Actualité à la Hune

Grande rétrospective d’un maître de la bande dessinée

Les «Passagers du vent» embarquent au Musée national de la Marine

Pour les trente ans de la bande dessinée de François Bourgeon, le Musée national de la Marine organise, du 3 février au 3 mai, une grande exposition en hommage à la superbe fille sous la dunette, à son navire et à leur créateur !

  • Publié le : 30/01/2010 - 00:07

Isa, égérie des années 1980 et de la Marine du XVIIIe siècle. Sensuelle, émancipée et adepte de tous les métissages dans un monde d'hommes et de négriers. Isa est une héroïne humaniste à l'image de son créateur ! (Cliquez sur l'image pour l'agrandir comme pour toutes les suivantes). Photo © François Bourgeon / 12 Bis (2010) Elle s'appelle Isa, elle est émancipée et elle est fort joliment carénée. Voici trente ans que l'héroïne de la bande dessinée Les passagers du vent est apparue sous la dunette. Pour nombre de ceux qui l'ont découverte à l'orée des années 80, elle est à la hune pour toujours !

Le succès du premier volume de cette saga, La fille sous la dunette, fut immédiat lors de sa parution en janvier 1980 (les premières planches étaient parues dans un magazine de BD dès 1979). La sensualité dépassait largement la personne d'Isa pour s'incarner en d'autres personnages, féminins et masculins, comme dans les éléments et les paysages.

«La fille sous la dunette». Premier volume des , paru en janvier 1980, connut un succès immédiat (les premières planches étaient parues dans le magazine de BD de Glénat dès 1979). Photo © François Bourgeon / 12 Bis (2010) Né en 1945, François Bourgeon - scénariste et dessinateur après avoir commencé comme maître-verrier avant de venir à la BD en 1971 - connaissait à 35 ans la consécration, en étant désigné, en ce même mois de janvier 1980, meilleur dessinateur du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême. Suivront, jusqu'en 1984, d'autres titres mythiques, Le ponton, Le comptoir de Juda, L'heure du serpent et Le bois d'ébène avant qu'un sérieux conflit entre l'auteur et son éditeur de l'époque ne tarisse la série pour longtemps (Glénat, dont Bourgeon accompagna le commencement de la fortune : il s'en serait vendu près de cinq millions d'exemplaires !).

«Le comptoir de Juda». Sous toutes ses formes, calmes ou agitées, douces ou salées, l'eau fascine François Bourgeon. Fort de sa palette subtile, il sait jouer de ses reflets, comme ici dans . Photo © François Bourgeon / 12 Bis (2010) Après d'autres ouvrages plus éloignés de la mer, au Moyen-Âge ou dans un futur de science-fiction, même si François Bourgeon vit dans l'arrière-pays de la baie d'Audierne, voici - chez un nouvel éditeur, les Éditions 12 bis (où sont disponibles les sept titres de la série) - les deux albums La petite fille Bois-Caïman (parus en septembre 2009 et le 7 janvier dernier pour le second, 15 euros pièce).

Si les cinq premiers livres des Passagers du vent tournaient autour du XVIIIe siècle, entre traite négrière, commerce triangulaire et Lumières, les deux derniers introduisent une nouvelle héroïne pour le siècle suivant, vivant la révolte des esclaves à Saint-Domingue et la guerre de Sécession en Louisiane. Zabo est l'arrière-petite-fille d'Isa, ça ne nous rajeunit pas !

«L’heure du serpent». La traite négrière et le commerce triangulaire sont au coeur de la série . Pour en dénoncer les crimes en voguant vers les Lumières. Photo © François Bourgeon / 12 Bis (2010) L'exposition révèle les coulisses d'une oeuvre désormais classique, hors des modes... démodées. Notamment ses sources maritimes fort documentées et très précises, dont le fameux ouvrage en quatre (gros) volumes de l'archéologue naval Jean Boudriot, Le vaisseau de 74 canons, qui fut une révélation pour Bourgeon. On découvrira ainsi les travaux préparatoires de cet artiste accompli, humaniste, adepte du métissage et de la lenteur (six ans de travail pour La petite fille Bois-Caïman) et passionné d'histoire maritime, aussi méticuleux que talentueux. En noir et blanc et en couleurs, à l'encre et à la mine. De plomb... comme il convient dans la Royale !

«Le bois d’ébène». À l'instar de cette planche du , les scènes maritimes des sont très documentées et particulièrement bien senties. Photo © François Bourgeon / 12 Bis (2010) INFORMATION PRATIQUES

Horaires
Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 10 à 18 heures. Dernier billet délivré à 17h15.

Musée national de la Marine, palais de Chaillot, 17 place du Trocadéro, 75116 Paris, tél. 01.53.65.69.69.

Métro : Trocadéro
Bus : 22, 30, 32, 63, 72, 82
Batobus : Tour Eiffel.

«La petite fille Bois-Caïman». Trente ans après les débuts de la série, le trait de Bourgeon s'est encore affiné et sa mise en couleurs n'a rien perdu de son éclat, à l'instar de cette planche de . Photo © François Bourgeon / 12 Bis (2010) Tarifs

- Plein tarif : 7 €.
- Tarif réduit : 5 €.
- Gratuit pour les moins de 26 ans et pour les adhérents.

«L’influence de Boudriot». Cette planche du témoigne, entre autres, de l'influence de l'ouvrage de Jean Boudriot, . Photo © François Bourgeon / 12 Bis (2010) Débat

<L'esclavage dans la BD> : François Bourgeon, l'historien Jean-Marc Masseaut et le scénariste Sébastien Floc'h évoquent le traitement du sujet, entre fiction et réalités historiques, le mercredi 3 février à 19h00. Accès gratuit, réservation au 01 53 65 69 53 ou sur www.musee-marine.fr

Icône. La couverture du symbolise bien ce qui a fait le succès des : la sensualité, la mer, la marine et l'exotisme. Mais ce dernier n'est pas de pacotille... même s'il s'agit de commerce triangulaire ! Photo © François Bourgeon / 12 Bis (2010) Visites commentées

Dimanche 14 février et dimanche 11 avril à 14h30.
Un parcours au coeur de l'oeuvre de François Bourgeon et de la Marine du XVIIIe siècle, par confrontation avec les collections du Musée national de la Marine.
Accès 9 € (7 € pour les jeunes à partir de 14 ans), réservation au 01 53 65 69 53 ou sur www.musee-marine.fr