Actualité à la Hune

Into the blue

Un festival attachant

La troisième édition d’Into the Blue se déroulait la semaine dernière à Bruxelles. Un festival sympathique et réussi, malgré quelques petites imperfections, et qui jouera les prolongations à Anvers le 8 mars prochain.
  • Publié le : 22/01/2018 - 15:30

Into the blueLa 3e édition d'Into the Blue se prolongera le 8 mars à Anvers.Photo @ Into the Blue

Lorsqu’un rond d’une lumière blanche et crue s’affiche sur le rideau de scène et qu’Arnaud Askoy y glisse sa silhouette déliée, il y a comme un moment de flottement dans la salle. L’assistance fournie vient de voir un documentaire sur l’incroyable destinée de l’Askoy II, plus connu comme ayant été le bateau de Jacques Brel, et elle se trouve ensuite en face d’un sosie qui, de surcroît, interprète les chansons du grand Jacques avec une conviction et un réalisme saisissants.

À Bruxelles, tout ce qui touche à Brel demeure épidermique, profond. Et les organisateurs d’Into the Blue ont joué une carte étonnante lors de la deuxième soirée de l’événement, consacrée en grande partie à Brel, en demandant à ce jeune homme 
 dont le nom de scène est le même que celui du voilier, dont vous avez pu découvrir l'incroyable histoire dans Voiles et Voiliers n° 554  de venir interpréter quatre des plus fameuses chansons de l’artiste. 

Ce fut incontestablement le temps fort de cette troisième édition de ce festival qui, s’il porte comme sous-titre «Festival de la mer», est incontestablement orienté vers la voile.

Arnaud AskoyArnaud Askoy n'est pas que le sosie de Jacques Brel : il interprète avec fougue et conviction le répertoire du grand Jacques.Photo @ Into the Blue

Organisé par les journalistes Alexandre Homez et Pierre-Yves Martens  ce dernier étant aussi l’éditeur du magazine de voile belge et francophone Yachting Sud —, Into the Blue se déroulait sur deux jours la semaine dernière avec, pour la première fois, des films programmés aussi le samedi après-midi.

Le cadre en est le beau et moderne site culturel Wolubilis, en proche banlieue de la capitale belge, et dont la salle de projection permet d’accueillir quelque 500 personnes. Si les représentations étaient complètes le vendredi, l’assistance était légèrement moins fournie ensuite, même si, avec plus de 1 200 spectateurs, sur deux jours, les organisateurs étaient ravis de cette troisième édition.

Car il y avait de quoi satisfaire les amateurs de films de voile. Vendredi 19, les spectateurs pouvaient découvrir un étonnant court-métrage de fiction (Bon Voyage) consacré à la rencontre d’un couple de plaisanciers avec des migrants au large de l’Afrique du Nord. Pétri de bonnes intentions, ce petit film mal fagoté est touchant malgré ses imperfections.

La soirée se poursuivait avec la projection d’un documentaire de 15 minutes sur le dernier exploit d’Yvan Bourgnon 
 qui deviendra prochainement un film de 52 minutes en cours de montage pour Canal Plus  ou encore un portrait de Roland Jourdain, On m’appelle Bilou, signé Nicolas Raynaud et surtout, le très attendu et applaudi Live simply, Kids for Sea, un remarquable et vivant montage synthétisant les années de voyage des Kids, tant appréciées dans Voiles et Voiliers n°535 et sur voilesetvoiliers.com grâce à une web série très réussie (épisode 1 ici).

KIds for SeaLes quatre Kids for Sea ont été les vedettes de la première soirée après la projection de Live Simply réalisé par leur père, Nicolas Fabbri. Photo @ Into the Blue

Nicolas Fabbri, sa compagne et leurs quatre enfants ont ensuite fait une apparition sur scène remarquée.

Car lors d’Into the Blue, chaque film était suivi d’une rencontre rapide avec un ou plusieurs protagonistes, animée par l’excellente Delphine Simon, journaliste et présentatrice de journaux sur la RTBF. Hélas, le timing impliquait que ces échanges soient courts, et c’était parfois un crève-cœur pour le public de ne pas pouvoir profiter plus longtemps des invités tels que la tribu Fabbri, Yvan Bourgnon, Roland Jourdain ou encore le truculent Martin Callebaut, concurrent de la dernière Mini-Transat qui a projeté un excellent court-métrage sur son parcours, Nicolas Boidevézi (pour le magnifique film de 52 minutes Maewan, free-ride aux Kouriles) ou encore les frères Staf et Piet Wittevrongel qui, depuis plus de dix ans, se sont lancés dans la remise en état de l’Askoy II et présentaient un court-métrage très amateur et imparfait sur la refonte du bateau.

Denis Van WynberghLe matin de l'ouverture d'Into the Blue, le navigateur belge Denis Van Wynbergh (ancien de la Mini, de la Route du Rhum, de la Transat Jacques Vabre... à gauche) avait présenté à la presse belge le programme qui doit le mener au départ du Vendée Globe 2020. L'occasion était trop belle pour lui de rencontrer ensuite Roland Jourdain, à propos duquel un film de Nicolas Raynaud retraçait le parcours.Photo @ Into the Blue

Ces trois derniers films furent projetés le samedi 20 janvier, journée ouverte par le toujours épatant The Week-end Sailor en présence de son réalisateur, venu spécialement pour l'occasion, le Mexicain Bernardo Arsuaga.

En l’occurrence, c’est un peu la limite de ce festival sympathique et bien organisé : la programmation. The Week-end Sailor par exemple écume tous les festivals internationaux de voile et d’aventure (il était encore projeté à Düsseldorf dimanche 21 janvier recevant un nouveau prix rès mérité, ndlr) depuis sa première projection voilà deux ans et a recueilli fort justement un nombre impressionnant de récompenses. Mais il n’a plus rien d’une nouveauté.

The weekend sailorDepuis deux ans, The Week-end Sailor écume les festivals de films liés à la mer. Et tant mieux car il ne faut pas manquer l'épopée magnifique de Sayula II dans la première course autour du monde en équipage.Photo @ The weekend sailor

De plus, les parties de journées ou de soirée ne sont pas thématiques et proposent un joyeux fourre-tout entre aventures, documentaires, course, croisière et grande croisière, aventures, biographies…
S’il demande à se perfectionner, Into the Blue est incontestablement l'un des événements culturels consacrés à la voile 
les plus réussis, la référence européenne demeurant incontestablement le festival Sail In de Bilbao (du 1er au 4 mars 2018) dont la programmation cette année  encore tenue secrète  est annoncée comme particulièrement enthousiasmante !

Into the Blue, de son côté, joue les prolongations à Anvers le 8 mars prochain sur une journée seulement avec une programmation resserrée.

Et puis pour tous les amoureux de belles histoires, l’Askoy II devrait retrouver son élément en Belgique à Zeebruges le 9 octobre prochain, jour du 40e anniversaire de la disparition de Jacques Brel !
 

Pour en savoir plus : site internet d’Into the Blue.
Pour plus d’information sur la refonte de l’Askoy II (ou effectuer un don à l’association qui a bien du mal à financer les travaux), c’est ici.
Et ici pour se tenir au courant de Sail In Bilbao.