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Carnet de bord d’un novice au long-cours (5)

Notre (dur) retour à la réalité

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  • Publié le : 29/03/2011 - 06:48

Adeus, Brasil! Quitter le Brésil pour la Guyane est un nouvel arrachement, que les heures de barre passées en solitaire (Rita, un peu malade, reste à l'intérieur d'Orca) ravivent. Photo © Ioannis Rousseaux Du large et de la nuit en mer, mon expérience est nulle, car j'ai navigué autour de Saint-Malo sans jamais dépasser Bréhat ; mon voilier est un Bi-Loup 77 acheté d'occasion et baptisé Orca. Pourtant, à 32 ans et après avoir quitté mon emploi, je décide de franchir le pas et de me lancer dans ma première traversée.

A une descente sur les Açores (terrible), succèdent des escales aux Açores (où je rencontre Rita), aux Canaries, aux îles du Cap Vert et enfin aux Bijagos, où nous passons plusieurs mois avant de nous lancer... Dans la traversée vers Fernando de Noronha et Mundau, au Brésil !

Là, nous vivons à nouveau quelques mois merveilleux, jusqu'à ce que l'évidence se fasse : nos comptes en banque sont quasi vides. Nous mettons alors le cap sur la Guyane Française, incertains quant à la suite de nos aventures... Voici la suite de notre carnet de bord.


Mundau (Brésil) - Guyane Française

900 milles - 7 jours

Être en voyage est parfois difficile. Suite à notre escale prolongée à Mundau - un petit village de pêcheurs, situé au Nord-Ouest de Fortaleza, sur la côte brésilienne -, nous devons remonter vers la Guyane et penser à retravailler. Les trois mois ici sont passés trop vite...

Arrivée en Guyane Contraints par la nécessité financière, nous avons quitté le Brésil cet automne, pour gagner la Guyane Française où Orca va maintenant rester un à deux ans. (Cliquez sur la carte pour l'agrandir et mieux voir notre périple.) Photo © D.R. (Google / 2010 Europa Rechnologies / 2010 Tele Atlas) Les adieux avec la famille de Roberto et Ivanie, qui nous ont accueillis, ont beau être rapides, impossible de retenir nos larmes. Le grand-père aussi pleure... Et les enfants nous regardent comme si nous étions des traitres. Vraiment dur.

Nous levons l'ancre d'Orca qui n'a pas bougé depuis trois mois - ce qui ne se fait pas sans mal. On a presque envie qu'elle reste accrochée, qu'il y ait un problème et que l'on trouve ainsi une excuse pour retarder ce départ.

Mais quelques minutes plus tard, nous prenons le chemin de la sortie, au moteur, et au milieu des déferlantes que l'on a si souvent bravées pour aller à la pêche avec David. Au loin, on aperçoit Roberto agiter le drapeau du Céarà, son état... Et surtout son équipe de foot !

Orca, mon Bi-Loup 77

> Le Bi-Loup 77 est un biquille de 7,60 mètres, dessiné et construit par Whighton Yachts, au tirant d'eau faible, idéal pour s'échouer.
> Orca date de 1988 ; je l'ai eu d'occasion pour 18 000 euros (avec la remorque), en 2005. Son équipement est très simple : un détecteur de radar Mer-Veille, un régulateur d'allure Navik, une VHF portable, une radio grandes ondes, une balise spot permettant à mes proches de suivre ma trajectoire et, étant passionné par la navigation astronomique, un sextant. Pas de sondeur ni de speedo, d'anémomètre, de GPS, ou de loch.
> Pour l'énergie, j'ai un panneau solaire de 45 W posé sur le balcon arrière, en partie orientable, qui suffira largement, tant en traversée qu'au mouillage : le moteur HB Yamaha 4 temps de vingt ans d'âge ne sera jamais mis en route pour recharger la batterie.

Comme souvent dans cette zone du Brésil, le vent souffle et nous nous contentons du génois. Notre Bi-Loup 77 avance, équilibré, sous régulateur d'allure.

Rita, elle, a le ventre un peu en vrac et préfère rester à l'intérieur. Je me retrouve seul dehors à surveiller les éventuels bateaux de pêche et ne peux m'empêcher de repenser à notre dernière escale, aux bons moments que nous avons vécus et à la chance que nous avons de pouvoir vivre ainsi.


Qu'est-ce qu'on aime cette vie-là ! Découvrir un endroit, cueillir des fruits, discuter, lire, vivre à son rythme.

La traversée jusqu'en Guyane se fait sans aucun problème. Seule la première journée est un peu ventée... Ces fameux alizés du Sud-Est ! Plus on remonte Nord, plus les vents s'orientent Est et faiblissent.
On ne croise pratiquement aucun cargo, bien que l'on reste au niveau de la ligne des 200 mètres de fond qu'ils suivent habituellement, afin d'économiser du carburant.

La mer est belle, le temps dégagé, le vent léger, mais un courant assez fort nous permet de faire de belles moyennes. Le plus souvent, Orca est sous GV et génois tangonnée en ciseaux. C'est la plus belle traversée qu'on ait faite depuis notre départ des Canaries !
Au petit matin, nous repassons l'équateur... Sans même prendre la peine de nous lever, ce qui nous fera bien marrer après coup. Sur le journal de bord, j'écris : <Nuit : RAS, 0 cargo, on a dormi comme des bébés, et on a passé l'équateur !> Bizarrement, un petit poisson nous suit toute cette journée-là, alors le soir, nous refaisons quand même notre pizza Zéro.

Route vers la Guyane L'étape entre Mundau, au Brésil, et la Guyane Française me semble être la plus belle de mon périple : beau temps et navigation paisible. Photo © Ioannis Rousseaux La dernière nuit, nous essuyons quelques grains et les pêcheurs sont nombreux : hors de question de dormir, donc. Le lendemain, un peu avant notre arrivée, les affaires maritimes viennent à notre rencontre et, après quelques échanges à la VHF, nous souhaitent la bienvenue en Guyane.
Le chenal d'entrée au port de Dégrad de Cannes, situé au Sud-Est de Cayenne, est long et le moteur recommence à faire des siennes. Il finit par caler, juste avant que nous accostions, alors que nous venons de nous mettre à couple. Je suis bon pour un nouveau nettoyage du circuit !


Port de Dégrad de Cannes - Guyane Française
Comme le laisse supposer son nom, le port est dégradé ! Quoique ici, <dégrad> désigne une jetée. Mais il faut dire ce qui est : ce port est moche, situé devant le port de commerce, qui vous envoie gentiment de bonnes odeurs. A marée haute, un clapot assez désagréable se charge de tester la résistance de vos amarres. Pas mal de bateaux sont à l'abandon, certains ont la clim' et la machine à laver sur pont - ce n'est pas bête. L'eau est marron, propice à la pêche à l'épervier, mais pas vraiment encourageante pour ce qui est de la baignade.

Les gens râlent pas mal... Je me dis que c'est typiquement français, car se plaint-on autant en Afrique, au Brésil, au Cap Vert ? Non, bien que la vie là-bas soit nettement moins facile ! Moins futile, aussi. Ici, certains se tirent dans les pattes pour obtenir une place et c'est tout un cirque. Nous qui nous faisions une joie de retrouver la vie de ponton, notamment pour avoir l'eau douce à volonté ! On serait aussi bien au mouillage...
Heureusement, il y a des gens sympas... Mais cela ne m'empêche pas d'avoir le cafard pendant trois jours. Bon sang, qu'est-ce qu'on fout là ?

Paradis guyanais Nous profitons de la visite de mon père en Guyane pour faire de petites croisières vers l'îlet La Mère et les îles du Salut. Photo © Ioannis Rousseaux Le port se trouve à 15 kilomètres de Cayenne et, sans voiture, on se sent un peu isolés. Quelqu'un nous emmènera finalement voir le marché, ce qui nous redonnera le sourire. C'est coloré, parfumé et il y a autant de langues parlées que de variétés de fruits exotiques. La Guyane se trouve entre le Suriname, une ex colonie hollandaise, et le Brésil, et la population locale est composée de Guyanais, de métropolitains, d'Asiatiques, d'Amérindiens, de Saramacas... Vous voyez le genre ! On se sent ici partout, sauf en France ! Seuls les prix nous rappellent à l'ordre ! Comment les mangues que l'on payait 50 centimes du kilo au Brésil peuvent-elles être vendues à 3 euros, ici ?! Et elles sont moins bonnes ! Aïe ! Voilà que moi aussi, je commence à râler.


Îlet La Mère et îles du Salut

Quelques jours plus tard, mon père nous rend une visite surprise. Il nous a apporté des confitures maison, du champagne (venu de ma région natale) et du ratafia (un alcool fort lui aussi champenois), pour le plus grand plaisir de Rita qui en raffole. Mon père ne connaissait pas encore Rita, mais ils se sont bien entendus. Il restera trois semaines avec nous.

Arbre géant Photo souvenir type de la forêt vierge, au pied d'un arbre gigantesque. Photo © Ioannis Rousseaux C'est bientôt mon anniversaire : 33 ans. Orca et moi recevons, entre autres, de nouvelles poêles (vraiment) antiadhésives, de belles brosses métalliques (pas rouillées), des livres, et un beau gâteau avec une bougie musicale ! Merci Rita, merci Babas !

Dès que l'on a fini de régler certains détails, nous partons tous les trois pour une petite croisière. Nous rejoignons d'abord l'îlet La Mère qui se trouve à quelques milles seulement.
Le mouillage est un peu rouleur, mais l'île est très jolie. Seuls, nous retrouvons vite nos bonnes habitudes ! Nous faisons un tour à terre, où de petits singes pas farouches crapahutent dans des manguiers énormes. Qu'est-ce qu'on aime cette vie-là ! Découvrir un endroit, cueillir des fruits, discuter, lire, vivre à son rythme.

Puis, nous mettons le cap sur les îles du Salut, au Nord-Ouest. Le manque de vent nous oblige à faire route au moteur et nous arrivons, tranquillement, de nuit. Ici, l'eau est plus claire et invite à la baignade ! Il fait beau et le décor fait un peu carte postale.
Les îles du Salut ont pourtant été occupées par les bagnards et voir cet endroit reconverti dans le tourisme est assez étrange... Flâner au milieu des vestiges où des gens ont souffert ne laisse pas insensible. Et le soleil, les cocotiers à foison, l'eau presque bleue ne peuvent pas grand chose contre ce léger malaise. Du moins, c'est ce que j'ai ressenti.
Mon père ayant le mal de mer, nous écourtons un peu notre escale et levons l'ancre pour traverser vers Kourou, juste en face.


Kourou Vue directe sur la mer et sur la mangrove... Le ponton de Kourou est particulièrement accueillant et les voisins sont supers. Photo © Ioannis Rousseaux Kourou
Avec Rita, nous avions eu l'occasion de visiter ce petit port et avions tout de suite décider de venir nous y installer. Moins de bateaux, une ambiance plus saine, pas de clapot et la ville au bout du ponton. On peut aller chercher le pain à pied... La boulangerie étant très bonne, on hésite souvent sur ce qu'on veut acheter, tellement on voudrait tout prendre, et la vendeuse qui voit la file de clients s'allonger nous jette des regards noirs.

KOUROUCOUCOU !

Tour en canoë L'idée que l'on se fait de la forêt tropicale est assez vraie : dense, gigantesque, parfois majestueuse, parfois inquiétante. Photo © Ioannis Rousseaux Kourou est une petite ville agréable à vivre, occupée en partie par les activités liées au centre spatial et les légionnaires. Au port, c'est chouette aussi. Du ponton, nous voyons la mer et la mangrove.


Je n'ai jamais été aussi heureux et n'ai jamais eu aussi peur.

Très vite, nous nous lions d'amitié avec Laurent - qui a acheté son bateau et projette de partir bientôt -, Nico - en formation skipper pro et rêvant de voiliers et de glaces -, Denis - qui a bouclé trois tours du monde -, Eric - qui retape entièrement un Joshua -, Jean-Claude et son Schpountz, Théodore... L'ambiance est sympa : apéro-ponton le vendredi soir, bricolage, échange de conseils et petite balade aux îles du Salut (quand on se motive et que le bateau n'est pas pris dans la vase).

La ville est aussi aux portes de la nature et il n'est pas rare de faire un petit écart, sur le ponton, pour éviter les serpents qui, paraît-il, ne sont pas dangereux. Avec mon père, nous faisons quelques balades à pieds et en kayak dans cette forêt absolument gigantesque. L'image que l'on peut avoir de la forêt amazonienne, très haute, compacte, étouffante, est bien réelle. Je suis admiratif devant les indiens qui ont su apprivoiser un milieu qui paraît si hostile... Et encore, nous nous y promenons équipés, habillés des pieds à la tête quand eux sont torses nus ! Impensable !

Noël par 30°C Fêter Noël par 30°C est une autre ambiance, pas déplaisante. Mon père est avec nous pour ces fêtes de fin d'année et en arrière plan, on distingue le "sapin de Noël" bricolé par Rita. Photo © Ioannis Rousseaux Les jours passent et c'est bientôt Noël, quoique quand il fait 30°C, on a tendance à l'oublier ! Sans compter que les rues ne sont pas beaucoup décorées. Rita récupère une branche pour en faire un arbre de Noël, qu'elle attache sur le régulateur d'allure. Des fruits qu'elle a cueillis en forêt font office de boules. Et pour les cadeaux, chacun fera un petit tour de son côté, avec sa carte bleue.

Ce seront de belles fêtes de fin d'année, passées sur Orca que l'on se sentirait coupables de laisser seule à ces occasions... Elle fait un peu partie de la famille ! Mes parents lui font d'ailleurs de petits cadeaux, en témoignage de leur affection.

Le 31 janvier, c'est aussi l'anniversaire de Rita. Pas très entrainés, nous nous couchons tous les deux peu après minuit. (Mon père est reparti après Noël, ratant de peu le tir de la fusée Ariane ! Cela nous a fait plaisir qu'il soit là, avec nous, et qu'il se fasse une idée de notre quotidien - lui qui est originaire de Champagne est plus habitué aux étendues de vignes et de blé !)

Fusée... sans détresse Lancement d'une fusée, qui n'a rien d'un signal de détresse. A Kourou, c'est Ariane qui est la star. Photo © Ioannis Rousseaux Quelques jours plus tard, Rita prend l'avion pour la Suède, où elle va travailler. Il est prévu qu'elle revienne me voir, six semaines tous les deux mois. Cette année va être différente...
De mon côté, je me mets à la recherche d'un boulot. Inscription dans les agences d'intérim, consultation des offres d'emploi, envoi de CV et de lettres de motivation... Un passe-temps qui ne m'avait pas manqué.


Retour à la réalité
N'ayant toujours rien trouvé après un mois de recherche, j'accepte une mission d'intérim en tant que manoeuvre sur un chantier de construction d'un centre photovoltaïque, pas très loin de Kourou. Dix heures par jour de boulot. Il fait encore nuit quand je pars et je rentre à la tombée du jour. Je passe mes journées à marcher dans la boue, à porter des barres métalliques et à boulonner... Alors que je devrais être à la place du chef de chantier. Mais pour l'instant, je n'ai pas trop le choix. J'en profite quand même pour apprendre comment fonctionne cette installation de 200 000 panneaux solaires. L'électricien est très sympa et avec l'équipe portugaise, il n'y a aucun problème de communication.

Contre-emploi Mes recherches de boulot n'ont pas été très fructueuses et je me suis résigné à accepter un contrat d'intérim, sur un chantier de construction d'un centre photovoltaïque, pas exactement dans mes compétences, mais bon... Photo © Ioannis Rousseaux Petit à petit, je noue des contacts et mon CV circule. Audrey, une ancienne amie et collègue de métropole m'aide beaucoup, de même que Nathalie que j'ai rencontrée par son intermédiaire ; tous les gens que je rencontre y mettent du leur. En mai prochain, l'école de voile me propose de me charger de la partie navigation astronomique du "Capitaine 200". Fred, le gérant de cette école - la seule de Guyane, mais une vraie référence -, est très dynamique : école de croisière, construction de deux RM 9,80, "Capitaine 200", location du cata pour des expéditions scientifiques, du charter...

Pour l'heure, Orca est toujours à Kourou et je poursuis ma recherche d'emploi. Je profite d'ailleurs de cet article pour envoyer une bouteille à la mer, avec mon CV dedans. Vous pouvez le consulter en cliquant ici. A la base, j'ai une formation d'ingénieur en environnement et cherche un emploi dans ce domaine, idéalement dans le traitement de l'eau ou ce qui touche aux énergies renouvelables. Question mobilité géographique et voyages, pas de problèmes, vous l'aurez compris !
Qui sait ? Mon employeur est peut-être un passionné de voile !

Et voilà ! Une étape est franchie ! Parti comme débutant, je le suis un peu moins aujourd'hui et le bilan technique est vraiment bon car - touchons du bois -, je n'ai rencontré aucun gros problème... (La préparation compte, c'est sûr, mais merci Orca quand même !)

N'empêche qu'en embarquant de France, avec comme seul but de gagner les Açores, j'étais bien loin de m'imaginer qu'un jour, Orca serait amarrée en Guyane, après être passée par des pays dont je ne connaissais rien ! Je ne me doutais pas non plus que l'on serait deux !

Remerciements

Evidemment, je tiens ici à remercier ma famille, qui m'a suivi dans un projet dont elle ne connaissait pas grand chose ; j'espère un jour pouvoir faire autant preuve d'ouverture d'esprit qu'eux... C'est vrai aussi que je ne leur ai guère laissé le choix, et que ma mère ne sera vraiment contente que quand je serai rentré ! (Je vais attendre un peu avant de lui dévoiler mes autres projets.)
Je salue aussi les amis qui m'ont aidé dans ma préparation, pour les soudures et les cours de navigation astronomique... Et particulièrement ceux d'entre eux qui ont toujours gardé contact avec moi - on n'imagine pas le plaisir de pouvoir parler à un ami de temps en temps -, d'autant qu'avec mon budget serré, ce sont plus souvent eux qui m'on appelé et je leur en suis grandement reconnaissant.
Merci aussi à toute l'équipe de Voiles et Voiliers, et plus particulièrement à Manon et Hervé avec lesquels cela a été un réel plaisir de "travailler" et de publier ces articles.
Enfin, j'ai une pensée chaleureuse pour vous, les lecteurs qui avez suivi cette série d'articles qui, je l'espère, vous a fait voyager et donné l'envie d'en faire autant. Vos commentaires ont souvent été très élogieux et nous ont émus.

Mais le voyage s'est fait de lui-même, petit à petit, et tout s'est (trop) bien passé.
Voir des modes de vie différents nous a aussi fait réfléchir, et on se rend compte que l'on a une sacrée chance de pouvoir faire ça. Réaliser ses rêves est bien quelque chose de merveilleux. Les moments que l'on a pu vivre sont extraordinaires.

Si je voulais schématiser, je dirais que ce mode de vie est plus intense. Parfois l'on pleure de joie, parfois on se sent au bout, physiquement. Tantôt, on trouve la vie tout à fait merveilleuse, tantôt on se rend compte que l'on aurait pu y passer. C'est une vie tendue entre ces deux extrêmes, mais c'est son prix.

Depuis que j'ai pris ma décision de partir, j'ai l'impression de surfer sur une vague gigantesque, qui me pousse en avant, quand bien même j'essaierais de la stopper. Je n'ai jamais été aussi heureux et n'ai jamais eu aussi peur.
Et quand on me parle de mes points de retraite, je souris !

Orca devrait maintenant rester en Guyane, un an ou deux, tout dépendra du boulot. De toute manière, l'année qui vient de s'écouler a été si riche que je pense avoir besoin de temps pour l'assimiler avant de pouvoir repartir... Parfois, j'ai l'impression que tout va trop vite, que l'on vit trop de choses.

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Vos commentaires

    • Dans l'attente de pouvoir partir, je lis beaucoup. Merci pour tes articles sympas. Merci de nous faire partager votre joie de vivre en toute simplicité et sans beaucoup de moyens. En vous souhaitant à tous les deux de repartir bientôt pour ce mode de vie qui semble vous aller si bien. Amicalement. JJ

      Ajouté par JJ le 30/03/2011 - 12:42
    • Merci prour ces récits et bravo. Surtout continuez tant que vs le pouvez. Amicalement RV

      Ajouté par RV le 30/03/2011 - 15:43
    • Merci pour ces magnifiques recits, continuez, j'aurais aimer que votre voyage ne s'arrete pas maintenant. a travers vos article vous faites rever ! a dans 2 ans alors ? :p

      Ajouté par clinton le 31/03/2011 - 00:18
    • Superbe série de textes qui finit en beauté par ce constat doux-amer, un peu à la manière de Tristes Tropiques. J'aurais aimé pouvoir vous proposer un job, même pour quelques mois seulement, mais bien que situé sur l'équateur, je suis trop éloigné ! (Gabon) Bonne continuation.

      Ajouté par romain-de-libreville le 31/03/2011 - 15:21
    • Merci pour vos commentaires et vos encouragements! En réponse à Romain, sache que si il faut aller au Gabon pour travailler, c'est envisageable et il m'arrive souvent de postuler pour des offres dans ces coins la. Mon mail est dans le CV au cas ou!

      Ajouté par Ioannis le 31/03/2011 - 20:46
    • Bonjour, quand tu étais en pleine préparation de ton BI- LOUP à St Malo , tu es venu me voir sur mon Aquila, un midi pour savoir si je me servais réellement de mon régulateur d'allure "NAVIK" (certes un peu défraichit) car tu estimais que quelques pièces de rechange ne te seraient pas inutiles. En ayant peu l'utilité et devant la beauté de ton projet, on démonte le Navik, il te sera plus utile qu'à moi.Comme dans tout bon troc, tu m'as offert une bouteille de ton pays a laquelle j'ai mis un petit nœud pour penser a ton périple le jour ou elle sera ouverte. Elle est toujours au frais mais je suis vraiment content d'avoir via V&V de tes nouvelles. Bonne continuation Cordialement Denis

      Ajouté par pepe le 01/04/2011 - 22:26
    • quel plaisir de vous retrouver! j'ai adoré ces articles et ça va me manquer de ne plus trouver d'autres récits de votre périple sur V&V! j'espère que vous trouverez très vite un travail intéressant qui vous permettra de réaliser la suite des vos projets (si j'ai bien compris vous repartez dans 2 ans...???!!!!) BON VENT, BRAVO ET ENCORE MERCI! P1.

      Ajouté par Panayota le 03/04/2011 - 17:54
    • Moi qui ai vécu deux ans en Guyane, je reconnais bien dans tes lignes cette terre plein de contraste. J4ai essayé d'y acheter un voilier mais sans succès. Je te souhaite bonne chance et bon vent pour le suite de ton périple. Moi je suis rentré à La Rochelle pour faire vivre mon projet!

      Ajouté par chourmo le 27/04/2011 - 19:17
    • Bravo Ioannis pour ta persévérance, malgré ton excellent enseignement de la navigation Astro que tu m'as fait à Las Palmas, Tara est arrivé aux Marquises sans sextant, j'ai honte... Bravo pour tes articles que j'ai lu avec beaucoup de plaisir pour leur réalisme et les enseignements donnés aux candidats au départ. Amitiés sincères Gérard et Michèle sur Tara www.bateautara.com

      Ajouté par taragege le 23/05/2011 - 10:04
    • bon courage pour la suite.

      Ajouté par pierre85 le 19/07/2011 - 23:33

En complément

  1. pizza z eacute;ro 23/02/2011 - 00:06 Carnet de bord d’un novice au long-cours (4) Notre première traversée de l’Atlantique en Bi-Loup Du large et de la nuit en mer, mon expérience est nulle, car j’ai navigué autour de Saint-Malo sans jamais dépasser Bréhat ; mon voilier est un Bi-Loup 77 acheté d’occasion et baptisé Orca. Pourtant, à 32 ans et après avoir quitté mon emploi, je décide de franchir le pas et de me lancer dans ma première traversée. Ma descente sur les Açores est terrible, puis je fais escale aux Canaries, aux îles du Cap Vert et enfin aux Bijagos, un archipel préservé de Guinée-Bissau, but de notre voyage, avec Rita, que j’ai rencontrée en chemin. Après plusieurs mois passés là, nous hésitons à remonter au Cap Vert ou à gagner le Brésil… Et puis nous nous décidons : c’est parti pour la traversée de l’Atlantique, Fernando de Noronha et Mundau. Voici la suite de notre carnet de bord.
  2. un bout de paradis 05/02/2011 - 00:43 Carnet de bord d’un novice au long-cours (3) Notre escale inoubliable aux Bijagos, îles oubliées Du large et de la nuit en mer, mon expérience est nulle : j’ai navigué autour de Saint-Malo sans jamais dépasser Bréhat. Mon voilier est un Bi-Loup 77 acheté d’occasion et baptisé Orca. Pourtant, à 32 ans et après avoir quitté mon emploi, je décide de franchir le pas et de me lancer dans ma première traversée. Ma descente sur les Açores est dingue, puis je fais escale aux Canaries et aux îles du Cap Vert… Avant de rejoindre enfin les Bijagos, archipel préservé et étonnant de 88 îles de Guinée-Bissau, fait de mangroves et de fonds sablonneux. Un voyage qu'avec Rita (rencontrée au Açores) nous avions tout de suite projeté. Voici donc la suite de notre carnet de bord.
  3. des a ccedil;ores aux canaries 13/01/2011 - 07:49 Carnet de bord d’un novice au long-cours (2) Mon idée «astronomique» pour remplir ma caisse de bord Du large et de la nuit en mer, mon expérience est nulle : j’ai navigué autour de Saint-Malo, mais n’ai jamais dépassé Bréhat. Mon voilier est un Bi-Loup 77 acheté d’occasion et baptisé Orca. Pourtant, à 32 ans, ayant quitté mon emploi, je décide de franchir le pas et de me lancer dans une première traversée cataclysmique vers les Açores. Ce baptême du feu aura au moins eu l’avantage de m’amariner et, un mois plus tard, c’est plus confiant que j’appareille pour les Canaries – où j’aurai l’occasion de refaire ma caisse de bord grâce à une idée… astronomique –, puis pour les îles du Cap Vert. Voici la suite de mon carnet de bord.
  4. fun and fun  05/01/2011 - 00:25 Carnet de bord d’un novice au long-cours (1) Mon baptême du feu dans le golfe de Gascogne Du large et de la nuit en mer, mon expérience est nulle - je navigue autour de Saint-Malo sans avoir jamais dépassé Bréhat. Mon voilier, baptisé Orca, est un Bi-Loup 77 acheté d'occasion. Mais, à 32 ans, après avoir quitté mon emploi, je décide de franchir le pas et de me lancer dans une première traversée vers les Açores. J'ai notamment là-bas quelques amis, rencontrés alors que j'avais passé deux ans dans ces superbes îles... En juin 2009, j'embarque donc sur Orca, cap sur les Açores. Mon périple me conduira ensuite aux Canaries, au Cap Vert, aux Bijagos, au Brésil et en Guyane Française. Voici mon carnet de bord.