Actualité à la Hune

Vu au Salon nautique 2009

Souriez, MaxSea vous suit à la trace !

Deux ans après son lancement, le logiciel de navigation MaxSea Time Zero en est à sa version 1.8, présentée au Salon. Elle comporte des développements intéressants. Certains sont en prise directe avec le Net et l'interactivité. D'autres avec les grandes manoeuvres du marché de la cartographie électronique... dont nous révélons ici les enjeux et les dessous.

  • Publié le : 12/12/2009 - 00:07

MaxSea Time Zero 1.8 est arrivé. Clin d'oeil à Michel Desjoyeaux - l'enfant de la Vallée des Fous, que baigne la baie de la Forêt - voici une superposition 3D de cartographie scannée et de photo satellitaire dans MaxSea Time Zero 1.8. (Cliquez sur l'image pour l'agrandir comme pour toutes les suivantes). Photo © Maxsea Time Zero MaxSea Time Zero avait fait parler de lui en début d'année 2009, avec le prototype de sa version 1.5 personnalisée dont Michel Desjoyeaux était le seul à disposer lors du Vendée Globe et que nous avions présentée en avant-première et en exclusivité sur notre blog Route fond. En cette fin d'année, c'est la version 1.8 de MaxSea Time Zero qui tourne en boucle au Salon nautique sur le stand de MaxSea (hall 2.1, stand B 11). Avec quelques nouveautés.

Commençons par celles liées à Internet. Lorsque l'ordinateur est connecté au réseau (donc plutôt en ADSL, voire en WiFi, mais pas à bord sauf pour ceux ayant vraiment les moyens, ndr), MaxSea Time Zero accède directement à la bibliothèque de photos de Panoramio, le service en ligne de Google, dont la base de données centralise les images proposées par la communauté des utilisateurs. Celles-ci apparaissent alors à l'écran, complétant l'information cartographique ou photographique qui est disponible par défaut. Cette fonctionnalité est un premier pas vers un service qui devrait enrichir la cartographie électronique, les Points Of Interest (POI) en ligne.

Les POI : des Points Of Interest bien intéressants ! Connecté au web, MaxSea Time Zero 1.8 accède directement à Google/Panoramio. Sa base de données affiche alors les images, complétant l'information cartographique/photographique disponible par défaut. En outre, une nouvelle fonction permet d'associer à la trace les photos numériques prises à bord. Photo © Maxsea Time Zero Plus intéressant, parce que plus réaliste à mon avis pour une utilisation autonome en mer, une nouvelle fonction de MaxSea Time Zero 1.8 permet d'associer à la trace (en fonction des dates et des heures) les photos numériques prises à bord. C'est non seulement un moyen de revivre d'une façon conviviale les phases successives d'une navigation - souriez vous êtes filmés ! - mais aussi un enrichissement du journal de bord électronique, en plus de toutes les données du réseau des instruments, enregistrées automatiquement, et des commentaires saisis manuellement sur les calques des cartes électroniques.

Le routage en toute confiance. Dans sa version Pro, le module Routage - dont l'algorithme a fait la réputation et le succès de MaxSea auprès des coureurs - intègre les indices de confiance et les fameuses SailSet que nous avions dévoilées lors du Vendée Globe. Photo © Maxsea Time Zero Intégrant l'indice de confiance et les fameuses SailSet que nous avions dévoilées lors du Vendée Globe, le module Routage qui a construit la renommée de MaxSea continue d'évoluer afin de l'amener progressivement au niveau auquel il était parvenu dans la version professionnelle de MaxSea 12 qui fut la référence de la course au large pendant des années. Il prend ainsi désormais en compte la gestion et l'édition des polaires et l'affichage des laylines... Quant à l'affichage du vent, il est proposé aussi en isolignes, comme on le fait traditionnellement pour la pression atmosphérique.

Le vent en isolignes. Parmi les évolutions proposées pour l'affichage des données, le vent est désormais disponible en isolignes, outre les traditionnelles barbules et autres couches de couleurs. Photo © Maxsea Time Zero Les fichiers Grib dont les données sont exploitables directement dans le logiciel (pression atmosphérique réduite au niveau de la mer, vent moyen à dix mètres, houle, température de l'eau...) sont complétés avec la température de l'air, les nuages ou la pluie. Cela pourrait paraître superflu mais ce n'est pas inintéressant en croisière, voire même d'un point de vue < culture météo >, à condition de croiser ces informations avec ses propres observations.

L'interface proprement dite évolue également avec le contrôle magnéto pour les animations, la personnalisation des listes et des menus, comme des rubans et des barres d'outils, ou la représentation des objets. Point important, compte tenu des difficultés que les développeurs des différents logiciels de navigation ont pu rencontrer avec Windows Vista, cette version 1.8 est compatible avec Windows 7 et Windows 64 bits Vista et 7.

Un fonds cartographique inégalé. Pour illustrer cette diversité du fonds cartographique, la même image de la baie de la Forêt que celle en ouverture de cet article, dans MaxSea Time Zero 1.8. Mais cette fois avec une superposition de cartographie vectorielle et de photo satellitaire (toujours en 3D). Photo © Maxsea Time Zero Enfin, il nous faut parler ici des grandes manoeuvres qui se sont déroulées cet automne sur l'énorme marché de la navigation et de la cartographie électroniques, lequel dépasse largement le cadre de la navigation de plaisance et de la mer. L'éditeur de logiciels Nobeltec (États-Unis) qui avait été racheté en 2001 par son compatriote Jeppesen, leader mondial des données de navigation aéronautique et lui-même propriété de l'avionneur Boeing, appartient depuis le 1er octobre dernier à MaxSea.

La Rochelle en cartographie scannée. Afin de prolonger le précédent exemple, voici La Rochelle avec une cartographie scannée (raster en anglais) provenant du fonds de MapMedia (ici des données SHOM) qui est désormais au format mm3d. Photo © Maxsea Time Zero Plus exactement au holding Signet qui regroupe MaxSea et MapMedia - sa société soeur, spécialisée en cartographie électronique - Signet étant lui-même en partie détenu par le Japonais Furuno, géant de l'équipement électronique maritime. Cette opération (confirmant l'importance historique du marché américain, pour Brice Pryszo, président de Signet et fondateur de MaxSea en 1985, une réussite française exceptionnelle, basque en l'occurrence... sur un marché devenu mondial !) ouvre de nouveau le catalogue C-Map à MapMedia, donc à MaxSea Time Zero (MaxSea pouvait aussi tourner avec des cartes C-Map avant MaxSea Time Zero... alors que C-Map n'avait pas le même propriétaire ; ce retour de C-Map chez MapMedia n'est cependant pas une exclusivité MaxSea et l'on retrouve bien sûr ces cartes sur d'autres logiciels). Propriété de Jeppesen depuis début 2007, C-Map est le plus grand éditeur mondial de cartes vectorielles (vector) pour la navigation maritime.

La Rochelle en cartographie vectorielle. La même en cartographie vectorielle et toujours au format mm3d. Celui-ci est la base de la cartographie 3D, généralisée avec NavNet 3D et MaxSea Time Zero. Mais, comme dans l'image précédente, la visualisation est ici en 2D (c'est-à-dire en vue en plan comme dans la cartographie classique). Photo © Maxsea Time Zero En complément du catalogue mm3d, pour MaxSea Time Zero et NavNet 3D de Furuno, et des données vectorielles Datacore de Navionics ou à la norme S57 des services hydrographiques (ce sont les cartes marines électroniques officielles comme celles produites par le SHOM, entre autres, et également vendues par l'organisme PRIMAR), MapMedia dispose donc désormais des données C-Map/Jeppesen.

Et la société continue à proposer ses remarquables cartes scannées (raster) provenant des mêmes services hydrographiques (SHOM, UKHO c'est-à-dire l'Amirauté britannique... comme les données vectorielles d'ailleurs car seuls les services hydrographiques officiels ont les moyens de faire des levés sur le terrain, dont ils vendent les données aux éditeurs privés contre des royalties). L'offre de MaxSea/MapMedia est ainsi inégalée pour un groupe intégrant les logiciels de navigation d'une part et la cartographie d'autre part, en édition comme en diffusion. Un sacré atout dans le monde des données numériques en mouvement perpétuel !

La Rochelle en photo superposée à la carte. La superposition de la photographie satellitaire ou aérienne, de type Ortholittorale 2000, est devenue classique (ici par-dessus la carte scannée). L'utilisateur peut jouer d'un clic entre toutes ces données en fonction de ses besoins et passer de la 2D à la 3D ou inversement. Photo © Maxsea Time Zero Retrouvez le dossier Spécial Nautic réalisé par Ouest-France, ici.