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GRANDE CROISIÈRE EN POLYNÉSIE

36 mois de route en paradis

En Polynésie française, les bateaux étrangers peuvent séjourner au maximum 36 mois en bénéficiant d’une exonération des droits et taxes à l’importation. Dans le cadre de la stratégie de développement du tourisme 2015-2020, le ministre du Tourisme a souhaité mettre en place une «Route des 36 mois» pour valoriser la destination auprès des plaisanciers de passage.
  • Publié le : 18/04/2018 - 15:30

36 mois de route en paradisLe lagon de Tahaa et Raiatea, dans l'archipel de la Société, un must des navigations de l'océan Pacifique.Photo @ Bertrand Duquenne

La «Route des 36 mois», projet du ministère du tourisme polynésien, prend forme. Cette route est destinée à offrir aux plaisanciers de passage de quoi visiter les cinq archipels du territoire (Marquises, Tuamotou, Société, Gambier et îles Australes) en sécurité et avec tout le confort attendu sur une période de 36 mois.

Elle s’entend comme un référentiel d'aménagement et de structuration de la plaisance touristique (et par débordement de la plaisance en général) en Polynésie française : services dédiés, infrastructures d'accueil, réglementations et formations… pour les différents archipels. Et cela permet de dresser un véritable état des lieux, des flux, des besoins… Le service du tourisme a ensuite défini des priorités, et ce référentiel a vocation à guider l'action publique, tant à l’échelle de la Polynésie en général que des communes concernées. Une fois structurée et les principaux aménagements réalisés (idéalement à l'horizon 2020), l’idée sera d'inciter les visiteurs à prolonger leur séjour, au-delà d'une, voire deux saisons consécutives. Et ce par le biais de plusieurs routes laissées à l’appréciation du visiteur.

La période retenue pour la route – ces fameux 36 mois – tient compte des dispositions douanières locales. En effet, les navires de plaisance – et non les passagers et équipages, qui demeurent soumis aux règles d'immigration et de séjour pour les étrangers – peuvent rester trois ans sans avoir à payer de droits et taxes à l’importation et après avoir effectué des formalités obligatoires (sous réserve du respect de certaines conditions).

36 mois de route en paradisMouillage tranquille à Ua Pou, aux îles Marquises.Photo @ Delphine Barrais

Une stratégie en quatre points

Quatre axes stratégiques vont façonner cette route des 36 mois. Le premier concerne la structuration. Un comité technique de la plaisance, composé de décideurs publics politiques et administratifs, de gestionnaires d’établissements publics, de professionnels du secteur privé et d’associations doit être constitué pour suivre les différents travaux et orienter les priorités.
Le deuxième est relatif au développement des infrastructures nautiques et maritimes dans les cinq archipels avec, d’abord, les infrastructures majeures (création de ports de plaisance stratégiques dans les archipels) puis l’aménagement de débarcadères et de marinas, et ensuite l’organisation de zones de mouillages. Les cinq groupes d’îles sont concernés. 

36 mois de route en paradisDans la stratégie mise en place pour inciter les navigateurs à passer trois ans dans les eaux polynésiennes, le développement des ports de plaisance locaux tient une place importante. Photo @ Delphine Barrais
Le troisième axe concerne l’information et la communication dédiées, que ce soit auprès des voyageurs, visiteurs et touristes, mais également à destination des populations impactées directement par ce développement. Il s’agit à la fois de communiquer sur la diversification des escales, sur les dispositifs d’accueil, les droits et devoirs, et tout simplement sur le vivre ensemble entre les différentes populations. 
Le dernier enfin, doit permettre de développer les services aux plaisanciers, notamment l’accès à Internet. L’offre en carénage et hivernage, qui a connu une croissance importante ces cinq dernières années, doit pouvoir continuer à évoluer, à la fois en capacité d’accueil et de traitement, mais également en qualité et standards internationaux, notamment environnementaux.

Concrétisation en 2018

Les phases de mises en œuvre doivent être initiées dès cette année, d’abord avec la constitution du comité technique ou comité de pilotage, et d’autre part avec des études préparatoires aux premiers travaux d’envergure en matière d’infrastructures pour la création des ports de plaisance principaux dans les îles. Ce projet s’inscrit dans le cadre de la stratégie de développement du tourisme 2015-2020 établie par le ministère du Tourisme. Et s’il s’intéresse au secteur de la plaisance, c’est qu’il est porteur. Chaque année, ses retombées économiques atteignent jusqu’à 1 milliard de francs Pacifique (8 millions d’euros). Une note de l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM) d’août 2016 affirme que «certaines activités matures, comme la pêche et la perliculture, sont à la recherche d’un second souffle ; d’autres, comme la plaisance, ont un poids économique croissant et prometteur».

36 mois de route en paradisCette photo, prise lors de la Tahiti Pearl Regatta 2017, est bien représentative de ce qui attend les candidats à la grande croisière en Polynésie.Photo @ Bertrand Duquenne

40 % en cinq ans

La plaisance représente 2 630 visiteurs en 2015 (+40 % sur cinq ans), soit 1,5 % du volume touristique. On estime à près de 800 le nombre de bateaux de plaisance ayant effectué un séjour en Polynésie française en 2015. Bien que leurs dépenses journalières, centrées sur l’alimentation et la maintenance, soient plus faibles que celles des croisiéristes, les retombées économiques restent très significatives du fait d’une durée de séjour plus longue – supérieure à 90 jours pour plus de la moitié d’entre eux. De plus, elles se font sur des îles moins visitées par les touristes «classiques», avec 84 % des plaisanciers visitant au moins trois des archipels polynésiens. Stéphane Renard, coordinateur du Tahiti Cruise Club et du Cluster maritime de Polynésie française, précise que «ce sont en majorité des voiliers, qui empruntent un trajet usuel : entrée par les îles Marquises, passage par l’archipel des Tuamotu, puis par Tahiti et sortie par les îles SousleVent et BoraBora».

 


36 mois de route en paradisUn terrain de jeu extraordinaire que celui de la Polynésie dont les différents archipels s'étendent sur une surface grande comme l'Europe.Photo @ DR

La Polynésie, bourlinguer sur un territoire grand comme l’Europe

En 36 mois, les plaisanciers ont devant eux un plan d’eau paradisiaque et gigantesque.
Voici la situation des archipels.
- Les Marquises (Henua’enana ou Fenua Enata) se trouvent à 810 milles nautiques de Tahiti dans l’archipel de la Société (Totaiete ma).
- L’archipel des Tuamotu (Te Mau Motu Tuamotu) se trouve à mi-distance entre les Marquises et Tahiti. Il s’étend sur 860 miles nautiques du Nord-Ouest au Sud-Est et compte 76 atolls, dont les plus connus sont Rangiroa, Manihi et Fakarava. L’atoll d’Ana’a, par exemple, se trouve à 230 milles nautiques à l’Est de Tahiti.
- Mangareva, aux Gambier, se trouve à 863 milles de Tahiti, à l’Est. Si l’archipel des Gambier (Mangareva Ma) correspond bien à une entité culturelle et linguistique, ses îles sont administrées par les Tuamotu, on parle des Tuamotu-Gambier.
- L’archipel des Australes (Tuha’a Pae) compte cinq îles qui s’étendent au sud de Tahiti, sur un arc qui les place à une distance entre 320 et 700 miles de Tahiti. Raivavae, par exemple, est à 340 miles au sud-est de Tahiti.

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