Actualité à la Hune

Logiciel météo

Navimail 2.1.3 à l’échelle du monde

En exclusivité et en avant-première, avant sa présentation par Météo-France au Salon nautique de Paris, la nouvelle version (2.1.3) du logiciel Navimail, destiné à l'acquisition et à la visualisation de fichiers Grib, conserve toutes les améliorations des deux livraisons précédentes et la remarquable ergonomie de leur interface. Sur un fond de carte désormais vectoriel, permettant des affichages toponymiques à différentes échelles, elle intègre les gains de définition des modèles numériques de prévision, sur le monde en général et sur les DOM-TOM en particulier.

  • Publié le : 23/11/2010 - 05:59

Un affichage multicouches. La version 2.1.3 de Navimail conserve les qualités des deux livraisons précédentes à l'instar de l'affichage multicouches. Ici avec la pression, le vent et la mer totale sur l'Atlantique, issus du modèle Arpège Globe. La dissociation et les réglages de transparence des affichages restent possibles. Photo © Navimail/Météo-France (Olivier Chapuis) Après la version Navimail 2.1.2 (3 juin 2010) qui succédait elle-même à Navimail 2.1.0 (4 décembre 2009), voici Navimail 2.1.3. Ce logiciel est toujours destiné à l'acquisition instantanée et à la visualisation tout aussi immédiate de fichiers Grib d'une part (payants chez Météo-France), de bulletins météo, de cartes d'analyse et de prévision isobarique, et d'images satellite d'autre part (gratuits chez Météo-France) (se reporter aux articles précités pour les détails du fonctionnement du logiciel).

Navimail 2.1.2 apportait déjà une nette amélioration en définition sur l'Europe. On peut voir des utilisations concrètes des versions successives de Navimail 2 sur notre blog Route fond, à propos de quelques grands événements météorologiques tels que la tempête du 8 novembre 2010 ou le coup de mer du 4 mai 2010 sur la Côte d'azur et, dans les Infos à la hune, quant à l'analyse de la tempête Xynthia.

Le monde entier avec un point tous les 7,5 milles, à 9 jours ! Essentiel pour un tour du monde comme le Trophée Jules Verne ou la Barcelona World Race, le modèle européen - toujours à confronter au modèle américain GFS - est disponible dans Navimail avec une maille de 0,125° soit un point de grille tous les 14 kilomètres et des échéances jusqu'à 9 jours ! Photo © Navimail/Météo-France (Olivier Chapuis) Navimail 2.1.3 apporte un gain de définition pour le monde entier d'une part et pour les DOM-TOM d'autre part. En effet, le modèle global du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) intègre désormais dans le programme, sous l'appellation Monde, une maille de 0,125° (en latitude et en longitude). Soit, un point de grille tous les 7,5 milles (autrement dit, une donnée calculée tous les 13,89 kilomètres) et avec des échéances jusqu'à 9 jours ! Il faut certes mettre le prix pour acheter un fichier à l'échelle d'un océan mais ce modèle, comme son concurrent américain GFS, est indispensable sur un tour du monde tel que le Trophée Jules Verne, le Vendée Globe, la Volvo Ocean Race ou la Barcelona World Race, ou bien en grande croisière.

Cette résolution est encore améliorée sur tous les DOM-TOM, avec pour chacun d'entre-eux un modèle Aladin dont la maille est de 0,1°, soit un point de grille tous les 6 milles (autrement dit, une donnée calculée tous les 11,11 kilomètres). C'est une amélioration très sensible même si on reste loin d'Arome qui fait beaucoup mieux sur la métropole, avec une résolution maximale de 2,5 kilomètres, Navimail proposant pour Arome une maille de 0,025°, soit un point de grille tous les 1,5 milles (ou 2,78 kilomètres).

Les Antilles comme l’Europe. Un point de grille tous les 6 milles dans les DOM-TOM comme en Europe (à l'exception de la métropole où Arome offre une donnée calculée tous les 1,5 milles). Le champ de vent est ici suffisant pour constater que l'alizé n'a attendu que la (quasi) fin de la Route du Rhum... pour se rétablir ! Photo © Navimail/Météo-France (Olivier Chapuis) Avec ces 11 kilomètres environ, les DOM-TOM bénéficient désormais de la même définition que celle proposée par Météo-France pour l'Europe dans Navimail 2.1.3. En guise de comparaison, Aladin proposait une maille de 9,5 kilomètres mais ce modèle a maintenant disparu en métropole au profit d'Arome, celui-ci ayant connu son lancement opérationnel en prévision Marine début 2009, et ayant été intégré à Navimail à l'été 2009.

Cependant, la grande innovation de Navimail 2.1.3 est le remplacement du trait de côte par une cartographie vectorielle en deux couleurs qui permet d'afficher lisiblement la toponymie (les noms de lieux) à différentes échelles (ce que l'on peut également faire sur le fond reconstitué d'image satellite, dite topographie dans le programme) et surtout de proposer une carte à n'importe quelle échelle.

Les vagues de La Réunion passées au crible d’Aladin. Ici à La Réunion, le modèle numérique de prévision Aladin Vagues est désormais proposé par Navimail tout autour des DOM-TOM, partout dans le monde. Notez l'échelle en milles (en bas à gauche) et en kilomètres (en bas à droite) comme sur tous les autres écrans. Photo © Navimail/Météo-France (Olivier Chapuis) Ces noms de pays, d'îles, de grands caps, etc., ont le mérite de faciliter les repérages lors des requêtes et des visualisations, aux côtés des coordonnées de latitude et de longitude et de l'excellent réseau de méridiens et de parallèles. Revers de la médaille, l'ouverture du logiciel - ou plus exactement la phase de chargement des données au cours de celle-ci - s'en trouve très sensiblement ralentie... (même si le programme est à peine plus lourd que Navimail 2.1.2, 122 Mo contre 121 Mo, tandis que Navimail 2.1.0 était à 105 Mo).

Surtout, et c'est plus décevant, la base de données toponymique qui ne contient environ que 2 000 références (si elle en contenait plus, le chargement des données s'en trouverait encore ralenti) n'exploite pas toutes les échelles - comme le vectoriel le permettrait - mais seulement des niveaux d'échelle prédéterminés.

La Bretagne vectorielle (1/3). La cartographie vectorielle intègre une base de données toponymique. Celle-ci reste très modeste mais elle complète utilement les coordonnées de latitude et de longitude, et l'excellent réseau de méridiens et de parallèles, pour la localisation des requêtes et des visualisations. Photo © Navimail/Météo-France (Olivier Chapuis) À titre d'exemple, les mêmes noms sont disponibles à l'affichage depuis la Bretagne entière jusqu'à la seule pointe de Bretagne ; il faut passer à un niveau de détail plus important pour afficher les noms des îles de la mer d'Iroise qui ne changent plus jusqu'au niveau de détail de l'île d'Ouessant en plein écran. En outre, le logiciel n'exploite pas les noms dans la grande échelle cartographique (c'est-à-dire la plus détaillée). C'est, pour le coup, parfaitement normal, puisque ce n'est pas météorologiquement utile, et qu'un tel programme n'est en aucun cas un logiciel de navigation.

Enfin, autre innovation qui n'est pas un gadget, l'échelle s'affiche dans les deux coins de l'écran au bas de la cartographie avec la distance dans les deux axes, méridien et parallèle, pour la zone présente à l'écran, quel que soit le niveau de zoom, en milles dans l'angle inférieur gauche et en kilomètres dans l'angle inférieur droit.

La Bretagne vectorielle (2/3). Il faut zoomer au-delà de la pointe de Bretagne dans son entier pour qu'apparaissent de nouveaux toponymes. Ici sur les îles de la mer d'Iroise. Cependant, grâce à la cartographie vectorielle, les tracés restent nets et parlants à toutes les échelles. Photo © Navimail/Météo-France (Olivier Chapuis) Ayant évité l'écueil sur lequel se brisent nombre d'éditeurs de logiciels qui, forts de la course à la puissance informatique, transforment leur bonne idée initiale en usine à gaz pléthorique, les concepteurs de Navimail ont porté ce logiciel gratuit à maturité, avec très peu de bogues constatés. Navimail 2.1.0 avait marqué la vraie révolution de ce programme développé par Patrick Le Lay avec toute une équipe de Météo-France (essentiellement au sein de la direction de la Prévision de la division Marine et Océanographie), la version 2 de Navimail ayant été lancée au Salon nautique 2008 et améliorée dès les mois qui suivirent.

La Bretagne vectorielle (3/3). On le voit clairement avec le détail de l'île d'Ouessant. La cartographie dans Navimail 2.1.3 ne doit en aucun cas servir à naviguer. D'où l'absence de toponymes (et de tout élément hydrographique) à grande échelle (c'est-à-dire très détaillée au sens cartographique du terme). Photo © Navimail/Météo-France (Olivier Chapuis) Rappelons qu'avant les requêtes de fichiers Grib, l'utilisation de Navimail nécessite une inscription préalable sur l'espace Pro du site de Météo-France pour créditer son compte, suivant un système de forfaits, dont le coût a connu une baisse très importante en décembre 2009. Reste à continuer cette politique de baisse tarifaire des données entamée début 2009... En attendant, cette nouvelle version de Navimail 2.1.3 ne sera pas en ligne avant le Salon nautique. Elle sera alors à télécharger ici.