jeudi 29 juillet 2010

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Rallyes à la voile

L’union fait la force !

Pas toujours facile de se lancer dans une traversée au long cours ! Les rallyes offrent pourtant la possibilité de se rendre partout avec le soutien d’une organisation. Sécurité, solidarité et convivialité en sont les maîtres mots.

  • Par Matthieu Cotinat
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  • Publié le : 18/11/2009 17:02
Les paysages paradisiaques, comme ici le Cap Vert, et la découverte d’autres cultures font partie de l’esprit des rallyes. Les paysages paradisiaques, comme ici le Cap Vert, et la découverte d’autres cultures font partie de l’esprit des rallyes.
Photo © D.R. (Rallye des îles du Soleil)
Peur de partir seul à la conquête de l’Atlantique ou d’un tour du monde ? Manque d’expérience, de connaissances ou crainte de se retrouver isolé dans un milieu parfois hostile ? Il existe une solution : les croisières en flottille avec le soutien logistique et administratif d’une association ou d’une entreprise, les rallyes. Aux amateurs de compétition, un avertissement pourtant : il ne s’agit pas d’une course ! Ce qui n’empêche pas d’ajuster le réglage de ses voiles quand un autre participant est en vue...
L’ARC (L’Atlantic Rally for Cruisers) réunit plus de 200 voiliers pour une transatlantique sportive ou détendue, c’est selon, puisqu’il y a deux catégories pour participer. L’ARC (L’Atlantic Rally for Cruisers) réunit plus de 200 voiliers pour une transatlantique sportive ou détendue, c’est selon, puisqu’il y a deux catégories pour participer.
Photo © Claire Pengelly (World Cruising Club 2008)
Et le succès de ces rallyes est au rendez-vous ! Le plus célèbre d’entre tous, l’ARC (l’Atlantic Rally for Cruisers organisé par le World Cruising Club basé en Angleterre) réunit cette année plus de 200 bateaux pour une transat de 2 700 milles entre les Canaries et les Caraïbes.
En France, nous ne sommes pas en reste : dix rallyes de ce type (voir tableau récapitulatif proposé ci-dessous en format PDF téléchargeable librement) proposent, entre autres, de réaliser la Route du jasmin (entre Toulon et la Tunisie), la Route de Malte, la Transat des Passionnés ou encore des traversées au long cours, comme le Rallye des îles du Soleil. Au programme de cette aventure de six mois, rien de moins que les Canaries, le Maroc, le Sénégal, le Cap vert avant de rejoindre le Brésil et de finir par une remontée sur 11 000 kilomètres de l’Amazone.
 




«Seul en plein milieu de l’Amazonie, il y a de quoi flipper !», s’exclame Daniel Guénichon, un retraité de 62 ans qui a participé au Rallye des îles du Soleil 2008-09 (40 bateaux). «En Amazonie, grâce au soutien logistique (NDLR : une équipe de plongeurs, des pompiers et un bateau d’assistance), j’ai pu aller à terre sans crainte pendant deux jours en laissant mon Oceanis 44 au mouillage alors que le courant et les marées sont forts à l’embouchure de l’Amazone.» Daniel avait déjà traversé l’Atlantique en 2003, mais sans aide extérieure et à ses yeux la principale différence entre ces deux expériences, c’est «la sécurité du bateau lors des escales». De fait, naviguer en flottille rassure. Dans la plupart des rallyes, chaque bateau possède un Iridium, une balise et profite d’un système de tracking (positionnement par satellite). En cas de galère, l’autre n’est donc jamais bien loin.
Dreamcatcher, un Swan 82 S, a remporté l’édition 2008 de l’ARC… Mais la compétition n’est pas la priorité dans un rallye : détente et plaisir de naviguer avant tout ! Dreamcatcher, un Swan 82 S, a remporté l’édition 2008 de l’ARC… Mais la compétition n’est pas la priorité dans un rallye : détente et plaisir de naviguer avant tout !
Photo © Tim Wright (World Cruising Club 2008 / www.photoaction.com)
«Quand on arrive dans un port, il n’y a pas à se soucier pour trouver une place !», s’enthousiasme Hubert Mottard, un participant de la Bordée Maltaise 2009. Un luxe, quand on sait le nombre de bateaux qui croisent aux Antilles, aux Canaries, ou en Méditerranée... D’autant que toutes les formalités administratives sont gérées par l’organisation du rallye.
On compte quelques familles parmi les participants des rallyes même si la majorité est des retraités. Italiens, Danois, Britanniques, Français… les nationalités représentées sont nombreuses ! On compte quelques familles parmi les participants des rallyes même si la majorité est des retraités. Italiens, Danois, Britanniques, Français… les nationalités représentées sont nombreuses !
Photo © Tim Wright (World Cruising Club 2008 / www.photoaction.com)
Qui dit rallye dit aussi convivialité ! L’escadre de navires constitue une véritable petite famille. Les participants se retrouvent lors des escales pour faire la fête et échanger sur les péripéties du voyage.
La seule ombre au tableau – mais c’est le propre de tout voyage organisé – reste le manque d’indépendance. Il faut se plier aux dates fixées par l’organisation. Pas toujours le temps donc de profiter d’un endroit autant qu’on l’aurait souhaité... Et comme le dit Daniel Guénichon : «Quand on débarque à 70 dans une communauté de 200 personnes en Amazonie, on se dit qu’on n’est pas vraiment des aventuriers… Mais tout dépend de ce qu’on recherche !»

Qui les rallyes attirent-ils ?
«La Transat des passionnés n’est pas une transat de papis !» insiste Marie Odile de Dreuille, la responsable du Club des passionnés de voile. Même si les participants aux rallyes sont en majorité des retraités et plus rarement des familles.
D’après Jo Minetti, le créateur et l’organisateur de la Route du jasmin, «Les rallyes représentent bien ce qu’est la plaisance en France.» Comprendre que les rallyes nécessitent du temps et de l’argent – quoi qu’il y en ait pour tous les portefeuilles, puisque les prix vont de 300 à 8 500 euros. L’inscription couvre les frais d’organisation (dossiers, visas, taxes, bourses des équipiers), le coût des anneaux lors des escales et toute la logistique (balise de suivi, encadrement).
Touristique, culturel ou engagé
: chaque rallye a en effet sa vocation comme les Voiles du partage organisées par l’association Ciotat Africa. Pour la première édition, ce sont sept bateaux qui ont appareillé de la Ciotat début octobre. A leur bord, une cargaison un peu spéciale : du matériel scolaire et médical pour le Maroc et le Sénégal. «Cette année nous avons limité le nombre de bateaux, mais pour la prochaine édition, nous avons la volonté de faire quelque chose de plus costaud», confie Gilles Gaillard, le trésorier de l’association.
Autre exemple significatif : le Sea Planet Challenge. Il fera son apparition l’année prochaine. Jean-Yves Chauve, le célèbre médecin de la course au large, et Denis Horeau, directeur de courses, sont à l’origine de cet événement qui a une résonnance particulière. Il s’agit en fait d’une transat "verte". Les participants doivent limiter leur impact sur l’environnement et éviter d’utiliser des produits polluants, y compris côté antifooling... En sus, chaque bateau se verra confier une mission : observer la faune et la flore, mesurer la pollution ou encore tester du matériel lié aux énergies renouvelables...
Bref, en matière de périples organisés, il y a largement de quoi faire son choix…
M.C.

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