Résumé de l'épisode précédent. Les peintures à l'eau pour une utilisation marine débarquent sur le marché, aussi avons-nous testé la première gamme disponible chez Plasticoque. Avant de passer la laque proprement dite, nous avons appliqué un primaire d'accrochage, lui aussi en phase aqueuse, destiné à opacifier la surface à peindre et à permettre l'accrochage de la peinture. Après nettoyage des rouleaux et bacs - à l'eau évidemment -, voici le deuxième épisode, le passage de la laque Plastilaque. Avant l'épreuve du robinet ! Explications en images.
Note :
La Plastilaque 380, pour quoi faire ? Pour une laque de coque...
Photo © D.R.
Quelle que soit sa formulation ou sa marque, la qualité finale d'une laque dépend d'abord de la qualité de préparation du support.
Pour recouvrir des planchers en contreplaqué ainsi qu'un tube en carbone de bout-dehors et son étrier de pont, nous avons passé au préalable un apprêt universel de la gamme Plasticoque qui, comme les nouvelles laques, se dilue à l'eau. Ce produit baptisé Plastiprim'O nous a donné toute satisfaction (voir l'article précédent ici.)
Pour recouvrir nos panneaux tests, nous avons choisi d'appliquer une laque polyuréthane bi-composant, la Plastilaque 380. Il existe également dans la gamme l'équivalent en mono composant, plus simple à appliquer puisque prête à l'emploi. L'intérêt principal d'une bi composante est d'obtenir une plus grande dureté après séchage complet et un excellent tendu.
... ou pour recouvrir des planchers ou toute pièce en composite.
Photo © Pierre-Marie Bourguinat
Après un égrenage du support à la ponceuse (au grain 240) et un bon dépoussiérage, nous étions donc prêts pour deux séances de peinture, l'application en deux couches étant un minimum dans le cas d'une laque polyuréthane...
Mais il a finalement fallu pas moins de quatre couches pour obtenir un résultat satisfaisant, avec un retour à la case départ au bout de la première et une opération de ponçage intermédiaire en prime !
Des applications variées
La peinture polyuréthane à l'eau est véritablement multi-supports, puisqu'elle peut être aussi bien utilisée pour une laque de coque que pour recouvrir des planchers ou des pièces en composite comme ce tube de bout-dehors en carbone et son étrier stratifié (voir photo) destiné à être rapporté sur le pontage avant d'un petit trimaran de croisière. Pour chacune de ces pièces, le même primaire est utilisé.
> Préparation et passage de la laque polyuréthane
La laque est présentée en deux composants distincts, base et durcisseur. Le rapport de mélange doit être strictement respecté (ici 4 pour 1) à l'aide d'un gobelet doseur.
Photo © Pierre-Marie Bourguinat
1. Préparation
- La laque est présentée en deux composants distincts, base et durcisseur.
- Le rapport de mélange doit être strictement respecté (ici 4 pour 1) à l'aide d'un gobelet doseur.
- Compte tenu du prix de ces laques, il est recommandé de les appliquer sur des surfaces relativement importantes, et non pour de simples retouches, car le dosage suppose un certain volume pour être précis.
Avant de diluer, il faut veiller à avoir parfaitement mélangé base et durcisseur.
Photo © Pierre-Marie Bourguinat
2. Dilution
- Avant de diluer, il faut veiller à avoir parfaitement mélangé base et durcisseur.
- En première approche, nous avons dilué à l'eau du robinet notre laque à 10% du volume. C'est la recommandation de base inscrite sur le pot.
- Une fois la laque diluée, bien homogénéiser dans le pot et laisser reposer quelques minutes, le temps que disparaissent les petites bulles d'air qui se forment à la surface lors de l'agitation du mélange.
Sur les conseils de Plasticoque, nous avons utilisé un rouleau en mousse et non pas en velours "spécial laque".
Photo © Pierre-Marie Bourguinat
3. Roulez bien !
- Sur les conseils de Plasticoque, nous avons utilisé un rouleau en mousse et non pas en velours "spécial laque".
- Une fois la laque déposée sur le rouleau (utiliser un bac où on peut disposer le rouleau à l'horizontale et ne surtout pas le tremper verticalement dans un gobelet doseur), il faut bien homogénéiser l'épaisseur en roulant sur un carton ou une grille.
Il ne faut pas chercher à couvrir absolument dès la première passe de Plastilaque 380.
Photo © Pierre-Marie Bourguinat
4. Application de la première couche
- On commence d'abord à rouler sur les chants, puis sur le support lui-même.
- Il ne faut pas chercher à couvrir absolument dès la première passe.
- En revanche, il faut veiller à déposer une quantité homogène, avant de faire confiance à la laque polyuréthane qui, en théorie, se tend d'une manière remarquable une fois appliquée.
- La deuxième couche pourra être passée entre 24 et 48 heures après l'application de la première, mais pas au delà.
Après séchage, le rendu de cette première couche s'avère décevant : on voit apparaître des traces dans les sens de passage.
Photo © Pierre-Marie Bourguinat
5. Rendu de la première couche
- Après séchage, le rendu de cette première couche s'avère décevant. On voit apparaître des traces dans les sens de passage, comme si la peinture avait refusé de s'appliquer sur ces zones qui correspondent aux passes de rouleau.
- Vu l'écart d'épaisseur, nous avons préféré déglacer l'ensemble à la ponceuse (au grain 240 à 320), ce qui n'est possible qu'après 48 heures de séchage, et repartir sur une base homogène.
Le résultat avec 25% de dilution est nettement meilleur.
Photo © Pierre-Marie Bourguinat
6. Application de la seconde couche
- Après avoir alerté le fabricant sur ces problèmes, il nous a conseillé de diluer davantage la laque. La dilution à 10% semblerait insuffisante - en effet, lors de la première utilisation, la peinture nous avez semblée assez visqueuse pour une laque. Le résultat avec 25% de dilution est nettement meilleur. La laque se tend uniformément, le brillant est au rendez-vous.
- Mais, revers de la médaille, elle couvre peu et des transparences subsistent, qui nécessitent un troisième passage. Grrr !
Pour un résultat excellent, nous passons la quatrième couche. Quel boulot, me direz-vous !
Photo © Pierre-Marie Bourguinat
8. Application de la troisième... et de la quatrième couches
- Troisième couche, la bonne, se dit-on ! Sans être passé par une nouvelle phase de ponçage, on choisit la même dilution (25%) et la tension de la laque est toujours excellente.
- A certains endroits, des microbulles se forment lors de l'application, mais la très grande majorité disparaît lors du séchage (seuls quelques cratères microscopiques restent).
- En revanche, le fait que certaines traces demeurent encore visibles en pleine lumière commence à être agaçant ! Renseignements pris auprès de peintres, le jaune est connu pour être la couleur la moins couvrante... D'autre part, la législation interdit depuis deux ans aux fabricants d'utiliser des pigments naturels chargés de plomb. La Plastilaque (qu'elle soit solvantée ou à l'eau) est donc chargée de pigments synthétiques, au pouvoir opacifiant nettement plus faible. A méditer si vous cherchez quelle couleur donner à votre coque !
- Pour un résultat excellent, nous passons la quatrième couche.
- Quel boulot, me direz-vous ! Et quel coût ! Car le rendement au m2 annoncé chute sensiblement du fait de cette multiplication des passes.
Après avoir attendu 48 heures, nous ne résistons pas à passer nos panneaux de planchers sous l'eau du robinet...
Photo © Pierre-Marie Bourguinat
9. Le test de l'eau
- Après avoir attendu 48 heures, nous ne résistons pas à l'envie de passer nos panneaux de planchers sous l'eau du robinet. Excellente nouvelle : comme annoncé, la peinture est définitivement prise. L'eau perle sur le support parfaitement lisse. Aucun indice de détrempage n'apparaît.
- Quant au rouleau, nettoyé à l'eau après chaque passe, il apparaît comme neuf après séchage et pourrait être utilisé pour appliquer une laque de couleur complètement différente.
Prochain épisode : la comparaison entre la laque en phase aqueuse et l'équivalent solvanté, appliqués dans le cockpit du bateau. Ce test équipement est à retrouver dans le numéro de septembre de Voiles et Voiliers, en kiosque le 17 août.
Plastilaque 380, laque polyuréthane bi -composante en phase aqueuse.
Rendement théorique : 8,4 à 9,6 m2 / litre.
Rendement observé : 4 m2 / litre.
Aspect : brillant.
Teintes : blanc + 22 teintes. Possibilité de contretyper une teinte sur échantillon.
Points de vente : ships et coopératives maritimes.
Prix conseillé : 62,50 € en 0,75 l en blanc.
Retrouvez le précédent bilan, ici.
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Plastilaque 380 à l'eau |
Plastilaque 340 solvantée |
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Odeur Prix |
Très faible 62,50 € |
Agressive (masque obligatoire) 59 € |
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