Actualité à la Hune

Dénouement du naufrage d’Alain Delord

56 heures de survie dans le Pacifique Sud

  • Publié le : 21/01/2013 - 11:25

Récupération d"Alain Delord par l"équipage de l"OrionLa récupération d'Alain Delord, vue du bastingage de l'Orion : le semi-rigide approche du radeau de survie, sous le vent du paquebot. Un marin extrait le naufragé de son bib, puis le semi-rigide vient à hauteur de la porte latérale de l'Orion, où le navigateur français est hissé.Photo @ D.R. Courtesy of Don Mc Intyre

Alain Delord, sain et saufAprès avoir été examiné par le médecin du bord, Alain Delord (en rouge) est installé dans sa cabine. Il est ici encadré par Don Mc Intyre (à droite) et son épouse Margie, chefs d'expédition à bord de l'Orion. Don Mc Intyre vient d'expliquer à Alain Delord comment un Français (Yves Dupasquier) l'avait battu douze ans plus tôt lors du tour du monde en solitaire avec escales. Et cela les fait bien rire. (Cliquez sur l'illustration pour l'agrandir.)Photo @ D.R. Courtesy of Don Mc IntyreDénouement heureux au large de la Tasmanie pour le Français Alain Delord, récupéré hier par un petit paquebot antarctique. Son A35, avec lequel il était engagé dans un tour du monde en solitaire sans escale, avait fait naufrage vendredi.

Sain et sauf. Le navigateur français Alain Delord (64 ans) a été récupéré hier au large de la Tasmanie, après avoir passé quelques 56 heures dans un radeau de survie. Parti le 27 octobre du Crouesty (Bretagne Sud) à bord de son Archambault 35 (10,60 de long) Tchouk Tchouk Nougat, Alain Delord était l'un de ces amateurs qui «Eux aussi, font leur Vendée Globe», comme le titre notre dossier de Voiles et Voiliers daté de février, dont une large part lui était consacrée.

Ce coureur expérimenté, qui compte notamment une mini-transat et un Figaro à son palmarès, a vu sa tentative de tour du monde en solitaire et sans escales sur un bateau de série s'interrompre vendredi 18 janvier, après 83 jours de mer, alors qu'il naviguait à hauteur du 50e degré Sud, dans le Sud-Sud-Ouest de la Tasmanie. Un de ses proches a d'abord prévenu les secours de la marine australienne (AMSA) qu'il avait démâté, mais ne sollicitait pas d'assistance. Puis, le gréement ayant manifestement endommagé la coque, Alain Delord a dû déclencher sa balise et l'AMSA recevait le signal en début d'après-midi du même jour (à 2 h du matin, heure française).

Les secours déroutaient alors le plus proche des navires joignables, le petit paquebot australien Orion. Avec ses cent trois mètres de long et ses 75 hommes d'équipage, ce navire spécialisé dans les expéditions touristiques dans le grand Sud faisait alors route vers l'Ile Macqarie, après un séjour en Antarctique. Sa progression vers le lieu du naufrage, à quelques 440 milles dans le Sud-Sud-Ouest de la Tasmanie, s'annonçait difficile, avec des vents violents et une mer très forte.

Pendant cette longue attente, l'AMSA organisait des rotations aériennes afin de survoler Alain Delord et de garder contact avec lui. Jusqu'à cinq avions, civils et militaires, se sont relayés jour et nuit. Du matériel de survie (radeau, vivres, eau, moyens de communication, combinaison de survie) lui ont été largués pour optimiser ses chances de survie, dans des conditions météo particulièrement difficiles, une eau à huit degrés et une température ambiante guère supérieure au zéro. Deux membres de l'Alliance Française d'Hobart ont participé à certains de ces vols, pour faciliter les échanges radio.

Jour JAlain Delord est parti du Crouesty 15 jours avant la flotte du Vendée Globe et n'a guère rencontré de difficultés, jusqu'à venderdi où il a fait naufrage au Sud de la Tasmanie, par 50°15 S 142°03 E.Photo @ Alessandro Gui

C'est finalement dimanche soir (heure australienne), aux dernières lueurs du jour, que l'Orion est arrivé sur zone. La récupération d'Alain Delord a été rapidement menée : d'abord transféré dans un semi-rigide mené par deux hommes d'équipage, le navigateur d'Arzon a ensuite été treuillé par la porte latérale de l'Orion. Pour la petite histoire, l'homme qui l'a hissé à bord n'est autre que Don Mc Intyre, navigateur australien aujourd'hui chef d'expéditions antarctiques, qui en 1990-91 s'était classé deuxième en classe II dans le BOC Challenge, tour du monde en solitaire avec escales.

Alain Delord a pu être rapidement examiné par le médecin du bord, qui l'a trouvé plutôt en bonne santé compte tenu des épreuves endurées. Il est attendu demain à Hobart, capitale de la Tasmanie.

 

> Voir notre article de vendredi sur le laufrage d'Alain Delord, ici.