ici.