Actualité à la Hune

ARC 2016

Bon départ de Las Palmas

La transhumance automnale vers les Antilles est dorénavant lancée avec ce – toujours – impressionnant lâcher de voiliers de grande croisière qui viennent de quitter les «îles enchantées» des Canaries, cap à l’Ouest vers Sainte-Lucie dans un alizé encore peu actif. Rendez-vous dans trois semaines sous les cocotiers !
  • Publié le : 21/11/2016 - 14:52

Départ ARC 2016212 voiliers ont pris dimanche 20 novembre le départ de la 31e édition de l'ARC.Photo @ Jean-Luc Gourmelen

Depuis une semaine, les 1 307 plaisanciers des 212 voiliers inscrits à cette 31e édition de l’Atlantic Rally for Cruisers (ARC) s’activaient à qui mieux mieux dans la marina de Las Palmas aux Canaries. Check-lists qui s’allongent, participations aux divers séminaires, vérifications techniques, approvisionnements de dernière minute au marché local… ça courait de tous les côtés, toute la journée, sans oublier les soirées festives et parfois à thème qui permettent de fraterniser avec les collègues de ponton, issus de 31 nationalités différentes. Et puis, le jour J finit évidemment par arriver, en ce dimanche 20 novembre, alors que la météo locale a revêtu ses plus beaux atours. Contrairement aux deux années précédentes, perturbées par le passage de fronts pluvieux, pas un nuage à l’horizon et un petit flux de 10-12 nœuds de Nord-Est tout à fait sympathique qui incite à hisser spis et gennakers dès la ligne de départ franchie.

A 12 heures 30 UTC, les 29 multicoques sont les premiers à s’élancer en laissant le bateau comité sur tribord. Ceux-ci étant moins manœuvrant que les monocoques, il est préférable qu’ils aient suffisamment de place pour effectuer les envois de voiles à leur aise. Mais il ne faut pas croire que l’esprit de compétition soit absent, puisque voici les deux étraves de Nemo qui viennent griller la politesse à ses camarades de classe. Ce qui n’est guère étonnant, sachant que le skipper de cet Outremer 5X n’est autre que Knut Frostad, navigateur professionnel de très haut niveau, qui vient de quitter la barre de la Volvo Ocean Race pour la confier à Mark Turner et prendre celle de ce catamaran construit à La Grande-Motte, en route pour deux années sabbatiques (au moins ?) avec femme et enfants.

Nemo ARC 2016Bon départ pour cet Outremer 5X skippé par l'expérimenté norvégien Knut Frostad, ancien grand patron de la Volvo Ocean Race !Photo @ Jean-Luc Gourmelen

Sauf que pour la transat, il s’est entouré d’un équipage «commando» de copains avec qui il a déjà beaucoup navigué, que ce soit sur des VOR ou des ORMA 60. Les étraves risquent donc de fumer ! Cela dit, la concurrence n’est pas en reste puisque voici Allegra, un tout nouveau 78 pieds sur plans Nigel Irens. Du côté des catas de croisière, on note un Lagoon 42 nouvelle version avec son mât plus en arrière et ses voiles Incidence, deux Leopard 48 aux roufs proéminents qui disposent d’une ouverture centrale avant vers le trampoline, ainsi que le SC48 Hanna, construit en aluminium chez Garcia.

Un quart d’heure plus tard, les 34 inscrits en IRC laissent le bateau comité sur bâbord et longent le périphérique de Las Palmas, avec le VOR70 Trifork et le Swan 46 Aphrodite en tête, mais poursuivis par le redoutable maxi Rambler 88, dont c’est la première participation à l'ARC. Lui, son but, c’est le record de l’épreuve, détenu depuis l’an dernier par le VO 65 Team Brunel en 8 jours, 7 heures et 39 minutes. Enfin, à 13 heures précises, vient l’heure de la libération pour les 152 monocoques de croisière hauturière, qui représentent ainsi 70 % de la flotte : des petits, des gros, des minimalistes, des suréquipés… Il y a de tout dans cet inventaire à la Prévert de voiliers du monde entier dont la majorité des équipiers n’a encore jamais réalisé une traversée océanique non-stop de 2 800 milles. Ce qui devrait leur prendre entre 18 et 21 jours, selon la manière dont ils négocieront la zone de basse pression qui se trouve au beau milieu de la route. Soit ils suivent l’orthodromie en passant à son Nord, mais il y a un risque de vents faibles sur la fin, soit ils descendent au Sud «until the butter melts» (jusqu’à ce que le beurre fonde) comme disent les Anglais, en rallongeant certes la route, mais en bénéficiant d’alizés de bout en bout…

Rambler 88 ARC 2016Le maxi Rambler 88, nouveau venu sur cet événement, rejoint le circuit d’hiver aux Caraïbes en espérant bien battre le record de l’ARC en chemin…Photo @ Jean-Luc Gourmelen

Quoi qu’il en soit, ils retrouveront à Rodney Bay (Sainte-Lucie) leurs 71 camarades de l’ARC+, partis quinze jours plus tôt de Las Palmas vers Mindelo (Cap-Vert) où ils ont effectué une escale de quelques jours avant de reprendre la mer dans un alizé pas encore très soutenu.